« Chiens piégés par la lave aux Canaries, course contre la montre pour les sauver : nourriture et eau à l’aide de drones » // then24.com // 14.10.21

Chiens piégés par la lave aux Canaries. Crédit : Cabildo de La Palma / Leales.org

// Il y a au moins quatre podencos piégés par la lave dans deux plans d’eau (vides) de l’île canarienne de La Palma, où le volcan Cumbre Vieja est entré en éruption depuis près d’un mois. Les animaux reçoivent de la nourriture et de l’eau grâce aux drones, mais ne peuvent pas être atteints par voie terrestre en raison des températures excessivement élevées. Une association de protection des animaux réfléchit à une mission de sauvetage avec des drones de transport, avant que la lave ou les effondrements ne les submergent.

Sur l’île de La Palma, située dans l’archipel espagnol des îles Canaries, il y a au moins quatre chiens de race podenco piégés par la lave qui, depuis le 19 septembre, a commencé à couler des flancs du volcan Cumbre Vieja, qui s’est soudainement réveillé. Les chiens ont été identifiés à l’aide de drones i dans la partie supérieure de Todoque , l’une des zones les plus touchées par le flux incandescent, qui a déjà dévasté des centaines d’hectares de territoire écrasant les maisons, les cultures et les infrastructures. Heureusement aucune victime ni blessé ne sont à déplorer parmi les habitants, tous ont réussi à s’enfuir à temps (des milliers de personnes ont dû être évacuées). On croyait que même les animaux de compagnie étaient en sécurité, jusqu’à la découverte de ces malheureux chiens, coincés dans deux plans d’eau très proches et entourés de lave. Mais les animaux en danger pourraient être plus nombreux, selon les rapports de l’association de défense des droits des animaux ‘leales.org’.

Le Conseil de La Palma (Cabildo de La Palma) a annoncé la découverte des chiens, et surveille et gère la situation également grâce au soutien vertueux de certaines entreprises locales. Plusieurs bénévoles fournissent en effet de l’eau et de la nourriture aux animaux à l’aide de drones, le seul moyen actuellement capable de les atteindre. Les sauvetages par voie terrestre sont actuellement rendus impossibles en raison des températures extrêmement élevées entourant les deux plans d’eau, dont l’un est dangereusement proche de la coulée de lave. « Le Cabildo de La Palma a remercié aujourd’hui les sociétés Volcanic Life et Ticom Soluciones SL, pour leur collaboration et le travail altruiste visant à assurer le bien-être des animaux qui sont piégés dans la partie supérieure de Todoque, après avoir été entourés de lave », peut-on lire dans un communiqué de presse de l’administration locale. Les podencos reçoivent de la nourriture et de l’eau de cette façon depuis au moins cinq jours, mais on ne sait pas depuis combien de temps ils sont piégés. Certains vétérinaires sont également impliqués dans l’opération, et donnent des conseils pour savoir comment soutenir au mieux les chiens dans ce moment stressant et dramatique.

L’association de défense des animaux Leales.org, comme le rapporte le journal El Universal, après avoir visionné des photos et des vidéos des chiens, a déclaré qu’il y avait au moins quatre podencos en danger, « dont au moins trois sont piégés dans deux étangs très proches, l’un d’entre eux est très proche de la lave ». Il n’est pas exclu qu’il puisse y avoir d’autres chiens dans la zone, entre le quartier Paraíso et la zone Todoque. Leales.org aurait été contacté par une firme spécialisée dans les drones de transport (transport de fret) qui lui a expliqué sa volonté d’utiliser ses propres véhicules pour tenter de secourir les chiens, cependant les drones ne sont pas légalement autorisés pour le transport d’animaux vivants, ce qui veut dire qu’un feu vert spécial des autorités serait nécessaire pour permettre ce sauvetage. Au moment où je rapporte ces faits, les autorités ne mentionnent aucune tentative de sauvetage en cours ; le Cabildo de La Palma souligne seulement que les chiens continueront à être nourris, abreuvés et soutenus « tant que les conditions météorologiques et de sécurité le permettront ».

Mais s’il n’y a pas d’intervention des autorités, avec pour conséquence que le risque que les chiens soient submergés par la coulée de lave ou par les effondrements dus à l’activité volcanique deviendra réel, il n’est pas exclu que l’association de défense des animaux puisse intervenir de manière autonome avec des drones de transport pour tenter un sauvetage désespéré. Pas surprenant, comme l’indique El Universal, le groupe SER impliqué dans l’affaire a déclaré que Leales.org « a reçu des propositions pour créer une campagne de financement public dans le but de couvrir d’éventuelles amendes ». Comme le précise Leales.org, les podencos sont la race la plus maltraitée des îles Canaries, que leurs propriétaires n’hésitent bien souvent pas à abandonner. L’espoir est que d’une manière ou d’une autre tous les chiens qui risquent de mourir dans ces circonstances dramatiques seront sauvés le plus rapidement possible.//

« Galgos del Sur dénonce la situation désastreuse dans laquelle survivent les chiens de chasse dans les rehalas » // par Cecilio Gardon pour DiarioAnimalista.com // 1.10.21

// L’Association de Protection Animale Galgos del Sur a mené une enquête pour alerter l’opinion publique sur les conditions terribles dans lesquelles survivent les chiens de chasse dans les rehalas, déclarées avec la monteria (*) ‘Bien d’Intérêt Culturel’ par le Gouvernement d’Andalousie.

(*)Une monteria est une sorte de chasse à courre, qui se pratique avec une grande meute de chiens de chasse de races diverses sur de grands espaces. ndlt.

Au moyen d’une série de vidéos et de reportages d’investigation réalisés en collaboration avec DIARIO ANIMALISTA et Damac Juristas et dont les différents volets seront diffusés tout au long du mois d’octobre, Galgos del Sur fera connaître de l’intérieur la vérité des rehalas, révélant la vie de mauvais traitements qu’y subissent les animaux.

Les reportages dénoncent des aspects tels que l’absence de soins vétérinaires ; les conditions insalubres des espaces dans lesquels les chiens vivent enfermés et enchaînés ; le manque d’eau et de nourriture données dans des conditions optimales ; le commerce de l’achat, de la vente et de l’échange de chiens qui s’opère entre les rehaleros ; et les différentes façons cruelles dont ils se débarrassent des chiens lorsqu’ils ne sont plus utiles pour la chasse.

C’est un monde qui reste caché à la grande majorité de la population, ignorant que des milliers de chiens de rehalas dans toute l’Espagne sont utilisés comme de simples outils de chasse.

Des chiens qui vivent isolés de la société, enfermés dans des enclos et des chenils insalubres, attachés 24 heures sur 24 avec des chaînes, sauf les week-ends des sorties de chasse pendant la saison. Ce sont des chiens sans socialisation, avec une peur des humains, qui souvent traités à coup de bâtons et reçoivent rarement des soins vétérinaires.

Dans la plupart des rehalas, le rehalero passe voir ses animaux en moyenne tous les trois jours, souffrant entre-temps du manque de soins, d’eau et de nourriture, en plus de devoir vivre couchés entre leurs propres excréments et urine.

Lorsqu’ils ne sont plus utiles aux chasseurs, beaucoup de ces chiens de rehala sont alors considérés comme de simples déchets, échangés comme des cartes à collectionner ou vendus sur des pages d’annonces et dans des groupes Facebook privés de chasseurs.

Très souvent, lorsqu’ils ne sont plus utiles ou qu’ils ne savent pas quoi en faire, ils les tuent ou ils les laissent mourir attachés à une chaîne. Ensuite ils se débarrassent d’eux en les jetant dans des coffres utilisés comme des fours crématoires ou les mettent dans des sacs qu’ils déposent dans des oliveraies loin des centres urbains jusqu’à ce qu’ils se décomposent. Un grand nombre d’entre eux finissent aussi par être euthanasiés par les services de collecte des animaux (perreras), financés par les communes au service des chasseurs.

Tout cela sous la protection du Gouvernement espagnol et des Gouvernements Autonomes, qui leur apportent même le soutien institutionnel nécessaire, comme c’est le cas du Gouvernement d’Andalousie qui a déclaré la monteria et les rehalas comme Bien d’Intérêt Culturel ; ou le gouvernement d’Extrémadure , qui est en passe de faire de même.

REHALA DE LOS BARRIOS

Une rehala située à Los Barrios (Cadix) est au centre du premier volet du reportage  d’investigation. La vidéo montre la terrible situation dans laquelle vivent ces chiens, qui portent des blessures et vivent enchaînés entre leurs excréments et l’urine. On y voit aussi une chienne qui a mis bas récemment avec une douzaine de chiots, allongée dans un espace sans les conditions minimales d’hygiène et à côté d’un seau avec des morceaux de pizza comme nourriture.

De plus, selon un voisin, ces chiens sont battus par le rehalero et il a pu enregistrer des vidéos comme preuves à différentes occasions. Les pleurs et les aboiements des chiens sont déchirants et témoignent du degré de maltraitance animale auquel ces animaux seraient soumis.

Cette rehala, comme beaucoup d’autres au cours de l’enquête, a été dénoncée  à la municipalité de Los Barrios et au Gouverment d’Andalousie par Galgos del Sur, avec l’aide de Damac Juristas.

Malgré la plainte déposée il y a deux mois, aucune action de la part de la Municipalité de Los Barrios n’est connue à ce jour.

INDIGNATION DE L’ASSOCIATION GALGOS DEL SUR

La présidente de Galgos del Sur, Patricia Almansa , avoue être « outrée » par le fait que le gouvernement d’Andalousie protège et cache cette cruauté sous couvert de culture et de tradition.

« Les rehalas et la chasse sont de la maltraitance animale. Et avec la déclaration de Bien d’Intérêt Culturel en Andalousie, ce que le Gouvernement d’Andalousie a fait, avec son président Juanma Moreno Bonilla (PP) à sa tête, c’est institutionnaliser la maltraitance des animaux, de la même manière que cela se produit avec la tauromachie ». 

De son côté, le cofondateur de Galgos del Sur, Javier Luna , juge « inadmissible » que la municipalité de Los Barrios, « face à une plainte concernant les mauvais traitements et les conditions insalubres dans lesquelles une cinquantaine de chiens doivent vivre », n’a entrepris aucune action, « fermant ainsi les yeux sur les possibles délits pénaux et les infractions administratives commis par ce rehalero ».

Enfin, il convient de rappeler que l’Intergroupe pour le Bien-être et la Protection des Animaux (WCA) du Parlement Européen s’est adressé formellement au gouvernement espagnol et à ses 17 communautés autonomes pour exprimer sa « préoccupation » concernant le traitement reçu par les chiens utilisés pour la chasse.

Entre autres aspects, il a dénoncé que le traitement reçu par les lévriers et autres chiens de chasse se heurte aux valeurs européennes et, notamment, à la condition d’êtres « sensibles », reconnue à l’article 13 du traité de Lisbonne.//

Vidéo : les conditions de vie des chiens dans la rehala de Los Barrios

« Le chasseur de Níjar a ordonné le sacrifice de sa chienne podenca, contre l’avis des vétérinaires et de l’association de protection animale. » // diarioanimalista.com // 1.06.2021

Par CECILIO GALDÓN – « Elle aurait pu être sauvée en même temps que ses trois autres compagnons d’infortune et profiter pour la première fois de sa vie de la protection humaine grâce à un refuge. Au lieu de cela, la podenca retrouvée dans un état déplorable, ayant permit de mettre en lumière le cas des chiens de chasse maltraités de Níjar (Almería), dévoilé par DIARIO ANIMALISTA et Galgos del Sur, a été sacrifiée à la demande expresse de son propriétaire chasseur, sans lui donner aucune possibilité de se remettre d’années de mauvais traitements, de conditions de vie insalubres, de négligence et de manque de soins vétérinaires.

La mort de cette chienne a eu lieu car le chasseur incriminé a exigé son sacrifice. Et il l’a fait, en outre, en dépit de l’avis vétérinaire et de la proposition du refuge pour animaux Angelitos Vagabundos, qui se portait volontaire à la prise en charge des quatre chiennes dans sa structure et à leur apporter tous les soins vétérinaires nécessaires. Cette proposition concernait également cette dernière chienne, dont l’état était pourtant le plus inquiétant, mais qui avait des chances de se remettre de ces années de mauvais traitement, et de mener enfin une vie normale.

Le vétérinaire a évalué l’état de santé de la podenca le 21 mai, le jour même où l’association Galgos del Sur a déposé plainte contre le chasseur, dont les initiales sont J.T.T.

Selon les informations obtenues par DIARIO ANIMALISTA, les analyses ont montré que la chienne souffrait de leishmaniose de façon quasiment certaine, maladie pour laquelle elle n’a jamais reçu aucun traitement ni aucune attention vétérinaire. Elle souffrait également de diverses lésions cutanées et l’absence de poils à certains endroits de son corps signalaient une allergie certaine aux puces.

Ces informations ont été confirmées par la présidente d’Angelitos Vagabundos, Marisa Martínez, qui a la garde des trois chiennes survivantes et qui a accompagné le vétérinaire et la Guardia Civil ce jour-là pour évaluer l’état des animaux.

D’après le témoignage de Marisa Martínez, le propriétaire s’est vu proposer une alternative au sacrifice de son chien, notamment un traitement vétérinaire pris en charge par le refuge, s’il acceptait de céder ses animaux. Mais le chasseur a rejeté la proposition et a ordonné l’euthanasie de sa chienne.

 « Vieille » à seulement 8 ans.

 « Nous lui avons dit qu’il faudrait une analyse plus poussée pour poser un diagnostic et qu’il existait peut-être un traitement. Pour cela, le refuge a proposé de prendre en charge la chienne. Mais il a dit non, car la chienne était « très vieille » », explique-t-elle au DIARIO ANIMALISTA.

Cependant, cette même source, après avoir consulté le dossier de la chienne dans la clinique vétérinaire NíjarVet, confirme que la podenca « est née en 2013 ». Elle n’avait donc que 7 ou 8 ans.

Ces données remettent également en question les informations que le Commandement de la Guardia Civil d’Almeria a fournies à ce journal le 26 mai, lorsqu’il a été rendu public que les chiens avaient été remis volontairement par le chasseur à un refuge, à l’exception de l’un d’entre eux, qui avait été sacrifié en raison de son « âge avancé ».

 « La podenca était née en 2013, elle avait donc 7 ou 8 ans. Si elle avait vécu toute sa vie dans des conditions bien différentes, elle n’aurait pas été dans un état aussi grave », précise Marisa Martínez, pour qui la cause du problème est très claire : une loi trop peu ambitieuse qui ne permet pas de poursuivre correctement les auteurs de mauvais traitements infligés aux animaux et qui rend difficile la dénonciation de ces crimes d’un point de vue juridique.

 « Selon moi, le fait de détenir un animal 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 au milieu de nulle part, sans aucun type de contact humain ni affectif est un délit. Les températures par ici commencent à être très élevées. Savez-vous à combien peut monter la température de l’eau dans le genre de récipient mis à disposition de ces chiens pour boire ? Savez-vous à quel point il est stressant pour un animal d’être infecté par des parasites ? En plus d’être préjudiciable pour sa santé », déplore-t-elle.

Selon elle, ces détails ne sont pas précisés par la loi : « S’il y a de l’eau, de la nourriture et un abri, alors ce n’est pas considéré comme de la maltraitance animale. Mais la loi ne s’occupe pas de savoir si l’eau est verte ou si la seule chose que les chiens ont à manger est du pain dur. Elle ne tient pas compte non plus de la présence de parasites ».

 « Pour moi, ce n’est pas normal. C’est pour cela que je gère un refuge, tous les jours de l’année, pour offrir une meilleure vie à ces chiens, en y mettant tout mon temps et mon argent. Pour nous, le fait que des chiens ne présentent pas de lésions physiques visibles ou une maigreur extrême ne signifie pas pour autant qu’ils vivaient dans de bonnes conditions. C’est pour cela que nous avons pris en charge ces chiens. »

La responsable de l’association Angelitos Vagabundos partage une fois de plus son regret pour la fin tragique qu’a connue cette chienne, car elle aurait pu être évité.

 « J’aurai préféré que le propriétaire me cède l’animal. De notre côté, du moment que le chien marche, mange et boit seul, nous ne recommandons pas l’euthanasie. Mais selon la loi, c’est au propriétaire uniquement de prendre cette décision », ajoute-t-elle.

Elle critique également le peu d’importance accordée aux animaux dans sa municipalité : « La mairie de Níjar se soucie peu des animaux. Ils ont réussi à avoir une bonne ordonnance municipale, mais elle est complètement inutile car personne ne veille à ce qu’elle soit appliquée ».

Marisa estime que la médiatisation de cette affaire a provoqué une vague de critiques « injustes et disproportionnées » à l’encontre du vétérinaire qui a effectué la procédure à la demande de la Guardia Civil de Nijar.

 « Le vétérinaire n’a pas dit dans son rapport que les conditions de vie de ces chiens étaient merveilleuses. Le problème réside dans le concept juridique de ce qui est considéré comme de la maltraitance animale. Les questions de la Guardia Civil étaient très précises et se référaient à des aspects tels que la présence ou non de blessures physiques, le manque de nourriture ou le danger imminent pour la vie des animaux », précise-t-elle.

DIARIO ANIMALISTA a voulu connaitre la version du vétérinaire, mais tous les appels sont restés sans réponse. Ce dernier à refusé toute déclaration.

Dilemme éthique en médecine vétérinaire.

De sont côté, la vétérinaire Elizabeth Viejo, qui a signé le rapport vétérinaire que Galgos del Sur a joint aux plaintes déposées, ne croit pas que la décision de sacrifier la podenca puisse dépendre exclusivement de la volonté du propriétaire.

Selon elle, un vétérinaire peut refuser l’euthanasie pour des raisons éthiques s’il estime qu’une telle mesure est disproportionnée et que l’animal a des chances de survie dans de bonnes conditions. Le vétérinaire de Níjar aurait donc eu le choix de refuser s’il s’opposait à cette décision.

 « Un propriétaire ne peut pas exiger que vous euthanasiez un chien. Jamais. Peu importe son âge ou ses pathologies. Tout comme un juge ne pourrait vous obliger, en tant que vétérinaire, à pratiquer une euthanasie, bien qu’il puisse ordonner qu’un animal soit sacrifié par les circonstances qui sont les siennes. Les vétérinaires, comme les médecins, doivent respecter le serment d’Hippocrate, qui vise aussi le bien des animaux », insiste-t-elle.

Qu’est-ce que la maltraitance animale ?

DIARIO ANIMALISTA a contacté un autre vétérinaire totalement étranger à l’affaire pour lever les doutes sur les signes de maltraitance animale visibles sur les images publiées. Il s’agit de Fernando Adam, diplômé en médecine vétérinaire de l’Université Complutense de Madrid et vétérinaire clinicien depuis 2001.

 « Il est important de se rappeler que la maltraitance des animaux ne se limite pas à l’agression ou à la violence. C’est aussi le fait de ne pas leur fournir des conditions minimales de confort et une alimentation adéquate », dit-il d’emblée.

Selon lui, « dans la vidéo, on peut voir que le chien est méfiant et qu’il a peur des gens, deux des premiers signes qui peuvent nous faire suspecter une éventuelle maltraitance. On distingue également des zones sans poils et des cicatrices, un autre signe que le chien a subi des blessures ou a été attaché ou enfermé pendant longtemps ».

D’autre part, Adam souligne que « la présence de très nombreuses tiques observée dans la vidéo montre que l’animal n’a été soumis à aucun traitement antiparasitaire, ce qui nous fait également suspecter l’absence de soins préventifs de la part des soignants ».

Commission étique de l’AVEPA

Lorsqu’on lui demande si le vétérinaire auquel la Guardia Civil s’est adressée aurait pu refuser d’euthanasier la podenca, malgré l’insistance du propriétaire, Adam est clair : « pour ce genre de cas, il existe la Commission d’éthique de l’Association des vétérinaires espagnols spécialistes des petits animaux (AVEPA), qui dispose d’un protocole pour faciliter la prise de décision ».

Ce protocole est composé de quatre questions :

  1. Sera-t-il possible pour l’animal de maintenir une qualité de vie acceptable ?
  2. Y a-t-il un espoir d’adoption pour l’animal, malgré les handicaps et les traitements ultérieurs potentiels ?
  3. Existe-t-il de réelles possibilités de fournir un traitement, un abri, de la nourriture et d’autres nécessités qui peuvent apporter un bien-être physique et psychologique à l’animal ?
  4. L’animal est-il inoffensif pour les personnes et les autres animaux ? 

 « Si la réponse à au moins une de ces questions est « non », alors l’euthanasie peut être une alternative valide », explique Adam.

 « Dans le cas qui nous intéresse, le seul doute possible concerne la première question. Pour les trois autres, la réponse est clairement OUI. Je pense que le vétérinaire aurait pu refuser de pratiquer l’euthanasie », conclut-il. Même si, effectivement, vous avez le consentement éclairé du propriétaire, le fait d’avoir effectué l’euthanasie « pourrait être considéré comme quelque chose d’irresponsable ou de non éthique, mais en aucun cas quelque chose d’illégal ».

En revanche, il est important de rappeler que « l’euthanasie ne doit pas être la solution de facilité à laquelle on recourt en premier lieu ».

Enfin, le DIARIO ANIMALISTA a voulu savoir si, avec ce que l’on voit sur les images, l’état de ces chiens justifiait une saisie par les autorités compétentes, en l’occurrence la SEPRONA de la Guardia Civil. Ce qui n’a pas été le cas, puisque la procédure a été laissée en sanction administrative et que le propriétaire a ensuite remis les autres chiens volontairement.

 « La saisie provisoire des chiens serait justifiée dans ce cas, pour éviter de les maintenir dans de telles conditions et causer davantage de dommages », déclare Fernando Adam.

Il est encore trop tôt pour savoir comment sera résolue cette affaire devant les tribunaux, pour laquelle une procédure pénale a déjà été engagée.

La seule certitude est que cette podenca, dont nous ignorons le nom et qui n’en avait probablement pas, est morte après une courte vie pleine de souffrances. Aux quatre coins de l’Espagne, les gens ont appris à la connaître grâce aux images tournées dans le village où elle vivait.

Plusieurs personnes avaient même exprimé le souhait de l’adopter. Mais au lieu de ça, le chasseur à qui elle appartenait l’a préférée morte que libre dans un refuge, puisqu’elle était trop vieille et donc inutile pour la chasse. »

Un sac rempli de cadavres: ils localisent une colonie de chiens de chasse à Almería: « Ils vivent au milieu de leurs excréments »// Andalousie // LaVozDelSur.es // 24.05.21

 » Le refuge Galgos del Sur dénonce l’état de santé et les signes de maltraitance des animaux présents dans ces installations et qui souffrent d’une maigreur extrême, de parasites externes et de diverses maladies chroniques.

Un des chiens de chasse découverts dans les installations insalubres à Níjar.

 Le refuge Galgos del Sur a dénoncé à la Guardia Civil et au conseil municipal de Níjar (Almería) l’existence d’une colonie de chiens de chasse dans un état de santé lamentable et avec des signes évidents de maltraitance et de négligence

Le refuge a également révélé l’existence d’une fosse à proximité, à l’intérieur de laquelle  des restes osseux de cadavres de lévriers ont été retrouvés avec des dizaines de cartouches de fusil de chasse au sol, éparpillées autour d’eux.

Les restes cadavériques présentent différents états de décomposition, et certains d’entre eux portent toujours autour du cou un collier.

La hauteur de la fosse du sol à la surface et le fait qu’elle était fermée avec un couvercle en métal ne permettaient pas aux chiens d’en sortir dans le cas où ils y ont été jetés encore vivants.

Dans ces installations, cette macabre découverte n’a hélas pas été la seule, puisqu’à quelques mètres de là, un sac contenant des chiots morts a également été retrouvé. Les chiens étaient couverts de sang et portaient des traces de coups qui ne laissaient aucun doute sur le fait qu’ils sont morts de mort violente.

Les chiens retrouvés encore en vie appartiennent à un homme résidant dans la localité et qui a indiqué à Galgos del Sur qu’il était chasseur

Os des chiens morts.

Des chiens de différentes races habituellement utilisées pour la chasse, pour la plupart des lévriers et des podencos, vivent dans des conditions d’insalubrité totale dans les installations que ce chasseur a aménagé pour eux.

Le rapport vétérinaire que Galgos del Sur a joint à la plainte ne laisse aucun doute et conclut que les animaux sont dans un état de négligence extrême qui justifie pleinement leur saisie par les autorités compétentes.

La vétérinaire Elisabeth Viejo, auteur du rapport, met en évidence des points très préoccupants tels que «l’extrême maigreur due à une mauvaise alimentation au fil du temps, un grand nombre de parasites externes et un environnement insalubre où l’on retrouve épars des objets tranchants pouvant causer des dommages et blessures aux animaux».

De plus, plusieurs chiens présentent «des écoulements purulents des deux yeux, des plaies, une alopécie et des éruptions cutanées». Selon elle, tous ces problèmes sont plus que probablement dus à des « maladies chroniques qui, manifestement, n’ont pas été traitées», telles que la Leishmaniose, l’Erhlichiose, l’Anaplasmose ou la Borreliose, entre autres.

Le document mentionne également la grande quantité d’excréments et d’ordures qui jonchent le sol des installations et sont mélangés aux morceaux de pain et autres aliments, en plus du fait que les animaux n’ont pas libre accès à de l’eau propre et potable.

La vétérinaire conclut son rapport en soulignant que le bien-être animal n’est absolument pas respecté dans ces installations et que tous ces chiens ont besoin «d’urgence » de recevoir une assistance et des soins vétérinaires, le pronostic vital de certains chiens étant déjà compromis si cette aide n’intervient pas rapidement. 

Chien trouvé dans la colonie d’Almería.

Ayant pris connaissance de ces faits, Galgos del Sur s’est rendu vendredi dernier au bureau de la Guardia Civil de Níjar pour porter plainte au pénal et demander la saisie des chiens, en proposant de prendre tous les chiens sous sa protection dans son refuge situé à Cordoue, pendant que l’autorité judiciaire effectue les enquêtes nécessaires.

Malgré cette proposition, la Guardia Civil a refusé la saisie des chiens, les agents considérant qu’il n’y a pas de signes de maltraitance suffisants pour justifier cette mesure et laissant à un vétérinaire de la localité le soin de décider de ce qu’il convient de faire avec les animaux.

De son côté, Javier Luna, le co-fondateur de Galgos del Sur, regrette le « manque de sensibilité et d’intérêt des autorités » à poursuivre avec détermination les négligences graves subies systématiquement par les chiens utilisés pour la chasse.

«Il est vraiment regrettable que ce type de délit ne fasse pas l’objet d’enquêtes», déplore-t-il, tout en soulignant le fait qu’aucune autorité, pas même le conseil municipal de Níjar, ne s’est préoccupé du bien-être de ces chiens qui «vivent attachés, avec pour seule nourriture des croûtes de pain mélangée à leurs excréments et sans eau potable laissée à leur disposition ».

En plus de la plainte déposée au bureau de la Guardia Civil de Níjar, Galgos del Sur en a déposé une autre ce lundi adressée au département de l’environnement de la Municipalité pour « de multiples infractions administratives en matière de protection animale« , en demandant à titre préventif la saisie temporaire des animaux.

«Les animaux hébergés dans ces installations le sont dans des conditions d’hygiène et sanitaires déplorables, tant du point de vue des installations que de leurs soins vétérinaires, avec pour deux d’entre eux des craintes sur leur pronostic vital vu l’état alarmant dans lequel ils ont été retrouvés, et une autre se trouvant en état de gestation», fait valoir l’association dans le texte de la plainte. « 

« Des activistes anonymes filment les conditions dans lesquelles vivent les chiens d’une rehala de chasse dans la Sierra de Madrid » // El Caballo de Nietzsche // ElDiario.es // 20.04.21

par Mila García Nogales

« Les chiens sont enfermés dans des conditions déplorables mais le voisinage n’ose pas dénoncer ces faits par peur des représailles des chasseurs qui les maintiennent dans un tel état de négligence et de maltraitance.

«On les entend aboyer de loin: c’est ici que sont entassés les chiens des chasseurs, sous des tôles de métal, attachés avec des chaînes, isolés dans de petites caches sombres et malodorantes; invisibles et oubliés par la société; n’espérant qu’une croûte de pain, un rayon de soleil ou cette course mortelle où, même entre les cris et les coups, ils trouveront l’approbation de celui qui deviendra un jour aussi leur bourreau.  » C’est ainsi que l’une des deux activistes anonymes qui ont réussi à enregistrer ces images décrit ce que l’on ressent en s’approchant de l’endroit où elles ont été prises, une des nombreuses fincas de la Sierra de Madrid où des dizaines de chiens utilisés pour la chasse sont maintenus en captivité. Les deux activistes se sont rendues dans la zone alertées par des appels du voisinage. « Ils vivent entassés dans de véritables taudis, dans une pénombre presque totale, entre des fers rouillés et des décombres, enchaînés et avec du pain dur comme seule nourriture », ajoute la seconde activiste, qui précise également que les personnes qui les ont contactées n’osent pas dénoncer la situation par crainte des représailles des chasseurs.

Si même leur propre environnement n’est pas sans danger pour eux, quel espoir reste-t-il pour ces pauvres êtres qu’ils traitent comme des choses? À ces machines à poils et à pattes qui, selon la vision cruelle et oppressive des chasseurs, ne servent qu’à faire du mal à d’autres êtres contraints et forcés et qui, lorsqu’ils ne pourront plus servir, n’auront plus aucune raison d’exister. La seule issue pour le chien d’un chasseur est que quelqu’un prenne des risques pour lui . On ne se positionne pas contre la chasse sans risques : la législation actuelle protège ceux qui tuent les animaux pour le plaisir mais ne protège pas les victimes. Dans la vidéo, des queues de sanglier pendant à une clôture sont là pour nous le rappeler: « Les chasseurs les utilisent pour dresser des chiens. Parfois, ils utilisent aussi d’autres parties du corps ou les peaux des animaux considérés comme des proies », expliquent les militants.

On ne voit aucun chiot dans la vidéo, mais certains signes extérieurs, comme la taille des glandes mammaires ou le relâchement du ventre,  montrent que plusieurs femelles ont dû avoir des petits récemment. Que sont devenus leurs bébés ? Ils ont peut-être été emmenés et vendus illégalement . Ou on leur a peut-être enlevé pour les tuer en les jetant dans un ravin ou en les noyant dans un seau d’eau (pratiques courantes chez les chasseurs). «La chasse est la sauvagerie dans sa forme la plus pure, c’est la cruauté», dit l’une des responsables des images. Pour elle, le combat commence d’abord en «regardant ce qui se passe autour de nous, car ce n’est qu’alors que l’on arrive à une conscientisation. C’est la première étape». Cela signifie ne pas détourner le regard. Prendre des risques vient plus tard, c’est l’étape suivante.

Sa coéquipière évoque le lien entre chasse et machisme: «Dans un monde d’oppression où règne le patriarcat le plus absolu, les âmes innocentes et vulnérables sont toujours les victimes. Le féminisme est la lutte contre toutes les oppressions, qui se perpétuent grâce au silence des voisins, des amis ou de la famille. Si vous passez devant un endroit horrible comme celui-ci et, que quand vous entendez l’appel désespéré des chiens, vous pensez à des choses comme ils sont nés pour chasser, que ce n’est pas votre problème ou qu’ils sont habitués à vivre ainsi et vous ne faites rien pour changer leur sort, vous n’avez pas encore compris que la lutte nous englobe tous ».

Sous l’angle du féminisme et de l’antispécisme, lutter pour la libération animale implique de se battre en faveur de tous les êtres sensibles, humains et non humains, et en opposition à tout type de discrimination, puisque toutes les discriminations naissent de la même idée: que certains individus sont supérieurs à d’autres. D’autres qui sont inférieurs. L’excuse? Nos différences. Le fait que certains d’entre nous jouissent de privilèges, que d’autres n’ont pas. Que, en fait, ces autres subissent un désavantage systémique, avec une oppression répétée, entretenue et préservée dans le temps parce que, au lieu de célébrer les individualités, on les exploite et on les domine. C’est le cas avec le genre et l’identité sexuelles. C’est le cas avec les caractéristiques raciales. C’est le cas avec la neurodiversité. C’est même le cas  avec l’apparence physique, le lieu de naissance ou la profession. Et toutes ces catégories, ainsi que bien d’autres, interagissent les unes avec les autres.

C’est aussi le cas avec les espèces. Lutter pour la libération animale implique d’être à l’opposé de l’objectification des corps, dont le système patriarcal se sert pour nous transformer en morceaux de viande . «Notre devoir en tant que femmes, en tant que victimes», poursuit l’activiste, «est de donner une voix à ceux qui n’en ont pas, à ceux qui n’ont même pas la protection de lois qui garantissent leurs droits. Il nous reste encore un long chemin à parcourir pour déconstruire ces discriminations, mais sur ce chemin, nous ne pouvons pas oublier nos frères les animaux non humains. « 

Lien vers l’article original : https://www.eldiario.es/caballodenietzsche/perros-rehala-caza-madrid-animalista_132_7801424.html

« Rehalas; l’enfer sur terre des podencos » // texte de Juan Ramón Ortiz de la Torre publié sur la Plataforma NAC. No A la Caza. // 9.05.2021

« Avant de commencer, je veux vous dire que si je parle des Podencos, c’est parce que ce sont les Podencos et les croisés Podencos que l’on retrouve principalement dans ces lieux d’extermination.

Les rehalas sont des endroits sombres, sales, avec une odeur caractéristique, ils sentent la peur, la peur des chiens qui ici survivent.

Dès qu’ils sont nés (et il y a beaucoup de naissances), ils sont catalogués par le propriétaire de la rehala ou par celui qui a la rehala en gestion. En gros il y a trois groupes, ceux qu’ils vont consacrer à la chasse, ceux qui vont servir à la reproduction, et ceux qui vont mourir directement parce qu’ils sont nés avec un défaut visible qui, selon celui qui les examine, les rend inaptes à appartenir à un des deux autres groupes. Ils les noient alors en leur plongeant la tête dans l’eau ou simplement leur brisent le cou.

La vie des membres des deux autres groupes n’est pas très longue, s’ils perdent l’odorat et laissent échapper des proies, ou s’ils se blessent à une patte et ne peuvent pas courir, ils s’en débarrassent (j’insiste, il en naît beaucoup).

Les femelles qui sont destinées à la reproduction passeront des années où, à chaque fois qu’elles seront en chaleur, on les enfermera dans une espèce de boîte qui les immobilise sauf la partie arrière pour permettre à tout mâle de les monter, et vu cette existence, elles ne vivent pas non plus très longtemps. Il arrive un moment où elles ne sont plus rentables pour les propriétaires de ces lieux, accumulant des maladies qu’elles peuvent transmettre à leurs chiots.

C’est très compliqué dans les rehalas de voir des chiens pucés car les responsables de rehalas et les propriétaires savent à l’avance quel sera le triste sort de ces chiens et préfèrent donc qu’ils ne puissent pas être liés à eux.

Tout aussi compliqué de voir des vétérinaires se rendre régulièrement dans les rehalas car ils devraient signaler que les chiens qui y survivent ne sont pas identifiés.

Dans les rehalas, on meurt de faim, les propriétaires et les responsables de rehalas se défendent en disant que de cette façon, affamés, ils chassent mieux, dans les rehalas, il y a des combats pour manger le bout de pain qu’on leur jette, dans les rehalas il y a des maladies, dans les rehalas comme je l’ai dit au début, ça sent la peur et dans les rehalas, on meurt très tôt.

Dès qu’un membre de la rehala se casse une patte, a perdu l’odorat, tombe malade ou n’est plus apte pour la reproduction, ils se débarrassent de lui ou d’elle.

Lorsque cette situation se produit, le responsable de la rehala a plusieurs possibilités qui s’offrent à lui.

Certains les emmènent dans des refuges et les abandonnent là. Beaucoup, les plus nombreux, choisissent de mettre fin à la vie des chiens qui leur ont servi de diverses manières. Ils leur tirent une balle dans la tête (peu utilisée parce qu’ils ne valent pas une cartouche). Ou les noient par immersion (mais cela arrive aussi rarement car le chien résisterait). Ou les abandonnent en pleine campagne et peuvent même en arriver à leur casser les pattes pour être sûr qu’ils ne reviennent pas. Ou ils les pendent en utilisant la méthode du piano, cet euphémisme consiste d’abord à emmener le chien dans un endroit très éloigné pour qu’on ne puisse pas faire le lien avec eux, ils cherchent un arbre vigoureux et le pendent à l’une des branches de telle façon qu’il sache encore s’appuyer sur les pattes arrière et là l’′′ humain  » fuit, il sait que le sale boulot est fait. Le chien lutte dans cette position jusqu’à l’épuisement et puis lentement, il agonise et finit par mourir pendu quand ses pattes n’arrivent plus à le soutenir.

C’est la courte vie des Podencos et de leurs congénères dans les rehalas.

A propose, en Andalousie, ces camps d’extermination de chiens ont été déclarés Bien d’Intérêt Culturel.

P.S. À tous ceux qui vont argumenter que tous les propriétaires de rehalas et les chasseurs ne sont pas comme ça, je vais vous dire quelque chose, tous les chiens dits de chasse qui se retrouvent pendus, brûlés, noyés et abandonnés, avant d’arriver à cette terrible situation, avaient des propriétaires et, quel hasard, c’était tous des chasseurs. »

#NoAlaCaza

#LaVerdadDeLaCaza

#VictimasDeLaCaza

« Le guide indispensable pour l’adoption et l’éducation d’un galgo » // par Esteve Giralt pour La Vanguardia.es // 1.02.21

« Les chiens de cette race, utilisés pour la chasse et les courses sont très souvent maltraités. Ils ont donc besoin d’une attention toute particulière.

Chaque année, le 1er février est la journée mondiale du galgo. Elle promeut l’adoption de cette race de chien, particulièrement touchée par l’abandon

Le 1er février dernier était célébrée la Journée Mondiale du galgo. Depuis une vingtaine d’années, des entités spéciales ont été créées en Espagne afin de promouvoir l’adoption des gaglos, une race de chiens ayant historiquement souffert de nombreux cas de mauvais traitements. Depuis, les adoptions n’ont cessé d’augmenter, grâce à la sensibilisation et au travail de plusieurs associations, et le galgo est devenu un chien à la mode. Fort heureusement, cela facilite la recherche de familles d’accueil.

Mais certaines personnes envisagent l’adoption d’un galgo sans savoir qu’il s’agit d’un animal avec des nombreuses particularités à prendre en compte. Notamment à cause de leur origine, souvent liée à l’élevage pour la chasse, et à cause de leur passé, avec encore trop de cas de maltraitance et d’abandon d’animaux.

Le travail des organisations qui préparent l’arrivée du chien dans sa nouvelle famille est très important. Des entités comme Galgos 112, SOS Galgos ou ACUNR travaillent depuis plusieurs années à ce que le processus d’adoption se fasse en pleine conscience de la part de la personne désirant accueillir un chien de cette race, en donnant beaucoup d’informations préventives, et en étudiant chaque dossier au cas par cas.

Grâce à une bonne information, des connaissances, une conscience, avec une bonne adaptation de l’animal et de sa famille d’accueil, l’adoption d’un galgo dans un appartement ou une maison est souvent couronnée de succès.

Les galgos passent beaucoup de temps à se reposer et à dormir une fois à l’intérieur de la maison

Que faut-il prendre en compte ? Est-ce différent de l’adoption d’un chien d’une autre race ? Nécessitent-ils beaucoup de soins ? Est-ce un chien qui a besoin de faire beaucoup d’exercice tous les jours car il est très actif ? Le fait d’avoir souffert de mauvais traitement conditionne-t-il son caractère et son attitude sur le long terme? Son adaptation en sera-t-elle plus lente et plus complexe ? Est-il judicieux de l’accueillir dans une région de grand froid l’hiver ?

Il existe de nombreuses questions, parfois dérivées de certains mythes et idées fausses, perpétués depuis longtemps. « Les chiens de type « lévrier » en général, mais surtout les galgos et podencos sont des races très méconnues. S’il est de plus en plus répandu de voir des galgos et des podencos en ville, comme animaux de compagnie, il existe également un certain nombre de légendes autour de cette race à connaître. », explique-t-on depuis Galgos 112.

Outre les doutes initiaux, après les premières semaines, voire les premiers mois d’accueil, d’autres préoccupations peuvent arriver. Nous allons les aborder point par point

1. Cette race de chien a besoin de beaucoup d’exercice et de course ?

Pour sa grande rapidité, le galgo a été utilisé durant des décennies pour la chasse, mais aussi pour la course, avant que cette dernière pratique ne soit interdite dans une majorité de pays. Sa rapidité innée a malheureusement été à l’origine d’abandons et de mauvais traitements, car leur élevage a été encouragé sans modération dans plusieurs régions espagnoles.

Mais même si le galgo est rapide et aime profiter de grands espaces pour courir, se n’est pas pour autant une race de chien très active. « Il y a beaucoup de confusion. On pense souvent que c’est un animal qui a besoin de courir, mais il n’a pas spécialement besoin de beaucoup d’exercice. Ils courent lors des séances de chasse ou de course, mais uniquement car ils n’ont pas le choix. », souligne Alma González Zavala, vice-présidente d’ACUNR (Animales con un nuevo rumbo, animaux avec une nouvelle direction).

 « Le galgo n’a pas besoin de beaucoup d’exercice. Trois promenades de 20 minutes par jour sont suffisantes. Bien qu’ils soient les athlètes du monde canin, les lévriers ne sont pas des chiens très actifs », explique SOS Galgos. L’âge, comme pour la grande majorité des chiens, est un facteur déterminant. Il y a une grande différence entre un jeune animal, jusqu’à deux ans, et un galgo adulte ou plus âgé. Les galgos plus jeunes ont besoin de plus d’exercice et sont plus agités, comme c’est le cas pour les autres races.

2. Ils passent de nombreuses heures à dormir à la maison.

Le galgo est un animal plutôt paresseux une fois à l’intérieur de l’appartement ou de la maison, et s’il se sent bien, il peut passer une grande partie de son temps à dormir ou à se reposer en s’étirant de tout son long. Il peut rester ainsi plusieurs heures la plupart du temps.

« Même s’ils sont de véritables athlètes, ils ne sont en réalité pas hyperactifs. Ils peuvent passer plusieurs heures à se reposer et ils dépensent généralement leur énergie dans de courtes promenades », nous explique-t-on chez Galgos 112, une association œuvrant à la protection et à la sensibilisation. « En général, ils adorent rester allongés à se reposer, et gardent leur énergie pour courir lorsqu’ils en ont envie », ajoute SOS Galgos.

« À la maison, il reste très tranquille, il dort toute la journée et s’active uniquement lorsque nous nous activons nous », expliquent Marta et Pedro, qui ont adoptés un chiot galgo il y a un an et demi. « Il a beaucoup de puissance de course, il est très rapide, mais il a peu d’endurance », ajoutent-ils. Ces chiens peuvent dormir jusqu’à 18h par jour. « La plupart sont heureux de dormir toute la journée jusqu’à ce que vous les sortiez pour une promenade», corrobore l’association SOS Galgos. C’est une race de chien qui s’adapte bien à la vie en appartement, car elle n’a pas besoin de beaucoup d’espace pour vivre, ni une grande maison avec jardin.

3. Que se passe-t-il s’il a souffert d’abandon et de mauvais traitement ?

Beaucoup de galgos recueillis par les refuges et organisations dédiés à l’adoption ont souffert de mauvais traitements et d’abandon. « Un pourcentage très élevé de ces chiens arrivent avec des peurs, ils ont souvent peur des gens, surtout des hommes. », soulève González Zavala (ACUNR).

C’est une circonstance dont il faut avoir conscience lorsque l’on souhaite adopter car c’est un animal qui, dans de nombreux cas, aura besoin de soins particuliers, de plus d’attention et de patience. Il en va de même pour les autres chiens qui arrivent malheureusement, eux aussi, dans les refuges après avoir été maltraités et abandonnés.

L’association d’adoption de chiens et chats ACUNR est une entité créée à Madrid, ayant également une délégation en Catalogne, qui, au travers de son centre d’accueil, et grâce à l’aide des familles d’adoption, cherche un lieu pour les animaux abandonnés. Dans le cas des galgos, si ce sont des animaux qui arrivent traumatisés, l’association leur cherchera un adoptant ayant déjà de l’expérience avec les chiens peureux ou avec des problèmes de comportement. « L’adaptation dépend beaucoup des adoptants et de leur habilité à travailler avec les chiens. Nous essayons donc de nous assurer que ce sont des personnes expérimentées », ajoute González Zavala (ACUNR).

Il est important d’avoir des informations sur le passé du galgo. Les organisations prenant les chiens en charge sont de bonnes sources d’information. « La clé est de savoir d’où vient son galgo, quelle histoire et quelle vie il a eu auparavant, et quel était son comportement face aux gens qui l’ont recueillit. Les associations d’accueil de galgos ont généralement des critères, connaissent des professionnels et des vétérinaires, et savent comment adapter le chien en fonction de l’adoptant », explique Ibáñez, spécialiste de l’éducation et du travail sur le comportement du chien.

Dans ce cas, nous pouvons nous trouver face à un galgo effrayé, fuyant devant tout ce qui lui semblera être une menace et très sensible à tout ce qui se passe autour de lui. « À chaque fois que nous prenions un balai, il avait peur », se souvient la famille adoptive d’un galgo anciennement maltraité. L’animal avait été battu et abandonné.

Mamen Polaino a adopté un galgo il y a quelques mois, elle a donc vécu avec son chien le long processus visant à réduire ses peurs. « Je me souviens de nos premières promenades. Cela nous serrait le cœur à tous les deux. Je le voyais lutter pour surmonter ses peurs (le bruissement des feuilles d’automne le faisait sursauter), il tentait simplement de survivre à un tout nouveau monde dans lequel tout était nouveau, et terrorisant. », se souvient-elle. Dans la plupart des cas, l’évolution est très satisfaisante. « À la maison, sans menace extérieure possible, notre relation devenait de plus en plus fluide, même si cela prenait du temps. Nous avons réussi, chacun à notre manière, à respecter l’espace de l’autre dès le début, sans nous bousculer », ajoute-t-elle. Son galgo, ancien chasseur, avait également été maltraité.

 « C’est une erreur de penser que les galgos sont « bêtes » parce qu’ils ne sont pas très obéissants. C’est un animal très intelligent, mais il recherche ce qui l’intéresse », explique Javier Ibáñez, PDG de Takoda Adiestramiento Natural, en lien avec Galgos 112 à Tarragone. « Nous avons beaucoup travaillé avec les galgos et podencos, ils font partie de notre école », ajoute-t-il.

Dans certains cas graves de mauvais traitements, et si l’attitude très craintive du galgo persiste et le gène dans sa vie quotidienne, il est conseillé de faire appel à un comportementaliste (éthologue) ou à un éducateur canin. Avec quelques exercices de base, les problèmes sont généralement rapidement résolus, ce qui améliore la qualité de vie du chien. Les associations de protection avertissent tout de même sur le fait que tout le monde n’est pas prêt à adopter un chien anciennement maltraité.

4. Tous les galgos sont-ils peureux ?

Le galgo est une race de chien plutôt sociable et affectueuse, qui peut tout à fait vivre avec des enfants. Cependant, chez un grand nombre de chiens maltraités et abandonnés, leur passé difficile pourra modifier leur caractère. Ils auront donc besoin d’une période d’adaptation une fois arrivés dans leur nouveau « chez eux ».

 « Il est certain que beaucoup de galgos arrivent traumatisés par l’abandon, par les mauvais traitements reçus, ou par manque de sociabilisation. Certains sont terrifiés par les humains, ils sont donc plus à l’aise dans un environnement rural où ils prennent confiance petit à petit avec leur famille adoptive, et parfois avec personne d’autre », explique-t-on chez SOS Galgos.  

Une fois la période d’adaptation passée, le galgo est un animal très sociable et affectueux. Llibert Teixido

Il n’en va pas de même dans tous les cas. Les associations ne connaissent pas avec exactitude le passé de chaque galgo. « Certains arrivent plus confiants et mieux sociabilisés que d’autres, ils sont capables de saluer tout le monde, aussi bien leurs congénères que les humains qui les entourent, ils peuvent également déjà être habitués à voyager en voiture ou à se promener en ville. » ajoutent-ils.

Dans les centres d’accueil, avec l’expérience, les bénévoles voient l’évolution de chaque chien et constatent que dans grand nombre de cas, cela est encourageant. Il existe des cas spécifiques très compliqués, avec des animaux extrêmement traumatisés, qui sont très difficiles à approcher ou à soigner lorsqu’ils nécessitent un traitement vétérinaire.

 « C’est un animal qui, une fois entré en relation avec les gens, établit des liens forts. Et pas seulement avec d’autres galgos, comme cela se passe lors de la chasse», explique Gonzalez Zavala.

5. Ce sont des chiens frileux qui ont toujours besoin d’un manteau.

Le galgo est un animal avec très peu de graisse et au poil court, il est donc vrai que ce chien a souvent plus froid que d’autres races. Il est recommandé de lui mettre un manteau pour le protéger du froid et de la pluie. Les galgos ne sont pas faits pour vivre à l’extérieur, dans un jardin par exemple.     

6. Ont-ils toujours besoin d’être en laisse ?

Les spécialistes conseillent une sécurité et un contrôle extrêmes de l’animal lors d’une adoption. « Nous mettons l’accent sur la sécurité car nous avons déjà été confrontés à des adoptants dont le galgo s’est échappé, et il est ensuite très difficile de le retrouver. », souligne-t-on à l’ACUNR. « Il y a généralement beaucoup de galgos qui s’échappent par peur », ajoute González Zavala, son vice-président. 

Il y a tout de même, et heureusement, de nombreuses adoptions de galgos. Les campagnes des associations de protection ont participé à sensibiliser l’opinion depuis près de 20 ans. Mais il y également un effet de mode, car le galgo est un animal très attrayant. « Le galgo est à la mode, certes, mais il faut toujours garder à l’esprit que l’adoption de tout chien doit être liée à son propre mode de vie », insiste l’ACUNR.

Ce ne sont pas des animaux qui aboient fréquemment et ils ne tirent généralement pas sur la laisse, ce qui génère un faux sentiment de sécurité lorsque nous les promenons.

Il y a des colliers spécialement conçus pour les galgos, adaptés à leur morphologie (leur tête fait souvent la même taille que leur cou). Le collier ne doit pas être lâche car ils pourraient alors l’enlever facilement.

Il faut être très prudent lorsqu’on promène un galgo à la campagne, car s’il détecte la piste d’une proie potentielle, comme un lapin par exemple, il pourrait avoir le reflexe de partir à toute vitesse à la poursuite de l’animal. Certains accidents de ce type ont déjà été enregistrés. « C’est un chasseur à l’instinct très fort. », explique Ibáñez (Takoda). Un instinct encore plus développé si le chien a été utilisé pour la chasse avant d’être accueillit dans sa nouvelle famille.

7. Les chiots galgos sont très actifs.

Qu’importe la race, un chiot sera toujours très actif, et il aura besoin d’un temps certain dédié à son éducation et de plus d’adaptation qu’un chien déjà adulte. Dans le cas des galgos, ce sont habituellement des chiens particulièrement turbulents. Lorsqu’ils commencent à être laissés seuls à la maison, ils peuvent ressentir une certaine anxiété due à la séparation, et peuvent faire des dégâts à l’intérieur, ou aboyer de manière répétée.

 « Les quatre premiers mois ont été difficiles. Un chiot demande beaucoup de temps et d’adaptation à sa nouvelle maison et à son nouvel environnement. À un an, il faisait toujours ses besoins à l’intérieur. Nous avons donc demandé de l’aide à un spécialiste », se souviennent Marta et Pedro, adoptants d’un chiot galgo. Dans ce cas, il s’agissait d’un problème d’ennui, alors que ses maîtres pensaient à un problème d’anxiété lié à la séparation. Cela a pu se régler grâce à des jeux et à des distractions qui l’occupaient lorsqu’il devait rester seul dans l’appartement.

C’est un animal qui, lorsqu’il appartenait à une meute de chasse, avait l’habitude d’être en permanence entouré d’autres chiens, ce qui peut finalement accentuer son anxiété ou son ennui lorsque ses maîtres le laissent seul à l’intérieur de l’appartement ou de la maison.

Un conseil qui peut servir pour toutes les adoptions. Il faut avoir beaucoup de patience, et ne pas penser à rendre le chien à la première difficulté, avertissent les associations. « Ça parait évident, mais cela demande beaucoup de patience, et c’est généralement ce qui fait le plus défaut. Les gens veulent adopter un chien en pensant que ce dernier se comportera bien dès les premiers instants. Avec la pandémie, de nombreux chiens ont été adoptés pour résoudre des problèmes personnels et pour tenir compagnie aux humains. Mais le galgo arrive avec ses propres difficultés, ses traumatismes, et c’est à vous de vous adapter au chien et de lui consacrer du temps, chercher ce dont il a besoin. Lors de la première vague de la pandémie, il y a eu une avalanche d’adoptions mais aussi de retours d’adoptions… Selon les adoptants, le chien ne s’adaptait pas. Mais il ne faut pas chercher la solution à ses propres problèmes dans l’adoption d’un galgo », ajoute Ibáñez.


Deux décennies de promotion de l’adoption.

La prise de conscience du problème de l’abandon et de la maltraitance des galgos a commencé dans des villes comme Barcelone à la fin des années 90. Selon les calculs, 50.000 galgos sont abandonnés chaque année en Espagne. Le problème est apparu au grand jour après avoir été occulté pendant plusieurs décennies. Traditionnellement, le galgo était utilisé pour la chasse au lièvre, une activité profondément ancrée dans des régions telles que l’Andalousie, Madrid, l’Estrémadure et Castille. Il y a plus d’un demi-million de galgos enregistrés en Espagne ; dans une région comme Madrid, il y a 80 clubs dédiés à la chasse utilisant le galgo.

La « Fédération Espagnole des Galgos » s’est toujours défendue de « tout cas d’abandon, mauvais traitement ou sacrifice ». SOS Galgos a été créée en 1999, au même moment que la fermeture à Barcelone de l’avant dernier cynodrome de Catalogne. En Angleterre, en France, en Belgique, en Allemagne et même aux Etats-Unis, des galgos sont également recueillis.

« LA MALCHANCE DE N’ÊTRE QU’UN OUTIL » // Texte de Pedro de Paz // Publié sur la Plataforma NAC No A La Caza // 3.02.21

 « Parmi toutes les races de chiens, il en est une dont la triste réalité de la vie est déchirante et poignante : le galgo. En Espagne, un nombre très élevé de galgos est abandonné et sacrifié chaque année, et la raison à cela est aussi simple que cruelle : alors que pour d’autres races de cette même espèce, la relation avec le maitre sous-entend un lien affectif fort, le galgo est, dès sa naissance défini comme un simple outil, un objet.

Le galgo ne s’élève pas et ne s’adopte pas dans le but de faire partie de l’environnement familial. Il s’élève exclusivement dans le but d’être utilisé, principalement dans le milieu de la chasse. La durée de vie « utile » d’un galgo dans cet environnement est de deux ans. Durant cette période, les chiens sont confinés dans des endroits insalubres, sont alimentés de manière aléatoire, sont entrainés pour courir attachés à des véhicules, et sont enfermés en attendant que la période de chasse soit ouverte. Au même titre qu’outil stocké dans une remise, ils ne sortent que lorsqu’ils ont besoin d’être utilisés. Une fois ces deux premières années passées, et lorsque le chien se fait plus lent, plus paresseux, plus maladroit, autrement dit, lorsqu’il n’est plus assez valeureux, il devient alors un « objet » aussi inutile qu’une tondeuse à gazon en panne ou une voiture qui ne fonctionne plus. Il est alors « inutilisable ». Se passe alors la même chose qu’avec les objets inutiles qui ne servent plus : on s’en débarrasse pour s’en procurer un nouveau qui lui, fonctionne bien.

Il est plus rentable d’élever une portée de nouveaux galgos que de garder ceux qui ont déjà cessé de remplir la tâche qui leur est demandée. Cela vous semble-t-il cruel lorsqu’il s’agit d’êtres vivants ? Ça l’est. Vous croyez que j’exagère ? Il est facile de le vérifier. Promenez-vous dans n’importe quel élevage de galgos et voyez de vos propres yeux combien de chiens de plus de deux ans y ont leur place. Mais cette conception froide et calculatrice de l’existence d’un être vivant atteint l’expression maximale de l’horreur et de la bassesse quand on connaît les moyens atroces utilisés pour se débarrasser de ces vieux « outils ». Selon l’adage, « un vieux galgo ne vaut pas le prix d’une balle ». Ils sont alors pendus à des arbres en laissant leurs pattes arrières toucher le sol pour que l’agonie de l’animal soit plus longue, ils sont jetés dans des puits pour qu’ils se noient, ils sont battus à mort, ils sont brûlés ou simplement abandonnés à leur sort, profitant du fait qu’ils n’aient pas de puce d’identification, en raison du manque de contrôle des éleveurs.

Certains se demandent pourquoi les propriétaires de galgos n’agissent pas de manière plus « clémente » en remettant à la fourrière les animaux qui ne leur sont plus utiles. La réponse est à nouveau aussi simple qu’inhumaine : la rotation des chiens par saison dans un chenil est généralement d’une quinzaine de galgos. L’abandon de quinze galgos par an à un refuge susciterait trop de réticences et obligerait à donner trop d’explications. Il est plus facile de s’en débarrasser par des méthodes expéditives et de les jeter à la décharge comme quelqu’un qui se débarrasse d’une vieille machine à laver. Dans cette mesure, ils sont considérés comme des « objets ».

Heureusement, la prise de conscience de ce type de pratiques cruelles fait que, petit à petit, la situation de cette race évolue. De plus en plus de gens découvrent que ce sont des animaux dociles, nobles, calmes et extrêmement fidèles et ils les adoptent en les intégrant comme un membre de la famille. Malgré cela, leur réalité vitale est toujours extrêmement dure et compromise. Et il en sera ainsi tant que des lois punissant sévèrement ces pratiques inhumaines ne seront pas votées. Mesures favorisant le contrôle de l’élevage des lévriers, l’éradication de l’élevage sans discernement et l’obligation d’identifier par une puce tous les animaux nés d’une portée. Si vous souhaitez apporter votre contribution à cette cause, diffusez cette information. Sensibilisez les gens à la triste et sombre réalité de ces animaux et participez à toutes les initiatives qui parviennent à vos oreilles pour éradiquer ces pratiques cruelles. Ils vous remercieront.//

 » Maite Bautista dénonce « qu’il est courant d’abandonner pour les laisser mourir dans des trous et des fossés des chiens de chasse trop vieux qui ne servent plus » // La Voz De Fuerteventura // Iles Canaries // 12.01.21

Mate Batista, avocate de Prote

« C’est chose courante d’abandonner pour les laisser mourir dans des trous et des fossés des chiens de chasse trop vieux pour servir et pas seulement aux Canaries » a déclaré Maite Bautista, avocate de PROTA, mardi dernier à la radio Fuerteventura FM. Au cours de l’entretien Maite Bautista a souligné très clairement que les procédures pénales concernant la maltraitance animale qu’a engagé l’association des avocats pour la défense des animaux aux Canaries sont « en majorité le fait des chasseurs »

Maite Bautista  a reconnu que « l’ensemble des chasseurs est en grande partie à l’origine de la maltraitance et des abandons d’animaux. Si je devais être politiquement correct je devrais dire que cela est faux, mais nous savons tous que c’est la vérité; pour preuves la dizaine de procédures pénales ouvertes en 2020 à Fuerteventura »

La Peur de dénoncer

Maite Bautista participe ce mardi à une des journées du programme organisé par le conseil municipal de Fuerteventura par le biais du Département de l’Engagement Citoyen, dirigé par Pau Quiles et en collaboration avec The Animal Academy, qui a pour but de sensibiliser la population de Majorera à l’environnement et à la défense des animaux.

Maite Bautista s’est appliquée à montrer aux citoyens les démarches administratives nécessaires pour dénoncer un acte de maltraitance, même si elle a reconnu que l’obstacle principal pour une dénonciation est la peur.

Cette peur est compréhensible nous dit encore Maite. La violence entraîne la violence et celle faite aux animaux se répercute sur les personnes, cela est un fait avéré.

 Bautista a fait ressortir l’importance de ces campagnes de sensibilisation permettant les changements culturels pouvant remettre en cause l’idée reçue que l’on peut faire ce que l’on veut de son animal sans devoir rendre compte à qui que ce soit. Sans vouloir faire de comparaison Bautista nous rappelle « qu’il n’y a pas si longtemps on pensait la même chose sur les violences faites aux femmes ». Il maintenant admis que cela est un problème nous concernant tous «je pense que ce sera la même chose pour les animaux »

Les prochaines journées auront lieux dans les locaux de la police locale de Morro Jable le 25 et 26 janvier.

Prochaines journées

Les prochaines dates de ces colloques seront le 5 et 6 mai à l’hôtel Mirador Puerto del Rosario, le 12 et 13 mai au Centre Cultutrel de Valles de Ortega, le 19 et 20 mai dans les locaux de la police de Morro Jable.

Entre-temps seront réalisées trois journées virtuelles avec l’application ZOOM  le 18 février, le 15 avril et le 10 juin de 15 heures à 21 heures .

Les instances chargées d’organiser les rencontres sont: The Animal Academy, Belén Roca éducatrice canine et fondatrice du projet A.M.C-CAN, Alba Miquel, et l’avocate du droit des animaux maître Bautista.

Les personnes intéressées à suivre ces colloques, en personne ou virtuellement, devront faire une inscription en utilisant le lien suivant: https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScLrwrKOC1eqpmby9VbxanYFZD1W2bu8zk-_zt2HmgAugRtSw/viewform?usp=sf_link


« Dix ans à sortir dans la rue pour demander la fin de la chasse » // Laura L. Ruiz // El Caballo De Nietzsche pour elDiario.es // 3.02.21

« Comme chaque mois de février, à la fin de la saison de chasse, la Plateforme  NAC (No A la Caza) manifestera le dimanche 7 contre la maltraitance, l’abandon et le massacre des chiens utilisés pour la chasse, et vu les  restrictions liées au Covid-19 elle demande que cette année on publie sur les réseaux sociaux les photos de ceux qui ont été secourus

Chaque année, des dizaines de milliers de chiens qui ont été utilisés pour la chasse sont abandonnés au début de février, mois qui marque la fin de la saison de chasse dans de nombreuses Communautés Autonomes. Des millions d’autres animaux, tels que des perdrix, des chamois ou des lapins, sont eux tués par balles ou dans des pièges. Cette réalité n’a pas changé même en période de pandémie puisque les chasseurs ont vite compris qu’ils pouvaient obtenir un laissez-passer pour contourner le confinement dans de nombreux endroits et ils ont pu continuer à tuer sans subir aucune sanction. C’est l’une des plaintes que la plateforme NAC (No A la Caza) a formulé cette année pour son rassemblement annuel, qui réclame l’abolition de la chasse et l’utilisation des chiens pour cette activité. Cette année encore, plus de trente villes organiseront une manifestation dans les rues dimanche prochain.

Cela fait maintenant dix ans – depuis 2011 – que ces manifestations ont lieu en février, grâce à cette Plateforme qui réunit plus de 200 associations animales et environnementales, refuges et partis politiques. « La chasse devrait être interdite dans toutes les zones naturelles protégées et dans tout le réseau Natura 2000 en tant que zones spéciales de Conservation de la Biodiversité. Il est inconcevable  qu’on y autorise non seulement l’activité de chasse, mais aussi le lâcher et le repeuplement par des animaux élevés dans des fermes, qui déplacent la faune locale, créent des hybrides et propagent des maladies », déclare le porte-parole de la Plataforme NAC, David Zurdo.

Les chiens et autres animaux, les victimes de la chasse

Les chiffres réels des conséquences de cette activité sont difficiles à obtenir, mais les estimations sont impressionnantes. L’étude la plus complète reste celle de la Fondation Affinity, qui montre qu’au moins en 2019, les refuges ont recueilli 183.000 chiens, dont 70% de chiens de chasse, soit environ 128.000 chiens, dont au moins 50.000 étaient des lévriers selon les estimations. Les raisons de leur mise au rebut sont nombreuses: parce qu’ils ne sont pas « valides », parce qu’ils sont lents, parce qu’ils proviennent de portées non désirées, parce qu’ils n’ont pas les qualités requises, parce qu’ils sont trop vieux ou simplement parce qu’ils ne sont pas « utiles » pour la chasse. «Dans de nombreux cas, le traitement qui leur est administré est le même que celui que vous donneriez à un outil de travail lorsqu’il cesse de fonctionner, lorsqu’il est usé: ils ne sont plus utiles et ils sont jetés», explique Zurdo.

La Plataforme NAC souligne également que la manière de se débarrasser des chiens est particulièrement cruelle: «On peut le voir tous les jours sur les réseaux sociaux: des chiens jetés dans des ravins, mis dans des sacs, jetés dans les rivières, pendus, battus, abattus et abandonnés blessés ». Les galgos, en particulier, sont non seulement exploités pour la chasse, mais aussi pour les courses, ce qui multiplie le risque pour eux d’être «mis au rebut».

Et quelle est la vie de ces chiens entre chaque chasse ou chaque compétition? «Ils passent leurs journées dans des caches, car le vol de lévriers est très répandu, même entre les galgueros eux-mêmes, et les chenils pour les chiens de compétition sont alors de vrais petits bunkers avec de minuscules fenêtres, des murs en béton et des portes en acier. D’autres vivent dans des grottes ou dans des enclos construits avec des palettes et des tôles ondulées », explique NAC. « La vie du lévrier est courte et cruelle. » L’entraînement quotidien – attaché aux voitures, épuisé, avec des blessures – et l’exploitation pour produire des portées de chiots avec lesquels faire du commerce sont des réalités qui sont ouvertement connues, et même l’Europe a demandé à l’Espagne d’en finir avec ces pratiques.

Lois de détention responsable qui ne s’appliquent pas

L’impunité qui existe pour les chasseurs quant à la détention responsable d’animaux est l’une des autres plaintes formulées par les refuges et les organisations animales et environnementales. Alors que tout propriétaire de chien doit légalement les faire identifier avec une puce électronique, les tenir attachés, sauf dans les zones et les horaires fixés, leur faire passer une série de contrôles vétérinaires et les faire vacciner, il ne semble pas qu’il y ait une grande pression juridique pour contrôler que ces obligations soient respectées pour les chiens utilisés pour la chasse. L’étude de la Fondation Affinity montre que 72% des chiens sauvés n’avaient pas de puce, un fait qui est corroboré par des refuges spécialisés dans le sauvetage des lévriers, comme par exemple la fondation Benjamin Mehnert à Séville .

«Nous avons tous vu des images de meutes de chiens harcelant des cerfs ou des sangliers, même dans des zones urbaines, des animaux en liberté, sans contrôle, loin de leurs propriétaires qui leur ont appris à mordre et à plaquer leur proie et dont on peut douter qu’ils sachent comment différencier un animal sauvage d’un animal domestique ou de ferme. La chasse avec des chiens est un danger pour toute personne ou animal qui se trouve dans la campagne», dénonce la Plateforme, soulignant également les accidents de la circulation qu’ils provoquent.

Impunité de la chasse pendant le Covid-19

Interrogés sur la situation de la chasse dans un contexte où les voyages et les activités de plein air ont été radicalement limités, les réponses des différents gouvernements ont été surprenantes. Bien qu’il soit toujours interdit dans des communautés comme Castilla y León de se promener, de faire de l’exercice dans la campagne ou de rendre visite à sa famille dans les zones rurales, les chasseurs peuvent continuer à chasser. Sous couvert d’une «activité essentielle», on a continué à autoriser cette pratique, à organiser des monterias (chasses en meute) ou des battues et même de passer d’une communauté à l’autre (comme par exemple de Madrid à Castilla-La Mancha).

« Leur activité n’est pas essentielle, ils essaient seulement de cacher la nécessité pour eux de continuer à maintenir leur commerce », explique Zurdo. Il faut que « les fermes de gibier vendent leurs animaux aux domaines de chasse, et les domaines de chasse ont besoin d’organiser des monterias (chasses en meute) pour facturer chaque pièce chassée. La roue du commerce de la mise à mort des animaux n’a pas été arrêtée par la pandémie ». Une activité économique exercée non seulement par la classe privilégiée qui pratique cette activité, mais aussi par tous ceux liés au secteur de la chasse : les entreprises d’armement, les grands propriétaires terriens, les propriétaires de terrains de chasse, etc. Quel argent les cyclistes rapportent-ils lorsqu’ils traversent la campagne? Que rapportent au niveau économique les coureurs, randonneurs, ceux qui promènent leurs chiens et la mycologie ? On dirait que votre liberté dépend de l’argent que vous générez », déclare le porte-parole de la NAC.

Concentrations et manifestation en ligne

Avec tous ces arguments, la plateforme appelle une fois de plus à organiser les manifestations contre la chasse, sans oublier que nous continuons à subir de plein fouet une crise sanitaire. Et de fait, la plateforme NAC explique que près de 40 manifestations avaient été confirmées jusqu’au mois dernier mais elles ont été réduites à une vingtaine en raison des nouvelles mesures de restriction et de la prudence des organisateurs. Pour cette raison, ils encouragent toute personne ou tout groupe souhaitant participer à rechercher sa ville sur la carte – dans toutes les communautés espagnoles et dans deux villes européennes: Parme en Italie et Perpignan en France – ou à se joindre à la manifestation en ligne. Dans la ville de Madrid, trois prises de parole sont prévues : au début de la manifestation, la militante de la plateforme NAC Marta González lira un poème de l’écrivaine Carmen Ibarlucea à la Puerta del Sol; devant le Congrès des députés, un texte sera lu par Rafael Doctor et Ruth Toledano, fondateurs de la plateforme d’art et d’animalisme Capital Animal; et à la fin de la manifestation, la militante Virginia Luengo lira le Manifeste de la plateforme NAC aux portes de l’hôtel de ville.

La plateforme NAC a demandé que, compte tenu des restrictions causées par Covid-19, les photos de chiens sauvés de la chasse soient publiées cette année sur les réseaux sociaux, avec les hashtags # NoALaCaza7F #ElNegocioDeLaMuerte et #StopGalgueros . »

Plus d’informations et liste des villes

(Les photos qui accompagnent cet article ont été prises par l’artiste et photographe Ruth Montiel Arias pour son projet ‘Bestiae’ sur la chasse )

https://www.eldiario.es/caballodenietzsche/diez-anos-saliendo-calle-pedir-caza_132_7186335.html