« Rehalas; l’enfer sur terre des podencos » // texte de Juan Ramón Ortiz de la Torre publié sur la Plataforma NAC. No A la Caza. // 9.05.2021

« Avant de commencer, je veux vous dire que si je parle des Podencos, c’est parce que ce sont les Podencos et les croisés Podencos que l’on retrouve principalement dans ces lieux d’extermination.

Les rehalas sont des endroits sombres, sales, avec une odeur caractéristique, ils sentent la peur, la peur des chiens qui ici survivent.

Dès qu’ils sont nés (et il y a beaucoup de naissances), ils sont catalogués par le propriétaire de la rehala ou par celui qui a la rehala en gestion. En gros il y a trois groupes, ceux qu’ils vont consacrer à la chasse, ceux qui vont servir à la reproduction, et ceux qui vont mourir directement parce qu’ils sont nés avec un défaut visible qui, selon celui qui les examine, les rend inaptes à appartenir à un des deux autres groupes. Ils les noient alors en leur plongeant la tête dans l’eau ou simplement leur brisent le cou.

La vie des membres des deux autres groupes n’est pas très longue, s’ils perdent l’odorat et laissent échapper des proies, ou s’ils se blessent à une patte et ne peuvent pas courir, ils s’en débarrassent (j’insiste, il en naît beaucoup).

Les femelles qui sont destinées à la reproduction passeront des années où, à chaque fois qu’elles seront en chaleur, on les enfermera dans une espèce de boîte qui les immobilise sauf la partie arrière pour permettre à tout mâle de les monter, et vu cette existence, elles ne vivent pas non plus très longtemps. Il arrive un moment où elles ne sont plus rentables pour les propriétaires de ces lieux, accumulant des maladies qu’elles peuvent transmettre à leurs chiots.

C’est très compliqué dans les rehalas de voir des chiens pucés car les responsables de rehalas et les propriétaires savent à l’avance quel sera le triste sort de ces chiens et préfèrent donc qu’ils ne puissent pas être liés à eux.

Tout aussi compliqué de voir des vétérinaires se rendre régulièrement dans les rehalas car ils devraient signaler que les chiens qui y survivent ne sont pas identifiés.

Dans les rehalas, on meurt de faim, les propriétaires et les responsables de rehalas se défendent en disant que de cette façon, affamés, ils chassent mieux, dans les rehalas, il y a des combats pour manger le bout de pain qu’on leur jette, dans les rehalas il y a des maladies, dans les rehalas comme je l’ai dit au début, ça sent la peur et dans les rehalas, on meurt très tôt.

Dès qu’un membre de la rehala se casse une patte, a perdu l’odorat, tombe malade ou n’est plus apte pour la reproduction, ils se débarrassent de lui ou d’elle.

Lorsque cette situation se produit, le responsable de la rehala a plusieurs possibilités qui s’offrent à lui.

Certains les emmènent dans des refuges et les abandonnent là. Beaucoup, les plus nombreux, choisissent de mettre fin à la vie des chiens qui leur ont servi de diverses manières. Ils leur tirent une balle dans la tête (peu utilisée parce qu’ils ne valent pas une cartouche). Ou les noient par immersion (mais cela arrive aussi rarement car le chien résisterait). Ou les abandonnent en pleine campagne et peuvent même en arriver à leur casser les pattes pour être sûr qu’ils ne reviennent pas. Ou ils les pendent en utilisant la méthode du piano, cet euphémisme consiste d’abord à emmener le chien dans un endroit très éloigné pour qu’on ne puisse pas faire le lien avec eux, ils cherchent un arbre vigoureux et le pendent à l’une des branches de telle façon qu’il sache encore s’appuyer sur les pattes arrière et là l’′′ humain  » fuit, il sait que le sale boulot est fait. Le chien lutte dans cette position jusqu’à l’épuisement et puis lentement, il agonise et finit par mourir pendu quand ses pattes n’arrivent plus à le soutenir.

C’est la courte vie des Podencos et de leurs congénères dans les rehalas.

A propose, en Andalousie, ces camps d’extermination de chiens ont été déclarés Bien d’Intérêt Culturel.

P.S. À tous ceux qui vont argumenter que tous les propriétaires de rehalas et les chasseurs ne sont pas comme ça, je vais vous dire quelque chose, tous les chiens dits de chasse qui se retrouvent pendus, brûlés, noyés et abandonnés, avant d’arriver à cette terrible situation, avaient des propriétaires et, quel hasard, c’était tous des chasseurs. »

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