Perreras, les fourrières espagnoles

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Un chien errant dans les rues d’Espagne, dès lors qu’il est capturé, atterrira dans un centre d’hébergement pour animaux abandonnés. Il en existe deux sortes bien distinctes : les protectoras et les perreras.
Si les premières ont les mêmes desseins pour leurs protégés que les refuges animaliers français (prendre soin des chiens et des chats, tout mettre en œuvre pour leur offrir la possibilité d’être adoptés, le plus souvent grâce au dévouement de nombreux bénévoles), les dernières s’apparentent plus à des déchetteries pour animaux ou à des abattoirs, avec toute la négligence, la maltraitance et la cruauté animale qui en découlent, le tout subventionné par l’état espagnol.
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En Espagne, il existe trois sortes de fourrières: celles gérées par les municipalités, employant des ouvriers municipaux pour s’occuper des chiens et des installations, d’autres gérées par des sociétés privées et enfin, celles gérées par des associations de protection animale grâce à des bénévoles. Si celles du dernier type ont, en général, un fonctionnement différent, avec un programme d’adoption pour les chiens qui y résident, l’unique fonction des autres est de maintenir propres les rues espagnoles tout en générant du profit. C’est pourquoi le mot « perrera » fait autant froid dans le dos. Nous parlerons ici principalement des fourrières gérées par des entreprises privées ou des municipalités.
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Conditions de vie et de mort dans les perreras

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Dans ces fourrières, le bien-être du chien (ou du chat) n’est absolument pas une priorité, bien au contraire. Parmi la liste non exhaustive des actes de maltraitance repérées à grande échelle dans les perreras, on trouve :
  • des chiens entassés dans de petits boxs ou petites cages sans aucun confort: pas de coussins, ni de panier, les animaux dorment à même le sol,
  • des petits chiens vivant avec de grands chiens, des chiots avec des adultes, tous sexes confondus, ce qui entraîne de nombreuses bagarres souvent mortelles,
  • une absence totale d’hygiène: les chiens vivent dans leurs excréments, gamelles souillées, les chiens arrivant malades ou blessés, ou qui se blessent après leur arrivée, ne sont pratiquement jamais soignés. On peut même voir des blessures ou fractures ouvertes laissées sans aucun soin, et les épidémies sont courantes,
  • de même, les femelles mettent bas directement dans leur cage, à même le sol, entourées des autres chiens du paddock ; les nouveaux-nés risquant d’être mangés par les autres chiens,
  • la nourriture est non adaptée à l’âge/taille du chien, ni en quantité, ni en qualité. Il arrive même que certaines perreras ne nourrissent pas leurs pensionnaires et que les chiens n’aient pas de point d’eau à disposition,
  • maltraitance de la part du personnel d’entretien : coups, utilisation d’outils barbares tels que perches et lassos pour attraper les chiens, etc…
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On l’a compris, ici les chiens sont traités comme de vulgaires déchets par des employés pour la plupart aucunement sensibles au sort de ceux dont ils doivent s’occuper, même s’il existe bien sûr des fourrières dans lesquels travaillent (ou œuvrent bénévolement) des personnes soucieuses de leur bien-être.
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Et si le chien arrive à survivre à tout cela, s’il n’a pas été tué par ses congénères, s’il n’est pas mort de faim ou de froid, ou si la maladie ou une blessure infectée ne l’a pas emporté, il finira tout de même par être euthanasié. Le délai entre l’arrivée de l’animal dans les installations et la date de son euthanasie varie selon les fourrières mais ce laps de temps est très court : en général d’une semaine à un mois.
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Là encore, les méthodes de sacrifice utilisées sont particulièrement cruelles. Tout fonctionne à l’économie, il s’agit de tuer le plus grand nombre pour un minimum d’argent, peu importe si l’animal souffre. C’est l’injection de produits létaux qui est généralement choisie. Mais souvent, toujours par souci de profits, on utilise des produits inadaptés (médicaments détournés de leur usage, voire produits de nettoyage!), sans anesthésie préalable ou en quantité insuffisante ce qui provoque des agonies longues, conscientes et douloureuses. Alors que ces pratiques devraient être réalisées par un vétérinaire, il a été observé dans différentes perreras que ces actes étaient faits par de simples ouvriers. A la perrera de Palencia, le scandale avait révélé que des chiens étaient transfusés à mort afin d’alimenter en sang des cliniques vétérinaires.
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Certaines perreras n’ont même pas besoin d’euthanasier les chiens : il suffit de ne pas les nourrir, de les laisser s’entre-tuer, ainsi on ne dépense rien ni pour leur alimentation ni pour leur sacrifice. Autrement dit: « le beurre et l’argent du beurre ». Dans tous les cas, les conditions de vie y sont tellement difficiles que le taux de mortalité dans une fourrière est toujours élevé.

Des lieux secrets et opaques

La seule chance pour un chien de sortir vivant de cet enfer est d’être adopté. Malheureusement, rares sont les perreras avec un programme d’adoption en bonne et due forme (seules les fourrières gérées par des protecteurs d’animaux leur offrent cette chance, et encore…). Ainsi des associations et des bénévoles indépendants s’acharnent à entrer dans ces mouroirs pour photographier les chiens afin de les proposer à l’adoption sur leurs sites internet. Leur tâche n’est pas simple puisqu’il est compliqué, impossible dans certains cas, de sortir les chiens des cages pour vérifier leur comportement, ou de les tester avec des chats par exemple. Certaines perreras leur interdisent les photos ou euthanasient des chiens déjà réservés. C’est un travail de fourmi et il faut saluer le courage des ces bénévoles de l’urgence.
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De nombreuses perreras sont, elles, totalement fermées au public et aux associations. Mais même dans celles qui entrouvrent timidement leurs portes à ces bénévoles, le manque de transparence est monnaie courante. Et si ces bénévoles sont un peu trop intrusifs ou dénoncent les mauvais traitements subis par les animaux, ils se voient menacés de ne plus pouvoir accéder aux installations. D’où l’ignoble dilemme dont sont victimes les associations: faut-il révéler au grand jour certaines images et agissements, au risque que les chiens n’aient plus aucune chance d’échapper à la mort?
Une autre partie du problème est que n’importe qui peut se présenter à la perrera et choisir un chien. Personne ne vérifie si l’ « adoptant » convient au chien ni comment il compte utiliser son animal. Ainsi de nombreux galgueros (chasseurs avec lévriers) viennent se servir dans les fourrières, moyennant un tarif plus que raisonnable. En effet, le prix d’un chien en perrera varie selon les fourrières (en moyenne 30€). Même une personne souhaitant des chiens pour les utiliser dans les combats peut aller faire son marché dans ces établissements.
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Rappelons que lorsque c’est une association qui vient sortir un chien, certes le prix de la «sortie» n’est pas élevé, mais il faut lui ajouter celui du protocole vétérinaire : stérilisation, vaccins, tests aux maladies méditerranéennes et soins qui n’ont pas été apportés lors du séjour du chien dans la fourrière.
Aussi, nombreuses aussi sont les fourrières qui ne prennent pas soin de vérifier si les animaux qui entrent sont identifiés. Ainsi des chiens appartenant à des maîtres sont euthanasiés. Des touristes italiens avaient eu l’horrible surprise de retrouver leurs trois chiens sacrifiés alors qu’ils les avaient déposés quelques jours plus tôt à la perrera de Puerto Real qui proposait un service de pension canine.
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Magouilles et impunité

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Si les protectoras ne touchent aucune subvention, les perreras sont, elles, soutenues par l’argent public espagnol. Les fourrières dépendent d’une ou plusieurs municipalités, et sont liées avec elles par contrat afin de veiller à la salubrité publique et nettoyer les rues des communes de ses chiens et chats errants. Pour effectuer ces tâches, les municipalités leur versent des subsides pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’euros par an pour les plus grandes perreras. Gérées comme des entreprises, on l’a vu précédemment, le but est de faire des bénéfices, au même titre que n’importe quelle entreprise de collecte d’ordures, et au mépris des règles élémentaires de bien-être animal. Tout cela représente un marché très juteux et les places de gérants de fourrière sont chères. On dit d’ailleurs que ces gérants sont placés là par les politiques eux-mêmes, et on comprend mieux pourquoi, lorsque des animalistes tentent des recours en justice, les institutions gardent les yeux clos. L’impunité règne, les intimidations sont monnaie courante, c’est l’éternelle bataille du pot de terre contre le pot de fer.
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On ne connaît pas le nombre de perreras dans le pays, elles n’ont jamais été recensées officiellement, certaines sont même illégales (comme celle de Calafell-Catalogne qui ne détient aucune autorisation mais qui continue d’exister). Il n’y a de ce fait aucun chiffre officiel sur le nombre d’animaux sacrifiés chaque année dans cette industrie de l’euthanasie mais les associations et certains médias parlent de 300.000 animaux tués dans ces structures annuellement.

Quelques perreras tristement célèbres

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Charnier à Puerto Real
Parmi les milliers de fourrières que comptent l’Espagne, en voici quelques unes qui ont défrayé la chronique et dont les agissements ont été révélés au grand jour. La première perrera à avoir été poursuivie pénalement est celle de Puerto Real, à Cadix en Andalousie. En 2007, des animalistes et des journalistes révèlent que les animaux y sont euthanasiés au Mioflex, un paralysant musculaire utilisé en médecine pendant les examens avec tubage de la gorge afin d’empêcher les réflexes de déglutition. Utilisé ici sans anesthésiant ni sédation, il provoquait une mort lente et douloureuse par asphyxie. Cette année-là, ce sont 566 chiens et chats qui ont été tués de la sorte.
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70% des animaux sortis et pris en charge par les associations n’ont pas survécu malgré les soins, ce qui en dit long sur les conditions de vie, négligence et maltraitance qu’ils ont subies, alors que cette perrera touchait 250.000 € par an de subventions.
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Un collectif s’est créé pour lutter contre la réouverture de la perrera. Une enquête judiciaire a été ouverte, s’en sont suivies des années de procédure rocambolesque : en 2009, la directrice et le gérant furent disculpés alors qu’ils ne pouvaient ignorer les faits; la responsabilité est retombée sur les deux vétérinaires qui ont été condamnés pour défaut de soins sur les animaux. Des pressions sur la juge en charge de l’affaire ont été révélées par le parti écologiste espagnol, car voilà, le gérant placé à la tête de cette perrera (ainsi que celle de Los Barrios) par des politiques était tout à fait intouchable. L’affaire est toujours en cours.

De mai à juin 2010, la FEPAEX (Federacion de protectoras de animales de extremadura) mène une enquête minutieuse au sein de la Perrera Olivenza de Badajoz, en Estrémadure, afin de collecter des preuves recevables devant la justice. (lire les dossiers intégraux : http://fepaex.org/campanas/perrera-olivenza.html)
Ici, même les chiens qui arrivent en bon état dépérissent à vitesse grand V. Les conditions de vie sont scandaleuses, les conditions de mort aussi : piqûre dans le cœur déclenchant un infarctus mais qui, administré sans anesthésie et en dosage à l’économie provoque une agonie longue et atroce.
Encore à l’heure actuelle, selon l’association SOS Perrera Badajoz, qui sauve des chiens d’Olivenza depuis des années : « Les chiens de la perrera sont mal entretenus, sans soins vétérinaires et vivent dans des conditions de salubrité et d’hygiène abominables. Ils souffrent d’infections, sont couverts de parasites, sans zone de quarantaine pour éviter les contagions ou protéger les chiots. Les mâles et les femelles sont mélangés sans alimentation adéquate et trop peu ou mal alimentés. Les chiens sont stressés, frappés, leur état de santé n’est pas pris en compte et certains meurent faute de soins. »
« Dans une installation publique, comme la perrera de Badajoz, les chiens disparaissent «mystérieusement» dans de trop nombreuses occasions : des galgos, des podencos, des chiens de chasses, certains chiens potentiellement dangereux, des chiots, etc. sans qu’ aucun travailleur ne puisse donner une explication sur ce qui a pu se passer. »

En 2010, 90% des chiens étaient euthanasiés. Ce chiffre est passé à 2% en 2013 grâce au travail remarquable de SOS Perrera Badajoz! Mais une fois de plus, les gérants empochent l’argent, sans améliorer ni les locaux ni les soins apportés aux animaux. C’est l’association qui continue de prendre en charge les frais vétérinaires, qui vient nourrir les chiens et même nettoyer les installations, uniquement grâce aux dons des adhérents .

Non seulement les gérants de la perrera sont protégés, mais on leur fait même le cadeau de faire fermer, en 2008 et sur décision du maire, le seul (vrai) refuge de protection animale de la même ville, ainsi plus de « concurrence » !
Les animalistes attendent avec impatience le terme du contrat, en 2016, qui lie la municipalité et les gestionnaires actuels de la perrera et espèrent que les rênes de la fourrière seront confiées à de vrais protecteurs d’animaux. Article sur le rapport de la fepaex : http://agir-pour-les-galgos.over-blog.com/article-la-perrera-de-olivenza-enquete-de-la-fepaex-58034862.html

Et il y a eu la perrera de Mairena de Séville qui est encore dans toutes les mémoires puisqu’on a beaucoup entendu parler d’elle au moment de sa fermeture très médiatisée, en janvier 2014.
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A Mairena, 250 chiens arrivaient chaque mois, 30 d’entre eux étaient euthanasiés chaque jour, par injection d’Anectine (un curare) administré sans anesthésiant. Là, on sacrifiait à une cadence quasi industrielle, la fourrière était dotée de son propre four crématoire… Mairena était pourtant gérée par une association de protection animale (la SPAP de Sevilla), qui recevait donc, en plus des subventions démesurées, des dons et legs de particuliers ignorant la vérité.

Cela faisait une dizaine d’années que les protecteurs d’animaux tentaient d’alerter la justice et les pouvoirs publics sur l’horreur quotidienne vécue par les animaux entre ces murs. En vain, puisqu’ apparemment, le dirigeant et président, vétérinaire de son métier, étaient bien protégés. L’impunité donc, jusqu’à ce que deux adhérents filment, le 25 décembre 2013, en caméra cachée, l’intérieur des locaux et diffusent sur internet ces images insoutenables révélant au monde entier l’horreur des perreras espagnoles :

On y voit des chiens pataugeant littéralement dans leurs excréments, des cadavres côtoyant des femelles gestantes ou allaitantes, des chiots à peine nés tétant leur mère allongés dans la fange, des chiens de toutes tailles et de différents sexes dans les mêmes boxs, diarrhéiques, arborant des blessures ouvertes, aucune gamelle d’eau ni de nourriture…

Les images font le tour du monde, une pétition récolte 30.000 signatures en seulement 24h. La magie des réseaux sociaux opère et ce que des personnes haut placées ont tenté de cacher pendant des années est enfin vu et su par tous. Les médias relaient l’info, des manifestants se rassemblent devant la fourrière et exigent la libération des animaux. Les dirigeants se retranchent à l’intérieur, le siège durera toute la nuit. Des manifestants sautent les hauts murs et arrivent à secourir quelques chiens, comme on le voit sur ces images hallucinantes:


La perrera de Mairena fermera finalement ses portes mais son gérant ne sera ni inquiété ni condamné pour la dizaine d’années d’horreur qu’ont vécu les chiens sous sa responsabilité. La seule forme d’irrégularité, selon la justice espagnole, qu’on peut imputer à cette fourrière est le manque de station d’épuration des eaux usées…

De L’espoir?

Il arrive (très très rarement) que la justice prenne les choses en mains. Ce fut le cas l’an dernier lorsque la directrice de la perrera Parque Animal de Torremolinos, Carmen Marin, a été inculpée pour l’euthanasie illégale de 2 865 chiens et chats en l’espace de deux ans et pour la falsification de documents afin de toucher les subventions de la municipalité (http://www.schnauzi.com/presidenta-…)
Même s’il existe des perreras dignes et exemplaires, il serait une erreur de croire que Mairena et autres Puerto Real sont des exceptions. Il existe des milliers de fourrières en Espagne, beaucoup sont des mouroirs notoires, et même si d’autres se font discrètes, personne n’est dupe sur ce qu’il se passe derrière leurs murs. A la perrera de Linares, les chats sont « euthanasiés » à coups de bâton, les chiens sont nourris une fois par semaine…. A la perrera de Martos-Jaen (fermée depuis), les cages des chiens sont si petites que les plus grands ne peuvent pas tenir debout ni se retourner…. Dans celle de XXX, on euthanasie les chiens en leur injectant du détergent, dans une autre les chiens ne sont nourris que de pain dur….. Chaque bénévole a des histoires atroces à raconter sur la perrera du coin, alors quand ils ont un peu d’argent et de place au refuge ou en famille d’accueil, ils vont chercher un chien pour le sauver de la fourrière.
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Parfois, une fourrière ferme et le maire, désireux de redorer la réputation de sa commune, remet les clés de la perrera à une association de protection animale, une vraie. Mais souvent, crise oblige, il n’oublie pas de revoir les subsides à la baisse. Comment s’en sortir alors lorsqu’on veut faire les choses bien : offrir à chaque chien un suivi vétérinaire, de la nourriture adapté et qu’on essaie d’euthanasier le moins possible ?
Après cette plongée dans l’horreur des perreras, il est important de finir sur une note d’espoir. Car oui, de l’espoir il y en a avec cette conscience collective qui se dresse en Espagne face à la manière dont sont traités les animaux. Que ce soit contre la tauromachie, contre la chasse ou pour une meilleure reconnaissance des animaux de compagnie, partout dans le pays, on entend des voix s’élever. Des voix citoyennes et populaires, mais aussi le bruit des médias qui de plus en plus, dénoncent les actes de maltraitance et les scandales dont sont victimes les animaux. L’Espagne est même dotée d’un parti politique pour les animaux : le PACMA ! Peut-on en dire autant en France ? Et n’oublions pas que c’est la voix du peuple qui a libéré les chiens de Mairena : dénonçons, informons, signons des pétitions. Ensemble, nous sommes capables d’accomplir de grandes choses.
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Concernant les perreras aussi, des initiatives naissent un peu partout en Espagne, comme à Madrid où l’euthanasie est désormais interdite dans toute la région: (https://actioninvisible.wordpress.com/2015/12/07/les-animalistes-denoncent-le-manque-de-fonds-pour-la-loi-sacrificio-cero-zero-euthanasie/
Mais soyons réalistes, avant que plus aucun chien ou chat ne meure dans ces sordides fourrières espagnole, il faudra d’abord travailler sur la sensibilisation du public contre les abandons et une vraie politique de contrôle des naissances.
Perrine // Action Invisible
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