« On jette aux ordures un galgo famélique à Baeza » // HoraJaen.com // 18.01.19


Le galgo qui a été trouvé par l’association TARA de Baeza

// JAEN.-Une fois de plus la maltraitance animale a fait la une. C’est encore un pauvre galgo qui a fait les frais de l’histoire. On l’a retrouvé mort aux pieds des conteneurs d’ordures du polygone industriel de la commune de Baeza. L’association TARA a rendue publique l’abandon du corps du chien couvert de blessures et d’hématomes, ne pesant que 8 kilos alors qu’il aurait dû en faire 20.

Les volontaires de l’association TARA, qui a pour but la protection des chiens, ont recueilli le corps du galgo évidemment sans puce d’identification , afin de l’incinérer. « Petite repose en paix, nous sommes profondément désolé d’avoir ramassé ta dépouille dans cet état » ont écrit les volontaires sur les réseaux sociaux. //

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« Saragosse ouvre son refuge municipal aux chiens des personnes sans domicile fixe » // Animal’s Health // 17.12.18

« La mairie de Saragosse met en place un nouveau protocole qui permet aux personnes sans-abri d’accéder à l’auberge municipale accompagnées de leurs chiens.


Luisa Broto, conseillère pour les Droits Sociaux à la maire de Saragosse

La conseillère pour les droits sociaux de la mairie de Saragosse, Luisa Broto, a annoncé la mise en place d’un nouveau dispositif permettant aux personnes sans-abri d’accéder au refuge municipal avec leurs chiens, comme l’indique un communiqué émis par le Conseil qui, avec cette mesure, respecte la motion approuvée à une large majorité, lors de la séance plénière du Conseil municipal de Saragosse du 31 janvier 2014 autorisant l’entrée des personnes en difficulté avec leurs animaux à l’auberge municipale, et ce à l’initiative de Izquierda Unida, en collaboration avec Vegan Hope et PACMA.

Jusqu’alors, cette structure ne permettait pas l’accès aux animaux de compagnie, ce qui obligeait certaines personnes à se séparer de leur animal ou bien de rester avec, mais dans la rue. Ce protocole veut prouver que « le lien affectif que les personnes sans domicile fixe établissent avec leurs animaux domestiques contribue à améliorer leurs parcours d’insertion ».

Comme l’explique Luisa Broto, « faciliter l’entrée aux personnes qui partagent leur vie avec un animal, c’est leur donner accès aux services les plus élémentaires du réseau des droits sociaux et rendre possible une intervention psycho-sociale ».

Protocole à suivre

Tout d’abord, les travailleurs sociaux, les acteurs socioculturels, les agents, les opérateurs, le service de nettoyage, la police locale et la direction du centre recevront une formation en prévention et en communication non verbale avec les animaux.

Le protocole proposé établit que le personnel de la structure n’entre pas en contact avec l’animal qui doit être tenu en laisse jusqu’à l’entrée dans la chambre. En revanche, les races catégorisées ou les chiens de plus de 20 kilos ne seront pas admis dans les installations.

Lorsqu’une personne accompagnée d’un animal de compagnie arrive à l’auberge, celle-ci devra se rendre dans une clinique vétérinaire, située à quelques mètres du bâtiment, pour procéder à la lecture de la puce de l’animal et vérifier son état de santé, où elle effectuera également le traitement antiparasitaire approprié. Suite à cela, la clinique émettra un rapport dans lequel le chien est jugé apte à intégrer l’auberge municipale.

Une fois à l’intérieur, et pendant que les usagers utilisent les services d’admission, d’information, de douches, d’armoire, de salle à manger ou sont avec le travailleur social, l’animal devra demeurer dans un chenil situé à l’extérieur du bâtiment.

De plus, et comme cela a été fait jusqu’à présent, l’association de protection animale peut également être sollicitée lors du séjour de la personne dans les locaux de l’auberge municipale. Si celui-ci est complet, un logement en dehors du centre lui sera alors proposé. »

« L’hypersensibilité à la maltraitance animale augmente dans la société moderne » // Lavanguardia.com // 27.12.18

 » La mort par balle d’une chienne à Barcelone mobilise plus de 3500 personnes.

Manifestation contre la mort d’une chienne nommée Sota à Barcelone //
 (SOPA Images / Getty)

La mort d’une chienne nommée Sota, abattue d’un tir à la tête par une « guardia urbana » de Barcelone a mis de nouveau en lumière l’hypersensibilité d’une société qui ne pardonne plus la maltraitance animale. Plus de 3500 personnes ont manifesté samedi dernier sur la place Sant Jaume de Barcelone pour exiger, et ce sans attendre les résultats de l’enquête en cours, que le responsable soit puni. Cette importante manifestation a provoqué désordres, rues barrées et l’arrestation de cinq personnes.

Il reste encore à déterminer si la conduite de cet agent de la 
« Guardia Urbana » est justifiée ou pas (les versions divergent) mais une chose est très claire: avec les animaux on ne plaisante plus.

La réaction immédiate des habitants à l’incident (les réseaux sociaux ont été le meilleur moyen de propager la nouvelle) a été appréciée par les associations de défense animale.  « Il est émouvant de constater que la mort injuste d’un chien a pu mobiliser autant de personnes. Cela démontre que les animaux ne sont plus seuls et que l’on commence enfin à leur donner l’importance qu’ils méritent » affirme Aîda Gascon Bosch, directrice de Anima Naturalis España.

Les grands rassemblements, reflet des nouveaux moyens de lutte des animalistes

Sota a été abattue d’un tir dans la tête le 18 décembre dernier, la chienne vivait depuis plus d’un an avec Tauri, un globe trotter qui vend dans la rue colliers et bracelets de sa propre création. Tauri et Sota rencontrèrent ce jour là une patrouille de la « garde urbaine » pour un contrôle d’identité de routine qui tourna mal. Les versions sur l’incident sont contradictoires; le rapport de police dit que l’agent a tiré sur Sota en état de légitime défense après que l’animal lui eut mordu le bras. Des témoins affirment cependant que Sota était une chienne habituée à la vie dans la rue, calme avec tous, qu’elle n’a eu aucune réaction violente à l’arrivée de la patrouille et qu’elle a été froidement exécutée par l’un des gardes.

La réponse spontanée de plus de 3500 habitants rassemblés dans Barcelone est un fidèle reflet des changements d’une société qui n’a jamais été aussi sensible à tout ce qui concerne le monde animal; ces personnes n’ont pas hésité un instant à voler du temps à leurs habitudes, à leurs loisirs, à leur vie de famille pour manifester contre la mort d’une chienne dont ils n’avaient jamais entendu parler ni ne connaissaient l’existence.

Pythagore a ouvert le chemin de la liberté pour les animaux en libérant les spécimens qu’il achetait dans les marchés grecs

Une hypersensibilité au monde animale qui est arrivée cependant « très tard en Europe » comme l’affirme Aida Gascon. Dans la Grèce antique d’illustres personnages comme Pythagore avaient déjà montré la voie. » Le mathématicien, philosophe, végétarien développa une des toutes premières pensées de libération animale en achetant des spécimens vivant dans les marchés pour leur rendre leur liberté. » affirme Gascon. Au XVII siècle aux Etats -Unis on vota les premières lois protégeant les animaux domestiques tandis qu’en Europe il fallut attendre la fin XIX siècle pour voir apparaître les premières associations de protection animale » mais ce n’est qu’au milieu du XXéme siécle que l’on a créé en Europe les véritables fondations du mouvement pour les droits des animaux et qui commencent aujourd’hui à porter leurs fruits. » considère la directrice de Anima Naturalis.

En Espagne le mouvement pour la défense des animaux est apparu bien plus tard que dans le reste de l’Europe. « Il a fallu attendre 1976 pour voir la création de la première ONG espagnole consacrée à la défense des animaux, mais ce n’est vraiment que dix ans plus tard qu’ont fleuri les premiers mouvements et organisations pour la libération animale. Ceux-ci bien plus radicaux ont adoptés de facto une philosophie végétarienne plus en accord avec le droit des animaux » rappelle Gascon.

Mais le grand saut du mouvement animal en Espagne n’a eu véritablement lieu que ces dernières années » tout a été possible – indique Aida Gascon -grâce à la globalisation et à l’avènement des réseaux sociaux. Les nouvelles générations sont plus sensibles aux injustices dans ce domaine et ont une plus grande conscience écologique ce qui aide à avoir une autre vision du monde animal. »

On peut constater dans ce genre de manifestations, comme celle en faveur de Sota, différents courants dans la lutte pour la défense des animaux. Le plus radical, reconnaît Gascon, est le mouvement abolitionniste  « ce sont les personnes qui refusent toute consommation de produits d’origine animale », pour eux tout est maltraitance. D’autres courants comme les « regulacionista » ou « bienestarista » ne sont pas si extrêmes et admettent que l’utilisation d’animaux dans certaines circonstances bien déterminées peut être acceptable » rajoute Gascon.

Les dernières générations sont les plus sensibles à la cause animale selon les sondages

Entre les extrêmes triomphe la position intermédiaire; Aida Gascon révèle que cette attitude  « est la plus commune en ce moment, combinant pragmatisme et morale, militant pour les réformes afin d’aboutir à l’abolition de l ‘esclavage animal. »

Les messages envoyés par les associations de défense des animaux n’ont jamais eus autant d’impact sur la société. Un animal n’est ni un objet ni un instrument pour satisfaire les besoins humains.

Comme dit Aida Gascon  « ce qui a déclenché le plus de prises de conscience c’est de constater dans les dernières études que nos animaux de compagnie souffrent et éprouvent des sentiments. »

Les organisations comme Anima Naturalis se sont fixées comme objectif le changement des lois afin de punir avec la plus grande sévérité abus et violences faites aux animaux. Ces derniers ne peuvent se défendre, c’est pourquoi la société, conclut Gascon » se doit de veiller sur leur bien être et protester quand il y a abus et violences. » //

« Chats à adopter pour des chats seuls ayant besoin de compagnie. » // El Caballo de Nietzsche // ElDiario.es // 28.12.19

  • Dans les refuges et les protectoras, il y a beaucoup de chats qui ne sont pas très sociables avec les humains mais qui sont les compagnons idéaux des autres chats qui passent beaucoup de temps seuls.
  • Le SPAP lance une campagne pour l’adoption de ces chats qui méritent aussi une maison et peuvent éviter des problèmes de santé et de comportement aux chats vivant seuls dans une famille.

Mariluz est apparue une nuit très froide dans une rue d’une banlieue de Madrid. L’hiver avait pris fin mais la température n’avait toujours pas baissé et il pleuvait sans cesse depuis des jours. Je suis allée vérifier le point d’alimentation d’une colonie que j’avais découverte il y a quelques jours et quand je suis rentrée chez moi, j’ai entendu des miaulements qui m’ont stoppée net. Des miaulements anxieux. Ils venaient du trottoir, de sous une voiture. Avec du calme et un peu de nourriture, j’ai pu la voir. C’était un petit chaton, âgé d’à peine quelques mois, peut-être trois ou quatre, tigrée, magnifique, terrifiée et affamée. Elle a mangé avec anxiété mais il était impossible de l’approcher. J’ai essayé pendant un moment et finalement j’ai perdu sa trace, elle s’est enfuie et j’ai dû rentrer à la maison le cœur serré.

Dans la matinée, j’ai décidé de demander de l’aide pour l’attraper et l’après-midi même, en quittant le travail, l’un des sauveteurs de ‘Los cuatro de la Empanadilla’ m’a accompagné dans la rue où je l’avais vue. Encore les mêmes miaulements sous les voitures. Elle était seule et effrayée, elle demandait de l’aide, mais s’enfuyait à tout bruit ou mouvement brusque. Après plusieurs heures, alors que nous étions sur le point d’abandonner, la petite entra dans la cage. Elle était enfin en sécurité et pouvait commencer sa nouvelle vie.

Mariluz est allée en convalescence pendant quelques jours dans le refuge de la Société de Protection des Animaux et des Plantes de Madrid (SPAP), puis dans une magnifique maison où nous pouvions commencer à entrevoir sa personnalité et à lui trouver une famille. C’était un chaton mais la rue l’avait déjà ravagée et sa peur était presque aussi grande que sa curiosité. Elle est apparue des matins endormis aux pieds de sa mère adoptive, mais dès qu’elle ouvrait les yeux et bougeait, Mariluz retrouvait sa distance de sécurité. Elle la suivait partout dans la maison pendant qu’elle préparait le petit-déjeuner, rangeait des choses ou parlait au téléphone, mais sans jamais se laisser toucher. Mariluz était toujours en vue, curieuse et attentive à tout, mais à une distance de sécurité.

C’était un chat qui montrait deux visages aux humains: un visage adorable, drôle, curieux et un autre timide, craintif. Mais sa caractéristique la plus marquée était son rapport avec les autres chats. Lorsqu’elle a terminé sa quarantaine et a rencontré ses frères adoptifs, il n’y a eu aucune crainte ni mise en garde. Mariluz les amadoua tous à force de câlins et de jeux et noua des liens qui perdurèrent après son départ. Parce que Mariluz, malgré sa timidité et ses peurs, avait trouvé la famille idéale pour elle.

Un jour, Carolina s’est manifestée. Elle avait vu l’une des diffusions de Mariluz sur les réseaux sociaux et avait pensé, avec raison, qu’elle pourrait être la meilleure compagne possible pour son chat. Sa chatte, a-t-elle expliqué, était très affectueuse et sociable, mais elle passait beaucoup de temps seule, toutes les heures que Carolina passait au travail ou avec ses amis et sa famille. Elle voulait un compagnon pas pour elle, mais pour son chat. Et comme chat de compagnie, Mariluz était parfaite. Plusieurs mois ont passé, Carolina a déjà réussi à caresser Mariluz et les deux chats vivent comme deux soeurs, avec leurs jeux, leurs câlins et leurs différences qui finissent par ne plus en être.

Il y a beaucoup de chats comme Mariluz dans les refuges et les protectoras. Voilà pourquoi le  SPAP a lancé une campagne pour promouvoir l’adoption de chats qui ne sont peut-être pas le compagnon idéal pour nous, mais bien pour des chats qui passent beaucoup de temps seuls.

La campagne s’adresse à toutes les personnes qui vivent déjà avec un chat, mais seulement un chat. Certes, ces chats vivent heureux avec leur famille humaine, mais souvent, nous ne réalisons pas qu’ils passent beaucoup de temps seuls, s’ennuient, sans personne avec qui jouer. Beaucoup de temps dans le même espace, comme toujours, dans l’attente du retour de leur famille pour bénéficier d’une nouveauté, d’un stimulus différent. Peut-être avez-vous remarqué que lorsque nous rentrons chez nous, ils insistent ou, au contraire, ils deviennent de plus en plus apathiques. Nous sommes sûrs que s’ils le pouvaient, ils réclameraient un compagnon de jeux, de bêtises, quelqu’un avec qui communiquer dans leur propre langage, à qui raconter les nouvelles ou avec qui se reposer.

Non seulement nos heures de travail ou de loisirs impliquent de la solitude. Mais aussi nos voyages, courts ou longs. Parfois, nous choisissons de les sortir de leur zone de confort pour les emmener dans d’autres endroits où ils peuvent être stressés, où nous ne pouvons pas garantir leur sécurité, comme nous pouvons le faire chez nous. D’autres fois, nous les laissons seuls avec quelqu’un qui vérifie que tout va bien mais ne peut pas consacrer le temps dont ils ont besoin. Et pendant que nous travaillons ou profitons de nos vacances, parfois en famille ou entre amis, ils sont seuls.

Tout progresse et heureusement, la prise de conscience des besoins des animaux de compagnie progresse aussi. Nous avions déjà compris que l’adoption responsable impliquait une série d’engagements, et la SPAP nous invite maintenant à faire un pas de plus pour améliorer la vie de ces chats. Certaines personnes peuvent ne pas être en mesure de le faire en raison de contraintes économiques ou d’espace, mais pour l’instant, éthologues et vétérinaires recommandent presque unanimement que les chats, à quelques exceptions près, partagent leur vie avec au moins un autre chat. À long terme, cela a aussi une influence sur leur santé et évite bien sûr les problèmes de comportement, surtout quand ce sont encore des chatons.

Les chats peuvent vivre de nombreuses années sans quitter le même espace et leur besoin de stimulation est énorme. Les chats qui grandissent avec leurs frères et soeurs ou avec d’autres chatons apprennent à jouer sans se faire mal, à contrôler leur force, à se mesurer, à se fixer des limites. Ils apprennent à se battre et à se réconcilier, à se comprendre, à chercher de la compagnie quand ils le veulent et à être seul quand ils le préfèrent. Vivre avec d’autres chats évite les problèmes de santé et de comportement. Ce qui, au début, génère un coût supplémentaire peut devenir au final une économie en vétérinaires, éthologues et maux de tête. Et quant à l’espace, où l’on habite, un autre convient.

Depuis que je gère des colonies félines et sauve des chatons, que je sors ceux qui sont malades ou sociables et que je cherche des familles pour eux, j’ai appris que chaque fois que cela était possible (je comprends que ce n’est pas toujours le cas et que nous sommes parfois limités), il est préférable que les chats ne partent pas seuls. Et plus encore si ce sont des chatons. À long terme, les problèmes apparaissent toujours. Quand deux partent ensemble ou un seul mais dans une maison où il y a déjà au moins un autre chat, l’adaptation est beaucoup plus facile et les problèmes sont minimisés. C’est difficile à comprendre pour ceux qui ont vécu avec un seul chat et l’ont toujours vu heureux, mais ils n’ont peut-être rien à comparer. Ou peut-être sont-ils des exceptions, ce qui, bien sûr, existe. Notre expérience est que, pour les chats, deux chats est presque toujours meilleur qu’un chat seul.

Dans les refuges, également dans celui du SPAP, il y a beaucoup de chats qui ne sont pas sociables avec les gens mais qui le sont beaucoup, beaucoup avec d’autres chats et même avec les chiens. Ils ont également besoin d’un foyer et peuvent être le compagnon idéal de ces chats qui vivent seuls. Au fil du temps et avec beaucoup d’affection, ces chats peuvent aussi avoir l’occasion de devenir sociables avec les gens. Mais même sans cela, ils seront les compagnons parfaits contre la solitude des autres chats.

Mary le sait bien, de La Manada Animalist Association, qui a sauvé Nadia dans sa propre zone urbaine. Elle était gestante et les deux chats avec lesquels plusieurs voisins l’avaient vue plusieurs jours auparavant ont été retrouvés morts à un rond-point à proximité. Peut-être que, chercher refuge pour accoucher, lui a sauvé la vie. Elle avait environ sept mois et il n’y avait pas de colonie pour la relâcher après l’avoir stérilisée, car elle ne savait pas d’où elle venait. Alors Maria l’a ramenée chez elle, l’a mise en quarantaine et l’a testée. Depuis près de deux ans qu’elle est à la maison, elle a perdu beaucoup de peur. Elle ne se laisse pas attraper, mais elle explore toute la maison et parfois elle vous surprend en approchant. Bien sûr, c’est un compagnon idéal pour les autres chats de la famille, en particulier pour les chatons qui arrivent en accueil, avec lesquels elle joue comme une jeune chatte qu’elle est. Nadia est toujours à la recherche de sa famille définitive à Madrid.

Une famille comme celles que Hopito, Corita et Misty ont trouvée chez Amaya. Ils ont pris Hopito en accueil temporaire, un mois, et voulaient profiter de cet accueil pour vaincre l’allergie d’Amaya aux chats et pour qu’elle puisse exercer sans problème son métier d’assistant vétérinaire. Le fait que le petit Hopito n’était pas très sociable rendrait les choses plus faciles, pensaient-ils. Et c’est ce qui se passa. L’allergie s’est atténuée, Hopito s’est amélioré et ils ont décidé de le garder chez eux. En plus d’être peu sociable, Hopito était positif à la leucémie, il était donc recommandé qu’il soit seul ou avec d’autres positifs.

Quand la situation s’améliora, Amaya et son partenaire comprirent qu’elle avait besoin d’un compagnon de jeu et décidèrent d’en adopter un positif, Corita. Au début, la coexistence était compliquée, un peu tendue, mais elle s’améliorait. Au cours de ce processus, Misty a dû quitter une colonie, un chaton lui aussi positif, et ils ont rouvert leur maison. Misty avait une peur énorme des humains mais les premiers jours, elle s’autorisa à se faire embrasser par Hopito. Ils se sont aimés dès le début et la coexistence avec Corita s’est remarquablement améliorée. « Misty a été comme la colle qui a fini par unir notre famille de chats », dit Amaya avec émotion, bien qu’elle puisse à peine la toucher.

Amaya et son partenaire ont surmonté la frustration que cela implique pour notre âme de primate de ne pas pouvoir toucher certains des chats avec lesquels ils vivent, mais de les voir heureux à trois « est une joie » et compense largement cette frustration. À tel point qu’ils sont en train d’en adopter une quatrième, également positive bien que plus sociable avec les humains. Leur expérience, disent-ils, est très positive et ils n’hésitent pas à encourager les familles comme eux à partager leur maison avec ces types de chats.

Après avoir demandé que l’adoption responsable soit la seule façon d’agrandir la famille avec un animal, nous vous demandons maintenant de nous aider à trouver une famille pour tous ces chats qui méritent également un foyer même s’ils ont peur des humains et de rechercher des compagnons à tous ces chats qui passent beaucoup de temps seuls. Nous vous demandons d’adopter sans penser à vous, mais à ces chats, ceux qui ont déjà une maison et ceux qui attendent une maison pour surmonter leurs peurs. Si vous avez déjà un chat, songez à la possibilité d’en adopter un qui soit leur compagnon idéal, même s’il n’est pas sociable avec vous. Ils vous remercieront et vous aurez plaisir à les voir tous les deux heureux.

« A partir du 4 janvier, les 135 #Greyhounds sauvés du #canidrome de #Macao arrivent en Europe » // Pet Levrieri // 27.12.18

« Le moment tant attendu est tout proche, plus qu’une semaine avant le vendredi 4 janvier 2019, jour où arriveront à Milan Malpensa les cinq premiers greyhounds provenant du canidrome de Macao, les pires courses au monde, qui a fermé définitivement ses portes le 21 juillet 2018.

La fermeture définitive du canidrome et le sauvetage des 550 Greyhounds détenus en son sein, a été le résultat de la longue, difficile et délicate campagne internationale ‘save the macau greyhounds’, lancée et conduite par Anima Macau, Pet levrieri Onlus e GREY2K USA Worldwide , qui a poursuivi la campagne ‘close the canidrome’, lancée par Anima e e da GREY2K USA à partir de l’automne 2011.

Ces derniers mois, nous nous sommes consacrés à trouver une famille à ces 550 Greyhounds en Europe, aux États-Unis, à Macao, à Hong Kong et en Australie, et les transports pour les États-Unis ont commencé à la fin du mois de septembre.

Pour L’Europe, l’attente a été longue, parce que les réglementations européennes sur l’importation des animaux en provenance de pays tiers sont très strictes et prévoient une procédure de quatre mois, si tout va bien.

Mais maintenant, nous sommes très proches du grand jour, le premier d’une longue série qui prendra fin à la fin du mois d’avril.

Durant ces mois, 135 Greyhounds rejoindront l’Europe et leurs familles d’accueil. Nous aurons une moyenne de deux à quatre vols par semaine.

Soixante d’entre eux sont destinés à l’Italie et seront adoptés par l’intermédiaire de notre association et nous sommes impatients de leur donner une famille pour toujours.

Cinq Greyhounds seront adoptés par l’intermédiaire de Enpa Progetto Spagna (http://www.progettospagna.it), que nous remercions pour le soutien donné à la campagne #savethemacaugreyhounds.

Nous croisons les doigts, car le voyage sera long, mais il y aura aussi beaucoup d’émotions qui grandit d’heure en heure à l’idée de pouvoir donner enfin la vie qu’ils méritent à ces chiens, privés de leur dignité et d’une vie décente d’abord exploités par l’industrie des courses australiennes puis par le canidrome de Macau.

Nous vous attendons pour les accueillir avec nous. Les premiers rendez-vous seront le 4, le 11, le 23 et le 25 janvier.

Pour des informations sur la façon d’adopter les greyhounds sauvés par le canidrome en Italie :

https://www.petlevrieri.it/adozione-greyhound-di-macao/

Pour en savoir plus sur la campagne :
https://www.petlevrieri.it/save-the-macau-greyhounds/
https://www.petlevrieri.it/news-su-pet-levrieri/il-video-documentario-della-visita-del-team-di-pet-levrieri-al-canidrome-di-macao/

On peut retrouver les premières photos et reportages sur l’arrivée des greyhounds ce 4 janvier sur la page de l’association :

« Enquête suite à la découverte du cadavre d’une chienne gestante avec les pattes arrière attachées à Baiona (province de Galice) // TeleMarinas.com // 02.01.19

Nouveau cas de violence envers les animaux à Baiona où une chienne mastine gestante a été retrouvée morte ce mardi, dans les montagnes de Baíña, près de Chan da Lagoa montagnes. Elle avait les pattes arrière attachées,  » comme si elle avait été traînée « .

Le service de collecte des animaux du Conseil Provincial, CAAN, sera chargé de retirer le corps de l’animal pour procéder à son autopsie afin d’en apprendre davantage sur les circonstances de la mort du chien.

L’animal avait erré pendant plus d’un an dans la région de Fontes, près de l’école.  » Les habitants l’ont nourri, il était la mascotte du village « , explique Ana Groba du refuge de Bai. Sindpulgas.

Le protocole a été activé après une dénonciation anonyme indiquant sa présence dans la zone.  » Celui qui l’a fait ne voulait pas être retrouvé. Elle devait être morte depuis plusieurs jours, « indique le refuge qui a fait le suivi de la chienne pendant sa grossesse », c’est la deuxième portée qu’elle allait avoir et nous avions déjà une maison pour elle « , explique Ana Groba La Garde Civile enquête sur les circonstances de la mort de l’animal.

« Les podencos sont les chiens les plus touchés par la maltraitance et l’abandon dans la Marina Alta » (région d’Alicante) // LaMarinaPlaza.com //

Lien de l’article original, en espagnol, ICI // Enlace del articulo en español AQUI.

  • Les défenseurs des animaux et les refuges de la région dénoncent une nouvelle fois un cas déjà signalé à Orba : une dizaine de chiens survit dans un taudis, dans des « conditions plus que lamentables ».
  • Ils dénoncent le « copinage » et le traitement de faveur, puisque, selon les militants, « plusieurs membres de la Seprona seraient concernés, et c’est pour cela qu’ils ne veulent pas agir ».

Un des podencos attaché et enfermé dans un taudis à Orba


Les cas de mauvais traitements et d’abandon se répètent en suivant le même schéma dans la Marina Alta (province d’Alicante). Les podencos, qui sont les chiens les plus utilisés pour la chasse, sont aussi ceux qui souffrent le plus des conséquences de ces mauvaises pratiques. Les défenseurs des animaux ainsi que les refuges de la comarque dénoncent une nouvelle fois un des cas pourtant déjà connu de la Marina Alta.

Il s’agit d’un réduit, dans le village d’Orba, appartenant à un chasseur, qui enferme dans des « conditions plus que lamentables » neuf chiens. Ce cas est déjà connu sous le nom de « cas Morell », publiquement dénoncé il y a un an environ, même si les faits remontent à 2016. Les associations dénoncent le fait que rien ne soit entrepris par la Seprona (Service de protection de la nature : unité de la Garde civile espagnole chargée de la conservation de la nature et de la gestion du secteur de la chasse et de la pêche), la police, ou la mairie pour améliorer les conditions et la qualité de vie de ces animaux.

« Ils ont réussi à rendre presque normal ce cas d’enfermement permanent et de mauvais traitements physiques et psychologiques d’un animal qui ressent la douleur et souffre », affirment les associations de défense des animaux. De plus, ils mettent en garde contre le « copinage » et le traitement de faveur dont bénéficient le propriétaire des lieux, puisque, selon les militants, « plusieurs membres de la Seprona appartiennent également au secteur, c’est pourquoi ils ne veulent pas agir. »


Pendant ce temps là, les chiens souffrent. Comme l’indiquent les vétérinaires et les experts en comportement animal, le confinement et l’immobilisation des chiens sont nuisibles à leur esprit et à leur comportement, en particulier chez les races les plus actives, comme les podencos, car leur niveau d’activité et d’exercice devrait être beaucoup plus élevé. « Ils sont détenus en intérieur, dans la pénombre, attachés, sans voir la lumière du jour, sans sociabilisation, et sans presque pouvoir bouger non plus. »

Abandons et saturation des refuges

Cette situation a de graves répercussions sur la psychomotricité et les compétences des podencos. Au point qu’ils ne servent plus les intérêts des chasseurs. Ils perdent la notion du rappel, et beaucoup finissent par être abandonnés au milieu des champs. Les refuges, saturées de cas comme ceux-là, alertent sur cette situation.

« Il faut en prendre conscience », clament les associations. « Les chiens doivent être retirés à cette personne pour mauvais traitements et détention dans de mauvaises conditions, ou bien être confiés à des refuges qui leur donneront l’opportunité de connaître une vie digne de ce nom. C’est tout ce que nous demandons ! »

« La « finca des horreurs » en Murcie : un des pires cas de maltraitance animale » // Cuatro.com // 12.12.18

 » Equalia dénonce un cas extrême de maltraitance animale sur une exploitation agricole près de Javalí Nuevo (Murcie), dans laquelle se trouvent de nombreux animaux déshydratés, sans eau potable, obligés de se nourrir des restes de leurs congénères décédés. Selon l’organisation, l’Administration de la Région de Murcie était au courant de cette situation, mais n’a rien fait pour y remédier. « 

Voir la vidéo en cliquant sur le lien de l’article original, en espagnol ICI.


Traduction du commentaire accompagnant le reportage vidéo :

« Chez Equalia, nous avons souhaité mener l’enquête pour comprendre comment le meilleur ami de l’homme pouvait être maltraité jusqu’à la mort, en toute impunité. Lors de notre enquête, nous avons été confronté à des chiens livrés à leur propre sort, survivant au milieu de leurs déjections, enfermés ou attachés continuellement. Beaucoup d’entre eux finissent errants dans les rues, perdus et complètement désorientés, livrés à eux mêmes, courant le risque de se faire écraser par les voitures. Ce fut le cas de ce chien, qui se trouve maintenant en état de décomposition sur le bord de la route, sans que personne ne s’arrête pour ramasser son corps. Mais entre tous ces exemples, la plus grande preuve de cruauté et d’impunité que nous avons relevé concerne la « finca » de Javalí Nuevo (région de Murcie).

C’est ici que nous avons trouvé une parcelle sur laquelle vivaient de nombreux chiens dans d’horribles conditions. Le propriétaire entasse ces chiens dans la saleté et la misère. Des cadavres en décomposition jonchent le sol. Nous avons vu un chien n’ayant pas d’autre choix que de se nourrir du cadavre d’un de ces congénères. Les carcasses d’animaux sont incinérées sur cette même parcelle, à l’air libre. Cela va à l’encontre des normes d’hygiène imposées par l’Ordonnance de protection animale de la région de Murcie. Les restes de ces animaux morts sont dispersés aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’exploitation. En juin 2018, cette situation à été signalée dans les médias, et le cas fut dénoncé et sanctionné.

Pourtant, les chiens continuent de s’entasser sur cette parcelle sans que rien ne soit fait. Nous avons pu filmer cette séquence où un chien malade, sans eau ni nourriture, agonisait à même le sol sous 48°C. Ce chien est resté ainsi vingt jours. Il y a quelques semaines, nous avons également filmé ce chien enfermé dans une cage à oiseaux. C’est donc de cette manière que nous traitons notre meilleur ami. Nous avons dénoncé le cas, en demandant le retrait de l’habilitation permettant la détention d’animaux aux propriétaires de l’exploitation. 


Nous avons besoin de votre aide pour que les injustices comme celle-ci soient dévoilées au grand jour.  Soutenez notre travail : equaliaong.org/perros-murcia « 

« Loi controversée sur les animaux de compagnie à La Rioja  : « autopsie » obligatoire et 2 promenades par jour. » // La Voz de Galicia // 06.12.18

// Cette loi rend obligatoire la stérilisation de tous les animaux de compagnie.

Jon Nazca / Reuters

La Rioja (*)vient d’approuver – avec le soutien du PSOE, de Podemos et de Ciudadanos – la loi sur la protection des animaux la plus restrictive (et aussi la plus controversée) d’Espagne. Le règlement prévoit des sanctions économiques pouvant aller jusqu’à 100.000€ pour ceux qui maltraitent les animaux, mais punit aussi ceux qui les laissent seuls pendant plus de 48h dans des fincas, ceux qui ne les stérilisent pas ou ceux qui ne certifient pas que leur mort répond à des causes naturelles. Son objectif est de « garantir la protection, le bien-être et la possession responsable des animaux ».

(*) L’une des Communautés autonomes espagnoles.

A quels animaux s’adresse cette loi ?

A tout animal domestique depuis les chiens jusqu’aux lapins et aux furets. La loi considère comme animal de compagnie les animaux « que les gens gardent principalement à la maison pour le plaisir de leur compagnie » à condition que leur possession « n’implique pas leur consommation ou l’utilisation de leurs productions ou n’est pas destinée, en général, à des fins commerciales ou lucratives ».

On parle donc des chiens, des chats mais aussi des furets ou des lapins, par exemple. Elle concerne également les animaux abandonnés, ‘tous ceux qui circulent ou se déplacent sans être accompagnés, que leur origine ou leur propriétaire ou responsable soient identifiés ou non, et que leur perte ou vol n’a pas été signalé par son propriétaire ou responsable dans un délai de 48h après que les faits se soient produits.

Autopsie obligatoire’

Rapport vétérinaire. Les propriétaires des animaux doivent désormais prouver les causes de leur mort et le signaler au recensement : un professionnel de la santé devra s’assurer que l’animal n’est pas décédé des suites de mauvais traitements. Les propriétaires devront donc assumer le coût de ce certificat.

Euthanasie zéro

Euthanasie interdite dans les centres d’accueil. Six ans après l’entrée en vigueur de cette loi, il sera interdit de sacrifier des animaux dans les centres d’accueil pour animaux de compagnie sur tout le territoire de la Communauté.

Exercice

Deux promenades quotidiennes. La nouvelle norme précise que les propriétaires d’animaux doivent « offrir l’exercice quotidien nécessaire à leur animal, au moins deux promenades quotidiennes, ainsi qu’une attention et des soins adaptés aux besoins de chaque animal ».

Toujours à l’intérieur. Il est interdit de garder les animaux en permanence sur les terrasses, les balcons, les toits, les débarras, les sous-sols, les patios et autres endroits similaires.

Stérilisation.

Tous. « Les chiens, les chats et les furets doivent être stérilisés sous contrôle vétérinaire, dans des lieux dûment autorisés à cet effet. » Les sanctions peuvent aller jusqu’à 100.000€ en cas d’interventions de ce type réalisées sans supervision médicale. Le coût d’une stérilisation varie entre 120 et 250€.

Inspections.

N’importe où et sans notification. La loi prévoit également que les responsables concernés –agents des forêts, agents de sécurité de l’Etat, police locale ou agents municipaux ou de l’administration régionale – peuvent « accéder librement, sans préavis, à tout établissement, installation, véhicule ou moyen de transport, ou lieu en général, afin de vérifier le degré de conformité avec les dispositions de la loi ». Même chez les particuliers. Ils doivent pouvoir dans ce cas prouver leur qualification.

Maximum 48h seuls dans les fincas

Infraction légère. Les propriétaires d’animaux ne peuvent pas les laisser seuls « dans des fermes, commerces, entrepôts, terrains, maisons inhabitées et lieux similaires, sans la surveillance appropriée de leur propriétaire ou responsable, pendant plus de 48 heures. » Les amendes vont de 100 à 500€en cas de non-respect.

Dans la zone urbaine

Pas dans les jardins. Est considéré comme infraction grave – sanctions de 500 à 5.000€- « le transfert de chats domestiques et de tout autre animal de compagnie dans des parcelles, jardins ou des terrains situés en dehors de la zone urbaine où ils sont maintenus en état de liberté ou de manière incontrôlée ».

Festivités

Pas d’animaux dans les fêtes populaires. Les animaux ne peuvent pas être utilisés dans des spectacles ou des fêtes populaires susceptibles de nuire à leur bien-être ou de conduire à des comportements inappropriés pour leur espèce.

Chiens de berger

En voie d’extinction .La loi interdit expressément « d’utiliser des chiens comme obstacle pour empêcher le passage du bétail ». //

Lien de l’article original en espagnol, ICI // Enlace del articulo original en español, AQUI.

« La vie des meutes de chiens de chasse: isolement, déséquilibre psychologique et stress » // El Diario // 21.11.18

  • Les « jaurías », les meutes de chiens de chasse sont à la fois isolées et ne bénéficient que de très peu de moments de socialisation. Elles sont également exposées à des pics d’excitation maximale qui les empêchent de voir le danger, expliquent les experts en comportement animal.
  • Cette association est “déplorable” pour leur état psychologique, estiment-ils. Cependant, les chasseurs insistent sur « l’amour extrême » porté à leurs chiens : « ceux qui ne l’ont pas vécu ne peuvent pas comprendre ».
  • Même si la vidéo a ternit l’image de la chasse, les associations des défenseurs de la chasse ont obtenus en Andalousie et Estrémadure que la chasse en meute soit reconnue “Bien d’intérêt culturel » (BIC)

// C’est l’essence même de la chasse au gros gibier qui ressort de la vidéo diffusée ces derniers jours sur internet. On y voit un cerf poursuivit par une douzaine de chiens tomber dans un ravin, lors d’une partie de chasse en montagne, une montería : l’exemple d’une meute de chiens qui passent de très longues journées et mois à s’ennuyer, complètement inactive, que l’on lâche tout d’un coup à la poursuite d’une proie. Les chiens atteignent alors un niveau d’excitation extrême où l’unique objectif est le respect des règles imposées. « Ils deviennent aveugles face au danger », expliquent les experts comportementalistes avec lesquels interrogés par eldiario.es.

“Les sorties en pleine nature sont une échappatoire pour ces chiens dont la vie n’a rien de formidable, au contraire, c’est une vie de misère », décrit José Enrique Zaldívar, président de l’association des vétérinaires Avatma. Il ne fait pas seulement référence aux mauvaises conditions physiques « qui pourtant existent », mais également aux très longs moments que passent ces chiens seuls, sans autre compagnie que les autres chiens de la meute, ce qui est très mauvais pour l’équilibre psychique de l’animal. 

« La vie est très monotone pour eux. Les chiens s’ennuient ». Cette phrase n’a pas été prononcée par un vétérinaire, mais par un chasseur qui montre dans une vidéo comment ils prépare ses animaux. « Ils n’attendent qu’une chose : qu’on les sortent pour s’entrainer ».  On peut ensuite le voir y attacher une dizaine de chiens à un cadre, puis les faire sortir pour courir. Fernando Peláez del Hierro, professeur de psychobiologie, considère que ce qui s’est passé en Estrémadure n’est pas une surprise du point de vue étiologique :  « Le degré d’excitation est tel que les animaux ne savent même plus où ils sont. Ils n’ont pas peur du vide, mais beaucoup de chiens n’ont pas peur des voitures non plus. » Peláez del Hierro ajoute que le mode de vie de ces meutes « peut accroître » cette frénésie car « ce sont des races extrêmement actives qui sont sélectionnées et entraînées pour, lorsqu’elles ont la chance de courir, se jeter sur une proie ».


La meute est un élément essentiel de la chasse à cour. Les chiens (24, 30, ou plus), sont lâchés dans des zones montagneuses pour déloger le gros gibier : sanglier, cerf, daim… afin que ces derniers fuient vers les postes où les attendent les  tireurs. Lorsque les chiens sont lancés aveuglement sur l’animal, cela peut produire des accidents comme celui visible dans la vidéo.


Javier Bravo est éducateur canin. Il considère que la manière dont ces chiens sont élevés et entraînés à la chasse n’empêchera pas ce type d’accident de se reproduire, au contraire. Pourquoi ? « La surexcitation du chien est telle qu’il est incapable de détecter le danger qu’il encourt. Aujourd’hui, c’est un ravin, mais demain, ce pourra être un clôture électrique ou encore un mur. ». Javier Bravo ajoute qu’il est devenu « normal pour ces chiens d’être dans un état de stress chronique, dû au manque de sociabilisation, au manque d’espace, et au manque de contact avec l’humain. Puis tout à coup, ils sont soumis à une activité intense et excitante comme la chasse à courre. Cela est dangereux pour leur équilibre psychologique ». 

Des affirmations que ne veulent pas entendre les propriétaires de ces chiens. Selon eux, l’amour qu’ils portent à leurs chiens est leur moteur, ce qui les fait avancer. Antonio participe aux « monterías » depuis 1990, dans la province de Cordoue. « Voir cette vidéo m’a rendu malade, car il m’est arrivé une chose similaire il y a quelques années », explique-t-il. « A quelques exceptions près, le propriétaire d’une meute de chiens le fait pour l’amour des animaux, et non pas pour l’argent, car cela rapporte très peu. » Ce propriétaire de plusieurs ‘rehalas’ insiste sur le fait qu’il n’a pas besoin de ces chiens pour attraper une proie, mais que les voir profiter de leurs sorties de chasse est un réel plaisir, que ceux qui ne l’ont jamais vécu ne peuvent pas connaître. David, un autre « rehalero », considère que « l’accident du ravin en est un comme les autres ». Il ajoute : « beaucoup des actions que nous menons pour sauver des animaux ne sont jamais relayées. » Cette sensation d’incompréhension est générale dans le milieu de la chasse, et se traduit par une sorte de confrontation entre le monde urbain et le monde rural. « Celui qui veut apprendre devrait devenir chasseur » pouvait-on lire sur un forum dédié à la chasse après la publication de cette dernière vidéo. Selon David, le ‘rehalero’, « ils veulent tout simplement nous détruire ».


La « Fédération Royale de Chasse Espagnole » a qualifié l’accident de la vidéo devenue virale comme « fatal » bien que, comme le reconnaît le ‘rehalero’ Antonio, ce ne soit pas un cas isolé. Bien que les images aient porté préjudice à l’image de la chasse, les groupes de chasseurs ont réussi à amener l’Andalousie et l’Estrémadure à considérer la possibilité de déclarer les monterías et les rehalas comme biens d’intérêt culturel.


Un simple loisirs avec ses « animaux de compagnie »

A défaut d’avoir contribué à ce reportage, l’Assocation des chasseurs espagnols (Asociación Española de Rehaleros) ainsi que l’Association des chasses régionales (Rehalas regionales) présente à l’écrit leur vision de cette activité : « un ‘rehalero’, c’est un chasseur lambda mais à qui son activité coûte plus cher qu’un autre chasseur. Il pratique un loisir romantique, et porte un amour extrême à ses chiens. 365 jours de soin pour 30 jours de chasse. » En 2014, l’association a cependant refusé que le Ministère des finances de Cristobal Montoro contrôle leurs revenus, en faisant passer leur activité pour un simple passe-temps.


Les données choquent. Trois études différentes commandées pour prouver l’importance économique du secteur de la chasse de 2002 à 2018 ont quantifié l’investissement nécessaire pour créer une ‘rehala’. La plus récente, effectuée par Deloitte, explique : « Un ‘rehalero’ espagnol moyen dépense en moyenne 10 140 euros par an ». Une autre analyse réalisée en 2012 par la Fondation pour l’étude et la défense de la nature et de la chasse estime que « la première installation coûte 80 000 euros. Le coût d’exploitation est d’environ 20.000 euros par an. » Les deux études ont estimé à environ 3.000 ‘rehaleros’ opérant dans toute l’Espagne.


Un coup d’oeil aux annonces des activités de chasse suffit à se rendre compte des différents services proposés par les propriétaires de chiens : « Offrons services professionnels grâce à nos magnifiques « rehalas », déplacement compris. Satisfait ou remboursé ». Un autre chasseur assure qu’il accomplira « toutes les attentes du client ». « Il y a beaucoup de pression sur les chiens afin qu’ils remplissent les objectifs », analyse une autre experte en comportement canin, qui préfère rester anonyme, car elle travaille pour un service public. Les « rehaleros » ont fait en sorte que le gouvernement les écoutent.

En 2002, ces chasseurs avaient assurés que leurs chiens étaient « des animaux domestiques, de compagnie », pour s’affranchir des nouvelles règles sanitaires qui les concernaient si leurs animaux étaient reconnus comme « productifs ». Sur ce point, tous les experts s’accordent à dire que ces chiens ne sont pas des animaux de compagnie. « Ce sont des meutes qui servent à la chasse, c’est différent. Et hiérarchisé. », affirme le professeur Peláez del Hierro. « Une personne qui possède 20 ou 30 chiens ne peut pas les qualifier d’animaux domestiques. », confirme l’éducateur canin Javier Bravo. « Si le chien à été élevé et entraîné depuis tout petit dans le but de chasser en meute, ce n’est certainement pas un animal de compagnie. Si un de ces chiens est retiré de la meute, il ne peut pas se convertir en chien d’intérieur », conclut la troisième experte. 
Les « monterías » connaissent leur pic d’activité en ce moment, et ce jusqu’à la fin du mois de février. Les conseils d’Andalousie et d’Estrémadure maintiendront cette proposition pour en faire des BIC (et la protection juridique que cela implique). Le vétérinaire Zaldívar explique qu’il est « très difficile de s’opposer aux chasseurs, mais ce qui est clair, c’est que la chasse avec « rehalas » doit disparaître. » //