« La vie des meutes de chiens de chasse: isolement, déséquilibre psychologique et stress » // El Diario // 21.11.18

  • Les « jaurías », les meutes de chiens de chasse sont à la fois isolées et ne bénéficient que de très peu de moments de socialisation. Elles sont également exposées à des pics d’excitation maximale qui les empêchent de voir le danger, expliquent les experts en comportement animal.
  • Cette association est “déplorable” pour leur état psychologique, estiment-ils. Cependant, les chasseurs insistent sur « l’amour extrême » porté à leurs chiens : « ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent pas comprendre ».
  • Même si la vidéo a ternit l’image de la chasse, les associations des défenseurs de la chasse ont obtenus en Andalousie et Estrémadure que la chasse en meute soit reconnue “Bien d’intérêt culturel » (BIC)

// C’est l’essence même de la chasse au gros gibier qui ressort de la vidéo diffusée ces derniers jours sur internet. On y voit un cerf poursuivit par une douzaine de chiens tomber dans un ravin, lors d’une partie de chasse en montagne, une montería : l’exemple d’une meute de chiens qui passent de très longues journées et mois à s’ennuyer, complètement inactive, que l’on lâche tout d’un coup à la poursuite d’une proie. Les chiens atteignent alors un niveau d’excitation extrême où l’unique objectif est le respect des règles imposées. « Ils deviennent aveugles face au danger », expliquent les experts comportementalistes avec lesquels interrogés par eldiario.es.

“Les sorties en pleine nature sont une échappatoire pour ces chiens dont la vie n’a rien de formidable, au contraire, c’est une vie de misère », décrit José Enrique Zaldívar, président de l’association des vétérinaires Avatma. Il ne fait pas seulement référence aux mauvaises conditions physiques « qui pourtant existent », mais également aux très longs moments que passent ces chiens seuls, sans autre compagnie que les autres chiens de la meute, ce qui est très mauvais pour l’équilibre psychique de l’animal. 

« La vie est très monotone pour eux. Les chiens s’ennuient ». Cette phrase n’a pas été prononcée par un vétérinaire, mais par un chasseur qui montre dans une vidéo comment ils prépare ses animaux. « Ils n’attendent qu’une chose : qu’on les sortent pour s’entrainer ».  On peut ensuite le voir y attacher une dizaine de chiens à un cadre, puis les faire sortir pour courir. Fernando Peláez del Hierro, professeur de psychobiologie, considère que ce qui s’est passé en Estrémadure n’est pas une surprise du point de vue étiologique :  « Le degré d’excitation est tel que les animaux ne savent même plus où ils sont. Ils n’ont pas peur du vide, mais beaucoup de chiens n’ont pas peur des voitures non plus. » Peláez del Hierro ajoute que le mode de vie de ces meutes « peut accroître » cette frénésie car « ce sont des races extrêmement actives qui sont sélectionnées et entraînées pour, lorsqu’elles ont la chance de courir, se jeter sur une proie ».


La meute est un élément essentiel de la chasse à cour. Les chiens (24, 30, ou plus), sont lâchés dans des zones montagneuses pour déloger le gros gibier : sanglier, cerf, daim… afin que ces derniers fuient vers les postes où les attendent les  tireurs. Lorsque les chiens sont lancés aveuglement sur l’animal, cela peut produire des accidents comme celui visible dans la vidéo.


Javier Bravo est éducateur canin. Il considère que la manière dont ces chiens sont élevés et entraînés à la chasse n’empêchera pas ce type d’accident de se reproduire, au contraire. Pourquoi ? « La surexcitation du chien est telle qu’il est incapable de détecter le danger qu’il encourt. Aujourd’hui, c’est un ravin, mais demain, ce pourra être un clôture électrique ou encore un mur. ». Javier Bravo ajoute qu’il est devenu « normal pour ces chiens d’être dans un état de stress chronique, dû au manque de sociabilisation, au manque d’espace, et au manque de contact avec l’humain. Puis tout à coup, ils sont soumis à une activité intense et excitante comme la chasse à courre. Cela est dangereux pour leur équilibre psychologique ». 

Des affirmations que ne veulent pas entendre les propriétaires de ces chiens. Selon eux, l’amour qu’ils portent à leurs chiens est leur moteur, ce qui les fait avancer. Antonio participe aux « monterías » depuis 1990, dans la province de Cordoue. « Voir cette vidéo m’a rendu malade, car il m’est arrivé une chose similaire il y a quelques années », explique-t-il. « A quelques exceptions près, le propriétaire d’une meute de chiens le fait pour l’amour des animaux, et non pas pour l’argent, car cela rapporte très peu. » Ce propriétaire de plusieurs ‘rehalas’ insiste sur le fait qu’il n’a pas besoin de ces chiens pour attraper une proie, mais que les voir profiter de leurs sorties de chasse est un réel plaisir, que ceux qui ne l’ont jamais vécu ne peuvent pas connaître. David, un autre « rehalero », considère que « l’accident du ravin en est un comme les autres ». Il ajoute : « beaucoup des actions que nous menons pour sauver des animaux ne sont jamais relayées. » Cette sensation d’incompréhension est générale dans le milieu de la chasse, et se traduit par une sorte de confrontation entre le monde urbain et le monde rural. « Celui qui veut apprendre devrait devenir chasseur » pouvait-on lire sur un forum dédié à la chasse après la publication de cette dernière vidéo. Selon David, le ‘rehalero’, « ils veulent tout simplement nous détruire ».


La « Fédération Royale de Chasse Espagnole » a qualifié l’accident de la vidéo devenue virale comme « fatal » bien que, comme le reconnaît le ‘rehalero’ Antonio, ce ne soit pas un cas isolé. Bien que les images aient porté préjudice à l’image de la chasse, les groupes de chasseurs ont réussi à amener l’Andalousie et l’Estrémadure à considérer la possibilité de déclarer les monterías et les rehalas comme biens d’intérêt culturel.


Un simple loisirs avec ses « animaux de compagnie »

A défaut d’avoir contribué à ce reportage, l’Assocation des chasseurs espagnols (Asociación Española de Rehaleros) ainsi que l’Association des chasses régionales (Rehalas regionales) présente à l’écrit leur vision de cette activité : « un ‘rehalero’, c’est un chasseur lambda mais à qui son activité coûte plus cher qu’un autre chasseur. Il pratique un loisir romantique, et porte un amour extrême à ses chiens. 365 jours de soin pour 30 jours de chasse. » En 2014, l’association a cependant refusé que le Ministère des finances de Cristobal Montoro contrôle leurs revenus, en faisant passer leur activité pour un simple passe-temps.


Les données choquent. Trois études différentes commandées pour prouver l’importance économique du secteur de la chasse de 2002 à 2018 ont quantifié l’investissement nécessaire pour créer une ‘rehala’. La plus récente, effectuée par Deloitte, explique : « Un ‘rehalero’ espagnol moyen dépense en moyenne 10 140 euros par an ». Une autre analyse réalisée en 2012 par la Fondation pour l’étude et la défense de la nature et de la chasse estime que « la première installation coûte 80 000 euros. Le coût d’exploitation est d’environ 20.000 euros par an. » Les deux études ont estimé à environ 3.000 ‘rehaleros’ opérant dans toute l’Espagne.


Un coup d’oeil aux annonces des activités de chasse suffit à se rendre compte des différents services proposés par les propriétaires de chiens : « Offrons services professionnels grâce à nos magnifiques « rehalas », déplacement compris. Satisfait ou remboursé ». Un autre chasseur assure qu’il accomplira « toutes les attentes du client ». « Il y a beaucoup de pression sur les chiens afin qu’ils remplissent les objectifs », analyse une autre experte en comportement canin, qui préfère rester anonyme, car elle travaille pour un service public. Les « rehaleros » ont fait en sorte que le gouvernement les écoutent.

En 2002, ces chasseurs avaient assurés que leurs chiens étaient « des animaux domestiques, de compagnie », pour s’affranchir des nouvelles règles sanitaires qui les concernaient si leurs animaux étaient reconnus comme « productifs ». Sur ce point, tous les experts s’accordent à dire que ces chiens ne sont pas des animaux de compagnie. « Ce sont des meutes qui servent à la chasse, c’est différent. Et hiérarchisé. », affirme le professeur Peláez del Hierro. « Une personne qui possède 20 ou 30 chiens ne peut pas les qualifier d’animaux domestiques. », confirme l’éducateur canin Javier Bravo. « Si le chien à été élevé et entraîné depuis tout petit dans le but de chasser en meute, ce n’est certainement pas un animal de compagnie. Si un de ces chiens est retiré de la meute, il ne peut pas se convertir en chien d’intérieur », conclut la troisième experte. 
Les « monterías » connaissent leur pic d’activité en ce moment, et ce jusqu’à la fin du mois de février. Les conseils d’Andalousie et d’Estrémadure maintiendront cette proposition pour en faire des BIC (et la protection juridique que cela implique). Le vétérinaire Zaldívar explique qu’il est « très difficile de s’opposer aux chasseurs, mais ce qui est clair, c’est que la chasse avec « rehalas » doit disparaître. » //

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« Cinq vidéos qui démontrent la cruauté et l’acharnement sur les animaux de la part des chasseurs » //Publico // 19.11.18

Lien de l’article original, en espagnol, ICI.

Enlace del articulo original, en español, AQUI.

// Galgos pendus, sangliers battus à mort, cerfs démembrés par les meutes de chiens… la multiplication des images comme celles de la vidéo montrant douze chiens et un cerf tombant d’une falaise ont mis la chasse au centre de la polémique .


Les images d’une chasse ayant eu lieu à Herreruela (Caceres) sur lesquelles on voit douze chiens et un cerf tomber d’une falaise de plusieurs mètres ont non seulement soulevé l’indignation des groupes de défense animale et de formations politiques comme Podemos, Equo ou Pacma, mais ont également mis au centre de la polémique la cruauté d’une activité qui ces derniers temps nous ont laissés de terribles exemples d’acharnement sur les animaux.

Même si la Fédération Royale Espagnole de Chasse(R.F.E.C) et les fédérations autonomes de chasse(F.F.A.A) ont qualifié ce dernier épisode comme »un fait totalement fortuit et isolé », il n’empêche que les nombreuses vidéos diffusées ces dernières semaines montrent de fait la cruauté des chasseurs envers les animaux,comme par exemple ; le cas d’un sanglier lapidé pour économiser des munitions, le galgo trouvé pendu à Rociana (Huelva) ou le macabre résultat d’une chasse à courre organisée en fin de semaine dans la Sierra de Cordoba.

« Des vidéos comme celles-ci on en trouve tous les jours, et nous en avons beaucoup d’autres. Ceci est une pratique courante des chasses à courre ou non seulement les victimes sont les bêtes chassées mais aussi les chiens de chasse éventrés par la proie » a dénoncée la présidente de Pacma Silvia Barquero dans un communiqué dans lequel elle précise que son parti dénoncera les faits advenus à Herreruela pour qu’ils soient pris en considération par la justice en tant que délit de maltraitance animale.

Ci-dessous nous vous proposons certaines des dernières vidéo sur les pratiques cruelles de la chasse.Nous prévenons que ces images peuvent heurter violemment votre sensibilité.

1. Un cerf est démembré par plus d’une dizaine chiens qui le laissent vivant et agonisant. Vous pouvez voir la vidéo sur ce lien.

2. Une douzaine de chiens de chasse et un cerf tombant dans un précipice lors d’une chasse à Herreruela.

3. Un sanglier blessé et lapidé par un chasseur pour économiser une balle de fusil. Vous pouvez voir la vidéo sur ce lien.

4. Un galgo trouvé mort avec encore la corde au coup suite à une pendaison.

5. La scandaleuse tuerie lors d’une chasse à courre dans la Sierra de Cordoba. //

« Galgos : utiliser puis tuer » // « Galgos: usar y matar » // Lavanguardia // 5.11.18

// L’Espagne signalée comme le pays européen le plus cruel dans le traitement de cette race de chiens.

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Miguel, Umberto, Silvia, Anna Clements et Albert sont le noyau dur de l’équipe de SOS galgos (photo : Libert Teixido)

Le galgo est à la mode. Chaque jour de nouveaux chiens sont adoptés comme animaux de compagnie. Certes, ce ne sont ni les plus beaux, ni les plus affectueux, ni les plus obéissants ou encore les plus populaires. Mais ce sont ceux qui nécessitent le plus d’attention, d’aide et d’affection.

Durant leur vie, les galgos donnent tout, mais quand leur force commence à diminuer, la récompense à tous leurs efforts est souvent l’exécution. Une triste fin, pour ne pas dire cruelle, que subissent des milliers de galgos années après années, sacrifiés dans toute l’Espagne lorsqu’ils ne sont plus bons à la chasse ou aux courses. C’est un peu comme si ces chiens naissaient avec l’étiquette « à utiliser puis tuer ».

Le journal britannique The Guardian publiait fin octobre un reportage consacré aux galgos peu glorieux pour l’Espagne. Il présente le pays comme le plus cruel d’Europe envers cette race de chiens. Le reportage fait référence à l’utilisation de ces chiens comme « armes de chasse », ce qui est interdit dans la grande majorité de l’Union Européenne. En Espagne, les chasseurs continuent à lâcher leurs lévriers pour attraper les proies (principalement des lièvres) sans avoir à tirer un seul coup. 

La vitesse de ces chiens, qui peut atteindre les 60 km/h, et leur acuité visuelle les rendent uniques et donc appréciés des chasseurs. Mais lorsque le galgo commence à montrer des signes de fatigue ou à perdre en efficacité dans ses attaques et ses courses, l’admiration de beaucoup de ceux qui les élèvent dans le seul but de les utiliser pour la chasse disparaît. Ces chiens sont ensuite sacrifiés (beaucoup pendus ou empoisonnés pour ne dépenser aucune balle) ou abandonnés sur le bord d’une route.

Chaque jour de nouveaux ont lieux de nouveaux sauvetages de chiens affamés, présentant des signes évidents de mauvais traitements.

Cependant, il est très difficile de chiffrer le calvaire enduré par cette race de chiens. Différentes ONG, associations et refuges estiment que sur les seules semaines qui suivent la fin de la saison de chasse (en février), 50 000 galgos sont sacrifiés chaque année en Espagne. Mais cela reste un chiffre encore « très éloigné de la réalité, car les sacrifices ont lieu tout au long de l’année », affirme Anna Clements, cofondatrice et directrice de SOS galgos. « Selon nos calculs, il y aurait près d’1 million de galgos en Espagne, mais à peine 200 000 seraient enregistrés ». Il n’est donc pas difficile d’imaginer que des milliers de chiens, sur lesquels il y a très peu de contrôle de la part des administrations, meurent de faim, sont abattus ou écrasés sur les routes après avoir été abandonnés dès lors qu’ils ne répondaient plus aux exigences des chasseurs. 

Une accusation réfutée par les associations de chasse, qui s’en remettent aux données officielles. Dans la mémoire du groupe de la Seprona de la Guardia Civil, les abandons et les sacrifices des lévriers avérés se comptent par dizaines. L’une des excuses les plus fréquemment données par les chasseurs est que beaucoup de ces lévriers qui semblent morts ou mal nourris dans les champs et les routes ont été volés à leurs propriétaires et abandonnés par les voleurs.

Une excuse qui ne convainc pas les défenseurs des lévriers. L’expérience leur a prouvé que la réalité est bien plus cruelle. Ils sont habitués à secourir des chiens en sous-nutrition, à qui l’on a cessé de donner à manger pour qu’ils meurent de faim ou de soigner les coups et blessures reçus lorsqu’ils ne servaient plus à la chasse. Habitués également à recevoir des rapports faisant état de chiens pendus aux arbres, écrasés sur la route, ou encore des corps de chiens morts avec des signes évidents de mauvais traitements et de coups très brutaux.

SOS galgos, fondée il a vingt ans à Esplugues de Llobregat (Barcelone), est une de ces associations dédiée quasi intégralement à la protection de la race. Anna Clements, sa directrice, se souvient s’être lancée dans cette aventure après que plusieurs groupes étrangers soient arrivés en Catalogne « pour aider les lévriers espagnols et exiger des autorités un meilleur contrôle de l’élevage et de l’utilisation de ces animaux. » 

Aujourd’hui ces chiens sont à la mode, depuis que leurs conditions de vie sont révélées au grand jour : leur trouver un foyer est un peu moins difficile.

Les années passent, mais peu de choses semblent être faites par les administrations du pays pour en finir avec cette cruauté. Les défenseurs des lévriers ne cessent pas leurs efforts et le rapport publié il y a quelques jours dans The Guardian (qui a eu beaucoup d’impact aux Etats-Unis) s’ajoutent aux manifestations et campagnes mises en place par différents pays européens pour mettre fin à une pratique qui, selon les auteurs du rapport, « est propre à l’Espagne. »

Anna Clements observe tout de même quelques changements qui se veulent encourageants. « La société espagnole, les administrations, le système judiciaire et les médias commencent à se calquer sur les pays les plus développés en matière de protection animale, et c’est une bonne nouvelle », assure-t-elle.

SOS galgos est confrontée au quotidien aux abandons et aux sacrifices des chiens. « Nous recevons des appels ou des mails de particuliers qui nous préviennent de certains cas, ajoute Clements, et parfois, mais cela reste rare, ce sont les chasseurs directement qui nous informe qu’ils veulent se débarrasser de l’animal, et nous demande si nous pouvons l’accueillir. » D’autres fois, c’est bien plus qu’une requête : « c’est du chantage pur et dur. Dans ces échanges, les propriétaires nous font comprendre que si nous ne prenons pas en charge les chiens, leur fin sera terrible ». 

«  Dans un troisième cas de figure, continue Clements, ce sont les centaines d’associations et de refuges qui nous connaissent qui nous demande de les aider de trouver une famille aux nombreux galgos recueillis, quasi quotidiennement, dans un état lamentable ». 

A partir de deux ou trois ans, les chasseurs commencent à chercher des chiens plus jeunes. Les galgos sont rarement utilisés à la chasse passé cet âge-là. Certains sont même abandonnés encore plus tôt.

Selon les calculs de la cofondatrice de SOS galgos, les différentes associations espagnoles sauvent chaque année près de 2 000 galgos. Même si elle répète que cela est « un chiffre très bas en comparaison des milliers de chiens de cette espèce qui sont abandonnés ou sacrifiés dans l’impunité la plus totale. »

Depuis les installations de SOS Galgos en Catalogne et d’autres régions d’Espagne, le maximum est fait pour trouver un foyer à quelques 300 chiens par an. Ces galgos-là ont été touchés par la chance au dernier moment et sauvés d’une mort certaine. De plus en plus de gens sont conscients de l’avenir incertain qui attend ces animaux et c’est une bonne nouvelle. Car aujourd’hui, ces chiens sont à la mode parmi les candidats à l’adoption et sont de plus en plus vus dans les rues, principalement dans les villes et villages du nord de l’Espagne

La seconde vie de Delia

Cette galga maltraitée et abandonnée à Séville a aujourd’hui retrouvé un nouveau foyer en Catalogne.

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Delia a quatre ans, et c’est une galga chanceuse. Elle a été capturée l’été dernier à Séville dans une opération de sauvetage qui a duré plus de deux heures, sous contrôle judiciaire et des températures avoisinant les 40 degrés. Delia s’est montrée très résistante lors du sauvetage. Dès que l’on s’approchait d’elle, elle s’enfuyait, terrorisée, ayant perdu toute confiance en l’espèce humaine. Et pour cause. Ses anciens propriétaires sont présumés de l’avoir abandonnée sur le bas-côté d’une route. La chienne, dans un état lamentable, a survécu en mangeant le peu qu’elle trouvait autour d’elle dans les champs andalous. 

Après avoir repris des forces dans un refuge de Séville, Delia a été transférée en Catalogne, où l’attendait Teresa Pallarés pour l’adopter via l’association SOS galgos. Delia a de nouveau un foyer, et, le plus important, quelqu’un qui prend soin d’elle et qui l’aime. 

Teresa fait partie de ces centaines d’adoptants à travers toute l’Espagne ayant pris conscience de la cruelle réalité à laquelle sont confrontés les lévriers, et pensent à des chiens de cette race en particulier lorsqu’ils souhaitent ajouter un nouveau membre à leurs familles. « Avant Delia, j’avais adopté une autre galga, Filomena, également secourue dans un très mauvais état », se rappelle Teresa. Après la mort de sa chienne il y a quelques mois, Delia vient combler le manque qu’a laissé Filomena dans la maison de cette habitante d’Esplugues. 

Les souffrances qu’ont traversées ces chiens, que l’on a cessé d’alimenter, que l’on a maltraité avant de les abandonner lorsqu’ils n’étaient plus utiles à la chasse ou aux courses, tout cela laisse des traces. Teresa a pu le vérifier, que ce soit avec Delia, Filomena ou d’autres galgos à qui elle a ouvert ses portes en tant que famille d’accueil. « Dans le cas de Filomena, j’ai remarqué qu’elle devenait très nerveuse lorsque les gens s’approchaient d’elle, en particulier les hommes, dont la silhouette lui rappelait certainement celle des chasseurs. », explique Teresa. Ce n’était par exemple pas le cas lorsqu’un enfant la caressait. 

Teresa ajoute que les galgos « sont des animaux très paisibles et très rares sont les fois où ils en viennent à la morsure ou à l’affrontement avec d’autres chiens. » La plupart du temps, continue-t-elle, « ils dorment, enroulés sur eux-mêmes, un comportement qui rappelle celui des chats. » Avant d’adopter un chien de cette race, il est important de savoir que « ces animaux sont pleinement heureux lorsqu’ils ont la possibilité de sortir se balader ou de faire de petites courses en extérieur ou dans des lieux clôturés mais prévus à cet effet », indique Teresa. Il est conseillé de pouvoir sortir ces chiens entre deux à trois heures par jour. 

Au départ, la majorité de ces lévriers sauvés après avoir été abandonnés dans d’horribles conditions se montre très méfiants envers l’humain. « Mais petit à petit, ils comprennent que leur nouvelle vie après l’adoption n’a plus rien à voir avec leurs tristes expériences passées. Il commencent alors à se détendre et à se montrer de plus en plus affectueux », ajoute-t-elle.

Anna Clements, cofondatrice de SOS galgos, affirme qu’une fois la méfiance initiale envers leur adoptant surmontée, « ils révèlent les qualités innées des galgos, comme la noblesse, la sérénité et la gratitude envers la personne qui les aime ». Dans les cas les plus extrêmes, lorsque ces lévriers ont été soumis à des abus cruels, il leur faut parfois plus de temps pour s’adapter à leur nouvelle vie « , révèle Anna Clements. Dans ce cas, SOS galgos travaille avec des experts pour corriger ces comportements avant de leur chercher une famille adoptive. //

« Galgos: le sauvetage de lévriers est devenu à la mode à Barcelone. » // The Guardian // 28.10.2018

// Il était difficile de trouver un nouveau foyer pour ces animaux sauvés de la mort, mais les attitudes ont changé.

par Emma Reverter à Barcelone

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Klea Levin utilise sa villa à Barcelone comme maison d‘accueil temporaire pour les lévriers rescapés. Photographie: Paola deGrenet pour le Guardian

Pour les lévriers fidèles du Sud de l’Espagne, la vie se vit à cent à l’heure, et elle est souvent de courte durée. Chaque année, à la fin de la saison de chasse, des milliers d’entre eux sont récompensés de leurs efforts par une rapide exécution. Certains sont étranglés avec des fils de fer pour économiser les cartouches.

Mais aujourd’hui de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer ces pratiques barbares et la résistance s’organise, tandis que les ces lévriers -les galgos, en espagnol – deviennent de plus en plus populaires parmi les hipsters et les citadins du nord de l’Espagne.

Plus de 2000 chiens sont ainsi sauvés chaque année. Auparavant, il était difficile de leur trouver un foyer, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. D’après Anna Clements, co-fondatrice et directrice d’SOS Galgos, il devient de plus en plus courant de croiser de jeunes couples promenant un galgo à Barcelone.

Cela réchauffe le coeur de voir des galgos promenés dans la ville, alors qu’auparavant ils erraient misérablement à la recherche d’un peu d’eau ou de nourriture.”

Sauver des galgos en détresse n’est pas toujours facile ni même possible. “Nous savons tous que quelqu’un qui est cruel envers les animaux peut devenir violent envers les humains, et malheureusement, la chasse est omniprésent et très populaire dans les régions rurales de l’Espagne, donc il est toujours très désagréable d’avoir affaire aux chasseurs,” explique Anna Clements, tout en prenant part à une opération de sauvetage dans le sud de l’Espagne.

Parfois les sauvetages se font suite à l’appel d’un particulier. Mais il arrive que ce soient les propriétaires eux-mêmes qui nous contactent, déclare Anna Clements. “Ils nous font du chantage au téléphone, et nous disent que si on ne prend pas ce chien qui ne leur sert à rien, ils lui règleront son compte eux-mêmes.”

Il y a une sorte de vide juridique dans le système qui fait que les chasseurs peuvent faire ce qu’ils veulent de leurs chiens, et les autorités ne se soucient pas plus de leur sort.”

Klea Levin, une ancienne mannequin suédoise, activiste de la cause des galgos, remarque aussi un interêt croissant pour le sauvetage de ces chiens. “Pendant longtemps, nous avons orienté nos campagnes sur l’horreur des traitements infligés aux galgos, en montrant des images de chiens maltraités.”

Ce qui a aidé à mobiliser les sympathisants de la protection animale. “Mais nous avons réalisé, finalement, que nous toucherions une audience plus large en parlant de cette terrible situation, mais en montrant plutôt les galgos tels qu’ils sont vraiment: beaux et élégants.”

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Il n’est pas toujours facile ou même possible d’aider les galgos en détresse.. Photographie: Paola deGrenet pour le Guardian

Klea Levin se sert de sa villa au pied du Tidibado, dans le quartier Sant Gervasi, un des plus chics de Barcelone, comme point d’accueil temporaire pour chiens à l’adoption. En ce moment y vivent deux chiens qui attendent leur nouvelle famille: Jungle et Nico.

Elle pense que l’attitude envers les lévriers a changé dans les grandes villes, depuis son arrivée à Barcelone il y a vingts ans. “On voit de plus en plus de lévriers dans les rues. Non seulement c’est devenu normal, mais c’est même devenu à la mode: mon quartier est plein d’élégants galgos.”

A Barcelone on n’achète pas un galgo, on l’adopte,” dit Klea Levin. Qu’ils courent vite ou chassent bien n’a pas d’importance. “Les gens veulent savoir s’ils sont gentils et calmes, et les galgos blancs sont particulièrement recherchés.”

Marc Velaco et Marta Huguet sont les fondateurs de Brott Barcelona. Ils créent des colliers pour “chiens modernes” et possèdent deux galgos adoptés: Brot et Penny.

Les propriétaires sont soucieux de la qualité et du style des accessoires, car ils renvoient directement à leur propre style de vie,” explique Marta Huguet.

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Klea Levin: Mon quartier est plein d’élégants galgosPhotographie: Paola deGrenet pour le Guardian

Le mouvement galgo prend également de l’ampleur à l’étranger. Une marche pour les galgos a été organisée en Allemagne cette année, et des douzaines d’entre-eux sont adoptés aux Etats-Unis chaque année.

Petra Postma vit au centre-sud de la Pennsylvanie et travaille depuis presque vingt ans dans l’adoption internationale des galgos, dont les dix premières années aux Pays-Bas.

Il y a neuf ans j’ai déménagé aux USA avec mes propres chiens et en moins d’un an l’association SAGE (Save a Galgo Español -sauvez un galgo espagnol) était née. Quand je suis arrivée, il y avait peut-être trois ou quatre associations qui faisaient venir des galgos de temps en temps. Ces dernières années j’ai vu tant et plus de groupes d’adoption de lévriers se mettre aux galgos, avec plus ou moins de succès.”

Pour Anna Clements, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. On estime que des dizaines de milliers de chiens sont tués rien qu’au sud de l’Espagne, chaque année.

Nous essayons de maintenir un équilibre: ne pas faire que du sauvetage, mais au moins autant de lobbying pour faire changer la situation,” explique t-elle.

Il devrait y avoir des quotas très stricts mis en place par les autorités, pour pouvoir surveiller régulièrement le nombre de chiens possédés par un chasseur, et savoir ce qu’ils deviennent. Mais ce n’est pas le cas. Il y a un énorme vide juridique dans le système, qui permet aux chasseurs de faire exactement ce qu’ils veulent.” //

« Les élèves de l’IES Fray Andrés solidaires avec le refuge de Huellas » // La Comarca de Puertollano // 16.11.18

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// Les élèves de l’IES Fray Andrés ont organisé une collecte de nourriture, d’argent et de matériel divers pour aider le refuge de Huellas. Conscients de la situation difficile dans laquelle se trouve le refuge, plongé dans une épidémie de maladie de Carré qui a coûté la vie à plus de trente animaux, les élèves et les enseignants du centre ont apporté leurs dons pour essayer de palier aux besoins des animaux du refuge. Mais surtout, les étudiants ont pu constater les terribles conséquences de l’abandon des animaux, tout en apprenant à apprécier le travail désintéressé des volontaires du refuge.

Pour rappel, le compte du refuge de Huellas Puertollano où des dons peuvent être versés : UNICAJA ES84 2103 0447 4100 3001 1540 //

« Puertollano (Castilla-la-Mancha) : le refuge Huellas gravement frappé par le virus de la maladie de Carré » // MiCiudadReal // 6.11.18

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// Le virus des muqueuses, communément appelé maladie de Carré en France, a coûté la vie à une vingtaine de chiens du refuge de Huellas, à Puertollano. L’association lance un appel aux dons pour l’aider à faire face à cette épidémie. Le virus, sans risque pour l’humain, est particulièrement contagieux et dangereux chez les chiens.
Depuis les premiers cas diagnostiqués, l’association, portée par Karen Caws, lutte sans relâche pour tenter d’enrayer le virus. Ainsi, tous les chiens ont été vaccinés, comme le veut le protocole visant à limiter la contagion. Malgré cela, le virus continue d’affecter les chiens les plus faibles.
Les membres de l’association sont aujourd’hui « détruits », mais impossible pour eux de baisser les bras, au vu des frais médicaux engendrés. L’association se trouve dans une situation économique « critique ».
Le refuge a lancé un appel aux dons afin de le soutenir dans l’acquisition de médicaments, de nourriture et de matériel de nettoyage et désinfection. Les membres du refuge ont également lancé une campagne collaborative à destination des commerçants. Pour contacter le refuge, rendez-vous sur leur page facebook : Huellas Puertollano. //

// Calendrier 2019 / « Animaux & Humains » //

Cher.e.s ami.e.s

Cette année, pour le nouveau calendrier 2019, Action Invisible a voulu mettre à l’honneur ces bénévoles magnifiques, courageux, et indispensables à la survie de tous les chiens de nos refuges partenaires.
Le temps qu’ils y consacrent, l’amour qu’ils offrent, les soins qu’ils administrent, la nourriture qu’ils distribuent, les bataillent qu’ils mènent au quotidien dans des conditions difficiles, la peine qu’ils ressentent devant cette souffrance quotidienne, mais aussi le bonheur lorsque leurs protégés s’en vont vers une vie famille qu’ils méritent tant.
Nous tenons à les encourager et les remercier encore (et ne cesserons jamais de le faire ) ainsi qu’ à partager avec vous ces instants magiques d’Amour et de Tendresse réciproques entre humains et poilus.

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// Calendrier « Animaux & Humains »
1 page par mois, 13 pages d’illustration photo
21 cm * 28 cm
Prix frais de port inclus: 15,50€ pour la France, 17,50€ pour l’union européenne //

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« Une association de défense des animaux dénonce le gérant d’un des plus grands parcs zoosanitaires (fourrière) de Malaga. » // Publico.es // 15.08.18

// L’association APISMAM alerte sur l’état de sortie d’un chien d’eau espagnol (perro de agua) d’une structure dirigée par le gérant de Don Animal.

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Photo avant et après le passage du chien Bull au parc zoo sanitaire de Rincón de la Victoria

Bull était un chien d’eau âgé de huit ans. Au mois d’avril dernier, il entre au parc zoosanitaire de Rincón de la Victoria (province de Málaga), structure dirigée par le gérant de l’entreprise Don Animal. Selon le porte-parole d’APISMAM (Association pour la recherche et la surveillance des abus envers les animaux et l’environnement), le chien avait mordu la mère de sa propriétaire, raison pour laquelle il fut placé en quarantaine avant d’être proposé à l’adoption, comme le veut le protocole.

Selon les faits relatés par l’association, l’histoire de Bull est une succession de mauvais traitements, enfermé durant de longues périodes, recevant de la nourriture à distance. Son aspect lors de son entrée à Don Animal n’a plus rien à voir avec celui qu’il présentait lors de sa sortie, moins de trois mois plus tard.

Si au début du mois d’avril le chien présentait un aspect correct, à la fin du mois de juin, lorsqu’il fut proposé à l’adoption via le refuge Tail Torox, son état s’était considérablement dégradé. Le porte-parole d’APISMAM est catégorique en affirmant que « ce chien ne pouvait pas être proposé à l’adoption ».

Le rapport vétérinaire fourni au refuge suite à une visite dans une clinique vétérinaire externe est désastreux. Il explique que l’animal est arrivé le 29 juin pour consultation. Selon le vétérinaire, « la propriétaire raconte que l’animal provient du chenil Don Animal et qu’il a été traité pour une pneumonie ».

La description de Bull et les photos qui l’accompagnent ne laissent pas de place aux doutes : « Le poil était complétement collé à la peau. Après l’avoir rasé, on s’est rendu compte que le chien était très maigre (13,10 kg) et infecté de puces. » Le poids idéal d’un chien de cet âge est d’environ 20 kg. Compte tenu du degré d’atrophie musculaire, la présidente de Tail Torrox a choisi d’autoriser l’euthanasie du chien, comme l’explique le porte-parole de l’association, qui estime pourtant que Bull aurait pu se rétablir, en tant que mâle relativement jeune.

Suite au refus du directeur administratif et à la demande répétée d’information du directeur de Don Animal, José Antonio Villodres, le parc zoo sanitaire n’a pas été en mesure de fournir le rapport vétérinaire d’entrée de l’animal dans sa structure, ni son certificat de mise à l’adoption.

Un historique de dénonciations

Depuis des années, Don Animal et le parc zoo sanitaire font l’objet de multiples dénonciations publiques que Villodres a toujours considéré comme diffamatoires et infondées. La confusion entre les différentes entités juridiques est à l’origine de la controverse, puisque Villodres est à la tête de nombreuses activités telles que l’élevage de podencos, des animaleries, des chenils, des cliniques vétérinaires et des parcs zoo sanitaires pour les administrations publiques, ce qui entraîne une confusion entre toutes ces installations et les professionnels qui travaillent dans chacune d’entre elles.

Mais en réalité, la plupart des plaintes provenant de refuges et d’associations n’ont jamais pu être solidement prouvées. En ce sens, le directeur lui-même déclare que « Depuis le début de l’année, nous avons déjà reçu la visite de la Seprona [Service de protection de la nature] six fois », la dernière fois le jeudi 9 août, lorsque les officiers de la Garde Civile ont dû venir de Nerja en urgence.

Dans le cas particulier du décès de Bull, les responsables d’APISMAM affirment que les faits ont déjà été rapportés. A l’état lamentable dans lequel l’animal se trouvait, selon le rapport vétérinaire de Torrox, s’ajoute la pneumonie pour lequel il était traité. Le porte-parole de l’association déclare que « la pneumonie est généralement le déclencheur de la maladie de Carré ».

Dans le même courant, une vidéo est récemment devenue virale, dans laquelle un titulaire d’une clinique vétérinaire de Rincón de la Victoria dénonce le manque d’hygiène dans les installations de Don Animal. Le vétérinaire, qui indique à public.es que cette vidéo ne doit pas être diffusée sur Youtube, car il s’agit seulement d’un enregistrement privé destiné à ses amis, relate dans cette vidéo que «tous les chiots qui sortent de Don Animal sont porteurs du parvovirus et de la maladie de Carré ». Il assure également qu’il « n’y a pas d’hygiène et aucune désinfection ». Au moment de cette vidéo, deux chiots venaient de mourir, un du parvovirus et l’autre de la maladie de Carré.

Cette vidéo a value au vétérinaire une plainte, qui fut retirée par Villodres à la veille du jugement. Dans ces déclarations, le gérant de Don Animal justifie cette décision en expliquant que « [ses] avocats [l’ont] conseillé de passer par la voie civile plutôt que judiciaire ». A ses yeux, tout cela n’est qu’une campagne de diffamation. « Cela me coûte de l’argent, et quelqu’un devra bien le payer ». Il explique en effet que pour le mois d’août, son entreprise de résidence canine n’affiche pas complet.

Dans tout l’historique des dénonciations, les plaintes ne proviennent pas seulement de particuliers et de collectifs en faveur de la protection animale, mais également certains vétérinaires ayant travaillé dans ces structures.

Parmi les irrégularités citées par ces derniers, figurent le surpeuplement (« 20 chats dans une seule cage »), la cohabitation entre chiens sains et chiens malades, la falsification des registres de vente ou encore l’euthanasie d’animaux sans les documents en règle, sans même un registre des entrées avec l’examen vétérinaire correspondant. Accusations que le gérant a toujours niées, alors même que « l’Illustre Collège vétérinaire de Málaga » a confirmé à public.es que son conseil d’administration a jugé approprié de transmettre certaines des dernières allégations aux autorités compétentes.

L’influence politique

José Antonio Villodres est un homme d’affaire reconnu dans la région de Malaga, aussi bien dans le commerce que dans la vie politique. Il est notamment, depuis plusieurs années le président de l’Association des commerçants et entreprises de Rincón de la Victoria (ACERV). Selon plusieurs collectifs de défense des droits des animaux, c’est une des raisons pour lesquelles les dénonciations ne mènent à rien. « Il est informé à l’avance des inspections qu’il va avoir », assure l’un des représentants d’un groupe de défense des animaux, mais toujours sans preuve réelle.

Depuis de nombreuses années, Villodres offre ce service de parc zoo sanitaire dans toute la région de l’Axarquía dans le cadre de deux contrats publics. Le premier d’entre eux, signé avec la Communauté de Communes de la Costa del Sol Oriental- Axarquía, propose le service à 24 municipalités, ce qui lui rapporte 151 000 € par an, dans le cadre d’un contrat de quatre ans.

Les municipalités qui ne sont pas couvertes par ce contrat public reçoivent le service par l’intermédiaire du Conseil provincial de Malaga, dont le vice-président est l’actuel maire de Rincón de la Victoria, Francisco Salado (PP), pour un montant annuel de 11 600€. Dans les deux cas, l’entreprise de Villodres a remporté les appels d’offres publics car il s’agissait de la seule offre soumise, ce qui se produit depuis longtemps.

Les installations de Don Animal sont situées à Rincón de la Victoria. Le conseil municipal, bien que sous contrat de la Communauté de Communes, payait depuis des années un service exclusif au parc zoo sanitaire, pour un montant d’environ 60 000€ par an, jusqu’à ce qu’un média local découvre le co-paiement. Le contrat n’a alors pas été renouvelé.

Cependant, avec l’arrivée du Parti Populaire (PP) et du Parti Andalou (PA), qui gouvernent après une motion de censure soutenue par les citoyens, le service de santé animale de la municipalité a de nouveau fait l’objet d’un appel d’offres. Le budget proposé pour ce service est encore plus élevé que le précédent (environ 72 200€ par an), bien qu’il ne prévoie que des « services complémentaires ».

En février, lors de l’ouverture des candidatures à l’appel d’offres, l’entreprise de Villodres était une fois de plus la seule candidate. Il a déclaré : « Ils m’ont déjà attribué le contrat, mais c’est moi qui l’ai arrêté, car je dois déposer une garantie de 6 000€. ». Depuis plus d’un an, la municipalité locale refuse tout accès des médias à l’information publique (contrats, comptes rendus des réunions de concertation, inspections…) relative au parc zoo sanitaire. //

« Plus de 60 000 animaux seront torturés cet été durant les fêtes populaires en Espagne. » // La Voz Del Sur // 31.07.18

«  A Cordoue, les institutions publiques subventionnent des corridas et des festivités traditionnelles durant lesquelles des cailles et des pigeons vivants sont placés dans des canons, avant leur mise à feu.

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Photo prise lors d’une festivité de “bou embolat”

Cet été, plus de 60 000 animaux seront torturés et tués durant les fêtes populaires. « Il est donc impossible de célébrer ces fêtes sans massacrer des animaux ? », s’interroge Equo sur Twitter. Le parti politique (adhérent au parti Vert Européen) a lancé une campagne de sensibilisation sur cette plateforme, qui tend à mettre fin à ces pratiques abusives et terrorisantes lors des fêtes populaires espagnoles. « Avec l’été arrivent les fêtes traditionnelles dans les villages, et beaucoup d’entre elles sont basées sur des pratiques barbares et incompréhensibles de nos jours, comme celle du Toro Enmaromado (taureau attaché) (Zamora), du toro embolado, ou encore le « lancé de rats de Puig » qui consiste à lancer sur ses voisins des rats morts. », déclare le parti politique à travers un communiqué.

Equo Animales dénonce ces pratiques abusives et demande aux municipalités de continuer à célébrer ces festivités sans imposer de mauvais traitements aux animaux. Une vision qui, selon le parti, devrait être étendue à l’ensemble du territoire, sans exclure pour autant le plaisir et l’amusement dans ce type de festivités. « De la même manière, nous exhortons le gouvernement à renverser les politiques animalières du PP (Parti Populaire espagnol) afin d’amorcer le changement vers un pays sans mauvais traitements envers les animaux », souligne Equo.

Au pays basque, le groupe Equo Berdeak a sollicité le gouvernement basque afin d’annuler le spectacle Super Grand Prix ainsi que celui des Vaquillas Txiki de Vitoria, considérés comme illégaux. Fin juillet, de la même manière, avec l’abstention des citoyens, le vote en faveur du Parti Populaire et le vote contre l’équipe gouvernementale – PSPV, Compromís et València en Comú -, nous avons réussi à faire un pas de plus contre les « bous al carrer » et « bou amb corda ». Grace à cette lutte, pas à pas, nous arriverons à l’interdiction de cette barbarie, où le taureau est attaché à une corde.

A Majorque, où Equo fait partie du mouvement « Més per Palma », à l’approche des fêtes de Sant Joan, aucune demande n’a été déposée pour l’organisation de la traditionnelle corrida. Si cela reste tel quel, la plaza de toros de Muro, aussi appelé La Monumentale, n’accueillera pas de festivités, une première depuis des décennies. Cette situation est rendue possible grâce à la loi de protection des animaux, dite « loi des Baléares sur la tauromachie », inspirée de la loi des Baléares qui interdisait les corridas impliquant du sang et la mise à mort des taureaux.

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Tir aux pigeons en Espagne : un jeune pigeon est placé dans un canon qui le propulsera dans les airs avant d’être abattu.

En Andalousie, Equo Córdoba a demandé à la mairie d’El Viso ainsi qu’à d’autres municipalités de la Province, mais aussi au conseil provincial d’arrêter toute promotion, collaboration et subvention d’évènements durant lesquels des animaux sont torturés. Il réclame également au Gouvernement régional d’Andalousie et à d’autres institutions publiques de protéger les mineurs en éloignant les enfants de la violence générée par la tauromachie. María Carnero, porte-parole d’Equo Córdoba a encouragé le Conseil municipal d’El Viso à « dépasser ses traditions arriérées et à stopper la programmation d’évènements durant lesquels les taureaux sont maltraités et tués, auxquels peuvent assister les mineurs. »

En outre, la formation d’Equo à Cordoue a exprimé sa plus profonde indignation devant la tenue des événements « Gran Tirada de Codorniz », « Gran tirada de pichón » et « Tirada al pichón », programmés respectivement pour les foires et festivals de Conquista, Villanueva de Córdoba et El Guijo, organisés en collaboration avec le Conseil provincial de Cordoue. Elle a également dénoncé le « Concours de Tir à dos de mule et de mulet » organisé par la Délégation des Célébrations de la Mairie d’Aguilar, organisé dans le cadre de la foire aux bovins (Feria Real 2018).

Sur le même principe, Equo a exigé de la mairie de Voto (Cantabrie) qu’elle cesse d’utiliser des animaux lors des fêtes de la Gata Negra. Ils considèrent que l’utilisation d’un chat noir lors de cette célébration viole l’article 6.1 de la loi 3/1992 du 18 mars de protection des animaux dans la communauté autonome de Cantabrie. Pour cela, le parti politique a présenté un texte exigeant à la mairie de Voto, à la Consejería de Ganadería (équivalent du ministère de l’agriculture) et à la Direction Générale du Tourisme de Cantabrie d’adapter cette célébration à notre époque, comme l’ont déjà fait plusieurs communautés autonomes du pays, en remplaçant l’animal par une personne déguisée ou bien par une peluche. « 

« Une personne arrêtée à Tahíche (Lanzarote) pour des faits de maltraitance animale. » //LancelotDigital.com // 20.07.2018

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Les agents du Seprona ont procédé au sauvetage de cinq chiens vivants dans de très mauvaises conditions, aucun n’étant vacciné, et un seul étant équipé d’une micro-puce.

// Les agents du Service de protection de la nature de la Guardia Civil de l’île de Lanzarote ont arrêté une personne, dont les initiales sont S.A.V., âgée de 46 ans et déjà connue des services de police, présumée coupable d’un délit d’abandon d’animaux (spécifié par l’article 337 bis du Code Pénal). La personne arrêtée aurait détenue sur le toit de sa maison cinq podencos dans des conditions sanitaires déplorables.
Grâce aux informations fournies par un témoin ayant donné l’alerte au vue de l’état physique des animaux sur le toit de cette habitation, ainsi qu’une vidéo, les agents du SEPRONA, accompagnés par les agents de la police locale de Teguise se sont rendus sur la propriété concernée, le 13 juillet dernier. Avec l’autorisation d’un parent vivant dans la maison, ils ont accédé au toit où se trouvaient les animaux.
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Les agents se sont alors rendus compte des conditions d’hygiène et sanitaires déplorables dans lesquelles se trouvaient les chiens, et de leur extrême maigreur, ainsi que la quantité de puces et de tiques les recouvrant, mais aussi la très forte odeur d’excréments et d’urine.
Face à cette situation, les agents du SEPRONA ont décidé d’évacuer les chiens, par mesure de sécurité, et craignant pour leur intégrité physique. Ils ont pour cela demandé la collaboration de la mairie, ainsi que la rédaction d’un rapport attestant des risques encourus par les chiens dans une telle situation.
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Se basant sur l’état physique des animaux et sur le rapport, la Guardi Civil a procédé à l’arrestation de S.A.V., comme présumée coupable d’un délit d’abandon d’animaux, puis à confié le dossier au tribunal d’Arrecife.
L’article 337 bis du Code pénal espagnol prévoit que quiconque abandonne un animal dans des conditions où sa vie ou son intégrité peuvent être mises en danger est passible d’une peine d’un à six mois ; le juge peut également imposer une peine spéciale de trois mois à un an d’interdiction d’exercer une profession, une activité ou un commerce lié aux animaux ainsi que l’interdiction de posséder des animaux. //