Portrait du Galgo

1Martin Usborne – tirée du livre « Where Hunting Dogs Rest »

Presque exclusivement considéré comme un chien de chasse en Espagne où ses performances d’athlètes lui valent bien malgré lui d’être utilisé pour les fameuses « Carreras en campo » (avec les dérives que l’on connaît), le Galgo est pourtant particulièrement apprécié par les adoptants d’Europe de l’Ouest pour ses incroyables facultés d’adaptation à la vie en maison. Car en effet, le Galgo est LE parfait chien de canapé…

 

HISTOIRE

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Pièce de monnaie romaine

Le Galgo est un lévrier du type asiatique. Son ancêtre est le lévrier Celte, appelé le Vertragus – qui signifie littéralement « Pied rapide » – dont les origines remontent au 4ème ou 5ème siècle avant JC.

Décrit par Lucullus Flavias Arrianus, historien grec, dans son livre sur la chasse « Kynegetikon », le Vertragus est très proche physiquement du Galgo, il était d’ailleurs déjà utilisé pour une forme de divertissement à mi-chemin entre la chasse et le spectacle. Les Romains qui occupaient les régions celtes étaient de grands amateurs de ces lévriers.

Avec les Celtes, le Vertragus se répand partout en Europe pour donner différentes races de lévriers, ainsi naîtra le Galgo.

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José Villegas Cordero – Alabardero en el cuerpo de guardia con dos galgos

En Espagne, le Galgo n’a pas toujours été le chien mal-aimé d’aujourd’hui. Au Moyen-Age, il était même très estimé et réservé aux nobles, aux riches. Seules les classes supérieures de la population d’alors avaient le droit d’en posséder un et de chasser avec, et ce jusqu’au 17ème siècle. Ce précieux faire-valoir et ami des puissants a d’ailleurs été magnifié dans de nombreuses œuvres littéraires et picturales.

Mais tout change à partir du 18ème siècle lorsque les lois sur la chasse s’assouplissent. Le peuple a alors le droit d’en posséder et même de l’utiliser pour la chasse. Le Galgo devient donc très populaire, d’autant plus ces chasses qui se pratiquent sans fusil sont très économiques.

 

PORTRAIT

Ce que le Galgo aime par dessus tout,c’est bien le confort. L’image d’Épinal qui lui est associée le montre se prélassant, gracieux au possible, sur un canapé moelleux, des heures durant. Si ce cliché n’est pas loin de la vérité, il oublie une autre facette du lévrier espagnol : celle des parties de jeux sauvages et déjantées et des moments de folie. Là, le Galgo se révèle foufou et gentiment brutal.

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Bien entendu, il existe des tempéraments calmes, d’autres excités, mais le Galgo adulte est en général assez placide en dehors de ses « moments de folie ». C’est un animal plutôt discret, réservé (surtout envers les étrangers), qui paraît sérieux au premier abord, mais qui est capable dans l’intimité de se lâcher totalement et révèle alors son côté comique.

Les personnes qui ne connaissent pas le Galgo pensent à tort qu’il a un besoin très important d’exercice. En fait, taillé comme un sprinteur, c’est un coureur hors pair à la détente impressionnante, mais son endurance est très limitée. Il n’a donc pas forcément besoin d’un très grand espace pour évoluer à son aise. Il peut même vivre en appartement s’il est régulièrement et suffisamment promené afin d’assouvir ses besoins d’exploration. L’idéal dans ce cas, et d’avoir de temps en temps accès à un endroit clôturé et sécurisé où il peut être détaché et se défouler lors de courses folles.

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Réputé stupide dans l’inconscient collectif, le Galgo est pourtant loin d’être bête et se révèle malin, voire même subtilement manipulateur.

Il possède d’ailleurs un riche et large langage corporel pour exprimer ses émotions et se faire comprendre. Par exemple : il claque des dents lorsqu’il est excité ou heureux.

Une facette très importante de sa personnalité est que le Galgo est une véritable éponge à émotions. Et c’est peut-être ce côté émotif qui lui vaut la réputation d’être idiot. Ultra-sensible, affectueux, gentil, le lévrier espagnol est un grand observateur qui sait parfaitement lire les émotions des humains qui l’entourent. Il aime la stabilité, le calme et la routine. Mais surtout, son humain est son repère et celui-ci devra être conscient de cette responsabilité en lui offrant cette sécurité émotionnelle dont il a besoin.

Profondément gentil, le Galgo n’est jamais agressif et normalement doux avec enfants. Avec ses congénères, il est naturellement sociable et non conflictuel. Il aime vivre en meute et dormir contre d’autres chiens. On peut même avoir des individus de même sexe au sein de la même meute.

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EDUCATION

Éduquer un Galgo n’est pas difficile,mais il ne doit surtout pas être dressé. En effet, il n’entend rien à la force ou à la contrainte. Une éducation trop stricte ou violente le rendra peureux ou rebelle et brisera la confiance aveugle qu’il souhaite vous offrir.

Le Galgo n’a pas besoin d’un maître rigide ou autoritaire, mais d’un humain équilibré et sûr de lui.

Par contre si vous craquez pour un chiot, armez-vous de patience et de courage car le Galgo pubère est assez difficile. De plus, il atteint sa maturité sexuelle assez tardivement, vers l’âge de trois ans.

Pour sa sécurité, prenez également conscience que le Galgo qui a peur n’a qu’un seul réflexe : la fuite, qui peut malheureusement dégénérer en fugue si le maître n’y prend pas garde. Il est donc extrêmement recommandé de ne pas détacher un lévrier en dehors d’un espace suffisamment bien clôturé. Ce côté fugueur s’explique aussi par son tempérament curieux et surtout par son instinct de chasse très développé. Un Galgo peut très bien vivre dans la nature, sans l’aide de l’Homme, ce qui rend sa capture encore plus difficile.

7Le Galgo peut aussi être « bardudo » – à poils durs

 

SANTE

Ne vous fiez pas à son aspect fragile, le Galgo est en fait robuste et très résistant. Il n’y a pas de maladie spécifique à la race, mais il faut savoir qu’il ne se soigne pas toujours comme les autres chiens.

En effet, certains taux sanguins de lévriers (comme celui de la créatinine) sont différents de ceux d’autres chiens, ce qui peut entraîner des erreurs de diagnostique.

Ils ont également un niveau thyroïdien plus bas, et un cœur différent ce qui peut mettre sur la fausse piste d’une maladie cardiaque qui n’existe pas.

Il est important d’être vigilant en cas d’anesthésie : il ne faut pas utiliser de barbituriques, et la balance hydrique corporelle est à contrôler avant d’endormir.

La peau du Galgo est très fine et se coupe facilement, attention aux bobos.

Et pour l’anecdote : savez-vous que le lévrier n’a pas d’odeur ?

Enfin, pour sa santé, il est recommandé de lui offrir une nourriture pas trop protéinée (25%) :préférez donc les croquettes au poisson ou au poulet.

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Il convient de rappeler que ce qui est décrit ci-dessus sont des généralités au sujet d’une race composée d’un nombre infini d’INDIVIDUS qui ont leur caractère et leur personnalité propres. Chaque Galgo est UNIQUE.

Il est important également de prendre en compte leur passé difficile, les Galgos diffusés par les associations ont tous connu la maltraitance à des niveaux divers.

Perrine// ACTION INVISIBLE

Bibliographie :« Galgo Espanol : le Lévrier espagnol » de Claudia Gaede et Thomas Ebbrecht.

Pour aller plus loin, article d’ACTION INVISIBLE sur les Carreras encampo :https://www.facebook.com/notes/action-invisible-r%C3%A9seau-pour-les-oubli%C3%A9s-des-refuges-espagnols/carrera-en-campo-la-chasse-avec-les-galgos-et-ses-d%C3%A9vires/866217580094034

9Eros, el galgo favorito del Príncipe Alberto, 1841

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« Galgos et lévriers: sont-ils réellement des chiens? » // Orbicanos

lebreles

// Le chien a été domestiqué il y a environ 14.000 ans. Grâce à la sélection à la fois naturelle et humaine, il y a maintenant plus de 400 races morphologiquement distinctes, et ces races sont classées en différents groupes par l’American Kennel Club. Le groupe des chiens de chasse de l’AKC est composé de plus de 25 races, y compris les lévriers, ces chiens chassant leur proie en les gardant à vue.

Tous les lévriers ont un phénotype similaire: ils sont minces, leur tête est longue, ils sont agiles et rapides. Il y a plus de 15 races reconnues dans ce groupe, dont l’Afghan, l’Azawakh, le Barzoï, le Chart Polski, le Galgo Espagnol, le Greyhound, le khortaï, l’Irish Wolfhound, le lévrier italien, le Magyar Agar, le Saluki, le Scottish Fold, le Sloughi, le Whippet et le Rajapalayam. Bien que nous avons tendance à penser aux lévriers comme des « sprinters », plusieurs des courses sont en effet « des courses d’endurance» (par exemple pour le Galgo espagnol).

Il existe des documents fossiles de lévriers summériens datant de 7000-6000 avant JC. En d’autres termes, ce groupe a évolué sur plusieurs milliers d’années, en restant proche de son origine. Des études génétiques récentes suggèrent que les lévriers ont des caractéristiques génomiques uniques qui sont différentes de celles des autres races. Toute personne qui a possédé ou travaillé avec des lévriers sait à quel point ils sont différents des autres races de chiens. La plupart des lévriers partagent des caractéristiques biologiques similaires.

On estime à plus de 200.000 lévriers qui vivent comme animaux de compagnie dans les maisons aux États-Unis et au Canada, contre 35.000 qui font des compétitions. Au cours des dernières années, les adoptions privées de Greyhound se situaient entre 15.000 et 18.000 par an. Il y a aussi un effort continu pour les adoptions de Galgos en Europe.

Par conséquent, il est important de reconnaître les particularités physiologiques de cette race. Du point de vue hématologique, ces chiens athlétiques ont une valeur plus élevée de l’hématocrite (HCT), de la concentration en hémoglobine, de la numération des hérythrocytes, et de la viscosité du sang total ; que les autres races. La majorité des galgos sains ont un HTC de 50-63%, chez un chien d’une autre race, un diagnostic présomptif de polyglobulie ou polyglobulie (policitemia ou eritrocitosis) serait diagnostiqué. Les globules blancs (RL), neutrophiles et les plaquettes sont plus faibles chez les lévriers que chez les autres races. La plupart des lévriers sains ont une RL normale 3-5X10 9 / L, avec un faible nombre de neutrophiles d’environ 1,8X109 / L et une numération plaquettaire typique chez un lévrier sain est de 80-120X109 / L. En outre, les éosinophiles des lévriers ne présentent pas ou peu de granules oranges caractéristiques, observées dans toutes les autres races. Leurs granules sont décolorés, ce qui leur donne un aspect de vacuoles cytoplasmiques. Ces « PMN vacuolés avec des noyaux bilobées » peuvent souvent être confondus avec des neutrophiles en bande toxiques.

Les profils biochimiques sériques des lévriers ont également des valeurs qui sont généralement en dehors des plages de référence pour les chiens. Principalement, les taux de créatinine sérique sont élevé (1-2,2 mg / dl), et les concentrations sériques des protéines totales (6,5 g / dl) et des globulines (1,8 à 2,5 g / dL) sont plus bas que dans les autres chiens. La concentration sérique basse des protéines de phase aigue, représente une concentration de globulines inférieure. En fonction de l’instrument utilisé, il peut aussi y avoir d’autres valeurs en dehors de la plage de référence pour les chiens. Nous avons récemment démontré que le calcium sérique (total et ionisé) et le magnésium sont plus faibles que chez les chiens, qui ne sont pas des galgos. Les résultats de l’analyse des gaz du sang artériel ou veineux et cooximetie chez les lévriers donnent également des résultats en dehors de la plage de référence pour les chiens.

Les Lévriers ont aussi des groupes sanguins uniques; entre 50 et 70% des donneurs de sang galgos sont des donneurs universels (négatif pour DEA 1.1, 1.2 et 7), par rapport à <20% pour la plupart des autres races. Lorsqu’on utilise uniquement la carte de typage (Rapid Veth) pour DEA 1.1, 87% des galgos est classé comme un donneur de sang, par rapport à <40% dans les autres races de chiens.

Cela fait des années que les galgos sont connus pour avoir des concentrations plus faibles de thyroxine sérique (T4) que les autres chiens. Dans un premier temps, la faible concentration de T4 a été attribuée à différents  troubles co-existants (stress, l’administration de testostérone, courses, etc). Cependant, les faibles concentrations de T4 sont déjà présentes chez les jeunes galgos qui ne sont pas encore entrainés, et persistent à l’âge adulte, qu’ils courent ou non. La plupart des galgos normaux (> 90%) ont des valeurs de T4 en dessous de la plage de référence de leur race, et sont généralement diagnostiqués « d’hypothyroïdie ». Une proportion variable de galgos (10-30%) ont également des concentrations plus faibles de T4 libre (FT4) que les non galgos. Cependant, tous ces galgos ont des concentrations normales de TSH et sont donc, non hypothyroïdiens. Une étude récente a utilisé la grammagraphie thyroidienne pour démontrer que les galgos avec un  faible taux sérique de T4 sont en fait euthyroidiens.

Du point de vue cardiovasculaire, les galgos sains ont généralement un souffle systolique 1-2 / 6 à la base du côté gauche rayonnant dans l’artère carotide (souffle carotidien). Ce souffle est plus fort quand le chien a un ton sympathique plus fort. Le souffle est dû au fait qu’ils ont un ventricule gauche très grand, nécessaire pour pomper le sang très visqueux lors de l’exercice. Cependant, le diamètre de l’anneau aortique est similaire pour les chiens de taille équivalente, générant ainsi un souffle de sténose aortique fonctionnelle dû à la haute vitesse aortique. Le ventricule gauche plus grand chez les galgos se traduit par un indice cardiaque vertébral (ICV), et un diagnostic erroné de cardiomégalie. Les images et valeurs écho-cardiographiques des galgos et de la plupart des lévriers sont également différents de ceux des autres races, et en se référant aux valeurs « normales » standard, on classifie de manière erroné une grande partie des lévriers comme anormaux (« cardiomyopathie »). Les galgos ont également des concentrations plus élevées de troponine I et proBNP sérique que d’autres chiens, ce que l’on retrouve fréquemment chez des chiens souffrant de miocardiopathie. En conséquence, on estime qu’environ 12000-15000 galgos reçoivent des médicaments cardiaques, dont ils n’ont pas besoin.

Les galgos et autres lévriers (sauf lévriers irlandais) ont aussi une pression artérielle élevée. Dans les années 60, plusieurs institutions de recherche médicale ont pris les galgos comme modèle pour l’hypertension systémique chez les personnes. Un galgo normal peut avoir une pression artérielle systolique> 160 mmHg lorsqu’il arrive dans un hôpital vétérinaire. Les galgos souffrent de «l’effet blouse blanche» sur leur pression. Les galgos normaux ont une pression systolique normale de 160 mmHg dans un hôpital, mais seulement 120 mmHg à la maison, raison pour laquelle l’hypertension est trop diagnostiquée dans cette race.

Toute personne qui utilise des médicaments chez un galgo sait que dans cette race « la vie est comme une boîte de chocolats. » En d’autres termes, que «vous ne savez jamais ce qui va arriver. » Des recherches récentes ont montré que les galgos ne métabolisent pas les médicaments comme les autres chiens. La concentration des enzymes hépatiques du cytochrome P-450 (CYP) est nettement plus faible que dans les autres races, ce qui explique le métabolisme erratique de certains médicaments lorsqu’ils sont utilisés en polymédication. Par exemple, une dose thérapeutique de propofol provoque une anesthésie de quelques minutes chez le galgo ; si le chien reçoit un « CYP de drogue», comme le chloramphénicol, la même dose de propofol se traduira par une anesthésie qui durera plusieurs heures. Dans notre expérience, un bon exemple est l’administration de l’acépromazine. Si un galgo reçoit une dose thérapeutique d’acépromazine (0,05 à 0,1 mg / kg) comme prémédication, la récupération de l’anesthésie peut durer jusqu’à 8 heures. En OSU nous utilisons une dose totale de 0,5 mg pour un galgo de 30 kg. En plus du CYP les galgos ont un taux élevé de filtration glomérulaire (TFG) et un grand volume de distribution, et peuvent avoir des différences dans l’absorption intestinale des médicaments. //

Merci à Angélique pour la traduction.