« Des activistes anonymes filment les conditions dans lesquelles vivent les chiens d’une rehala de chasse dans la Sierra de Madrid » // El Caballo de Nietzsche // ElDiario.es // 20.04.21

par Mila García Nogales

« Les chiens sont enfermés dans des conditions déplorables mais le voisinage n’ose pas dénoncer ces faits par peur des représailles des chasseurs qui les maintiennent dans un tel état de négligence et de maltraitance.

«On les entend aboyer de loin: c’est ici que sont entassés les chiens des chasseurs, sous des tôles de métal, attachés avec des chaînes, isolés dans de petites caches sombres et malodorantes; invisibles et oubliés par la société; n’espérant qu’une croûte de pain, un rayon de soleil ou cette course mortelle où, même entre les cris et les coups, ils trouveront l’approbation de celui qui deviendra un jour aussi leur bourreau.  » C’est ainsi que l’une des deux activistes anonymes qui ont réussi à enregistrer ces images décrit ce que l’on ressent en s’approchant de l’endroit où elles ont été prises, une des nombreuses fincas de la Sierra de Madrid où des dizaines de chiens utilisés pour la chasse sont maintenus en captivité. Les deux activistes se sont rendues dans la zone alertées par des appels du voisinage. « Ils vivent entassés dans de véritables taudis, dans une pénombre presque totale, entre des fers rouillés et des décombres, enchaînés et avec du pain dur comme seule nourriture », ajoute la seconde activiste, qui précise également que les personnes qui les ont contactées n’osent pas dénoncer la situation par crainte des représailles des chasseurs.

Si même leur propre environnement n’est pas sans danger pour eux, quel espoir reste-t-il pour ces pauvres êtres qu’ils traitent comme des choses? À ces machines à poils et à pattes qui, selon la vision cruelle et oppressive des chasseurs, ne servent qu’à faire du mal à d’autres êtres contraints et forcés et qui, lorsqu’ils ne pourront plus servir, n’auront plus aucune raison d’exister. La seule issue pour le chien d’un chasseur est que quelqu’un prenne des risques pour lui . On ne se positionne pas contre la chasse sans risques : la législation actuelle protège ceux qui tuent les animaux pour le plaisir mais ne protège pas les victimes. Dans la vidéo, des queues de sanglier pendant à une clôture sont là pour nous le rappeler: « Les chasseurs les utilisent pour dresser des chiens. Parfois, ils utilisent aussi d’autres parties du corps ou les peaux des animaux considérés comme des proies », expliquent les militants.

On ne voit aucun chiot dans la vidéo, mais certains signes extérieurs, comme la taille des glandes mammaires ou le relâchement du ventre,  montrent que plusieurs femelles ont dû avoir des petits récemment. Que sont devenus leurs bébés ? Ils ont peut-être été emmenés et vendus illégalement . Ou on leur a peut-être enlevé pour les tuer en les jetant dans un ravin ou en les noyant dans un seau d’eau (pratiques courantes chez les chasseurs). «La chasse est la sauvagerie dans sa forme la plus pure, c’est la cruauté», dit l’une des responsables des images. Pour elle, le combat commence d’abord en «regardant ce qui se passe autour de nous, car ce n’est qu’alors que l’on arrive à une conscientisation. C’est la première étape». Cela signifie ne pas détourner le regard. Prendre des risques vient plus tard, c’est l’étape suivante.

Sa coéquipière évoque le lien entre chasse et machisme: «Dans un monde d’oppression où règne le patriarcat le plus absolu, les âmes innocentes et vulnérables sont toujours les victimes. Le féminisme est la lutte contre toutes les oppressions, qui se perpétuent grâce au silence des voisins, des amis ou de la famille. Si vous passez devant un endroit horrible comme celui-ci et, que quand vous entendez l’appel désespéré des chiens, vous pensez à des choses comme ils sont nés pour chasser, que ce n’est pas votre problème ou qu’ils sont habitués à vivre ainsi et vous ne faites rien pour changer leur sort, vous n’avez pas encore compris que la lutte nous englobe tous ».

Sous l’angle du féminisme et de l’antispécisme, lutter pour la libération animale implique de se battre en faveur de tous les êtres sensibles, humains et non humains, et en opposition à tout type de discrimination, puisque toutes les discriminations naissent de la même idée: que certains individus sont supérieurs à d’autres. D’autres qui sont inférieurs. L’excuse? Nos différences. Le fait que certains d’entre nous jouissent de privilèges, que d’autres n’ont pas. Que, en fait, ces autres subissent un désavantage systémique, avec une oppression répétée, entretenue et préservée dans le temps parce que, au lieu de célébrer les individualités, on les exploite et on les domine. C’est le cas avec le genre et l’identité sexuelles. C’est le cas avec les caractéristiques raciales. C’est le cas avec la neurodiversité. C’est même le cas  avec l’apparence physique, le lieu de naissance ou la profession. Et toutes ces catégories, ainsi que bien d’autres, interagissent les unes avec les autres.

C’est aussi le cas avec les espèces. Lutter pour la libération animale implique d’être à l’opposé de l’objectification des corps, dont le système patriarcal se sert pour nous transformer en morceaux de viande . «Notre devoir en tant que femmes, en tant que victimes», poursuit l’activiste, «est de donner une voix à ceux qui n’en ont pas, à ceux qui n’ont même pas la protection de lois qui garantissent leurs droits. Il nous reste encore un long chemin à parcourir pour déconstruire ces discriminations, mais sur ce chemin, nous ne pouvons pas oublier nos frères les animaux non humains. « 

Lien vers l’article original : https://www.eldiario.es/caballodenietzsche/perros-rehala-caza-madrid-animalista_132_7801424.html

« Rehalas; l’enfer sur terre des podencos » // texte de Juan Ramón Ortiz de la Torre publié sur la Plataforma NAC. No A la Caza. // 9.05.2021

« Avant de commencer, je veux vous dire que si je parle des Podencos, c’est parce que ce sont les Podencos et les croisés Podencos que l’on retrouve principalement dans ces lieux d’extermination.

Les rehalas sont des endroits sombres, sales, avec une odeur caractéristique, ils sentent la peur, la peur des chiens qui ici survivent.

Dès qu’ils sont nés (et il y a beaucoup de naissances), ils sont catalogués par le propriétaire de la rehala ou par celui qui a la rehala en gestion. En gros il y a trois groupes, ceux qu’ils vont consacrer à la chasse, ceux qui vont servir à la reproduction, et ceux qui vont mourir directement parce qu’ils sont nés avec un défaut visible qui, selon celui qui les examine, les rend inaptes à appartenir à un des deux autres groupes. Ils les noient alors en leur plongeant la tête dans l’eau ou simplement leur brisent le cou.

La vie des membres des deux autres groupes n’est pas très longue, s’ils perdent l’odorat et laissent échapper des proies, ou s’ils se blessent à une patte et ne peuvent pas courir, ils s’en débarrassent (j’insiste, il en naît beaucoup).

Les femelles qui sont destinées à la reproduction passeront des années où, à chaque fois qu’elles seront en chaleur, on les enfermera dans une espèce de boîte qui les immobilise sauf la partie arrière pour permettre à tout mâle de les monter, et vu cette existence, elles ne vivent pas non plus très longtemps. Il arrive un moment où elles ne sont plus rentables pour les propriétaires de ces lieux, accumulant des maladies qu’elles peuvent transmettre à leurs chiots.

C’est très compliqué dans les rehalas de voir des chiens pucés car les responsables de rehalas et les propriétaires savent à l’avance quel sera le triste sort de ces chiens et préfèrent donc qu’ils ne puissent pas être liés à eux.

Tout aussi compliqué de voir des vétérinaires se rendre régulièrement dans les rehalas car ils devraient signaler que les chiens qui y survivent ne sont pas identifiés.

Dans les rehalas, on meurt de faim, les propriétaires et les responsables de rehalas se défendent en disant que de cette façon, affamés, ils chassent mieux, dans les rehalas, il y a des combats pour manger le bout de pain qu’on leur jette, dans les rehalas il y a des maladies, dans les rehalas comme je l’ai dit au début, ça sent la peur et dans les rehalas, on meurt très tôt.

Dès qu’un membre de la rehala se casse une patte, a perdu l’odorat, tombe malade ou n’est plus apte pour la reproduction, ils se débarrassent de lui ou d’elle.

Lorsque cette situation se produit, le responsable de la rehala a plusieurs possibilités qui s’offrent à lui.

Certains les emmènent dans des refuges et les abandonnent là. Beaucoup, les plus nombreux, choisissent de mettre fin à la vie des chiens qui leur ont servi de diverses manières. Ils leur tirent une balle dans la tête (peu utilisée parce qu’ils ne valent pas une cartouche). Ou les noient par immersion (mais cela arrive aussi rarement car le chien résisterait). Ou les abandonnent en pleine campagne et peuvent même en arriver à leur casser les pattes pour être sûr qu’ils ne reviennent pas. Ou ils les pendent en utilisant la méthode du piano, cet euphémisme consiste d’abord à emmener le chien dans un endroit très éloigné pour qu’on ne puisse pas faire le lien avec eux, ils cherchent un arbre vigoureux et le pendent à l’une des branches de telle façon qu’il sache encore s’appuyer sur les pattes arrière et là l’′′ humain  » fuit, il sait que le sale boulot est fait. Le chien lutte dans cette position jusqu’à l’épuisement et puis lentement, il agonise et finit par mourir pendu quand ses pattes n’arrivent plus à le soutenir.

C’est la courte vie des Podencos et de leurs congénères dans les rehalas.

A propose, en Andalousie, ces camps d’extermination de chiens ont été déclarés Bien d’Intérêt Culturel.

P.S. À tous ceux qui vont argumenter que tous les propriétaires de rehalas et les chasseurs ne sont pas comme ça, je vais vous dire quelque chose, tous les chiens dits de chasse qui se retrouvent pendus, brûlés, noyés et abandonnés, avant d’arriver à cette terrible situation, avaient des propriétaires et, quel hasard, c’était tous des chasseurs. »

#NoAlaCaza

#LaVerdadDeLaCaza

#VictimasDeLaCaza

« Le guide indispensable pour l’adoption et l’éducation d’un galgo » // par Esteve Giralt pour La Vanguardia.es // 1.02.21

« Les chiens de cette race, utilisés pour la chasse et les courses sont très souvent maltraités. Ils ont donc besoin d’une attention toute particulière.

Chaque année, le 1er février est la journée mondiale du galgo. Elle promeut l’adoption de cette race de chien, particulièrement touchée par l’abandon

Le 1er février dernier était célébrée la Journée Mondiale du galgo. Depuis une vingtaine d’années, des entités spéciales ont été créées en Espagne afin de promouvoir l’adoption des gaglos, une race de chiens ayant historiquement souffert de nombreux cas de mauvais traitements. Depuis, les adoptions n’ont cessé d’augmenter, grâce à la sensibilisation et au travail de plusieurs associations, et le galgo est devenu un chien à la mode. Fort heureusement, cela facilite la recherche de familles d’accueil.

Mais certaines personnes envisagent l’adoption d’un galgo sans savoir qu’il s’agit d’un animal avec des nombreuses particularités à prendre en compte. Notamment à cause de leur origine, souvent liée à l’élevage pour la chasse, et à cause de leur passé, avec encore trop de cas de maltraitance et d’abandon d’animaux.

Le travail des organisations qui préparent l’arrivée du chien dans sa nouvelle famille est très important. Des entités comme Galgos 112, SOS Galgos ou ACUNR travaillent depuis plusieurs années à ce que le processus d’adoption se fasse en pleine conscience de la part de la personne désirant accueillir un chien de cette race, en donnant beaucoup d’informations préventives, et en étudiant chaque dossier au cas par cas.

Grâce à une bonne information, des connaissances, une conscience, avec une bonne adaptation de l’animal et de sa famille d’accueil, l’adoption d’un galgo dans un appartement ou une maison est souvent couronnée de succès.

Les galgos passent beaucoup de temps à se reposer et à dormir une fois à l’intérieur de la maison

Que faut-il prendre en compte ? Est-ce différent de l’adoption d’un chien d’une autre race ? Nécessitent-ils beaucoup de soins ? Est-ce un chien qui a besoin de faire beaucoup d’exercice tous les jours car il est très actif ? Le fait d’avoir souffert de mauvais traitement conditionne-t-il son caractère et son attitude sur le long terme? Son adaptation en sera-t-elle plus lente et plus complexe ? Est-il judicieux de l’accueillir dans une région de grand froid l’hiver ?

Il existe de nombreuses questions, parfois dérivées de certains mythes et idées fausses, perpétués depuis longtemps. « Les chiens de type « lévrier » en général, mais surtout les galgos et podencos sont des races très méconnues. S’il est de plus en plus répandu de voir des galgos et des podencos en ville, comme animaux de compagnie, il existe également un certain nombre de légendes autour de cette race à connaître. », explique-t-on depuis Galgos 112.

Outre les doutes initiaux, après les premières semaines, voire les premiers mois d’accueil, d’autres préoccupations peuvent arriver. Nous allons les aborder point par point

1. Cette race de chien a besoin de beaucoup d’exercice et de course ?

Pour sa grande rapidité, le galgo a été utilisé durant des décennies pour la chasse, mais aussi pour la course, avant que cette dernière pratique ne soit interdite dans une majorité de pays. Sa rapidité innée a malheureusement été à l’origine d’abandons et de mauvais traitements, car leur élevage a été encouragé sans modération dans plusieurs régions espagnoles.

Mais même si le galgo est rapide et aime profiter de grands espaces pour courir, se n’est pas pour autant une race de chien très active. « Il y a beaucoup de confusion. On pense souvent que c’est un animal qui a besoin de courir, mais il n’a pas spécialement besoin de beaucoup d’exercice. Ils courent lors des séances de chasse ou de course, mais uniquement car ils n’ont pas le choix. », souligne Alma González Zavala, vice-présidente d’ACUNR (Animales con un nuevo rumbo, animaux avec une nouvelle direction).

 « Le galgo n’a pas besoin de beaucoup d’exercice. Trois promenades de 20 minutes par jour sont suffisantes. Bien qu’ils soient les athlètes du monde canin, les lévriers ne sont pas des chiens très actifs », explique SOS Galgos. L’âge, comme pour la grande majorité des chiens, est un facteur déterminant. Il y a une grande différence entre un jeune animal, jusqu’à deux ans, et un galgo adulte ou plus âgé. Les galgos plus jeunes ont besoin de plus d’exercice et sont plus agités, comme c’est le cas pour les autres races.

2. Ils passent de nombreuses heures à dormir à la maison.

Le galgo est un animal plutôt paresseux une fois à l’intérieur de l’appartement ou de la maison, et s’il se sent bien, il peut passer une grande partie de son temps à dormir ou à se reposer en s’étirant de tout son long. Il peut rester ainsi plusieurs heures la plupart du temps.

« Même s’ils sont de véritables athlètes, ils ne sont en réalité pas hyperactifs. Ils peuvent passer plusieurs heures à se reposer et ils dépensent généralement leur énergie dans de courtes promenades », nous explique-t-on chez Galgos 112, une association œuvrant à la protection et à la sensibilisation. « En général, ils adorent rester allongés à se reposer, et gardent leur énergie pour courir lorsqu’ils en ont envie », ajoute SOS Galgos.

« À la maison, il reste très tranquille, il dort toute la journée et s’active uniquement lorsque nous nous activons nous », expliquent Marta et Pedro, qui ont adoptés un chiot galgo il y a un an et demi. « Il a beaucoup de puissance de course, il est très rapide, mais il a peu d’endurance », ajoutent-ils. Ces chiens peuvent dormir jusqu’à 18h par jour. « La plupart sont heureux de dormir toute la journée jusqu’à ce que vous les sortiez pour une promenade», corrobore l’association SOS Galgos. C’est une race de chien qui s’adapte bien à la vie en appartement, car elle n’a pas besoin de beaucoup d’espace pour vivre, ni une grande maison avec jardin.

3. Que se passe-t-il s’il a souffert d’abandon et de mauvais traitement ?

Beaucoup de galgos recueillis par les refuges et organisations dédiés à l’adoption ont souffert de mauvais traitements et d’abandon. « Un pourcentage très élevé de ces chiens arrivent avec des peurs, ils ont souvent peur des gens, surtout des hommes. », soulève González Zavala (ACUNR).

C’est une circonstance dont il faut avoir conscience lorsque l’on souhaite adopter car c’est un animal qui, dans de nombreux cas, aura besoin de soins particuliers, de plus d’attention et de patience. Il en va de même pour les autres chiens qui arrivent malheureusement, eux aussi, dans les refuges après avoir été maltraités et abandonnés.

L’association d’adoption de chiens et chats ACUNR est une entité créée à Madrid, ayant également une délégation en Catalogne, qui, au travers de son centre d’accueil, et grâce à l’aide des familles d’adoption, cherche un lieu pour les animaux abandonnés. Dans le cas des galgos, si ce sont des animaux qui arrivent traumatisés, l’association leur cherchera un adoptant ayant déjà de l’expérience avec les chiens peureux ou avec des problèmes de comportement. « L’adaptation dépend beaucoup des adoptants et de leur habilité à travailler avec les chiens. Nous essayons donc de nous assurer que ce sont des personnes expérimentées », ajoute González Zavala (ACUNR).

Il est important d’avoir des informations sur le passé du galgo. Les organisations prenant les chiens en charge sont de bonnes sources d’information. « La clé est de savoir d’où vient son galgo, quelle histoire et quelle vie il a eu auparavant, et quel était son comportement face aux gens qui l’ont recueillit. Les associations d’accueil de galgos ont généralement des critères, connaissent des professionnels et des vétérinaires, et savent comment adapter le chien en fonction de l’adoptant », explique Ibáñez, spécialiste de l’éducation et du travail sur le comportement du chien.

Dans ce cas, nous pouvons nous trouver face à un galgo effrayé, fuyant devant tout ce qui lui semblera être une menace et très sensible à tout ce qui se passe autour de lui. « À chaque fois que nous prenions un balai, il avait peur », se souvient la famille adoptive d’un galgo anciennement maltraité. L’animal avait été battu et abandonné.

Mamen Polaino a adopté un galgo il y a quelques mois, elle a donc vécu avec son chien le long processus visant à réduire ses peurs. « Je me souviens de nos premières promenades. Cela nous serrait le cœur à tous les deux. Je le voyais lutter pour surmonter ses peurs (le bruissement des feuilles d’automne le faisait sursauter), il tentait simplement de survivre à un tout nouveau monde dans lequel tout était nouveau, et terrorisant. », se souvient-elle. Dans la plupart des cas, l’évolution est très satisfaisante. « À la maison, sans menace extérieure possible, notre relation devenait de plus en plus fluide, même si cela prenait du temps. Nous avons réussi, chacun à notre manière, à respecter l’espace de l’autre dès le début, sans nous bousculer », ajoute-t-elle. Son galgo, ancien chasseur, avait également été maltraité.

 « C’est une erreur de penser que les galgos sont « bêtes » parce qu’ils ne sont pas très obéissants. C’est un animal très intelligent, mais il recherche ce qui l’intéresse », explique Javier Ibáñez, PDG de Takoda Adiestramiento Natural, en lien avec Galgos 112 à Tarragone. « Nous avons beaucoup travaillé avec les galgos et podencos, ils font partie de notre école », ajoute-t-il.

Dans certains cas graves de mauvais traitements, et si l’attitude très craintive du galgo persiste et le gène dans sa vie quotidienne, il est conseillé de faire appel à un comportementaliste (éthologue) ou à un éducateur canin. Avec quelques exercices de base, les problèmes sont généralement rapidement résolus, ce qui améliore la qualité de vie du chien. Les associations de protection avertissent tout de même sur le fait que tout le monde n’est pas prêt à adopter un chien anciennement maltraité.

4. Tous les galgos sont-ils peureux ?

Le galgo est une race de chien plutôt sociable et affectueuse, qui peut tout à fait vivre avec des enfants. Cependant, chez un grand nombre de chiens maltraités et abandonnés, leur passé difficile pourra modifier leur caractère. Ils auront donc besoin d’une période d’adaptation une fois arrivés dans leur nouveau « chez eux ».

 « Il est certain que beaucoup de galgos arrivent traumatisés par l’abandon, par les mauvais traitements reçus, ou par manque de sociabilisation. Certains sont terrifiés par les humains, ils sont donc plus à l’aise dans un environnement rural où ils prennent confiance petit à petit avec leur famille adoptive, et parfois avec personne d’autre », explique-t-on chez SOS Galgos.  

Une fois la période d’adaptation passée, le galgo est un animal très sociable et affectueux. Llibert Teixido

Il n’en va pas de même dans tous les cas. Les associations ne connaissent pas avec exactitude le passé de chaque galgo. « Certains arrivent plus confiants et mieux sociabilisés que d’autres, ils sont capables de saluer tout le monde, aussi bien leurs congénères que les humains qui les entourent, ils peuvent également déjà être habitués à voyager en voiture ou à se promener en ville. » ajoutent-ils.

Dans les centres d’accueil, avec l’expérience, les bénévoles voient l’évolution de chaque chien et constatent que dans grand nombre de cas, cela est encourageant. Il existe des cas spécifiques très compliqués, avec des animaux extrêmement traumatisés, qui sont très difficiles à approcher ou à soigner lorsqu’ils nécessitent un traitement vétérinaire.

 « C’est un animal qui, une fois entré en relation avec les gens, établit des liens forts. Et pas seulement avec d’autres galgos, comme cela se passe lors de la chasse», explique Gonzalez Zavala.

5. Ce sont des chiens frileux qui ont toujours besoin d’un manteau.

Le galgo est un animal avec très peu de graisse et au poil court, il est donc vrai que ce chien a souvent plus froid que d’autres races. Il est recommandé de lui mettre un manteau pour le protéger du froid et de la pluie. Les galgos ne sont pas faits pour vivre à l’extérieur, dans un jardin par exemple.     

6. Ont-ils toujours besoin d’être en laisse ?

Les spécialistes conseillent une sécurité et un contrôle extrêmes de l’animal lors d’une adoption. « Nous mettons l’accent sur la sécurité car nous avons déjà été confrontés à des adoptants dont le galgo s’est échappé, et il est ensuite très difficile de le retrouver. », souligne-t-on à l’ACUNR. « Il y a généralement beaucoup de galgos qui s’échappent par peur », ajoute González Zavala, son vice-président. 

Il y a tout de même, et heureusement, de nombreuses adoptions de galgos. Les campagnes des associations de protection ont participé à sensibiliser l’opinion depuis près de 20 ans. Mais il y également un effet de mode, car le galgo est un animal très attrayant. « Le galgo est à la mode, certes, mais il faut toujours garder à l’esprit que l’adoption de tout chien doit être liée à son propre mode de vie », insiste l’ACUNR.

Ce ne sont pas des animaux qui aboient fréquemment et ils ne tirent généralement pas sur la laisse, ce qui génère un faux sentiment de sécurité lorsque nous les promenons.

Il y a des colliers spécialement conçus pour les galgos, adaptés à leur morphologie (leur tête fait souvent la même taille que leur cou). Le collier ne doit pas être lâche car ils pourraient alors l’enlever facilement.

Il faut être très prudent lorsqu’on promène un galgo à la campagne, car s’il détecte la piste d’une proie potentielle, comme un lapin par exemple, il pourrait avoir le reflexe de partir à toute vitesse à la poursuite de l’animal. Certains accidents de ce type ont déjà été enregistrés. « C’est un chasseur à l’instinct très fort. », explique Ibáñez (Takoda). Un instinct encore plus développé si le chien a été utilisé pour la chasse avant d’être accueillit dans sa nouvelle famille.

7. Les chiots galgos sont très actifs.

Qu’importe la race, un chiot sera toujours très actif, et il aura besoin d’un temps certain dédié à son éducation et de plus d’adaptation qu’un chien déjà adulte. Dans le cas des galgos, ce sont habituellement des chiens particulièrement turbulents. Lorsqu’ils commencent à être laissés seuls à la maison, ils peuvent ressentir une certaine anxiété due à la séparation, et peuvent faire des dégâts à l’intérieur, ou aboyer de manière répétée.

 « Les quatre premiers mois ont été difficiles. Un chiot demande beaucoup de temps et d’adaptation à sa nouvelle maison et à son nouvel environnement. À un an, il faisait toujours ses besoins à l’intérieur. Nous avons donc demandé de l’aide à un spécialiste », se souviennent Marta et Pedro, adoptants d’un chiot galgo. Dans ce cas, il s’agissait d’un problème d’ennui, alors que ses maîtres pensaient à un problème d’anxiété lié à la séparation. Cela a pu se régler grâce à des jeux et à des distractions qui l’occupaient lorsqu’il devait rester seul dans l’appartement.

C’est un animal qui, lorsqu’il appartenait à une meute de chasse, avait l’habitude d’être en permanence entouré d’autres chiens, ce qui peut finalement accentuer son anxiété ou son ennui lorsque ses maîtres le laissent seul à l’intérieur de l’appartement ou de la maison.

Un conseil qui peut servir pour toutes les adoptions. Il faut avoir beaucoup de patience, et ne pas penser à rendre le chien à la première difficulté, avertissent les associations. « Ça parait évident, mais cela demande beaucoup de patience, et c’est généralement ce qui fait le plus défaut. Les gens veulent adopter un chien en pensant que ce dernier se comportera bien dès les premiers instants. Avec la pandémie, de nombreux chiens ont été adoptés pour résoudre des problèmes personnels et pour tenir compagnie aux humains. Mais le galgo arrive avec ses propres difficultés, ses traumatismes, et c’est à vous de vous adapter au chien et de lui consacrer du temps, chercher ce dont il a besoin. Lors de la première vague de la pandémie, il y a eu une avalanche d’adoptions mais aussi de retours d’adoptions… Selon les adoptants, le chien ne s’adaptait pas. Mais il ne faut pas chercher la solution à ses propres problèmes dans l’adoption d’un galgo », ajoute Ibáñez.


Deux décennies de promotion de l’adoption.

La prise de conscience du problème de l’abandon et de la maltraitance des galgos a commencé dans des villes comme Barcelone à la fin des années 90. Selon les calculs, 50.000 galgos sont abandonnés chaque année en Espagne. Le problème est apparu au grand jour après avoir été occulté pendant plusieurs décennies. Traditionnellement, le galgo était utilisé pour la chasse au lièvre, une activité profondément ancrée dans des régions telles que l’Andalousie, Madrid, l’Estrémadure et Castille. Il y a plus d’un demi-million de galgos enregistrés en Espagne ; dans une région comme Madrid, il y a 80 clubs dédiés à la chasse utilisant le galgo.

La « Fédération Espagnole des Galgos » s’est toujours défendue de « tout cas d’abandon, mauvais traitement ou sacrifice ». SOS Galgos a été créée en 1999, au même moment que la fermeture à Barcelone de l’avant dernier cynodrome de Catalogne. En Angleterre, en France, en Belgique, en Allemagne et même aux Etats-Unis, des galgos sont également recueillis.

« LA MALCHANCE DE N’ÊTRE QU’UN OUTIL » // Texte de Pedro de Paz // Publié sur la Plataforma NAC No A La Caza // 3.02.21

 « Parmi toutes les races de chiens, il en est une dont la triste réalité de la vie est déchirante et poignante : le galgo. En Espagne, un nombre très élevé de galgos est abandonné et sacrifié chaque année, et la raison à cela est aussi simple que cruelle : alors que pour d’autres races de cette même espèce, la relation avec le maitre sous-entend un lien affectif fort, le galgo est, dès sa naissance défini comme un simple outil, un objet.

Le galgo ne s’élève pas et ne s’adopte pas dans le but de faire partie de l’environnement familial. Il s’élève exclusivement dans le but d’être utilisé, principalement dans le milieu de la chasse. La durée de vie « utile » d’un galgo dans cet environnement est de deux ans. Durant cette période, les chiens sont confinés dans des endroits insalubres, sont alimentés de manière aléatoire, sont entrainés pour courir attachés à des véhicules, et sont enfermés en attendant que la période de chasse soit ouverte. Au même titre qu’outil stocké dans une remise, ils ne sortent que lorsqu’ils ont besoin d’être utilisés. Une fois ces deux premières années passées, et lorsque le chien se fait plus lent, plus paresseux, plus maladroit, autrement dit, lorsqu’il n’est plus assez valeureux, il devient alors un « objet » aussi inutile qu’une tondeuse à gazon en panne ou une voiture qui ne fonctionne plus. Il est alors « inutilisable ». Se passe alors la même chose qu’avec les objets inutiles qui ne servent plus : on s’en débarrasse pour s’en procurer un nouveau qui lui, fonctionne bien.

Il est plus rentable d’élever une portée de nouveaux galgos que de garder ceux qui ont déjà cessé de remplir la tâche qui leur est demandée. Cela vous semble-t-il cruel lorsqu’il s’agit d’êtres vivants ? Ça l’est. Vous croyez que j’exagère ? Il est facile de le vérifier. Promenez-vous dans n’importe quel élevage de galgos et voyez de vos propres yeux combien de chiens de plus de deux ans y ont leur place. Mais cette conception froide et calculatrice de l’existence d’un être vivant atteint l’expression maximale de l’horreur et de la bassesse quand on connaît les moyens atroces utilisés pour se débarrasser de ces vieux « outils ». Selon l’adage, « un vieux galgo ne vaut pas le prix d’une balle ». Ils sont alors pendus à des arbres en laissant leurs pattes arrières toucher le sol pour que l’agonie de l’animal soit plus longue, ils sont jetés dans des puits pour qu’ils se noient, ils sont battus à mort, ils sont brûlés ou simplement abandonnés à leur sort, profitant du fait qu’ils n’aient pas de puce d’identification, en raison du manque de contrôle des éleveurs.

Certains se demandent pourquoi les propriétaires de galgos n’agissent pas de manière plus « clémente » en remettant à la fourrière les animaux qui ne leur sont plus utiles. La réponse est à nouveau aussi simple qu’inhumaine : la rotation des chiens par saison dans un chenil est généralement d’une quinzaine de galgos. L’abandon de quinze galgos par an à un refuge susciterait trop de réticences et obligerait à donner trop d’explications. Il est plus facile de s’en débarrasser par des méthodes expéditives et de les jeter à la décharge comme quelqu’un qui se débarrasse d’une vieille machine à laver. Dans cette mesure, ils sont considérés comme des « objets ».

Heureusement, la prise de conscience de ce type de pratiques cruelles fait que, petit à petit, la situation de cette race évolue. De plus en plus de gens découvrent que ce sont des animaux dociles, nobles, calmes et extrêmement fidèles et ils les adoptent en les intégrant comme un membre de la famille. Malgré cela, leur réalité vitale est toujours extrêmement dure et compromise. Et il en sera ainsi tant que des lois punissant sévèrement ces pratiques inhumaines ne seront pas votées. Mesures favorisant le contrôle de l’élevage des lévriers, l’éradication de l’élevage sans discernement et l’obligation d’identifier par une puce tous les animaux nés d’une portée. Si vous souhaitez apporter votre contribution à cette cause, diffusez cette information. Sensibilisez les gens à la triste et sombre réalité de ces animaux et participez à toutes les initiatives qui parviennent à vos oreilles pour éradiquer ces pratiques cruelles. Ils vous remercieront.//

 » Maite Bautista dénonce « qu’il est courant d’abandonner pour les laisser mourir dans des trous et des fossés des chiens de chasse trop vieux qui ne servent plus » // La Voz De Fuerteventura // Iles Canaries // 12.01.21

Mate Batista, avocate de Prote

« C’est chose courante d’abandonner pour les laisser mourir dans des trous et des fossés des chiens de chasse trop vieux pour servir et pas seulement aux Canaries » a déclaré Maite Bautista, avocate de PROTA, mardi dernier à la radio Fuerteventura FM. Au cours de l’entretien Maite Bautista a souligné très clairement que les procédures pénales concernant la maltraitance animale qu’a engagé l’association des avocats pour la défense des animaux aux Canaries sont « en majorité le fait des chasseurs »

Maite Bautista  a reconnu que « l’ensemble des chasseurs est en grande partie à l’origine de la maltraitance et des abandons d’animaux. Si je devais être politiquement correct je devrais dire que cela est faux, mais nous savons tous que c’est la vérité; pour preuves la dizaine de procédures pénales ouvertes en 2020 à Fuerteventura »

La Peur de dénoncer

Maite Bautista participe ce mardi à une des journées du programme organisé par le conseil municipal de Fuerteventura par le biais du Département de l’Engagement Citoyen, dirigé par Pau Quiles et en collaboration avec The Animal Academy, qui a pour but de sensibiliser la population de Majorera à l’environnement et à la défense des animaux.

Maite Bautista s’est appliquée à montrer aux citoyens les démarches administratives nécessaires pour dénoncer un acte de maltraitance, même si elle a reconnu que l’obstacle principal pour une dénonciation est la peur.

Cette peur est compréhensible nous dit encore Maite. La violence entraîne la violence et celle faite aux animaux se répercute sur les personnes, cela est un fait avéré.

 Bautista a fait ressortir l’importance de ces campagnes de sensibilisation permettant les changements culturels pouvant remettre en cause l’idée reçue que l’on peut faire ce que l’on veut de son animal sans devoir rendre compte à qui que ce soit. Sans vouloir faire de comparaison Bautista nous rappelle « qu’il n’y a pas si longtemps on pensait la même chose sur les violences faites aux femmes ». Il maintenant admis que cela est un problème nous concernant tous «je pense que ce sera la même chose pour les animaux »

Les prochaines journées auront lieux dans les locaux de la police locale de Morro Jable le 25 et 26 janvier.

Prochaines journées

Les prochaines dates de ces colloques seront le 5 et 6 mai à l’hôtel Mirador Puerto del Rosario, le 12 et 13 mai au Centre Cultutrel de Valles de Ortega, le 19 et 20 mai dans les locaux de la police de Morro Jable.

Entre-temps seront réalisées trois journées virtuelles avec l’application ZOOM  le 18 février, le 15 avril et le 10 juin de 15 heures à 21 heures .

Les instances chargées d’organiser les rencontres sont: The Animal Academy, Belén Roca éducatrice canine et fondatrice du projet A.M.C-CAN, Alba Miquel, et l’avocate du droit des animaux maître Bautista.

Les personnes intéressées à suivre ces colloques, en personne ou virtuellement, devront faire une inscription en utilisant le lien suivant: https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScLrwrKOC1eqpmby9VbxanYFZD1W2bu8zk-_zt2HmgAugRtSw/viewform?usp=sf_link


« Dix ans à sortir dans la rue pour demander la fin de la chasse » // Laura L. Ruiz // El Caballo De Nietzsche pour elDiario.es // 3.02.21

« Comme chaque mois de février, à la fin de la saison de chasse, la Plateforme  NAC (No A la Caza) manifestera le dimanche 7 contre la maltraitance, l’abandon et le massacre des chiens utilisés pour la chasse, et vu les  restrictions liées au Covid-19 elle demande que cette année on publie sur les réseaux sociaux les photos de ceux qui ont été secourus

Chaque année, des dizaines de milliers de chiens qui ont été utilisés pour la chasse sont abandonnés au début de février, mois qui marque la fin de la saison de chasse dans de nombreuses Communautés Autonomes. Des millions d’autres animaux, tels que des perdrix, des chamois ou des lapins, sont eux tués par balles ou dans des pièges. Cette réalité n’a pas changé même en période de pandémie puisque les chasseurs ont vite compris qu’ils pouvaient obtenir un laissez-passer pour contourner le confinement dans de nombreux endroits et ils ont pu continuer à tuer sans subir aucune sanction. C’est l’une des plaintes que la plateforme NAC (No A la Caza) a formulé cette année pour son rassemblement annuel, qui réclame l’abolition de la chasse et l’utilisation des chiens pour cette activité. Cette année encore, plus de trente villes organiseront une manifestation dans les rues dimanche prochain.

Cela fait maintenant dix ans – depuis 2011 – que ces manifestations ont lieu en février, grâce à cette Plateforme qui réunit plus de 200 associations animales et environnementales, refuges et partis politiques. « La chasse devrait être interdite dans toutes les zones naturelles protégées et dans tout le réseau Natura 2000 en tant que zones spéciales de Conservation de la Biodiversité. Il est inconcevable  qu’on y autorise non seulement l’activité de chasse, mais aussi le lâcher et le repeuplement par des animaux élevés dans des fermes, qui déplacent la faune locale, créent des hybrides et propagent des maladies », déclare le porte-parole de la Plataforme NAC, David Zurdo.

Les chiens et autres animaux, les victimes de la chasse

Les chiffres réels des conséquences de cette activité sont difficiles à obtenir, mais les estimations sont impressionnantes. L’étude la plus complète reste celle de la Fondation Affinity, qui montre qu’au moins en 2019, les refuges ont recueilli 183.000 chiens, dont 70% de chiens de chasse, soit environ 128.000 chiens, dont au moins 50.000 étaient des lévriers selon les estimations. Les raisons de leur mise au rebut sont nombreuses: parce qu’ils ne sont pas « valides », parce qu’ils sont lents, parce qu’ils proviennent de portées non désirées, parce qu’ils n’ont pas les qualités requises, parce qu’ils sont trop vieux ou simplement parce qu’ils ne sont pas « utiles » pour la chasse. «Dans de nombreux cas, le traitement qui leur est administré est le même que celui que vous donneriez à un outil de travail lorsqu’il cesse de fonctionner, lorsqu’il est usé: ils ne sont plus utiles et ils sont jetés», explique Zurdo.

La Plataforme NAC souligne également que la manière de se débarrasser des chiens est particulièrement cruelle: «On peut le voir tous les jours sur les réseaux sociaux: des chiens jetés dans des ravins, mis dans des sacs, jetés dans les rivières, pendus, battus, abattus et abandonnés blessés ». Les galgos, en particulier, sont non seulement exploités pour la chasse, mais aussi pour les courses, ce qui multiplie le risque pour eux d’être «mis au rebut».

Et quelle est la vie de ces chiens entre chaque chasse ou chaque compétition? «Ils passent leurs journées dans des caches, car le vol de lévriers est très répandu, même entre les galgueros eux-mêmes, et les chenils pour les chiens de compétition sont alors de vrais petits bunkers avec de minuscules fenêtres, des murs en béton et des portes en acier. D’autres vivent dans des grottes ou dans des enclos construits avec des palettes et des tôles ondulées », explique NAC. « La vie du lévrier est courte et cruelle. » L’entraînement quotidien – attaché aux voitures, épuisé, avec des blessures – et l’exploitation pour produire des portées de chiots avec lesquels faire du commerce sont des réalités qui sont ouvertement connues, et même l’Europe a demandé à l’Espagne d’en finir avec ces pratiques.

Lois de détention responsable qui ne s’appliquent pas

L’impunité qui existe pour les chasseurs quant à la détention responsable d’animaux est l’une des autres plaintes formulées par les refuges et les organisations animales et environnementales. Alors que tout propriétaire de chien doit légalement les faire identifier avec une puce électronique, les tenir attachés, sauf dans les zones et les horaires fixés, leur faire passer une série de contrôles vétérinaires et les faire vacciner, il ne semble pas qu’il y ait une grande pression juridique pour contrôler que ces obligations soient respectées pour les chiens utilisés pour la chasse. L’étude de la Fondation Affinity montre que 72% des chiens sauvés n’avaient pas de puce, un fait qui est corroboré par des refuges spécialisés dans le sauvetage des lévriers, comme par exemple la fondation Benjamin Mehnert à Séville .

«Nous avons tous vu des images de meutes de chiens harcelant des cerfs ou des sangliers, même dans des zones urbaines, des animaux en liberté, sans contrôle, loin de leurs propriétaires qui leur ont appris à mordre et à plaquer leur proie et dont on peut douter qu’ils sachent comment différencier un animal sauvage d’un animal domestique ou de ferme. La chasse avec des chiens est un danger pour toute personne ou animal qui se trouve dans la campagne», dénonce la Plateforme, soulignant également les accidents de la circulation qu’ils provoquent.

Impunité de la chasse pendant le Covid-19

Interrogés sur la situation de la chasse dans un contexte où les voyages et les activités de plein air ont été radicalement limités, les réponses des différents gouvernements ont été surprenantes. Bien qu’il soit toujours interdit dans des communautés comme Castilla y León de se promener, de faire de l’exercice dans la campagne ou de rendre visite à sa famille dans les zones rurales, les chasseurs peuvent continuer à chasser. Sous couvert d’une «activité essentielle», on a continué à autoriser cette pratique, à organiser des monterias (chasses en meute) ou des battues et même de passer d’une communauté à l’autre (comme par exemple de Madrid à Castilla-La Mancha).

« Leur activité n’est pas essentielle, ils essaient seulement de cacher la nécessité pour eux de continuer à maintenir leur commerce », explique Zurdo. Il faut que « les fermes de gibier vendent leurs animaux aux domaines de chasse, et les domaines de chasse ont besoin d’organiser des monterias (chasses en meute) pour facturer chaque pièce chassée. La roue du commerce de la mise à mort des animaux n’a pas été arrêtée par la pandémie ». Une activité économique exercée non seulement par la classe privilégiée qui pratique cette activité, mais aussi par tous ceux liés au secteur de la chasse : les entreprises d’armement, les grands propriétaires terriens, les propriétaires de terrains de chasse, etc. Quel argent les cyclistes rapportent-ils lorsqu’ils traversent la campagne? Que rapportent au niveau économique les coureurs, randonneurs, ceux qui promènent leurs chiens et la mycologie ? On dirait que votre liberté dépend de l’argent que vous générez », déclare le porte-parole de la NAC.

Concentrations et manifestation en ligne

Avec tous ces arguments, la plateforme appelle une fois de plus à organiser les manifestations contre la chasse, sans oublier que nous continuons à subir de plein fouet une crise sanitaire. Et de fait, la plateforme NAC explique que près de 40 manifestations avaient été confirmées jusqu’au mois dernier mais elles ont été réduites à une vingtaine en raison des nouvelles mesures de restriction et de la prudence des organisateurs. Pour cette raison, ils encouragent toute personne ou tout groupe souhaitant participer à rechercher sa ville sur la carte – dans toutes les communautés espagnoles et dans deux villes européennes: Parme en Italie et Perpignan en France – ou à se joindre à la manifestation en ligne. Dans la ville de Madrid, trois prises de parole sont prévues : au début de la manifestation, la militante de la plateforme NAC Marta González lira un poème de l’écrivaine Carmen Ibarlucea à la Puerta del Sol; devant le Congrès des députés, un texte sera lu par Rafael Doctor et Ruth Toledano, fondateurs de la plateforme d’art et d’animalisme Capital Animal; et à la fin de la manifestation, la militante Virginia Luengo lira le Manifeste de la plateforme NAC aux portes de l’hôtel de ville.

La plateforme NAC a demandé que, compte tenu des restrictions causées par Covid-19, les photos de chiens sauvés de la chasse soient publiées cette année sur les réseaux sociaux, avec les hashtags # NoALaCaza7F #ElNegocioDeLaMuerte et #StopGalgueros . »

Plus d’informations et liste des villes

(Les photos qui accompagnent cet article ont été prises par l’artiste et photographe Ruth Montiel Arias pour son projet ‘Bestiae’ sur la chasse )

https://www.eldiario.es/caballodenietzsche/diez-anos-saliendo-calle-pedir-caza_132_7186335.html

« La Garde civile démantèle une organisation qui volait et revendait des chiens de chasse » // Las Provincias // 2.02.21

/ Les agents ont récupéré 32 chiens, dont la valeur est estimée à 50.000 euros, et arrêté quatre personnes dans le cadre de l’opération ‘Jascan’

La Garde civile, dans le cadre de l’opération «Jascan», a démantelé à Valence une organisation criminelle spécialisée dans le vol et la revente de chiens de chasse. Quatre personnes ont été arrêtées et une enquête a été ouverte à l’encontre d’une autre personne pour des délits présumés de vol avec effraction, de maltraitance animale, d’abandon d’animaux, de falsification de documents et d’appartenance à une organisation criminelle.

Vidéo de la découverte par la Guardia Civil ici : https://www.lasprovincias.es/sucesos/guardia-civil-desmantela-20210130114332-nt.html

Au cours du déroulement de cette opération, 32 chiens, dont la valeur est estimée à environ 50.000 euros, ont été retrouvés. Ces chiens avaient été volés dans les provinces de Valence, Castellón et Albacete. En outre, 48 cartes d’identification de chiens de race et 32 ​​passeports ont été saisis, ainsi que 3 fusils de chasse et 1 carabine.

L’opération a commencé début septembre à la suite de deux plaintes déposées pour vols avec effraction de chiens de chasse dans les villes de Llanera de Ranes et L’Enova, et plus tard on avait également eu connaissance de vols de chiens à Almansa (Albacete) et à Barracas (Castellón).

Une fois les membres du réseau localisés, une perquisition a été effectuée au domicile du chef présumé, ainsi que dans une ferme (ancienne ferme d’élevage) qu’il dirigeait, et dans plusieurs maisons situées à L’Alcudia de Crespins et Canals, où des chiens ont été retrouvés vivant dans des conditions déplorables.

Plusieurs de ces animaux présentaient des entailles profondes dans le cou réalisées pour extraire leur puce d’identification. Certains animaux ont été relâchés par les auteurs présumés dès qu’ils ont su qu’ils étaient recherchés.

Les 4 membres de l’organisation ont été arrêtés pour tous ces délits présumés. De plus, un vétérinaire fait lui aussi l’objet d’une enquête pour avoir réimplanté de nouvelles puces aux chiens volés et avoir établi de nouveaux passeports et cartes d’identité, sans les enregistrer dans le RIVIA (Registre Informatique d’Identification des Animaux de la Communauté de Valence).

Les membres du réseau publiaient sur les pages d’achat-vente d’internet des annonces en ligne pour vendre les chiens volés. Une fois la vente réalisée, ils envoyaient les animaux dans différentes parties du territoire national par l’intermédiaire d’une société de transport qui possédait un service de transport d’animaux de compagnie, après leur avoir préalablement fait implanter une nouvelle puce, ainsi qu’un nouveau passeport par un vétérinaire.

L’opération, ordonnée par le Tribunal de Première Instance et d’Instruction n° 3 de   Xátiva (Valence), a été menée à bien par des agents appartenant à la brigade Roca de la Garde Civile de Xátiva, et au SEPRONA (Service Protection de la Nature et de l’Environnement) de Vallada.//

Lien vers l’article original ICI

« Puertollano: une amende de 2.500 euros pour avoir abandonné un animal dans un état pitoyable »// Micr.es // 27.01.21

// Le conseil municipal de la mairie de Puertollano a infligé une amende de 2.500 euros à l’encontre d’un habitant pour une infraction très grave à la loi sur la protection du milieu naturel en abandonnant un animal de compagnie dans un état déplorable, avec des lésions alopéciques desquamatives.

L’animal a été examiné par un vétérinaire alerté par un habitant, puis recueilli par le refuge municipal géré par Huellas comme le rapporte la conseillère municipale porte-parole de l’équipe gouvernementale, qui a regretté les faits. //

Lien vers l’article original :

« Des inconnus abattent 20 chiens d’une rehala et en laissent de nombreux autres grièvement blessés à Casatejada » // Province de Caceres // La Mañana // 24.02.2021

 » Des inconnus ont abattu 20 chiens dans une rehala (1) et en ont gravement blessé un grand nombre dans une finca (2) propriété agricole située dans la zone municipale de Casatejada à Cáceres. 

(1) rehala = meute de chiens de chasse   (2) finca = exploitation agricole

Un des chiens de race podenco abattu à la finca « La Parrala », entre Talayuela et Casatejada.

Les propriétaires des chiens, des habitants de Talayuela, ont découvert le massacre mercredi après-midi, alors qu’ils se rendaient à la finca «La Parrala» pour nourrir les animaux où ils ont retrouvés beaucoup d’entre eux morts et d’autres gravement blessés et agonisants.

La Garde civile a ouvert une enquête pour clarifier les faits, bien que l’on suppose que les faits ont dû se dérouler très tôt à l’aube, profitant d’un jour de fête, puisqu’il s’agit d’un lieu particulièrement fréquenté par les agriculteurs.

Parmi les animaux décédés figurent des Podencos, des Alanos espagnols et d’autres chiens de chasse utilisés par les propriétaires pour les monterias (chasses en meute) organisées par les régions voisines. Plus d’une personne aurait pu participer à l’événement, ce qui pourrait être considéré comme un crime de maltraitance animale, étant donné le nombre élevé de chiens morts et blessés.

Des sources proches de la famille ont indiqué que « c’était un véritable massacre  » et que le ou les auteurs des faits sont entrés dans la finca après avoir fait sauter le verrou de sécurité de la porte d’accès d’un coup de fusil.

Beaucoup d’animaux sont morts à l’intérieur des chenils et d’autres sont tombés abattus en plein milieu de la propriété, les images diffusées ont provoqué une grande stupeur dans toute la région.

Un expert consulté par ‘LA MAÑANA’ de Radio Interior a expliqué qu’il est probable qu’ils ont utilisé des fusils de chasse pour tuer les chiens car cela ne laisse pas de trace étant donné qu’ils ont pris la précaution de retirer les cartouches. S’ils avaient utilisé une carabine ou une arme à canon rayé pour les tuer, un examen balistique médico-légal des projectiles aurait permis de déterminer l’arme dont ils provenaient. »

« Un an de prison pour avoir maltraité les podencas Raiz et Tierra » // Pilar Munoz pour La Tribuna de Ciudad Real // 9.12.20

Au vu des éléments de preuve présentés par le procureur délégué à l’environnement, ils ont avoué les délits et accepté la condamnation pour deux délits de mauvais traitements.

// Quatre ans et demi après que les popdencas Tierra et Raíz aient été brutalement maltraitées et abandonnées, sur le banc des accusés les deux auteurs présumés qui ont fini par admettre les crimes dont ils étaient accusés par le ministère public et ont accepté la peine d’un an d’emprisonnement, six mois pour chacun des deux délits de maltraitance animale prévus à l’article 337 du Code pénal.

Comme La Tribuna l’a appris, l’acte d’accusation et les éléments de preuve présentés par le Procureur pour l’environnement, Arancha Vinuesa, ont permis aux accusés de reconnaître expressément l’infraction. Ainsi, un accord de conformité a été conclu et la condamnation a été prononcée pour les délits formulés par le procureur. Outre la peine d’emprisonnement, ils sont expressément interdits d’exercer une profession ou un métier en rapport avec les animaux et de les détenir pendant quatre ans. Ils doivent également payer à la Protectrice des animaux les frais occasionnés par la récupération totale des podencas en raison de leur état d’abandon.

Le cas de la Terre et de la Racine est l’un des cas les plus sanglants de maltraitance animale dans la province.//

Lien de l’article original en espagnol ICI.