« LA MALCHANCE DE N’ÊTRE QU’UN OUTIL » // Texte de Pedro de Paz // Publié sur la Plataforma NAC No A La Caza // 3.02.21

 « Parmi toutes les races de chiens, il en est une dont la triste réalité de la vie est déchirante et poignante : le galgo. En Espagne, un nombre très élevé de galgos est abandonné et sacrifié chaque année, et la raison à cela est aussi simple que cruelle : alors que pour d’autres races de cette même espèce, la relation avec le maitre sous-entend un lien affectif fort, le galgo est, dès sa naissance défini comme un simple outil, un objet.

Le galgo ne s’élève pas et ne s’adopte pas dans le but de faire partie de l’environnement familial. Il s’élève exclusivement dans le but d’être utilisé, principalement dans le milieu de la chasse. La durée de vie « utile » d’un galgo dans cet environnement est de deux ans. Durant cette période, les chiens sont confinés dans des endroits insalubres, sont alimentés de manière aléatoire, sont entrainés pour courir attachés à des véhicules, et sont enfermés en attendant que la période de chasse soit ouverte. Au même titre qu’outil stocké dans une remise, ils ne sortent que lorsqu’ils ont besoin d’être utilisés. Une fois ces deux premières années passées, et lorsque le chien se fait plus lent, plus paresseux, plus maladroit, autrement dit, lorsqu’il n’est plus assez valeureux, il devient alors un « objet » aussi inutile qu’une tondeuse à gazon en panne ou une voiture qui ne fonctionne plus. Il est alors « inutilisable ». Se passe alors la même chose qu’avec les objets inutiles qui ne servent plus : on s’en débarrasse pour s’en procurer un nouveau qui lui, fonctionne bien.

Il est plus rentable d’élever une portée de nouveaux galgos que de garder ceux qui ont déjà cessé de remplir la tâche qui leur est demandée. Cela vous semble-t-il cruel lorsqu’il s’agit d’êtres vivants ? Ça l’est. Vous croyez que j’exagère ? Il est facile de le vérifier. Promenez-vous dans n’importe quel élevage de galgos et voyez de vos propres yeux combien de chiens de plus de deux ans y ont leur place. Mais cette conception froide et calculatrice de l’existence d’un être vivant atteint l’expression maximale de l’horreur et de la bassesse quand on connaît les moyens atroces utilisés pour se débarrasser de ces vieux « outils ». Selon l’adage, « un vieux galgo ne vaut pas le prix d’une balle ». Ils sont alors pendus à des arbres en laissant leurs pattes arrières toucher le sol pour que l’agonie de l’animal soit plus longue, ils sont jetés dans des puits pour qu’ils se noient, ils sont battus à mort, ils sont brûlés ou simplement abandonnés à leur sort, profitant du fait qu’ils n’aient pas de puce d’identification, en raison du manque de contrôle des éleveurs.

Certains se demandent pourquoi les propriétaires de galgos n’agissent pas de manière plus « clémente » en remettant à la fourrière les animaux qui ne leur sont plus utiles. La réponse est à nouveau aussi simple qu’inhumaine : la rotation des chiens par saison dans un chenil est généralement d’une quinzaine de galgos. L’abandon de quinze galgos par an à un refuge susciterait trop de réticences et obligerait à donner trop d’explications. Il est plus facile de s’en débarrasser par des méthodes expéditives et de les jeter à la décharge comme quelqu’un qui se débarrasse d’une vieille machine à laver. Dans cette mesure, ils sont considérés comme des « objets ».

Heureusement, la prise de conscience de ce type de pratiques cruelles fait que, petit à petit, la situation de cette race évolue. De plus en plus de gens découvrent que ce sont des animaux dociles, nobles, calmes et extrêmement fidèles et ils les adoptent en les intégrant comme un membre de la famille. Malgré cela, leur réalité vitale est toujours extrêmement dure et compromise. Et il en sera ainsi tant que des lois punissant sévèrement ces pratiques inhumaines ne seront pas votées. Mesures favorisant le contrôle de l’élevage des lévriers, l’éradication de l’élevage sans discernement et l’obligation d’identifier par une puce tous les animaux nés d’une portée. Si vous souhaitez apporter votre contribution à cette cause, diffusez cette information. Sensibilisez les gens à la triste et sombre réalité de ces animaux et participez à toutes les initiatives qui parviennent à vos oreilles pour éradiquer ces pratiques cruelles. Ils vous remercieront.//