Nous voulons dire au revoir à ERA comme elle le mérite // Refuge Huellas de Puertollano

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Karen Présidente de Huellas et volontaire était avec elle jusqu’au bout et a voulu lui dédier ces mots.

C’était un jour de printemps. C’était un jour ensoleillé et chaud et cela ressemblait à un après-midi tranquille au refuge mais ça ne l’était pas. C’était un après-midi qui nous marquera, nous, les bénévoles.
Une chienne sans envie de bouger ni de se battre ni de vivre arrive au refuge et qu’on apporte en courant chez le vétérinaire.
C’était une vie de souffrance. C’était une vie sans nourriture.
C’était une vie sans caresses… c’est ainsi que nous est arrivée ERA.

Et même si ce ne sont que quelques heures qu’ERA a passées avec nous, ERA a laissé à jamais son empreinte. Nous avons ressenti une peine incroyable de voir comme une vie si courte pouvait se terminer ainsi. Sans avoir connu la joie ; sans avoir connu un vrai foyer ; sans avoir eu la possibilité de courir et de profiter des choses simples et authentiques qu’aiment les chiens et qui nous coûtent si peu.

Dans la voiture vers le vétérinaire ça se voyait qu’elle allait s’éteindre peu à peu mais ce qui nous a frappé, c’est qu’elle n’avait pas envie de lutter – mais ce que l’on a compris après c’est qu’elle n’avait plus de forces pour se battre !

Nous ne savons pas ce qui a pu passer – nous ne pouvons imaginer si elle a été heurtée par une voiture, si elle est tombée d’un mur ou d’un toit en essayant d’échapper de l’endoit où était sa maison, s’ils lui avaient planté exprès quelque chose de pointu dans le corps ou si ERA se l’ai planté en essayant de s’échapper du calvaire que fut sa vie parce que cet état de maigreur extrême parle d’interminables heures de souffrance.

ERA je te demande de me donner tes forces pour continuer et que tu sois toujours à mes côtés.

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« Ayuda Animal » ferme son refuge à Valdepenas // Jaraiz.net // 14.03.17

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// Le dimanche 12 mars a été une journée dure pour les bénévoles qui se sont occupées pendant des années du refuge d’animaux abandonnés ‘Ayuda Animal’, situé à la sortie de Valdepenas sur la route de Ciudad Real.

L’organisation de ce dernier canicross mettait un point final au travail de cette association qui fermera définitivement le refuge lorsque le dernier occupant, le podenco Choco, aura trouvé sa famille pour la vie.

Ce dimanche, c’était donc le 3ème Canicross Solidaire organisé par l’association de sauvetage et de récupération d’animaux ‘Ayuda Animal’ qui a attiré pas moins de 50 participants, adultes et enfants.

L’évènement, destiné à récolter des fonds pour aider les animaux abandonnés, s’articulait autour de deux courses : une pour les adultes et l’autre pour les enfants, suivi de la cérémonie de remise de prix, d’un tirage au sort pour divers prix et d’une paëlla dont les bénéfices allaient également à la même cause.

Le refuge est ouvert depuis huit années. ‘Ayuda Animal’ l’a géré les quatre dernières années et a permis l’accueil et géré l’adoption de 103 chiens au total, en majorité des chiens utilisés pour la chasse.

Le refuge a été soutenu uniquement grâce à des dons de particuliers et d’associations espagnoles ou étrangères (principalement en France et en Hollande), sans jamais recevoir aucune aide publique quelle qu’elle soit. En plus du sauvetage des chiens errants, l’association s’occupe au quotidien des soins vétérinaires, de l’alimentation et du nettoyage du refuge et gère également les adoptions.

Le manque de moyens, tant au niveau économique qu’au niveau du nombre de bénévoles, a conduit à la fermeture de ce refuge. « Une décision très difficile et réfléchie », explique Pilar Pinès, l’une des responsables du refuge. //

Photo : les volontaires du refuge de Ayuda Animal avec certains des chiens (dont Lolo) qu’elles ont aidé, à l’arrivée du canicross de dimanche dernier.

Soutenez Action Invisible et les refuges espagnols pour 1€ par mois // Teaming.net

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Soutenir refuges et associations avec 1€ par mois, c’est le principe de Teaming.net, site internet de micro-donations, qui prouve que les petits gestes changent le monde et le rendent meilleur.

Il suffit de vous inscrire sur le groupe de l’asso ou refuge que vous souhaitez soutenir (vous pouvez bien sûr en soutenir plusieurs). Chaque mois, Teaming prélèvera 1€ par groupe soutenu qui sera entièrement reversé à ceux que vous voulez aider.

L’inscription est rapide, facile et totalement sécurisée. En haut à droite de la page d’accueil, vous pouvez choisir votre langue.

L’idée est bien sûr de pouvoir participer à hauteur de ses moyens, même pour ceux qui n’en ont pas beaucoup et de former une grand et puissante chaîne de solidarité.

Marche à suivre:

1 – Rendez-vous sur le site: https://www.teaming.net/?lang=fr_FR

2 – Créer votre compte en cliquant sur « Enregistrez-vous » (en haut à droite de la page d’accueil). Vous devenez alors un « teamer ».

3 – Une fois votre compte créé, rejoignez les groupes d’assos que vous désirez soutenir (voir ci-dessous la liste des refuges et assos partenaires d’Action Invisible) en cliquant directement sur les liens listés en bas de cet article, ou en utilisant l’outil de recherche du site.

4 – Cliquez sur « rejoignez ce groupe », puis laissez-vous guider pour accédez au paiement. Vous pourrez ensuite rejoindre de la même façon autant de groupes que vous souhaitez, vous n’aurez plus à renseigner vos coordonnées bancaires.

5 – Faites ensuite la promotion de vos groupes car c’est le nombre de participants qui fait la différence!

Voici les associations et refuges espagnols dont Action Invisible est le dévoué partenaire, je vous invite bien entendu à les rejoindre:

* Action Invisible: https://www.teaming.net/actioninvisible?lang=fr_FR

* Camino a Casa: www.teaming.net/caminoacasa

* Carea Protectora (le refuge de Manzanares): www.teaming.net/careaprotectora-grupo-DblQVF40xf

* Dame tu Pata, l’association fondée par la jeune bénévole Alba pour pouvoir prendre en charge la petite Huesos et d’autres: www.teaming.net/dametupata

* Huellas Puertollano: www.teaming.net/huellaspuertollano

* Protectora de animales de Malagon: www.teaming.net/protectoradeanimalesdemalagon

* Protectora de Villena: www.teaming.net/protectoradevillena

* SOS Animales Sagunto: www.teaming.net/sosanimalessagunto

Muchas gracias à todos!

Projet Tierra Perra: une aire d’épanouissement pour le refuge de Sagunto

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Sos Animales à Sagunto est un refuge pas comme les autres. Carmen, sa fondatrice, veille comme une mère, nuit et jour, sur ses 120 chiens. Sagunto n’est pas un refuge, c’est un sanctuaire, le Palais de la récupération et de la débrouille où tout est mis en œuvre pour assurer un maximum de bien-être à ses pensionnaires poilus. Pas facile quand on manque cruellement de tout. En effet, ce refuge aussi dynamique et ingénieux soit-il, est très peu aidé. Outre une antenne en Belgique emmenée par Katrien, une amie de longue date de Carmen, Sagunto ne reçoit que peu d’aide. Les adoptions y sont donc rares, et les chiens restent souvent au refuge de nombreuses années.

Action Invisible a décidé de lancer cette campagne afin d’exaucer le rêve de Carmen : offrir à ses enfants canins un espace d’épanouissement, une aire de jeu et de travail où ils pourront s’amuser, se défouler – physiquement et mentalement – et apprendre. Nous avons décidé d’appeler ce futur lieu Tierra Perra : un espace où des éducateurs canins bénévoles pourront faire travailler les chiens grâce à des parcours d’agility (un chien équilibré et un minimum éduqué est plus facile à adopter). Aussi, plutôt que de choisir un chien derrière des barreaux, les adoptants pourront le voir évoluer dans un environnement positif. Et pour les loulous qui ne quitteront jamais le refuge, ce terrain d’épanouissement sera une autre façon d’échapper au quotidien et de s’épanouir.

Concrètement, nous avons besoin de réunir environ 1000€ pour que ce rêve devienne réalité. Le terrain, situé à l’écart du refuge pour assurer un minimum de calme aux chiens qui l’utiliseront, est déjà choisit, mais tout reste à faire (voir photo).

Nous avons besoin de :

– terrasser le sol (négocié 150€ par Carmen)
– clôturer le terrain (devis: 468,86 €)
– des toiles tendues pour apporter de l’ombre
– un abreuvoir agricole pour bovins qui servira de piscine
– une cabane de rangement pour entreposer le matériel

Nous comptons sur la récup’ et le système D pour équiper le parcours d’agility. Les pompiers de Sagunto ont promis de venir prêter mains fortes.

Si vous souhaitez améliorer les conditions de vie des 120 chiens de Carmen, vous pouvez faire un don :

Nous souhaitons bonne chance à ce fabuleux projet et remercions d’avance toutes les personnes qui aideront à sa réalisation.

Contact : perrinemallet46@gmail.com

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Novembre 2017 // Le projet TIERRA PERRA avance ! //

 
Lors de notre récent passage au refuge de Sagunto, nous avons joué aux inspectrices des travaux (presque) finis, et l’on peut dire que nous sommes particulièrement fières du travail effectué par les bénévoles, aidés par les pompiers de la ville.
 
L’aire d’épanouissement, financée grâce à votre générosité, est presque terminée. Le terrassement et la clôture en bois sont achevés. Dès la livraison (prochaine) du portail, Tierra Perra pourra dors et déjà servir comme terrain de travail pour les bénévoles-éducateurs canins et les chiens les plus « difficiles ».
 
L’enceinte de palissades sera rehaussée de grillage pour que les chiens vivant dans les plus petits enclos ou en isolement puissent s’y détendre sans être constamment sous la surveillance des bénévoles, en toute sécurité.
 
Les bénévoles disposent d’une immense bâche qui sera installée en guise de toit afin d’abriter du soleil et de la pluie, ainsi Tierra Perra pour être utilisée par tous les temps. Ils ont également déjà tout le matériel nécessaire aux séances d’éducation canine.
 
Enfin, notez que les bénévoles ont pensé à tout puisqu’ils ont fabriqué une table et un banc juste à côté de Tierra Perra pour que Carmen, la fondatrice du refuge qui vit sur place, puisse apprécier la magnifique vue tout en restant près de ses protégés (et surveiller ses bénévoles au passage, hihihi).
 
Un très beau projet qui améliorera d’ici peu les conditions de vie des chiens de ce refuge hors du commun.
 
Merci à tous ceux qui y ont participé !

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L’horreur est quotidienne à Puertollano

Alors que ce refuge de plus de 300 chiens est plein à craquer, notre refuge-partenaire doit faire face à de nombreux et récurrents actes de cruauté.

Dernièrement, c’est un chiot de quatre mois nommé PITI qui a été découvert par une famille; il vivait dans le canapé jeté aux ordures que vous voyez sur la photo. En entendant la voix des gens, PITI est sorti de sa cachette, cherchant désespérément de l’aide. Ils ont découvert alors un petit chien sans défense, seul au monde, sa peau plein de croûtes, de blessures et de pellicules, atteint d’une démodécie sévère. Le refuge l’a bien sûr pris en charge et cherche actuellement une famille d’accueil pour lui éviter, à son âge, d’aller au refuge.

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Hier, alertés par un habitant de la ville, les bénévoles ont secouru une chienne nommée DANKA, qui avait été jetée dans un ancien réservoir d’eau, à 6 mètres de profondeur. Le promeneur a entendu les pleurs de l’animal, et les bénévoles ont découvert au fond du trou rempli d’ordures une jeune chienne d’une extrême maigreur, avec une peur terrible. Sans leur intervention, elle était vouée à une mort certaine, prise au piège de ce trou mortel.

Voici un petit aperçu du quotidien des bénévoles du refuge de Puertollano, une ville particulièrement cruelle envers les animaux. Comment font-ils pour tenir le coup? Que pouvons-nous faire pour les aider, nous qui sommes si loin?

Ce refuge a besoin de nous.

Vous pouvez les parrainer:

  • en nous adressant un don que nous leur transmettrons: perrinemallet46@gmail.com
  • en leur faisant un don directement: vous trouverez leurs coordonnées bancaires et lien Paypal sur leur site internet http://www.huellaspuertollano.es/
  • en soutenant leur groupe Teaming qui consiste à donner un euro par mois: https://www.teaming.net/huellaspuertollano

Merci pour eux.

 

 

 

 

HUELLAS, le refuge tourné vers l’avenir

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L’histoire de l’association « HUELLAS pour les animaux » commence en février 2011 lorsqu’une poignée d’idéalistes dépose un dossier à la Mairie pour reprendre la direction de la fourrière municipale. En effet, cette perrera avait été dirigée pendant près de vingt ans par une personne aux pratiques plus que douteuses et tout le monde avait entendu d’horribles histoires sur ce qu’il se passait derrière les murs de l’édifice : actes de maltraitance, tortures, chiens non nourris, euthanasiés avec des produits de nettoyage, etc.

Animés par un désir de changement, ces bénévoles se doutaient-ils dans quoi ils s’engageaient alors que la Mairie leur remettait (à leur grand étonnement!) les clés des installations qui sont devenues leur refuge ?

2Le Patio Central

 

  • Rôle et politique

Le refuge accueille uniquement des chiens, même si parfois il recueille également des chats qui sont placés en famille d’accueil, faute d’installations prévues pour eux. Liée par un contrat avec la Mairie, l’association n’a le droit d’accueillir que des chiens trouvés errants sur le territoire de la commune. La politique est claire : aucune euthanasie, sauf en cas de nécessité médicale. Dans cette région rurale d’Espagne particulièrement dure envers les animaux (la Castille-La-Manche), le nombre de chiens errants est très élevé et les entrées sont quotidiennes, au contraire des adoptions. Ce sont donc en moyenne 300 chiens qui vivent dans ce refuge surpeuplé, parmi lesquels environ 25 Galgos, 40 Podencos et beaucoup de Mâtins espagnols.

3Karen dans le bureau. Derrière, ce tableau est la pierre angulaire de l’organisation du refuge

 

  • Installations et fonctionnement

Depuis la reprise du refuge, l’équipe bénévole de Huellas a drastiquement amélioré les installations : les pièces ont été carrelées, la superficie des parties cimentées avec les boxs (appelées « Patio Central » et « Patio Europa ») a été doublée, une grande zone a été clôturée à l’avant du refuge (appelée « Le Bronx »), l’eau et l’électricité ont été installées partout. De vieilles poubelles ont été récupérées pour les transformer en niches. Ces améliorations ont été possibles grâce au soutien international et aux collectes de fonds effectuées lors d’événements locaux.

En dehors de cela, le revenu de l’association provient d’une subvention de la Mairie, qui couvre à peine les frais de nourriture (et qui est payée des mois en retard) ainsi que l’adhésion des membres de l’association. Chaque chien bénéficiant d’un suivi vétérinaire si nécessaire, on peut imaginer l’énorme budget de fonctionnement.

A présent, le refuge a atteint sa capacité maximale de chiens : les box individuels abritent cinq petits chiens ou trois chiens de taille moyenne. Abriter davantage de chiens risquerait de fragiliser encore plus l’équilibre de la répartition des meutes dans le refuge, ce qui aboutirait à plus d’attaques entre congénères, et plus de chiens contraints de vivre à l’isolement.

4Le Bronx

 

  • Equipe bénévole

L’équipe de Huellas, entièrement bénévole est emmenée par Karen, la présidente fondatrice. Britannique originaire de l’île de Wight, Karen a également fondé sa propre école d’anglais et partage sa vie entre le refuge et son métier d’enseignante, comme beaucoup d’autres membres.

Le problème majeur de ce refuge est le manque cruel de bénévoles. L’association compte seulement une quinzaine de membres actifs pour gérer entièrement le refuge et accomplir toutes les tâches que nécessite la gestion de 300 chiens. Sachant qu’il faut au moins quatre personnes le matin et deux l’après-midi, il est évident que Huellas a un besoin urgent (et croissant) de bénévoles actifs. Malheureusement, l’association ne possède pas un budget suffisant pour embaucher un employé, ce qui aurait permis d’alléger la masse de travail de ces courageux bénévoles.

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  • Quotidien et actions du refuge

Une matinée typique commence à 8h par le nettoyage des patios et des boxs ; puis les boxs sont ouverts pour que les chiens qui peuvent être ensemble se défoulent et se dégourdissent les pattes ; les parties non cimentées sont nettoyées, les seaux et les gamelles d’eau changés. Les chiens malades reçoivent leur traitement et on vérifie aussi les oreilles, on met des gouttes dans les yeux et on retire les asticots des blessures.

Il faut surveiller si les chiennes entrent en chaleur ou si un chien est malmené par ses congénères. Parfois il y a des attaques. Dans ces cas-là, on doit changer le chien de zone et c’est là que la logistique se complique. Des chiens sont placés dans le bureau, dans les toilettes ou dans un couloir parce qu’il n’y a plus de place ailleurs pour eux.

A midi, les chiens reçoivent une collation avec du pain dur.

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Les après-midi sont occupés par le nourrissage des chiens ; il faut s’assurer que tous reçoivent assez à manger sans trop de bagarres ; puis il faut encore nettoyer et redistribuer les médicaments qui doivent être pris toutes les 12h. Les chiens qui peuvent être ensemble sans se battre ressortent pour une nouvelle récréation puis sont rentrés pour la nuit.

La journée se termine pour les bénévoles vers 20h l’hiver et à la tombée de la nuit l’été.

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Quand un nouveau chien arrive, on vérifie s’il est identifié (ce qui n’est généralement pas le cas), il est vermifugé, débarrassé de ses puces et tiques, puis on vérifie s’il est en bonne santé avant de le placer en box individuel pour la quarantaine (10 à 14 jours). S’il paraît malade ou blessé, il est emmené directement chez le vétérinaire.

En plus de cela, il faut s’occuper des personnes à l’accueil qui apportent des chiens abandonnés, aller chercher en voiture les chiens et chats errants signalés par la police ou par les citoyens, conduire les chiens chez le vétérinaire, gérer les adoptions nationales et internationales ainsi que les familles d’accueil, prendre en photos les chiens et les chats, mettre à jour le site internet et la page facebook, répondre au téléphone qui n’arrête pas de sonner !

Voici une vidéo réalisée par l’équipe pour recruter des bénévoles et qui donne un bel aperçu de leur travail quotidien: https://www.youtube.com/watch?v=R7WFveNxtks

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L’association travaille dur pour recruter de nouveaux bénévoles, trouver de nouvelles familles d’accueil et récolter de l’argent afin d’améliorer les conditions de vie des chiens du refuge.

Simultanément, et c’est ce qui me touche le plus avec ce refuge, c’est que cette équipe bénévole met un point d’honneur à regarder vers le futur et n’oublie pas que c’est à travers l’éducation des enfants que nous pouvons provoquer un réel changement dans les attitudes et les comportements envers les animaux. Est-ce parce que plusieurs de ses membres sont enseignants que cette équipe s’évertue à visiter les écoles primaires et secondaires, ou à accueillir au refuge des groupes de jeunres comme les Scouts? Ils animent également une émission de radio appelée Animaladas, coordonnent des réunions d’information avec les forces de police locales, récoltent de l’argent à travers leur club d’artisanat, organisent des concerts tous les mois, ainsi que des forums de sensibilisation (stérilisation, abandon, maltraitance, etc).

L’association travaille en étroite collaboration avec la Police locale (qu’il faut former et sensibiliser) : elle rapporte, et parfois intervient, dans des cas de maltraitance, d’abandon, de défaut d’identification, etc. Et récemment, elle a présenté à la Mairie un projet pour contrôler les colonies de chats errants de la ville grâce à un programme de capture/stérilisation/relâche.

Pas mal pour une quinzaine de membres actifs (qui forcent l’admiration!)

9Miguel et Patricia, deux bénévoles très investis

 

    • Podencos, Galgos et Mâtins

Comme il a été dit plus haut, les adoptions locales sont loin d’être suffisantes pour désengorger le refuge et donner à chaque pensionnaire sa chance de vivre une parfaite vie de chien.

De plus, il y a des races qui sont particulièrement boudées par les adoptants espagnols, et pour cela, Huellas compte sur les associations étrangères pour faire adopter ceux dont personne (ou presque) ne veut en Espagne. Vous l’aurez compris, je veux parler des Galgos, Podencos et Mâtins espagnols.

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Depuis trois ans que je visite et collabore avec ce refuge, j’ai pu constater une certaine évolution positive pour les Galgos. Ces lévriers, désormais assez connus du public européen, se voient adoptés de plus en plus rapidement. Il est rare de revoir un Galgo d’une année sur l’autre, lors de mes visites annuelles en janvier et il faut saluer pour cela le travail exemplaire des associations italienne, hollandaise et française qui collaborent avec Huellas.

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Malheureusement, il n’en va pas de même pour les croisés Galgos… Je ne citerai que quelques exemples parmi tant d’autres : Gamita et Mora, deux croisées Galgos, qui voient les années défiler sans la moindre demande d’adoption.

Parce que les Galgos font souvent l’objet d’un trafic, et afin d’éviter les vols, ces Lévriers ne vivent pas au refuge et sont placés dans un endroit tenu secret, qui a été construit par une association hollandaise. Afin de respecter cette discrétion, je ne publierai pas de photos de Galgos dans cet article.

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Le cas des Podencos est plus problématique car ces lévriers primitifs sont présents en très grand nombre dans ce refuge et la plupart sont des Invisibles. Il est aussi difficile qu’incompréhensible de revoir chaque année les mêmes visages, et de savoir que les nouveaux arrivants, Podencos ou croisés Podencos, resteront en moyenne plusieurs années avant d’être adoptés (alors qu’un Galgo y séjournera moins d’un an).

Si de plus en plus d’espagnols sont sensibilisés à la cause des Galgos, les adoptions locales de Podencos demeurent rarissimes.

Il y a tellement d’individus Podencos attachants dans ce refuge qu’il est difficile de n’en mentionner qu’un ou deux. Mais j’aimerais attirer votre attention sur Quijotte et Majuelo, deux Invisibles qui étaient déjà là du temps de l’ancienne perrera.

13Majuelo et Quijotte

Et que dire des Mâtins espagnols ? Beaucoup de ces gentils géants ne sortiront jamais du refuge. En effet, ces chiens sont aussi maltraités en Espagne et abandonnés en grand nombre, mais également totalement boudés par les adoptants locaux. Qui voudrait s’embêter avec des chiens aussi grands ?

Leur cause est également moins connue en Europe et rares sont les associations spécialisées dans leur défense, même si de plus en plus se lancent dans les adoptions de Mâtins. Dans leur pays, ils n’ont quasi aucune chance de trouver une famille et il est nécessaire de faire connaître leur calvaire.

Parmi eux, Matias et Cordel, deux compères arrivés ensemble au refuge il y a des années.

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  • Comment les aider ?

Le problème numéro 1 de Huellas est l’absence cruelle de bras, de main d’œuvre, pour gérer le quotidien de l’association et de s’occuper des 300 pensionnaires du refuge. L’idéal pour sortir de cette situation serait de pouvoir employer une personne à plein temps qui réaliserait une bonne partie des tâches de nourrissage des chiens et de nettoyage des installations. Malheureusement, la Mairie, faute de budget, a récemment rejeté la demande d’aide à l’emploi que proposait l’équipe de Huellas.

Si vous souhaitez partir faire du bénévolat pour quelques semaine dans ce refuge, Action Invisible vous offre l’hébergement sur place et vous guide dans vos démarches. Plus d’infos ici.

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Une autre menace plane sur l’avenir du refuge, et elle est d’ordre financière. En effet, soucieuse d’offrir à chaque chien un suivi vétérinaire si besoin, l’association s’est lentement endettée auprès de leur clinique attitrée. L’argent reçu pour les adoptions, les collectes organisées lors d’événements locaux, les appels à dons, etc, ne permettent pas de subvenir aux nombreux problèmes de santé des 300 chiens.

Il y a 2 ans, cette dette avait atteint la somme astronomique de 16 000 € et l’association française Terre des Lévriers a mis en place une opération de parrainage, qui a permis de  descendre cette dette à 7 500 €.

Voir cette dette s’effacer totalement serait une libération pour Huellas, car cela leur permettrait d’ouvrir leur propre salle de soins dans l’enceinte même du refuge, et de faire appel à un vétérinaire extérieur pour les actes médicaux les plus courants (consultations, vaccins, stérilisations, « petits bobos », etc). Le budget alloué à la santé des chiens se verrait alors allégé.

Pour faire un don, contactez-nous: perrinemallet46@gmail.com

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Vous pouvez également aider Huellas pour 1€ par mois ! L’association est inscrite sur le site Teaming, très facile d’utilisation : il suffit de créer un compte, de choisir de soutenir le refuge (sur cette page :https://www.teaming.net/huellaspuertollano) et chaque mois, 1€ sera prélevé de votre compte et reversé à l’association.

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Pour aider matériellement Huellas: si vous avez de la nourriture pour chiens, des médicaments, des anti-parasitaires, des paniers ou tout autre chose qui pourrait servir à améliorer le quotidien des chiens, contactez-moi :perrinemallet46@gmail.com

Le matériel récolté sera apporté au refuge lors de ma prochaine visite, en janvier.

Merci à tous!


19 Miguel Canay est un des bénévoles incontournables de cette superbe association: toujours motivé pour s’occuper des chiens et entretenir le refuge, musicien lors des concerts de charité organisés chaque mois, intervenant dans les nombreuses conférences et… également écrivain!
Il y a quelques années, Miguel et sa femme découvrent dans un verger des chiens abandonnés et enchaînés, à moitié morts de faim. Ils s’impliqueront alors dans leur sauvetage et cette expérience changera leur vie pour toujours. Elle les mènera sur le chemin de la défense des animaux, de l’amour et de la compassion.
C’est cette histoire qui est retracée dans le superbe « LA HUERTA DE LA ALEGRIA ».
Malheureusement, l’ouvrage n’est (pour le moment) disponible qu’en espagnol, vous pouvez vous le procurer en format pdf ou en format papier directement chez l’éditeur:
http://www.bubok.es/lib…/228279/La-Huerta-de-la-Alegria-epub
http://www.bubok.es/libros/219772/La-huerta-de-la-alegria

L’intégralité des bénéfices est reversé à l’association

 

Perrine // ACTION INVISIBLE

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Solidarité avec le refuge de Valdepenas

L’objectif fixé par cette campagne a été atteint! En quelques mois et grâce à des nombreux donateurs, la dette vétérinaire a été liquidée. Action Invisible remercie toutes les personnes qui ont participé à cette opération.
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Lors de notre récent voyage en Espagne, nous avons appris que l’un de nos refuges-partenaires, « Ayuda Animal » de Valdepenas, a pris la douloureuse décision de ne plus accepter de nouveaux chiens, et de fermer une fois que le dernier serait adopté.

Fondé il y a un peu plus de deux ans, ce petit refuge d’une trentaine de places avait investi des bâtiments en ruine et créé un havre de paix, fait de bric et de broc mais surtout avec tout leur coeur. Leur initiative était d’autant plus importante que la seule autre alternative pour les chiens de cette ville est la perrera municipale où les animaux sont euthanasiés aussitôt le délai légal dépassé. Beaucoup de chiens y sont entrés, très peu en sont sortis vivants, et les bénévoles du refuge n’ont jamais hésité à sauver des chiens de là bas quand elles le pouvaient.

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Mais aujourd’hui, elles ont dû se rendre à l’évidence: endettées auprès de leur vétérinaire, elles ne peuvent plus supporter les charges que représentent le refuge (notons avec cynisme qu’elles n’ont reçu aucune aide de la municipalité contrairement  la fourrière qui, elle, extermine les animaux presque à la chaîne).

Leur décision est ferme et définitive mais Action Invisible a décidé de les aider à faire en sorte de fermer le refuge le moment venu sans laisser la moindre dette derrière elles. Je fais encore une fois appel à votre générosité, même si notre aide ne changera pas l’issue de ce refuge, remercions ces bénévoles pour tous le travail qu’elles ont effectué ces deux dernières années. C’est le minimum que nous leur devons en échange de toutes ces vies qu’elles ont sauvées.

A ce jour, le refuge est endetté à hauteur de près de 3000€. Elles ont encore à charge 17 chiens, dont Nero qui nécessite de lourds frais vétos, ainsi que 4 chiots nouveau-nés tout juste trouvés dans une poubelle. L’argent collecté sur ce Pot Commun sera reversé directement sur le compte de la clinique vétérinaire du refuge afin d’éponger leur dette et aider aux frais vétos à venir.

Je sais que vous serez au rendez-vous, un grand merci pour eux!

Pour faire un don: perrinemallet46@gmail

ou   https://www.lepotcommun.fr/pot/11e7cuts

Evénement Facebook pour cette campagne:  https://www.facebook.com/events/1797816803795633/?active_tab=posts

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Loulous/Trip

La voiture était pleine de dons offerts par des personnes généreuses et concernées par la situation délicate et compliquée des refuges en Espagne; là où nous partions en mission depuis la Belgique.

Cette Espagne si jugée et tant critiquée par les amis des animaux, les amis des chiens .

Mais cette Espagne que j’apprends à connaître et à découvrir après chaque voyage et chaque rencontre, cette Espagne où il n’existe aucun mouvement extrémiste; où les nouvelles générations s’opposent et luttent Activement contre ces vieilles traditions dépassées et « barbares » ancrées dans les profondeurs rouges et arides qui lui font son évidente et si facile réputation.

Après une longue route où nous chantions des tubes d’un autre temps à la radio pour nous tenir éveillées, après une halte/étape aux décors féeriques et aux personnes (humaines et podencaines) tellement belles, après mil interrogations sur ce que nous allions découvrir, ceux que nous allions rencontrer, sur jusqu’où notre émo allait tenir sur l’échelle de cette souffrance et misère si injuste et dépendante de nous… SAGUNTO nous accueillait devant ses montagnes et derrière son petit air d’Ennio Morricone.

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Motivées et reposées, nous rencontrions les bénévoles et Carmen, l’âme de ce beau refuge, dévouée inconditionnellement à ses protégés, intelligente, forte et combattante.

Nous leurs distribuions les dons dont ils avaient besoin, puis, appareils photos et caméras, nous étions prêtes, nous étions à leur hauteur, du moins nous allions essayer. Des centaines de photos et films défilaient en hommage à plusieurs loulous « choisis » au préalable car le temps de notre mission ne nous permettait pas de nous arrêter sur chacun d’eux.

Nous avions forcément dû élargir la liste des heureux sélectionnés…. Les rencontres humaines et canines étaient ENORMES en amour et générosité de toutes parts.

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Nous aurions pu rester une semaine à Sagunto afin de s’y imprégner totalement, afin de connaître chaque loulou personnellement et de leur consacrer plus de temps, plus d’espoir.

  • Plongez dans l’univers incroyable du refuge de Sagunto avec notre article consacré à ce sanctuaire des chiens:  https://actioninvisible.wordpress.com/2016/04/20/sos-animales-sagunto-le-sanctuaire-des-chiens/

C’est en faisant nos premiers Adios que le travail sur « ne pas se laisser avoir par les émotions, par les regards implorants, les truffes aimantes et garder La Distance qui nous donnera la force d’avancer et d’aider au mieux les refuges »  était mis à l’épreuve.

Première épreuve finie, les dons étaient déchargés, les caméras embarquées, effondrement total. Carmen nous souriait, nous sanglotions.

La radio en sourdine, l’intense journée était contenue dans la voiture ou nous débriffions nos impressions.

Les yeux rouges, nous partions pour Ciudad Real.

Il était tard, nous étions attendues pour loger chez Domi, une bénévole qui place des loulous en urgence, en difficulté ou en attente d’adoption dans une pension.

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AGUS, très attendu par on sait qui 😉 arrivera dans le beau Lot en septembre (il ne pourra mieux tomber…)

Notre état de fatigue était tel que nous pensions la saluer poliment et plonger rapidement au lit histoire de reprendre des forces. Ttttt, une « presque fête » en notre honneur nous attendait avec une générosité à l’espagnole. D’autres bénévoles Selene et Raul (artiste et comportementaliste canin), le mari, les loulous, tous étaient là aussi pour nous accueillir devant une table magnifique avec des délicieux plats végétariens qui défilaient les uns après les autres, et un dessert des plus touchant: des pralines préparées pendant des heures, la nuit précédant notre venue par l’adorable comportementaliste……..

Petit black out jusqu’au lendemain, 7h du mat, prêtes pour le second refuge, nous passions d’abord par la pension de Domi acheter les croquettes pour les loulous de Manzanares et Puertollano, grâce aux personnes généreuses qui ont participé à ce voyage.

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Le poul s’accélérait en entendant au loin les chiens aboyer.

Nous rencontrions la responsable ainsi que d’autres bénévoles comme la charmante Carmen qui nous a guidée et présentées aux loulous pendant notre visite. Le refuge de Manzanares avait déménagé depuis peu de temps (il paraît que c’est bien mieux maintenant).

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Une toute autre couleur qu’à Sagnuto, ici pas de vert et d’ocre, tout est en béton et grillages.

Une structure bien organisée et très hygiénique au look carcéral, les boxes ont tous la même taille, les chiens y sont placés selon leur âges, sexe, comportement et entente. Ils sont tous très bien nourris et ont la plus part des sorties régulières à l’extérieur du refuge.

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Ils sont tous beaux et en bonnes santé.

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Ils attendent tous, de sortir, d’avoir peut-être une chance dans leur vie de misère, d’avoir quelqu’un qui les aime, d’avoir un foyer, une vie meilleure… ou pas.

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Carmen est là pour eux, et s’en occupe dès qu’elle le peut.

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La belle et si gentille FALONA.

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Raul, le bénévole comportementaliste aux belles pralines.

Nous entrions dans chaques boxes pour les rencontrer, les caresser, leur parler, leur donner une fraction de reconnaissance. Certains étaient curieux, d’autres très heureux de notre passage plein de friandises.

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Nous nous forcions de rester positives malgré des moments plus douloureux aux rencontres très touchantes, comme celle du beau BLACKY…. au regard percutant et très intelligent mais si résigné. Nous avons passé un peu de temps avec lui, le temps d’un os mâché, il dégageait une telle sagesse… tellement d’amour contenu, tellement de tristesse. Blacky n’espérait plus et n’attendait plus personne, il avait compris qu’il finirait sa vie au refuge mais nous lui avions fait la promesse de lui trouver un panier et surtout de lui trouver la personne qui l’aimera.

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Quelques mois plus tard une merveilleuse famille avait ouvert ses portes et son coeur à Blacky qui avait retrouvé confiance.

Blacky est mort avant de l’avoir connu.

R.I.P beau barbe rousse, BEAU BLACKY

Son histoire fait partie de celles qui se déroulent hélas dans de nombreux refuges dans lesquels des bénévoles agissent et organisent au mieux, en connaissance de cause et avec le peu de moyens infra-structurel, financiers et politique (voir Zéro).

Il y a les belles histories aussi…

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Le beau SANTOS, heureux à présent dans sa famille.

 

Les dons et les cadeaux distribués, nos cameras full de canins, toute la belle troupe nous invitait à luncher au village, un très beau moment imprévu que nous avons dégusté avec de beaux échanges quadrilingues.

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L’heure des Au-revoir approchait…

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Au-revoir et merci, tellement merci à tous.

Domi et Carmen nous avait demandé de faire un petit reportage sur deux de leurs protégés, deux cas particuliers.

Le premier était FENIX, coup de foudre immédiat !!!

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L’histoire de Fenix est celle d’une métamorphose. Il a été trouvé il y a plus d’un an errant dans la campagne, dans un état pitoyable.
Placé en famille d’accueil, Fenix a repris du poil de la bête et ce triste lévrier miteux s’est transformé en magnifique et rayonnant Galgo. Puis la FA ne pouvant plus le garder, FENIX s’est retrouvé placé, faute de mieux, dans une maison abandonnée dans laquelle il est resté plusieurs mois, jusqu’à ce que, récemment, il soit placé en pension payante. Il est positif à la leishmaniose.

Fenix est drôle, vous accueille et vous invite à jouer, il vous sourit, il est en forme, il oublie qu’il est malade, et nous aussi. Il est doux et très attachant. Il est facile, magnifique et digne, il adore la compagnie des humains. Il était tellement heureux lors de notre visite, nous sommes reparties le coeur serré, les larmes aux yeux, Fenix nous regardait derrière la clôture, tout seul. Lui aussi pleurait…… Il est heureux aujourd’hui.

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Le deuxième cas était celui de la jolie et douce QUENA.

Quena a vu son destin basculer, le 24 décembre 2014: une bénévole espagnole s’était rendue à la perrera municipale pour y retirer deux autres galgas dont la date d’euthanasie était arrêtée quelques jours plus tard. La bénévole attendait à l’extérieur que le responsable de la fourrière sorte les deux rescapées, quand un gitan accompagné de Quena s’approcha. La bénévole lui demanda alors s’il venait y laisser sa galga, et effectivement, Quena ne lui servant plus à rien, la mort certaine qu’elle aurait trouvé dans cet endroit sordide ne lui importait pas: l’homme voulait s’en débarrasser.

Quena était morte de peur, son regard implorant a su convaincre la bénévole: elle ne pouvait pas la laisser entrer dans ce couloir de la mort…

Quena l’a échappée belle, mais faute de place dans les refuges alentours, la bénévole a du la placer en pension privée, ce qui coûte très cher. Il faut donc que Quena soit adoptée rapidement.

Elle a été très bien éduquée par Raul, elle est très interactive avec lui. Elle marche très bien en laisse et s’assoit, donne la patte…

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Cette journée gorgée d’intensité s’achevait .

Nous devions continuer notre mission et nous rendre à Puertollano où Karen (bénévole responsable du plus grand refuge que nous allions visiter) nous invitait à dormir chez elle les deux prochaines nuits.

C’est Eugenia, bénévole de Puerto qui a fait la relève avec Domi et qui nous a guidée jusqu’à chez Karen avec sa si jolie petite famille.

Magnifique havre de paix isolé, loin du bruyant et industriel Puertollano, nous étions accueillies par une meute de loulous courant et bondissant de joie sur l’hectare paradisiaque de Karen. Tout simplement WOUAW !

Après avoir fait connaissance avec ces merveilleuses personnes , nous allions nous coucher accompagnées des deux chats de Karen bien entendu.

7h , nouvelle journée.

En route avec Karen vers Puertollano. On nous avait prévenu de la grandeur du refuge qui accueille plus de 300 chiens, le stresse montait .

Sur la route, une galga morte. Nous nous sommes arrêtées , et l’avons embarquée pour vérifier si elle était pucée. Cela fait partie hélas de la routine de Karen.

300 chiens aboyant et hurlant, il ne fallait pas craquer, pas avant en tous cas.

Ici, on n’a pas le temps pour les présentations, juste le temps pour l’essentiel. Le temps que les bénévoles leur donne est sacré, chaque minute est importante, le refuge vit au rythme de son décors de fond industriel non stop en activité.

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Une organisation très complexe, presque mathématique, en tout cas complètement physique qui commence par un schéma sur tableau noir version ancienne école.

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Tous sont là, répertoriés dans les cases. Plus de 300 noms, à gérer, à nourrir, à sortir, certains à qui ont administre des médicaments, d’autres revenant d’une opération, et bien entendu de nouvelles entrées tous les jours.

Les quartiers ont des noms. Il y a le “carré” , une ancienne perrera où il est facile d’imaginer la “vie” d’enfer et de souffrance dans lesquelles les chiens survivaient. Il vivent actuellement dans cette même structure mais ils sont nourris, soignés, sortis, et reçoivent un petit peu d’attention de la part des merveilleux bénévoles.

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Chaque boxe est nettoyé tous les jour. C’est l’occasion pour les loulous de prendre leur récréation au centre du “carré, et ils en profitent!

Des bassines d’eau, du pain et quelques instant de “liberté”, de jeu, le moment tant attendu de leur triste journée.

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Les autres attendent leur tour.

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Nous allions commencer le reportage photo et film sous l’immense décibelle presque insoutenable des centaines de hurlements, lorsque Karen nous appella en nous demandant si nous voulions assister en direct à l’abandon de trois galgas par leur galguero et son fils. Chose courante également, nous racontait-elle.

A l’entrée du refuge, la grosse voiture du galguero tirait sa remorque sur laquelle était posée la cage des galgas. Karen nous a demandée d’être prudente avec les appareils photos car la plus part des galgueros n’apprécient pas le shooting photo et encore moins lorsqu’ils se débarrassent de leurs chiens. Apparemment, celui-ci se sentait très à l’aise devant la camera. Il en jouait peut-être un peu…

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Les 3 galgas étaient maigres , blessées et apeurées. Elles tremblaient, lui, nous souriait. Karen lui fit remplir les fiches d’entrée et d’identification sur le capot de sa grosse voiture, pendant que le fils les tenait en laisse d’un air détaché, comme s’il faisait la file à la décharge.

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3.jpgNous demandions au garçon s’il n’était pas triste de se séparer de ses chiens, s’il n’avait pas de la pitié? Pas de réponse… pas la moindre compassion apparente.

Le galguero nous répondit qu’elles n’étaient plus bonnes à la chasse.

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La discussion n’était pas trop tendue du côté galguero. Nous nous retenions de ne pas déborder. C’était donc “un gentil galguéro”, qui au lieu de pendre, ou de noyer ou de torturer ses chiens plus capables de chasser, les amène au refuge pour leur donner une seconde chance. L’interprétation forcée ne se devait d’être autrement pour éviter tout conflit.

Karen leur donna les premiers soins sous l’oeil vaguement attentif du jeune homme, ou plutôt curieux. Car cela devait être une première pour lui, d’assister à des soins canins!

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Le père, lui, tenait pour la dernière fois sa belle galga qui avait arrêté de trembler à côté de lui. Ils avaient tous les deux l’allure fière de deux chasseurs en parfaite symbiose. J’avais envie de pleurer … (de lui dire plein de choses. A elle, pas à lui).

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Eugénia était venue aider Karen pour désinfecter et administrer les antibiotiques aux galgas; et surtout leur trouver une place au refuge, déjà plein à craquer. Il fallait pour cela libérer un box et essayer de les placer avec un mâle avec qui le test de communication et d’entente s’est fait rapidement.

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Adios notre maître tant aimé… Les galgas étaient dépassées par la peur de l’inconnu, elles savaient une chose, c’est qu’elle ne reverraient plus jamais leur galguero. Un dernier regard…… no comment.

 

Celles-ci auront peut-être la chance d’avoir une vie meilleure un jour, qui sait?

Nous retournions à nos shooting et surtout à nos rencontres merveilleuses et douloureuses.

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Nous passions par l’infirmerie où les chiots, les malades, les opérés, les chatons, les très vieux étaient isolés.

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En retounant dans le “carré”, nous étions un peu perdues, sans guide cette fois, nous nous forcions d’entreprendre une trajectoire que beaucoup nous invitaient ou plutôt nous suppliaient de dévier, un but, de suivre une liste et de parfois lui ajouter des incontournables. Puis nous découvrions le “Bronx”, une autre parie du refuge .

C’est là que les photos n’ont pas besoin de commentaires ….

Elles parlent toutes seules.

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Les demandes d’amour, d’attention, de cadeaux se bousculent.

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Les inséparables à qui l’on souhaite une adoption à 2…

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Les interrogations…

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Les gros nounours peureux…

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Les cachés…

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Les sourires qui donnent tout…

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Les joueurs d’un instant…

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Les méfiants…

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Et les regards, si nombreux, si tristes, si profonds….

Mon Loto ….

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Les caresses de Karen qui font tant sourire

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Les chats

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Les débuts des adieux…. Le plus douloureux. Leur dernier moment d’espoir qu’ils nous offrent à travers leur chaleur, leur bonté infinie. C’est le moment des vraies promesses que nous leur jurons de tenir.

C’est le pénultième moment avant la fin. Tenir, tenir encore….pour eux.

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Le soir tombant, nous rentrions chez Karen avec un GPS nous envoyant au fin fond des sans-issues campagnardes.

Au lit… les yeux rouges et bouffis.

Au réveil, nous décidions de retourner au refuge de Puerto en tant que “bénévoles”. Un peu d’aide à l’infirmerie, et quelques promenades dans le pré d’à côté entre les usines et le refuge.

Nous faisions ainsi plusieurs aller/retours avec différents loulous chanceux et heureux de ce moment privilégié.

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Nous finissions ces moments de grace et de “liberté” avec peine car nous devions reprendre la route vers Valdepenas, le dernier refuge.

Loto est le dernier que j’ai promené, il ne voulait pas rentrer. Comme si je lui avais donné un espoir, un faux. Il est le dernier regard de Puerto….

Je l’ai pleuré jusqu’à Valdepenas………. Je pense à lui tous les jours.

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Valdepenas, « Ayuda Animal », le dernier refuge de notre voyage.

Fondé il y a un peu plus de deux ans, ce petit refuge d’une trentaine de places avait investi des bâtiments en ruine et créé un havre de paix, fait de bric et de broc mais surtout avec tout leur coeur. Leur initiative était d’autant plus importante que la seule autre alternative pour les chiens de cette ville est la perrera municipale où les animaux sont euthanasiés aussitôt le délai légal dépassé. Beaucoup de chiens y sont entrés, très peu en sont sortis vivants, et les bénévoles du refuge n’ont jamais hésité à sauver des chiens de là bas quand elles le pouvaient.
Mais aujourd’hui, elles ont dû se rendre à l’évidence: endettées auprès de leur vétérinaire, elles ne peuvent plus supporter les charges que représentent le refuge (notons avec cynisme qu’elles n’ont reçu aucune aide de la municipalité contrairement à la fourrière qui, elle, extermine les animaux presque à la chaîne).

Nous avions rendez-vous avec Antonia pour un petit lunch sur un parking de routiers tout près du refuge. Elle nous a expliqué leur début, leur problème, leur dettes et pourquoi elle devaient fermer. Elles ne fermeront que lorsqu’il n’y aura plus aucun chien …. Ça c’est une promesse.

Une autre rencontre, un autre refuge.

20 chiens, tous aimés, câlinés, soignés.

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En duo dans un grand box, leurs protégés sont lâchés deux fois par jours dans la grande cour qui entoure leur maison.

Là, ils s’ébattent, jouent, se défoulent, à travers un décors féminin, où des bouées en couleurs remplissent les murs, tel un jardin d’enfants.

Les autres, encore une fois, attendent leur tour.

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Hercules
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Pipa

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Choko & Melo
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Pipa

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Choko

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Lluvia

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Mulan

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Melo

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Melo

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Cette fois-ci, notre attention était offerte à tous.

Encore des Adios… et des larmes.

La description de notre retour en Belgique est sans importance.

L’important est la reflexion mis à part les émotions extrèmes dont je ne pourrais jamais exprimer la mesure (et démesure).

Une reflexion et un travail sur un bilan constructif et sur des questions fondamentales pour arriver à faire évoluer le prochain “loulou-trip” (comme nous l’appellons) sont primordiaux.

La liste des noms à remercier est immense, je remercie surtout les 500 loulous que j’ai croisé de près ou de loin pour leur amour sans limite, malgré leur souffrance, leur envie contagieuse de croire à l’humanité…

Autant d’amour peuvent amener à gagner beaucoup de batailles .

Alors ACTION !!!

SOS Animales Sagunto, le sanctuaire des chiens.

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Il était le premier parmi les refuges que nous allions visiter. N’ayant eu aucune information précise sur Sagunto, la surprise était totale.

L’émotion aussi…

Situé en campagne espagnole, caché derrière les champs d’orangers, fondu dans un brouillard de terre ocre, nous entendions déjà les centaines de chiens aboyer. Ce n’étaient pas des aboiements de plaintes ou de détresse mais plutôt de bienvenue et de curiosité.

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C’est Vincent qui nous a accueillies. Vincent est l’un des bénévoles engagé, courageux au grand cœur qui s’occupe, promène, joue, accompagne et prépare les chiens à leur destin quel qu’il soit.

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Il nous a présenté le refuge en attendant l’arrivée de Carmen.

Des palettes de bois et matériaux de récupération forment les fondations principales et structurent le refuges en plusieurs parties où les chiens sont placés selon leur âge, leur caractère, leur entente, et autres critères de séparation.

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Cachée derrière l’aspect brimbalant et légèrement oblique de l’architecture déconstructiviste façon western, nous avons rencontré l’âme du sanctuaire, débordante d’amour, de générosité, d’intelligence, d’humour et de force: Carmen.

Carmen et Vincent nous ont présenté les différentes parties du refuge comme le carré VIP, où vivent les plus vieux et les plus faibles, c’est là où l’on grimpe sur les toits, où l’on monte sur les tables, c’est là aussi où certains s’amusent à sauter sur les lits , c’est l’endroit d’où certains n’auraient plus envie de repartir.

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L’heure du repas. Carmen achète pour ses chiens les meilleures des croquettes afin qu’ils aient tous une bonne digestion, un beau poil, de belles selles, une très bonne santé. Et ça se voit!!!

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Lʼinstant déjeuner se passe dans un calme absolu… Les gamelles sont vides, on peu parler “os” à présent.

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A côté, on attend patiemment son tour…

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A chaque étape de la visite, Carmen nous racontait les histoires touchantes et tristes sur ses pensionnaires à poils. Elle connaît le parcours de tous. Chaque jour, elle prend le temps de faire un câlin à chacun d’eux, de leur donner de l’amour, de la confiance et de l’espoir, elle les écoute et leur murmure des mots à l’oreille que seuls eux comprennent. “ This Magic Moment” … ( Lou Reed)

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Nous quittions un carré pour entrer dans un autre.
Ce n’est ni un box, ni une prison, ni une cage, c’est un grand« carré » de terre avec des collines en arrière décor et un espace intérieur dans lequel les chiens peuvent se reposer, boire et manger. Ils ont l’espace pour courir, se défouler, jouer au cow boy … un air d’Ennio Morricone au loin dans les rocheuses.
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Certains auraient pu participer au casting de « Le BON, La BRUTE et Le TRUAND ».
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Le dernier Carré abrite des box fermés pour les cas compliqués. Encore une fois, pour chacun, une histoire différente mais pour tous, un passé très difficile avec beaucoup de souffrance et de misère. Ils ne sont pas oubliés dans leur box, ils sont sortis tous les jours et ont eux aussi un petit peu d’attention et une petite dose d’amour, en attendant une miraculeuse adoption, en attendant un autre lendemain.
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Loin de l’image carcérale habituelle, Carmen et ses bénévoles ont organisé positivement ce beau refuge où règne un air de paix, un air où « refuge » retrouve son sens, où les chiens sont à l’abri de toutes violence et maltraitance humaine, à l’abri de l’abandon, de la faim et de la misère.
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Les chiens de Carmen sourient…
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Les chiens de Carmen sont beaux et fiers…
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Les chiens de Carmen ont retrouvé leur dignité…
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Les chiens de Carmen auront connu l’amour des humains …
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Et en ont des tonnes à offrir …
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Nous sommes reparties, les larmes coulaient à flot.
Touchées à la fois par toutes ces rencontres magnifiques aussi bien humaines que canines, tous ces regards échangés, ces regards qui ont souffert et qui ont pardonné, ces regards qui espèrent tellement encore. Nous savions que ces loulous étaient entre les meilleures des mains.
Nous pleurions pour tous les autres qui vivent l’enfer …
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Carmen a crée l’un des plus beaux refuges où chacun offre autant d’énergie et d’amour qu’il puisse donner chaque jour, mais cela ne remplacera jamais le bonheur d’un foyer.
Merci à Carmen et ses bénévoles.
Tullia & Vanessa // Action Invisible

Rencontre avec Carmen, celle qui murmure à l’oreille des chiens.

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Sharon

Bonjour Carmen, peux-tu nous raconter quand et comment est né le refuge de Sagunto?

Sos Animales Sagunto est né le 4 Février 2010, le jour où j’ai déménagé pour une ancienne ferme de lapins qu’une amie m’a louée à un prix très bas. J’avais lu la nouvelle qu’à Cuenca 30 galgos devaient être euthanasiés et je n’y ai pas trop réfléchi. J’ai demandé de l’aide à une grande association d’ici, Cuencaanimal, et je me suis lancée dans l’aventure.

Comment fonctionne le refuge aujourd’hui? A quoi ressemble le quotidien au refuge pour les chiens et les humains?
Voyons voir si je l’explique bien, nous fonctionnons à base de sacrifices et de dévouements d’une douzaine de grands êtres humains qui donnent corps et âme au service de nos animaux. Nous avons habituellement entre 120 et 150 chiens. Parfois moins, parfois plus …. Chaque jour, plusieurs personnes viennent pour aider à nettoyer et nourrir les chiens, les caresser, jouer avec eux et font en sorte que nos chiens sentent qu’il y a des humains qui les aiment, ce qui est important. Et moi, je vis pratiquement ici, avec eux, je suis une référence humaine permanente qui leur procure la sécurité.
Votre association parait très active dans la vie citoyenne de Sagunto. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces activités?
J’ai toujours pensé qu’il est important que les gens sachent que nous existons et ce que nous faisons. Au final, c’est un problème social dont nous devons tous être conscients. Nous avons un groupe de merveilleux collègues et de grands communicateurs qui consacrent leur temps à aller dans les écoles pour donner des conférences sur nous et notre activité, et sur la situation des animaux en Espagne. Nous voulons que les enfants sachent dès le début comment sont les choses et comment elles devraient être. Nous tenons aussi un stand de ventes artisanales et de choses que les gens nous donnent sur les marchés de rue où l’on nous permet de participer. Nous ne nous soucions pas si ces marchés sont plus ou moins loin ou s’il fait plus ou moins froid. Le principal est d’amasser de l’argent pour eux et de nous faire connaître.
Quelle est la situation pour les chiens et les animaux dans la région de Sagunto? Pourquoi y’a-t-il autant de podencos dans votre refuge?
Rocho
Rocho

Ici c’est une zone de chasseurs. Je crois me souvenir que l’Association des chasseurs de Sagunto est l’une des plus importantes d’Espagne, avec plus de 500 personnes inscrites et avec une licence pour assassiner des animaux sans défense. Cela signifie que le nombre de podencos, qui semblent êtres les meilleurs chiens de chasse pour ce type de terrain, est très élevé. Et la raison pour laquelle j’ai tant de podencos avec moi est le résultat des pratiques habituelles des chasseurs. Ils font reproduire les femelles encore et encore, surtout si elles sont de bonnes chasseuses. Une fois que les chiots sont en âge de résister à une journée de chasse, ils les essaient et abandonnent directement ceux qui ne montrent aucun talent. Peu importe, car il en a d’autres… Nous trouvons souvent ces petits dans des situations extrêmes de malnutrition, de déshydratation, morts de peur…. C’est pour cela qu’il y a tant d’amis podencos avec nous. Une autre raison est qu’il y a beaucoup de chiens qui se perdent pendant une journée de chasse et ne savent pas trouver le chemin du retour à la voiture ou à la maison. Ils redeviennent sauvages dans les collines et bien sûr, si ce sont des femelles, elles tombent enceintes et donnent naissance en liberté. Beaucoup d’entre elles, avec leur grande intelligence, viennent mettre bas près de nous quand elles sentent le moment venu. Cela fait froid dans le dos de réaliser le degré d’intelligence de ces animaux.

Recevez-vous de l’aide internationale pour faire vivre le refuge et faire adopter les chiens?
Oui bien sûr. Sans votre aide, je n’aurais pas pu arriver jusqu’ici. Je reçois constamment des colis avec des médicaments et mes chiens sont diffusés dans plusieurs pays européens afin de leur trouver un foyer. En ce moment, je pense qu’ils sont plus de trente à vivre en Belgique, Hollande, Allemagne, Russie, Italie et, bien sûr, en France.
Ce qui nous a frappé en visitant votre refuge, c’est le bien-être de la plupart des chiens dont vous vous occupez. On ne voit pas un si bel équilibre dans les autres refuges. Comment l’expliquez-vous?
Ron
Ron

C’est facile. Comme je vous l’ai dit, cela se fait avec amour, avec beaucoup d’amour et beaucoup de compréhension et beaucoup de dévouement. Nos amis poilus se sentent aimés et appréciés, ont leur propre identité, car il y a des humains qui se soucient de chacun d’entre eux à tout moment. Par exemple, moi le matin je n’ai pas l’habitude de me promener dans le refuge car il y a les collègues qui viennent pour les corvées de nettoyage, de jeux et de distraction, qui amusent et éclairent la journée des chiens. L’après-midi, je vais dans tous les chenils et j’y passe au moins une demi-heure à leur donner de l’amour, et à leur demander aussi. J’ai besoin qu’ils me lèchent le visage, qu’ils viennent à moi pour me demander une caresse. S’ils ne me reconnaissent pas, je n’ai pas d’identité.

La philosophie de ce refuge est celle là, un havre de paix et d’équilibre pour ceux qui ont tant souffert avant d’arriver ici. Le mot Refuge prend ici son exacte et complète signification.
Je dois dire aussi que l’alimentation est importante. Je sais que je suis un peu extrême, mais je ne veux pas donner comme nourriture à mes chiens ce que je ne voudrais pas manger moi-même. Je leur donne un aliment fabriqué en Belgique (Dinapet) qui, en plus de ne pas être cuit, de sorte qu’il conserve toutes ses propriétés, est fait avec des matières premières que peuvent consommer les humains. Ni cancérigènes, ni chimiques…. C’est un effort économique important, mais vous voyez; cela vaut la peine.
Comment voyez-vous l’avenir pour votre refuge, et de manière générale, pour les chiens de votre région, de votre pays?
La vérité est que j’ai du mal à être optimiste. Avec le changement politique qui a eu lieu, nous avions nourri de grands espoirs mais j’ai l’impression que cela va être plus long que nous le voudrions. Je suis très confiante dans le travail de mes collègues et d’autres personnes qui sont également engagés à essayer d’éduquer la société. Je veux croire que ceux qui viennent après, les enfants qui ont actuellement 10 ou 12 ans, verront les choses beaucoup plus clairement que les générations précédentes, mais nous ne pouvons pas baisser notre garde. Nous devons continuer à expliquer que les animaux sont des ÊTRES et non des choses, comme notre loi le dit actuellement. Nous devons nous battre pour leur donner une identité vivante et leur reconnaître des sentiments. Telle est la priorité absolue.
Vous avez dû connaître des centaines de chiens… mais peut-être quelques uns vous ont touchée plus particulièrement. Pourriez-vous partager avec nous une de vos plus belles rencontres?
Vip
Vip

Oh, ça c’est difficile. Ils sont si nombreux ! Et tous ont une histoire triste qu’ils me racontent au fur et à mesure que je les connais. J’aime que quand ils arrivent au refuge, ils restent avec moi, dans ce qu’on appelle la zone VIP, afin que je puisse les connaître et leur apprendre à cohabiter au refuge. Et tous me racontent des histoires tristes d’abandon, de douleur, de mauvais traitements …. Il y a plusieurs années, dans l’ancien refuge, une personne m’a appelée pour me demander de « voler » une chienne qui était enfermée sans nourriture ni eau dans une maison en ruines. J’y suis allée et j’ai trouvé une sharpey qui avait plus que la peau, beaucoup de peau et les os. Il n’y avait pas de chair ni de poils ni d’yeux. Je l’ai enveloppé dans une serviette et quand j’étais en train de sortir j’ai remarqué un mouvement derrière. Quand je me suis retournée, j’ai vu un sharpey miniature, un petit chiot qui ne pesait même pas deux kilos et qui sortait la tête d’un tas de chiffons. Je l’ai pris aussi, bien sûr. Double vol, hahahaha! Lindita était une chienne qui, pendant le peu de temps qu’elle a été avec moi (sa perte est quelque chose dont je ne veux même pas me rappeler) était mon âme sœur. Cette mère-courage qui avait miraculeusement gardé en vie son chiot m’a donné plus d’amour, plus de compréhension et d’appréciation que je ne peux dire. Son fils a été adopté par une collègue vétérinaire qui s’est chargée de corriger le problème qu’il avait aux pattes avant. A cause de la mauvaise alimentation elles étaient déformées. Maintenant, c’est un grand et beau chien.

Et il y a une autre histoire triste avec une fin heureuse que je veux partager avec vous. Il y a quelques mois, un homme est venu, brisé par la vie, pour laisser ici deux chiens, Dandy et Neus, qui appartenaient à son fils. Ce garçon, 26 ans, est en état de mort cérébrale dans un hôpital à proximité. Il a eu une chute du taux de sucre sanguin qui a tué littéralement son cerveau… Cet homme me racontait que ces chiens, en particulier la chienne Neus, étaient les meilleurs infirmiers de son fils. Ils l’avertissaient quand il y avait un changement de sucre dans le sang, et concrètement le jour où il a eu l’accident, ils ont presque fait un trou dans la porte pour essayer de prévenir quelqu’un de ce qu’il se passait. Eh bien, j’ai eu plusieurs possibilités d’adoptants pour Dandy, “plus racé” que Neus, mais j’étais réticente à les séparer. Ils font tout ensemble. Et la providence ou la chance, ou le karma ou quoi que ce soit a provoqué un miracle. Il y a deux jours, ils ont été adoptés par une famille. Ils vont vivre ensemble, de se sentir importants et aimés à nouveau. La vie va leur payer tout le bien qu’ils ont fait à leur premier propriétaire.
Et aujourd’hui, y’a-t-il un chien que vous aimeriez vous adopter plus particulièrement? Pouvez-vous nous parler de lui?
Moises
Moises

Oh, c’est vraiment difficile ! Je veux que tous aient une famille, que tous connaissent le véritable amour d’un être humain et se sentent appréciés comme ils le méritent. J’ai une affection particulière pour Moïses, un grand timide qui a été sauvé d’un trou d’eau dont il ne pouvait pas sortir. Il est affectueux et avec un immense désir de faire confiance à l’homme, mais il a besoin de beaucoup de patience et de dévouement que, malheureusement, je n’ai pas le temps de lui offrir. Il est avec nous depuis plus d’un an, personne n’a demandé pour lui et il continue d’être timide avec les étrangers. Et Rocho, qui a été adopté puis ramené en raison d’une exécution d’hypothèque. Un animal qui n’a jamais vécu en appartement et s’est comporté dès le départ comme si il y avait toujours vécu. Les adoptants pleuraient sincèrement quand ils l’ont ramené. Et mes papis, Ron, Vip, Sharon …. Eutychius, Willow …. Je suis très triste de voir leur vie se finir et qu’ils doivent partager avec beaucoup d’autres les caresses et continuer de se battre pour obtenir un lit confortable ou une place au soleil.

Si des personnes qui lisent cet article ont envie de vous soutenir, comment peuvent-ils vous aider?
Surtout en diffusant mes poilus, pour qu’ils trouvent le plus tôt possible un foyer dans lequel ils prouvent à quel point ils sont loyaux, intelligents et affectueux. La diffusion est le seul moyen que nous avons pour trouver une famille pour eux, donc plus de gens découvriront leurs photos et liront dans leurs yeux tout l’amour qu’ils ont à donner, mieux ce sera.
Nous avons besoin de tout, bien sûr. Je suppose qu’à travers les photos, on peux voir que ce refuge est fait avec amour, surtout avec l’amour, et avec des matériaux recyclés. Ici presque rien n’a été acheté, en partie parce qu’il n’y a jamais d’argent … des lits en plastique, des seaux pour l’eau, des produits de nettoyage, des médicaments pour la leishmaniose, pour les parasites…. des contributions financières (qui peuvent être faites directement aux cliniques vétérinaires spécifiques) pour pouvoir offrir des traitements spécialement à l’un de nos chiens qui en a besoin, et à ceux à qui nous pouvons l’offrir … Mais surtout, je le répète, DIFFUSER, que tout le monde sache que nous existons, que nous sommes ici espérant cette famille spéciale pour chacun de nos amis spéciaux.
Merci beaucoup Carmen….

Comment aider le refuge de Sagunto?

  • 56Si vous souhaitez aider financièrement le refuge de Carmen, vous pouvez faire un don par Paypal via leur site web: http://www.sos-sagunto.org/ Vous pouvez également les contacter par email pour demander leur coordonnées bancaires ou leur envoyer un colis, toujours via leur page web.
  • Vous pouvez également les soutenir en leur offrant 1€ par mois grâce au site de microdonation TEAMING! Le principe est simple, il suffit de vous inscire sur le site, de rejoindre le groupe SOS Animales Sagunto (https://www.teaming.net/sosanimales…), et Teaming prélèvera chaque mois 1€ de votre compte, qui sera reversé au refuge.
  • Sachez que le refuge possède une antenne en Belgique grâce à Katrien, amie de longue date de Carmen, et son groupe de bénévoles. N’hésitez pas à suivre leur page Facebook, vous pouvez également les contacter si vous avez des dons à remettre au refuge: https://www.facebook.com/SOS-Animal… et http://www.sos-sagunto.be/
  • Et bien sûr, rendez-vous tous sur la page Facebook de SOS Animales Sagunto pour les soutenir et diffuser leurs loulous! https://www.facebook.com/SOS-Animal…

Nous sommes plus de 2000 personnes sur la page d’Action Invisible : l’union fait la force et à nous tous, nous pouvons aider CONCRETEMENT Carmen, ses bénévoles et les chiens du refuge.

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« Karen Caws, symbole de la lutte contre la maltraitance animale » // lanzadigital.com // 05-03-16

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// Très liée à la nature depuis toute petite, depuis qu’elle a fait ses premiers pas sur l’île de Wight entre des poules, des lapins, des veaux et une chatte qui avait fêté ses vingt ans, elle est arrivée à Puertollano à la fin des années 80, alors que son rêve était d’apprendre les langues et de connaître réellement une société espagnole qui l’avait conquise grâce au bleu des hivers de la Mancha. Elle y a aidé, grâce à son infatiguable dévouement, les mouvements de lutte contre la maltraitance animale, et elle apparaît aujourd’hui dans le réseau associatif de la ville comme l’un des piliers fondamentaux de l’association de Protection des Animaux et des Plantes « Huellas ».

Karen Caws est aujourd’hui l’un des principaux bastions de la ville minière, dans la défense des droits des animaux, et l’une des personnes les plus impliquées dans la sensibilisation. Elle a la conviction « qu’un voyage de 1000 kilomètres commence forcément par une étape » et « qu’un seul geste », peut contribuer à changer les choses.

A la veille de la journée de la Femme Travailleuse, Karen Caws parle de son arrivée à Puertollano, en tant que professeur au Fray Andres Institut « en 1988 après avoir étudié les langues modernes en Angleterre. » Dès le début, Puertollano l’a fascinée, bien que la ville industrielle avait peu à voir avec l’île où elle a grandi, « à la campagne, dans une maison où nous étions presque autosuffisants» comme petite-fille de grands-parents paysans et fille d’un ingénieur naval très écologiste.

Après avoir travaillé au Fray Andrés Institut, Karen a décidé de s’installer à Puertollano. Elle a commencé par donner un certain nombre de cours extra-scolaire et elle a ensuite passé un diplôme de maîtrise en linguistique appliquée après avoir mis de côté les études qu’elle avait commencé du langage des signes, pour finalement décider d’ouvrir une Académie dans la rue Velázquez, qui aura dix-sept ans cette année. Comme enseignante professionnelle, Karen commente qu’elle «n’avait jamais noté qu’en tant que femme elle doive faire davantage d’efforts dans le développement de sa carrière, peut-être parce qu’elle a été bien accueillie par le milieu, qui est généralement plutôt traditionaliste» et admet que «tout d’abord, être une femme a généré plus de confiance pour l’enseignement auprès enfants ». En tant qu’autonome, elle ajoute que «je devais travailler un peu comme les hommes ». Ses élèves et leurs familles ont été ses premiers amis espagnols dans cette ville dans laquelle elle a décidé de s’intégrer totalement », mais elle a, « au fil du temps, eu également des amis anglais ou américains. » L’étape qui a marqué le retour aux sources s’est faite dans la région, en 2000, à Villamayor de Calatrava, à vingt kilomètres de la ville, où elle a bâti sa maison sans eau courante ni électricité, avec un générateur et les incontestés neuf chiens et cinq chats, et où elle a créé son propre morceau d’«île».

Manifestant son immense attrait pour la nature, qui pour elle maintient «sain, physiquement et mentalement», et qui explique que «où je vois les oiseaux qui arrivent, le passage des saisons et les changements quotidiens dans la végétation, je m’accomplis en tant que personne », Karen Caws était la candidate idéale pour la création de la société de Protection des Animaux et des Plantes Huellas de Puertollano en 2011, organisme qui l’a faite devenir un personnage public, alors qu’elle n’avait toujours été que simple bénévole en face du refuge canine. Bien que jeune elle ait déjà été impliquée dans des campagnes de bénévolat pour la Croix-Rouge et divers organismes de solidarité, Karen a été surprise d’avouer que ce fut en Espagne qu’elle a développé son rôle en tant que militante pour la défense des droits des animaux. Donc, elle avait toujours été fan de « tout ce qui touche à la nature», mais jusqu’à son arrivée à Huellas, elle ne faisait partie d’aucune organisation similaire.

Venant d’un pays dans lequel elle admet que dans «les années soixante-dix, stériliser les chats était normal » et où les « grands refuges de chiens peuvent avoir un certain nombre d’animaux semblable à ce qui peut contenir Puertollano », Karen souligne que « les cas de maltraitance et les abandons à répétitions sont ce qui me choquent le plus. Elle raconte qu’avant, elle allait «au théâtre, au cinéma, je sociabilisais avec tout le monde, mais je n’en pouvais plus de cette réalité, et surtout de l’indifférence des citoyens pour ce type de cas. » Elle parle de l’abandon des galgos, des podencos, de la saturation des refuges, du manque de bénévoles et des cas récents d’abus, elle estime qu’ « ils ont toujours existé, mais maintenant à travers les réseaux sociaux, ils sont plus visibles. »

Elle souligne que « Huellas » est un projet à long terme, parce qu’un changement radical est nécessaire »; et elle se demande donc combien de temps elle va voir la force de continuer, « parce qu’il y a des moments où nous sommes à bout, il y a énormément de travail pour les quelques personnes que nous sommes, totalement engagées », et elle souligne l’importance du fait qu’il est important que l’association devienne un organisme plus solide.

La revendication de Karen Caws pour la Journée Internationale de la Femme est que «toute personne doit se battre avec enthousiasme et passion dans la création, que vous devez lutter pour vos rêves, parce que tout objectif peut être atteint »; et  elle incite à la réflexion sur l’importance de sensibiliser les enfants à l’école et l’importance des groupes tels que la nouvelle plate-forme Puertollano Environnement, qu’il faut « réunir les personnes désireuses de lutter contre la maltraitance des animaux et envoyer un message clair à ceux qui maltraitent: nous ne vous laisserons pas continuer ». Après avoir assisté à un rassemblement dans la ville pour la même raison avec environ 200 personnes, Karen pense qu ‘ «il y a de l’espoir» et rêve du jour « pour lequel l’auberge canine ne sera plus qu’un simple lieu de passage pour les animaux errants, stérilisés, pucés, et plus une maison où les chiens abandonnés vivent tout au long de leur vie ». //