« Ils accusent un habitant d’Adra d’avoir maltraité 40 chiens dans une ferme en ruine » // Communauté de Madrid // Adra Ideal.es // 2.12.19

 » Les chiens, qui vivaient dans de très mauvaises conditions, ont été libérés et donnés en adoption par plusieurs personnes que le propriétaire accuse maintenant de soustraction frauduleuse.

Les chiens vivaient entassés dans une ferme en ruine située dans le quartier Abderitana d’El Trebolar. Enchaînés, négligés, faméliques, mal nourris, exposés au soleil et, pour certains, avec de graves blessures physiques. Ils étaient sous la seule surveillance de leur propriétaire, un habitant de la localité qui les utilisaient probablement pour la chasse et qui est aujourd’hui accusé de maltraitance envers ses animaux. Les chiens ont été libérés et donnés en adoption par plusieurs personnes anonymes qui, à leur tour, ont été dénoncées par le propriétaire pour soustraction frauduleuse. Les deux délits présumés, qui ont fait l’objet d’une enquête de la part de la Garde Civile d’Almeria, sont entre les mains du juge qui devra déterminer les responsabilités juridiques des deux parties.

Les événements se sont produits en août dernier, lorsque Silvia – nom fictif pour protéger son identité – a reçu un « appel à l’aide ». Elle a au départ été informée de l’existence d’un groupe de chiens qui vivaient dans de très mauvaises conditions  dans une ferme en ruine située à El Trebolar. Indignée par les faits et sans en informer les autorités policières, elle s’est organisée avec un refuge anglais – basé à Malaga – pour transférer les chiens un matin très tôt dans une camionnette. Selon son témoignage, lors d’une première opération, « nous avons libéré » 27 chiens avec l’aide de plusieurs personnes. Lors d’une seconde opération, un mois plus tard, nous en avons libéré dix de plus. Huit sont morts par après.

La majorité ont été adoptés via plusieurs associations étrangères. D’autres attendent toujours dans des familles d’accueil. Certains ont eu besoin de soins médicaux d’urgence à cause des graves blessures qu’ils présentaient et tous, sans exception, gardent des séquelles suite à ce qu’ils ont vécu.

Par la suite, le groupe a décidé d’informer la Garde civile de ce qui s’était passé. Les agents ont confirmé que les animaux vivaient dans de « mauvaises conditions », comme en attestent les photographies et les rapports vétérinaires fournis par ce groupe de volontaires. Le propriétaire est accusé d’avoir commis un délit présumé de maltraitance animale et, à son tour, il a accusé les personnes qui ont participé au sauvetage présumé de soustraction frauduleuse. «Ce sera au juge de déterminer s’il s’agit d’un sauvetage ou d’un vol, mais nous n’avons pas peur des représailles. Nous le referions », réaffirme Silvia.

Manque de preuves

La Garde Civile d’Almeria a confirmé les faits au journal IDEAL. « Le propriétaire de l’animal fait l’objet d’une enquête pour délit de maltraitance envers les animaux, mais les preuves sont insuffisantes car les chiens ne sont plus là », déplore le Service de protection de la nature de SEPRONA. La Comandancia d’Almería rappelle la nécessité d’alerter la Police locale et la Garde Civile lorsque l’on constate un cas présumé de maltraitance animale. Il suffit d’appeler les numéros 062, 092 ou 112 pour le communiquer. Les agents sont spécialisés dans le sauvetage d’animaux en danger et disposent des outils nécessaires pour instruire la procédure « avec toute la charge de la preuve ».

Actuellement, la maltraitance animale est classée comme délit dans le Code Pénal avec des peines de prison allant de trois mois jusqu’à un an dans les cas graves, ou de six à 18 mois en cas de décès de l’animal. De plus, selon ce qu’a confirmé l’avocat Juan Gómez à notre journal, les peines vont de pair avec l’interdiction d’exercer un travail  en relation avec les animaux. Les mêmes sources rappellent que l’abandon d’un animal est également un délit en Espagne. « Dans la pratique, si l’accusé n’a pas d’antécédents, il ne se retrouve généralement pas en prison », précise-t-il toutefois.

Les enquêtes et procédures relatives aux deux faits délictueux sont entre les mains des tribunaux de Berja. Une fois les déclarations ratifiées, la sentence sera rendue.

Le témoignage

Silvia se souvient encore les yeux pleins de larmes de l’angoisse qu’elle a ressenti, ce matin d’août, lorsqu’elle est allée sur place vérifier l’état des chiens qu’elle a ensuite transférés et mis à l’adoption. «Nous les avons trouvés dans une maison abandonnée à El Trebolar. Avec un lecteur de puces, nous avons vérifié ceux qui avaient une puce et, à la hâte, nous avons mis dans la camionnette tous ceux que nous pouvions. Il y en avait beaucoup et de races différentes. Je n’avais jamais rien vu de tel. Des chiens agonisants, sans eau, avec des blessures à vif, affamés, perdus au milieu des peaux d’une chèvre qui leur avait servi de nourriture, entourés de rats, d’ordures, de gants tachés de sang et avec des chaînes si courtes qu’ils ne pouvaient même pas se coucher », ajoute-t-elle.

Silvia s’arrête, reprend son souffle et continue: «Avant de partir, nous avons découvert une chienne terrorisée dans un trou. J’ai levé un matelas et elle avait ses chiots avec elle. Certains étaient morts. Les rats étaient en train de manger les bébés. » Horrifiée, elle se souvient toujours impuissante d’une podenca blanche « avec une patte pendante, qui ne s’est pas laissée attraper ». Silvia, qui est revenue sur les lieux un mois plus tard pour effectuer un second « sauvetage », souligne l’aide reçue par plusieurs protectoras étrangères pour replacer les chiens. « Mais aucune protectora espagnole », regrette-t-elle. En attendant la décision judiciaire, elle se justifie de ne pas être allée directement informer la Garde Civile « par peur » et par « méfiance » qu’ils ne fassent rien. Depuis lors, elle reconnaît qu’elle a du mal à trouver le sommeil et qu’elle a perdu « l’envie de vivre ». « On ne peut pas vivre et sourire quand on a connu le pire de l’être humain » conclut-elle.

Voies légales

La collaboration des citoyens est essentielle pour identifier de possibles cas de maltraitance animale dans la sphère domestique. Ils affectent principalement les chiens et les chats. Causer de la douleur ou du stress à un être vivant, que ce soit par action ou par omission, est un délit et doit être dénoncé.

En ce sens, tout citoyen a l’obligation morale de communiquer ce délit à une autorité de police. Si vous êtes témoin, il suffit d’en informer la Police Locale ou la Garde Civile soit par e-mail ou par téléphone aux numéros 062, 112 ou 092. Vous pouvez aussi vous présenter dans un des bureaux de police et, si vous le souhaitez, déposer une plainte officielle. Il est en tout cas peu ou pas utile de le faire via les réseaux sociaux.

Une fois le cas communiqué, ce sont les agents eux-mêmes qui doivent se rendre sur les lieux, vérifier et confirmer qu’il s’agit bien de maltraitance et, si nécessaire, transférer l’animal à un refuge pendant la durée de l’enquête. De plus, ils peuvent identifier son propriétaire, grâce au lecteur de puces, et enquêter sur les détails de ce qui s’est passé. Seule une autorité publique est autorisée à le faire. Ce ne sont pas des personnes anonymes ou les refuges, même si la vie de l’animal est en danger. Sinon, ils peuvent être poursuivis pour effraction, vol ou vol avec effraction. En outre, l’expertise vétérinaire commandée par l’autorité compétente est décisive pour traiter l’affaire, soit par voie administrative, soit par voie pénale. C’est la principale preuve du délit. La Garde Civile charge le SEPRONA ou Service de Protection de la Nature d’enquêter sur ces affaires. »

Version espagnole

« Acusan a un vecino de Adra de maltratar a 40 perros en un cortijo en ruinas

Los canes, que malvivían en pésimas condiciones, fueron liberados y dados en adopción por varias personas, que han sido denunciadas por apropiación indebida

Malvivían hacinados en un cortijo en ruinas ubicado en la barriada abderitana de El Trebolar. Encadenados, desatendidos, famélicos, desnutridos, expuestos al sol y, en algunos casos, con graves lesiones físicas. Lo hacían bajo la única supervisión de su dueño, un vecino de la localidad que posiblemente los usase para cazar y que hoy se enfrenta a un delito por maltrato animal. Los canes fueron liberados y dados en adopción por varias personas anónimas que, a su vez, han sido denunciados por el propietario por apropiación indebida. Sendos delitos, que han sido investigados por la Guardia Civil de Almería, están en manos del juez para dirimir las responsabilidades legales de ambas partes.

Los hechos ocurrieron el pasado mes de agosto, cuando Silvia -nombre ficticio para proteger su identidad- recibió una «llamada de ayuda». Le informaron entonces de la existencia de un grupo de perros que malvivía «en pésimas condiciones» en un cortijo en ruinas en El Trebolar. Indignada y sin notificar el caso a la autoridades policiales, se organizó con una protectora inglesa -con sede en Málaga- para trasladar a los perros de madrugada en una furgoneta. Según su testimonio, en una primera actuación, «liberamos» a 27 perros con ayuda de varias personas. En la segunda, ocurrida un mes después, a diez más. Ocho murieron posteriormente.

La mayoría fueron dados en adopción a través de varias protectoras extranjeras. Otros permanecen a la espera en casas de acogida. Algunos necesitaron atención médica urgente por las heridas que presentaban y todos, sin excepción, presentan secuelas por lo vivido.

Posteriormente, el grupo decidió poner en conocimiento de la Guardia Civil lo ocurrido. Los agentes corroboraron que los animales se encontraban en «pésimas condiciones» y así lo acreditan las fotografías y los informes veterinarios aportados por este grupo de voluntarios. El propietario está acusado de cometer un supuesto delito de maltrato animal y, a su vez, ha acusado a las personas que participaron en el supuesto rescate de apropiación indebida. «Será un juez el que determine si se trata de un rescate o de un robo, pero nosotros no tenemos miedo a las represalias. Lo volveríamos a hacer», se ratifica Silvia.

Falta de pruebas

La Guardia Civil de Almería ha confirmado a IDEAL el caso. «Al dueño de los animales se le está investigando por un delito de maltrato animal, pero no hay pruebas suficientes porque los perros no están», lamentan desde el Servicio de Protección de la Naturaleza, SEPRONA. Desde la Comandancia en Almería se recuerda la necesidad de alertar a Policía Local y Guardia Civil ante un supuesto caso de maltrato animal. Basta con marcar los números 062, 092 o 112 para comunicarlo. Los agentes están especializados en el rescate de animales en peligro y disponen de las herramientas necesarias para instruir las diligencias «con toda la carga de pruebas».

Actualmente el maltrato animal está tipificado como delito en el Código Penal con penas de prisión de tres meses a un año o, en los casos graves, o de seis a 18 meses si hay muertes. Además, según subraya a IDEAL el abogado Juan Gómez, las penas llevan aparejada la inhabilitación para ejercer empleos vinculados a animales. Las mismas fuentes recuerdan que abandonar a un animal también es delito en España. «En la práctica, si el acusado no tiene antecedentes, no suele acabar en cárcel», matiza.

Las investigaciones y las diligencias de los dos hechos delictivos están en manos de los Juzgados de Berja. Ratificadas las declaraciones, quedan vistos para sentencia.

El testimonio

Silvia aún recuerda entre lágrimas la angustia que sintió aquella madrugada de agosto, cuando comprobó personalmente el estado en el que se encontraban los perros que posteriormente trasladó y dio en adopción. «Los encontramos en una vivienda abandonada de El Trebolar. Con un lector, comprobamos los que tenían microchip y, a toda prisa, metimos en la furgoneta los que pudimos. Había muchos y de distintas razas», ha relatado a IDEAL. «Nunca había visto algo así. Perros agonizando, sin agua, con heridas en carne viva, muertos de hambre, revueltos entre los pellejos de una cabra que les había servido de alimento, rodeados de ratas, basura, guantes manchados de sangre y con cadenas tan cortas que no podían ni tumbarse», añade.

Silvia se detiene, toma aire y continúa: «Antes de marchar, en un agujero descubrimos a una perrita aterrorizada. Levanté un colchón y tenías cachorros consigo. Algunos estaban muertos._Las ratas se estaban comiendo a los bebés». Horrorizada, aún recuerda con impotencia a una podenca de color blanco «con una pata colgando, que no se dejó coger». Silvia, que volvió al lugar un mes después para realizar un segundo «rescate», señala la ayuda recibida por parte de varias protectoras extranjeras para reubicar a los perros. «Ninguna española», lamenta. A la espera de conocer la decisión judicial, justifica que no acudió a la Guardia Civil en un primer momento «por miedo» y «desconfianza» de que no hicieran nada. Desde entonces, reconoce que le cuesta conciliar el sueño y que ha perdido «la ilusión por vivir». «No puedes vivir ni sonreír cuando conoces lo peor del ser humano», concluye.

Cauces legales

La colaboración ciudadana es fundamental para localizar posibles casos de maltrato animal en el ámbito doméstico. Afectan a perros y gatos principalmente. Provocar dolor o estrés a un ser vivo, ya sea por acción u omisión, es un delito y debe ser denunciado.

En este sentido, el ciudadano de a pie tiene la obligación moral de comunicarlo a una autoridad policial. Si se es testigo, basta con poner el asunto en conocimiento de Policía Local o Guardia Civil. El asunto se puede trasladar a través de correo electrónico o de los teléfonos 062, 112 o 092. También se puede personar en dependencias policiales y, si se desea, presentar denuncia formal. De poco o nada sirve hacerlo a través de las redes sociales en cualquier caso.

Comunicado el caso, son los propios agentes los que deben acudir al lugar, corroborar que se trata de un maltrato y, si es necesario, trasladar al animal a una protectora mientras se realiza la investigación. Además, pueden localizar a su propietario, a través del lector microchip, y conocer los detalles de lo sucedido. Sólo una autoridad pública está autorizado para ello. No lo están personas anónimas ni protectoras, aunque corra peligro la vida del animal. De lo contrario, pueden incurrir en un delito de allanamiento, hurto o robo. Además, el informe pericial veterinario encargado por la autoridad competente es determinante para tratar el asunto, ya sea por la vía administrativa o por la vía penal. Es la principal prueba del delito. La Guardia Civil dispone del SEPRONA o Servicio de Protección de la Naturaleza para investigar estos asuntos. »