« Le problème non résolu des chiens potentiellement dangereux (PPP) » // par Berta Ferrero pour El Pais // 4.02.19

// Ces chiens gonflent les statistiques des entrées dans les centres de collecte des animaux de Madrid : ce sont les plus abandonnés et les moins adoptés.


De gauche à droite, Dwayne et Toriro, deux chiens potentiellement dangereux, eu refuge de la Société de Protection des Animaux et des Plantes

Torito a été abandonné il y a deux ans aux portes du refuge de la Société de Protection des Animaux et des Plantes (SPAP) et il y est toujours. Ses propriétaires, de Roumanie, ont expliqué qu’ils devaient rentrer dans leur pays et ne pouvaient pas l’emmener avec eux. Il a quatre ans, est sociable avec les autres animaux, actif et très affectueux avec les gens, mais il passera sûrement le reste de sa vie au refuge. Dwayne, lui aussi âgé de quatre ans, a la même histoire. Il a été retiré par la police à ses propriétaires il y a trois ans, vu ses conditions de vie. Lui aussi a tous les critères pour passer le reste de sa vie enfermé. Et c’est ce qui se passe avec tous les chiens de races potentiellement dangereuses (PPP), depuis la loi du sacrifice zéro entrée en vigueur en février 2017. Ces chiens gonflent les statistiques des entrées dans les centres de collecte des animaux de Madrid. Ils sont les plus abandonnés et les moins adoptés. Leur destin: l’emprisonnement à vie.

María José Montes, directrice du centre de la capitale, La Fortuna, le confirme. « Pour nous, sur les 200 chiens que nous avons, 70% appartiennent à ces races. De plus, ils n’ont généralement pas de problème d’agressivité, mais les gens ne veulent pas se compliquer la vie et ils se retrouvent enfermés à vie dans des cages. » Cela contribue à l’engorgement du centre lorsqu’il s’agit de collecter d’autres animaux abandonnés. Ils ont donc été contraints de limiter les entrées. « Et après, ces chiens, qui entrent dans le centre parfaitement bien, se retrouvent avec des problèmes d’anxiété chroniques dus à l’enfermement. Ils vivent mal, s’automutilent, tournent en rond sans arrêt, sautent, tout cela ils le font pour une seule chose. Ce sont des animaux qui finissent par souffrir des années et des années parce qu’ils sont enfermés. Est-ce le bien-être animal que nous voulons? », explique Elena Repullo, responsable de l’unité technique des PPP du département vétérinaire de la ville de Madrid, qui se demande si avant de commencer à appliquer la loi de sacrifice zéro on n’aurait pas dû opter pour un abandon zéro.

Lola Juliá, directrice du centre d’accueil de Las Rozas va plus loin. « En général, les PPP posent problème car la Communauté n’a rien fait pour améliorer leurs conditions de vie et 90% des chiens que nous avons appartiennent à ce type de race. Les autres chiens peuvent sortir tôt ou tard. Mais la vie de ces chiens est désastreuse. 80% finissent dans une cage. Quand ils ont réfléchi à la loi, ils auraient dû mettre une batterie de mesures en place pour qu’ils ne vivent pas toute leur vie dans des chenils et y meurent.  » Teresa Lucas, directrice du centre d’accueil des animaux de la Mancomunidad de Henares del Jarama, fait le même constat : « Nous sommes passés de la peine de mort à la condamnation à la prison à vie. »

« Comme auparavant on les tuait, quand la loi de sacrifice zéro n’existait pas, rien n’a été fait et personne n’a résolu le principal problème, celui de l’abandon. Disons que c’était un problème dont personne ne se souciait. Il y a quelques années, le PPP est devenu à la mode et on a commencé à en voir de plus en plus. On voit maintenant le problème. La reproduction illégale et incontrôlée n’est pas poursuivie et cela amène à ce que tous les PPP sont criminalisés. Il faut agir à la base, car les élevages ne sont pas contrôlés et les chiens se vendent sur n’importe quel site », explique Matilde Cubillo, présidente d’Animal Justice et de la Fédération des associations de protection et de défense des animaux.

Criminaliser la morphologie. « Le chien descend du loup et la cause de cette transformation est le mode de fonctionnement qu’il a montré à l’homme pendant des milliers d’années. C’est ce qui a poussé l’homme à commencer à sélectionner le type de chien dont il avait besoin pour optimiser ses tâches quotidiennes. La grande sélection et création de races rendent nécessaire aujourd’hui la classification du chien par groupes, qui sont définis non seulement par les caractéristiques morphologiques, mais aussi par les caractéristiques de tempérament et sa prédisposition à effectuer différentes tâches « , analyse Marcos Sánchez Marfil, formateur et également impliqué dans le monde de la compétition canine depuis 2003. Bien que le chien ait une origine commune, poursuit-il, « on ne peut pas comparer les différentes races les unes aux autres. Un Husky ou un Rottweiler n’auront pas les mêmes impulsions, le même caractère ou ne conviendront pour les mêmes emplois. Il incombe à chaque propriétaire de connaître les besoins de son chien, et de veiller à son contrôle et son éducation. « 

Dwayne, au refuge de la SPAP

Pour Sánchez Marfil, également expert dans le domaine des tâches de sécurité avec les chiens, la clé est que « à ce jour, notre loi sur les PPP criminalise certaines races et les classe comme potentiellement dangereuses en raison de leurs caractéristiques morphologiques. Mais il est totalement incertain qu’un chien soit agressif par le seul fait qu’il appartient à une race. Le chien causera des problèmes de comportement s’il n’a pas reçu une éducation appropriée. « 

Repullo confirme cette théorie jour après jour au centre de collecte des animaux de Madrid: « Tous les chiens qui ont un problème de comportement ou d’agressivité passent par moi, car ils doivent obligatoirement être examinés. Et généralement, la même situation se répète: ce sont des chiens de garde, sans socialisation correcte, qui n’ont aucun contact ni avec des personnes ni avec des chiens. Et bien souvent, leur réaction n’est pas l’agressivité, mais la peur. Peu m’importe qu’ils soient dans une zone industrielle plutôt que dans une super villa à La Moraleja. S’ils ne sont pas bien socialisés, ils deviennent un problème et la faute incombe aux propriétaires. « 

« Les gens seraient vraiment surpris par le cœur et la noblesse de ce type de chien », déclare l’éducateur Sánchez Marfil. « Il est vrai qu’ils nécessitent une certaine attention physique et, avant tout, une éducation que les propriétaires doivent prendre en compte. Mais c’est la même sorte d’attention qu’un berger allemand ou un labrador devraient également recevoir. Ce sont des chiens qui peuvent vivre en société, mais leur éducation et leur contrôle doivent être appropriés « , insiste-t-il. « Il est aberrant de penser que le chien est agressif juste en fonction de son appartenance à une race. »

HUIT RACES, ET LEURS CROISEMENTS, EN LIGNE DE MIRE

Il est certain que l’alarme sociale grandit lorsque des chiens de ces races attaquent les humains, à cause des conséquences de leurs morsures. En décembre dernier, un Pitbull, libre et sans muselière, a blessé à la main un homme qui avait jeté un œil à la vitrine d’un magasin à Canillejas. Un mois auparavant, deux femmes sont mortes à Colmenar de Oreja après avoir été attaquées par deux de leurs chiens, tous deux issus du croisement de Dogo Argentino et de Staffordshire. Tous deux ont été euthanasiés. « Les blessures auraient été causées par un dogue, ce qui n’est pas considéré comme dangereux », déclare Elena Repullo. « Quand un PPP mord, c’est une nouvelle, mais si un berger allemand le fait, cette nouvelle n’est plus si importante. Il a été signalé à ces chiens alors que les autres races jouissent d’une excellente popularité. À mon avis, une partie du problème provient de l’élevage irresponsable, ultra-massif et lucratif, comme la possession irresponsable des propriétaires. Je pense que vous devez le réglementer avec bon sens et responsabilité. Je pense qu’en Espagne, nous avons beaucoup évolué sur le thème des animaux, mais nous devons aller plus loin, bannir une fois pour toutes les pensées et croyances absurdes et nous concentrer sur l’éducation et le bien-être de notre chien « , déclare le formateur Marcos Sánchez Marfil. .

Selon les données fournies en juin 2018 par la ville de Madrid, l’enregistrement des chiens de races dangereuses a triplé dans la capitale au cours de la dernière décennie. En 2007, on en a recensé 360 et le chiffre a atteint 1 103 en 2017. Il y a maintenant 8 450 chiens de ce type enregistrés dans la région. Le décret royal 87/2002 définit comme races dangereuses le Pit Bull Terrier, le Staffordshire Bull Terrier, l’American Staffordshire Terrier, le Rottweiler, le Dogo Argentino, le Brésilien Fila, l’Akita Inu et le Tosa Inu. Mais aussi, tous les chiens qui résultent d’un croisement dans lequel une de ces races est concernée.

La loi exige des propriétaires de ces chiens qu’ils prouvent qu’ils ont l’âge légal, qu’ils possèdent une licence municipale et une assurance de responsabilité civile. Dans les lieux publics, ils sont obligés de se promener toujours attachés avec une corde non extensible de moins de deux mètres – quel que soit le créneau horaire – et de porter une muselière. //

Publicités

« L’histoire de Petra, le chien de chasse abandonné que Dana Cervantes a sauvé de la mort » // Par Almudena Nogues pour DiarioSur // 7.02.19

// La perchiste de Malaga a décidé de raconter comment elle a pu éviter à sa chienne de finir déshydratée et dénutrie durant un mois noir pour ces chiens, quand prend fin la saison de chasse.

Cela se passait en février. Une feuille du calendrier teintée de noir pour tant de chiens de chasse. Et ce jour-là, c’était le cas pour Petra. C’était en 2009. Une après-midi banale d’entraînement sur une piste de terre perdue dans un ensemble d’exploitations agricoles disséminées, à Alhaurin de la Torre. Je passais par là et son état m’avait alarmée. Là, Attachée à un mur dans une position où elle ne pouvait même pas se tenir debout, c’était elle. Un braque de couleur marron au regard triste. Sans eau ni nourriture.

Après ce tableau – difficile à digérer –, Dana Cervantes a essayé de continuer sa route mais elle a été tellement bouleversée qu’elle est revenue dès le lendemain. Rien n’avait changé. Cette chienne n’était pas nourrie et montrait des signes de déshydratation. Impossible de ne pas agir. Alors la perchiste de Malaga, neuf fois championne d’Espagne, a décidé de parler avec son propriétaire et de l’emmener chez elle. Pour une raison ou une autre, elle n’était pas douée pour la chasse. Elle avait eu plusieurs portées, ils avaient probablement tiré profit de ces portées en les vendant à d’autres chasseurs de la région et elle ne leur servait plus non plus pour la reproduction. Elle était entre les mains de quelqu’un qui l’avait utilisée comme un simple outil et, âgée d’à peine trois ans, son destin était d’attendre la mort enchaînée à un mur », explique Dana dans un post publié sur son compte Instagram.

Dana ne parle pas beaucoup de sa vie privée sur les réseaux sociaux. Mais lundi dernier, le calendrier l’a fait bondir. Et elle a pensé qu’elle devait faire connaître l’histoire de Petra. Etre la porte-voix de ce fléau pour apporter son grain de sable. « Février est un mois noir. Le début du cauchemar pour des milliers de lévriers et autres chiens de chasse qui sont abandonnés ou pendus à la fin de la saison de chasse », se souvient-elle. « Petra est l’exemple de ce qui arrive à beaucoup de ces chiens à cette période. Nombreux sont ceux qui souffrent dans ce mois noir : les galgos et les podencos sont les plus touchés. Et ceux qui survivent finissent souvent abandonnés, comme des milliers d’autres animaux dans ce pays », poursuit-t-elle. Une donnée suffit à nous en convaincre : selon un rapport publié par la Fondation Affinity, la fin de l’activité de chasse est à l’origine de 12% des abandons et arrive en seconde place des motifs d’abandons, juste derrière les portées non désirées.

Au regard de ces statistiques, le poste de la perchiste est un « appel à la sensibilité et à la responsabilité ». « Les chiens ne sont pas des outils. Ils souffrent et leur situation doit être davantage mise en avant et des mesures doivent être prises. Nous ne pouvons pas détourner le regard », insiste Dana dans une conversation téléphonique avec le journal SUR. 

Heureusement pour elle, Petra est tombée entre de bonnes mains. « Dans des conditions terribles ». Son adoption n’a pas été une partie de plaisir. « Il a fallu beaucoup de temps avant qu’elle puisse marcher correctement debout car elle était restée en position accroupie pendant très longtemps. Elle était infestée de bêtes et de parasites et il a fallu la traiter pendant des semaines avant que je puisse la ramener à la maison », explique Dana. « La malnutrition a pu être soignée à court terme. Mais pas les traumatismes. «Psychologiquement, Petra a beaucoup souffert. Elle tremblait de panique dès que j’essayais de la caresser. Chaque fois qu’elle entendait un bruit, elle stressait. C’était très difficile », ajoute Cervantes qui affirme avec orgueil que sa chienne est une « survivante ».

Un des nombreux exemples de chiens qui réussissent à s’en sortir grâce aux efforts de personnes anonymes, « de protectoras (ici, le travail énorme de la protectora de Malaga), mais aussi grâce à l’engagement de diverses associations de défense des animaux, ou à des projets comme celui que mène Dani Rovira et sa Fondation Ochotumba qui permet à beaucoup de chiens d’avoir une seconde chance ». Selon Dana, pourtant, cela ne suffit pas : « Une législation réelle et urgente est absolument nécessaire. Et, – comme le fait Dana sur la photo qui illustre ce reportage – nous pourrions commencer par regarder en face cette situation et ne pas détourner le regard » conclut-elle. //

« On jette aux ordures un galgo famélique à Baeza » // HoraJaen.com // 18.01.19


Le galgo qui a été trouvé par l’association TARA de Baeza

// JAEN.-Une fois de plus la maltraitance animale a fait la une. C’est encore un pauvre galgo qui a fait les frais de l’histoire. On l’a retrouvé mort aux pieds des conteneurs d’ordures du polygone industriel de la commune de Baeza. L’association TARA a rendue publique l’abandon du corps du chien couvert de blessures et d’hématomes, ne pesant que 8 kilos alors qu’il aurait dû en faire 20.

Les volontaires de l’association TARA, qui a pour but la protection des chiens, ont recueilli le corps du galgo évidemment sans puce d’identification , afin de l’incinérer. « Petite repose en paix, nous sommes profondément désolé d’avoir ramassé ta dépouille dans cet état » ont écrit les volontaires sur les réseaux sociaux. //

« Saragosse ouvre son refuge municipal aux chiens des personnes sans domicile fixe » // Animal’s Health // 17.12.18

« La mairie de Saragosse met en place un nouveau protocole qui permet aux personnes sans-abri d’accéder à l’auberge municipale accompagnées de leurs chiens.


Luisa Broto, conseillère pour les Droits Sociaux à la maire de Saragosse

La conseillère pour les droits sociaux de la mairie de Saragosse, Luisa Broto, a annoncé la mise en place d’un nouveau dispositif permettant aux personnes sans-abri d’accéder au refuge municipal avec leurs chiens, comme l’indique un communiqué émis par le Conseil qui, avec cette mesure, respecte la motion approuvée à une large majorité, lors de la séance plénière du Conseil municipal de Saragosse du 31 janvier 2014 autorisant l’entrée des personnes en difficulté avec leurs animaux à l’auberge municipale, et ce à l’initiative de Izquierda Unida, en collaboration avec Vegan Hope et PACMA.

Jusqu’alors, cette structure ne permettait pas l’accès aux animaux de compagnie, ce qui obligeait certaines personnes à se séparer de leur animal ou bien de rester avec, mais dans la rue. Ce protocole veut prouver que « le lien affectif que les personnes sans domicile fixe établissent avec leurs animaux domestiques contribue à améliorer leurs parcours d’insertion ».

Comme l’explique Luisa Broto, « faciliter l’entrée aux personnes qui partagent leur vie avec un animal, c’est leur donner accès aux services les plus élémentaires du réseau des droits sociaux et rendre possible une intervention psycho-sociale ».

Protocole à suivre

Tout d’abord, les travailleurs sociaux, les acteurs socioculturels, les agents, les opérateurs, le service de nettoyage, la police locale et la direction du centre recevront une formation en prévention et en communication non verbale avec les animaux.

Le protocole proposé établit que le personnel de la structure n’entre pas en contact avec l’animal qui doit être tenu en laisse jusqu’à l’entrée dans la chambre. En revanche, les races catégorisées ou les chiens de plus de 20 kilos ne seront pas admis dans les installations.

Lorsqu’une personne accompagnée d’un animal de compagnie arrive à l’auberge, celle-ci devra se rendre dans une clinique vétérinaire, située à quelques mètres du bâtiment, pour procéder à la lecture de la puce de l’animal et vérifier son état de santé, où elle effectuera également le traitement antiparasitaire approprié. Suite à cela, la clinique émettra un rapport dans lequel le chien est jugé apte à intégrer l’auberge municipale.

Une fois à l’intérieur, et pendant que les usagers utilisent les services d’admission, d’information, de douches, d’armoire, de salle à manger ou sont avec le travailleur social, l’animal devra demeurer dans un chenil situé à l’extérieur du bâtiment.

De plus, et comme cela a été fait jusqu’à présent, l’association de protection animale peut également être sollicitée lors du séjour de la personne dans les locaux de l’auberge municipale. Si celui-ci est complet, un logement en dehors du centre lui sera alors proposé. »