» Les Galgos fuguent-ils ? » // Blog Pati Galgos // 4.12.2014

// POURQUOI LES GALGOS FUGUENT-ILS ?

Devant l’intérêt croissant des gens à adopter des galgos je ne peux rester indifférent devant le nombre élevé de galgos perdus. Durant cette année, il n’y pas eu un seul jour sans qu’ apparaisse une annonce de disparition sur facebook.

Nous posons-nous la bonne question? La réponse est NON: les galgos ne sont pas naturellement fugueurs.

Le galgo est un animal réservé et prudent mais il n’est pas peureux ou excessivement timide.

Les chiots de galgo ayant grandi dans un noyau familial stable, sans traumatisme, sont sociables, affectueux et joueurs aussi bien avec les personnes qu’avec leurs congénères. Bien loin d’être peureux, ils sont extrêmement curieux. Il en ira de même pour les galgos adultes qui n’ont pas de séquelles traumatiques dûs aux mauvais traitements.

Le galgo est un animal sensible et intelligent. Il faut tenir compte du fait que les galgos ont l’habitude de vivre en meute, et ce durant toute leur vie, et que donc jusqu’à présent il n’y a pas eu de galgos pouvant être considérés comme des animaux de compagnie classique. Par conséquent, pour ces chiens, être « fils unique » n’est pas naturel et il va devoir apprendre à vivre en tant que membre d’une famille humaine, et en d’autres occasions partager sa vie avec des chiens qui ne sont pas de la même race.

Il est très important de savoir que le galgo étant un chien de chasse, il gardera cette caractéristique tout au long de sa vie. Le galgo n’est pas un animal qui cherche à tout prix l’approbation de son maître, ce n’est pas un chien attendant patiemment assis que son ami humain lui lance la baballe pour qu’il aille la chercher; au contraire il est par nature indépendant, avec ses idées propres et ses capacités de décision. C’est pour cela que lorsqu’on apprend à un galgo à exécuter un ordre, si la récompense n’est pas appétissante il ne trouvera aucun intérêt à accomplir la tâche. En revanche le galgo développe un attachement félin au foyer et une fidélité émotionnelle à l’humain qui le nourrit et lui procure une vie confortable. Par sa nature casanière il devient un excellent compagnon à la maison, tranquille et doux.

Un fois cela mis au point nous allons analyser les raisons de ces fugues. Pour ce faire nous diviserons les galgos en deux groupes:

Le galgo curieux

Le galgo peu sûr de lui

Il est important de savoir à quel groupe appartient votre chien pour établir avec lui une relation correcte.

Le Curieux

Un galgo élevé depuis petit à la maison, ou adopté plus tard sans avoir subi de traumatisme ne sera pas peureux ni méfiant ni agressif puisqu’il a été bien sociabilisé il n’aura pas peur des bruits et des gens inconnus.

Il faut tenir compte du fait que, s’il vient d’être adopté il ne te connait pas et ne peut te faire confiance d’emblée. La confiance est primordiale avec un galgo, comme entre personnes il faut se donner du temps pour se connaître afin d’arriver à un respect mutuel. Et pourtant même si ton galgo entre dans cette catégorie des chiens curieux non traumatisés NE LE LAISSE JAMAIS LIBRE avant d’avoir établi une relation de confiance solide.

Dans certains cas un galgo curieux peut être une bombe à retardement et cela indépendamment du temps qu’il a passé avec toi. Sa curiosité allié à sa très bonne vue et à sa vitesse sont très souvent des motifs de perte, disparition ou accident.

Une fois forgée cette solide relation de confiance il pourra promener librement dans les champs, la montagne, les grands parcs. Mais il n’existe aucun kit anti-fugue qui garantisse à cent pour cent sa sécurité.

Les animaux sont des êtres aux instincts primaires; ils ont besoin de règles concrètes et d’ordres précis. Ils apprennent par la répétition. Il faut prendre en considération le fait que l’on apprend pas à un galgo à ne pas partir mais plutôt à ce qu’il revienne.

Un galgo curieux va courir derrière tout ce qui attire son attention et avant même que vous vous en rendiez compte, alors qu’il était bien tranquillement couché à vos pieds, vous pouvez le retrouver à 200 m de là. Quand il est fixé sur son objectif il ne sert à rien de crier et de lui courir après; il ne vous entend pas. Un galgo peut atteindre sa vitesse maximum en trois seconde, vos cris et votre course importent peu, tant qu’il n’a pas satisfait sa curiosité il ne vous écoutera pas.

QUE PEUT-ON FAIRE ?

Travailler à leur éducation

Les galgos, chiens habitués à vivre en meute, ont enracinés profondément en eux le sens de la hiérarchie. Il faut apprendre au galgo sa nouvelle place dans le groupe; qu’il soit chiot ou adulte il est le dernier arrivé et donc il faut le traiter comme tel: éviter d’avoir trop de peine pour lui et faire preuve de bienveillance excessive. Essayer de se comporter comme les autres chiens le ferait dans la meute. Le nouvel arrivé doit gagner le respect des autres; éviter de lui faire trop de câlins, le faire rester à sa place, ne pas lui donner à manger en même temps que nous, l’empêcher de nous suivre partout; tout cela nous évitera beaucoup de problèmes. Les galgos n’ont pas de raisonnement logique, si vous ne les éduquez pas bien au départ ils ne comprendront pas le pourquoi de vos reproches.

Travailler sur la confiance

Une fois que vous constatez que votre galgo est sur la bonne voie vous pourrez progresser sur le travail de la confiance. Il doit comprendre que c’est grâce à vous qu’il vit dans le bien-être, que votre foyer est son refuge, que votre main est sa protection et que rien de mal ne peut lui arriver à vos côtés. Cela ne veut pas dire qu’il faut le surprotéger, au contraire il faut le sociabiliser en le laissant jouer avec les autres chiens et approcher des lieux et personnes nouvelles. Il faut travailler les ordres de base: assis, debout, sort, reste à la maison et le plus important: le rappel.

Il faut qu’il apprenne à revenir quand’on l’appelle, c’est lui qui doit faire attention à toi, si il a confiance en toi il désirera être avec toi et partager ta vie.

Travailler la sociabilisation

Il faut l’emmener dans des endroits où il peut jouer avec d’autres chiens où il rencontre des personnes, des lumières, des bruits; car même si ce n’est pas un animal peureux il vient en général de la campagne et par conséquent tous ces stimuli sont nouveaux pour lui. L’effort physique est très important car c’est un chien qui aime courir poursuivre et être poursuivi. Ne le privez surtout pas de cela car IL N’EST PAS VRAI QU’UN GALGO A LA MAISON N’A PAS BESOIN DE COURIR.

Cela fait partie de sa nature, participe à son bien-être et est essentiel à son équilibre.Voir courir un galgo est une expérience unique; quand je vois une meute courir à travers champs c’est comme si pour eux rien n’existait d’autre; je ressens à travers cette joie une sensation de totale liberté.

Lui apprendre à reconnaître son entourage

Le galgo est un animal de grands espaces avec un très mauvais odorat mais une excellente vue, capable de s’orienter à l’aide du soleil, sa curiosité en fait un explorateur né, on a parfois l’impression qu’un champ entier ne suffit pas: une fois exploré un territoire il lui en faut un autre à découvrir. Avant même de penser que tu as réussi à établir un rapport de confiance permettant de le libérer il est important qu’il connaisse bien son territoire; car ce que tu considères comme une énorme excursion, pour lui ce n’est qu’une simple promenade. Son territoire comprend aussi les bennes à ordures, puisque le galgo est un charognard, des lieux ou se rassemblent les chats et des propriétés agricoles avec d’autres chiens.

Cela ne garantira pas à cent pour cent qu’il ne fugue pas en revanche cela l’aidera beaucoup à retrouver le chemin de la maison.

La sécurité

Le galgo doit être équipé d’un collier spécial dénommé « martingale » ou anti-fugue,il doit être fait d’un tissu solide à maille épaisse pouvant résister à de fortes tractions. Ce collier doit surtout être bien ajusté au cou. Il faut se procurer une laisse en nylon, longue ou courte peu importe, légère de préférence. Je recommande les laisses « trois positions » que vous pouvez porter en bandoulière.

Un sifflement de rappel reconnaissable garantira qu’il pourra t’entendre au loin.

De nombreux dangers guettent le galgo il ne faut donc SOUS AUCUN PRETEXTE, même si cela fait plusieurs années que vous êtes ensemble le laisser libre en ville, dans les rues populeuses ou les parcs publics. Comme je l’ai dit plus haut il bondira vers ce qui attire son attention, un chat, un autre chien, une personne familière, ce qui peut occasionner de dramatiques accidents. Si nous libérons notre galgo dans un champs, en montagne ou dans des endroits qu’il ne connaît pas il ne faut pas le perdre de vue et être certain qu’il réponde au rappel. Les galgos n’ont pas l’habitude de se perdre mais ont coutume de se laisser distraire par un mouvement dans un sous-bois ou l’odeur d’une carcasse, ils ont tendance à avaler tout ce qui traîne. Soit attentif aux environs des bennes aux produits toxiques et dans les parcs urbains où parfois les anti animaux posent des boulettes empoisonnées.

Il faut également faire attention quand nous lâchons notre galgo dans un toilette canin public, car parfois les grilles de ces installations ne sont pas assez hautes. En effet un galgo peut facilement sauter au-delà de deux mètres. Il faut savoir qu’un galgo peut facilement être désorienté à cause du vent, il est préférable donc les jours venteux de ne pas le perdre de vue surtout s’il n’est pas en meute. Si le galgo est contre le vent il est fort probable qu’il s ‘éloigne sans entendre notre rappel.

L’ ANXIEUX

L’anxiété est plus un état passager qu’une caractéristique, avec ce genre de galgo nos meilleures armes seront amour et patience.

L’anxiété est le résultat d’une vie misérable pleine de maltraitance; coups répétés, manque de nourriture et agressivité des autres membres de la meute vivant la même situation.

Lorsque nous avons à faire à un galgo de ce type nous devons comprendre qu’il n’a jamais connu d’autre vie que celle qui lui à laissé des séquelles traumatiques. Nous le séparons de ses congénères ou le prenons dans la rue pour l’amener chez nous afin de lui assurer de meilleures conditions de vie; mais lui ne le sait pas. Il a appris la méfiance et la peur de l’inconnu. Une ville avec des voitures, des bruits, des lumières et des gens sera pour lui quelque chose d’horrible.

Pour lui un humain est un être qui châtie et qui frappe et qu’il faut fuir à tout prix. La meilleure arme du galgo est sa vitesse lorsqu’il aura peur sa défense ne sera pas l’attaque, à moins qu’il n ‘est pas le choix, mais la fuite à tout prix.

QUE PEUT-ON FAIRE ?

Travailler la confiance

Il faut, comme pour les galgos sans traumatisme, de la patience. Souvent lorsque nous sommes impatients nous pouvons nous sentir frustrés de ne pas obtenir de résultats rapides. Il faut tenir compte du fait que chaque animal est différent, que chacun d’eux a un vécu particulier et que donc le temps d’adaptation ne sera jamais le même. Les degrés de méfiance et de peur seront différents d’un chien à l’autre en revanche ce que l’on peut affirmer c’est que ils ont peur des mêmes choses.

Si le chien vient d’arriver dans son nouveau foyer il faut éviter de le confronter à des situations qui provoquent la panique chez lui. Les galgos ont peur des bruits de pétards, d’aspirateur, des lumières nocturnes et des voitures. Certains ont peur des ombres et la majorité a peur de tout ce qui est de genre masculin: la voix grave, la présence, l’odeur.

L’union fait la confiance; s’il n’y a pas d’autres animaux à la maison pouvant servir de référent ce sera à nous de l’accompagner et de lui apprendre que dans sa nouvelle vie rien ni personne ne lui fera du mal. Il ne s’agit pas de trop le câliner ni de céder à ses caprices, le simple fait d’être là tous les jours à ses côtés, de l’entourer, de lui donner à manger sera suffisant pour établir une première relation de confiance même si elle encore fragile. Il faut s’asseoir à ses côtés sans le regarder sans le toucher ni parler en respectant son espace vital et partager notre sérénité avec lui. Un paquet de friandise qu’on offre de notre main pour l’habituer et rompre son isolement. Le mieux et d’adopter un ton doux sans mouvements brusques et s’il y a des enfants à la maison faire en sorte que ceux-ci respectent l’espace du chien.

Travailler la sociabilisation

Ce sont des galgos qui n’ont pratiquement pas eu de contacts avec les humains, ne sortant de leur enclos que pour chasser, ils sont totalement désarmés dans une ville. Nombreux sont ceux qui restent paralysés de terreur, d’autres cherchent à fuir pour se cacher. Il conviendra donc de faire les premières promenades dans des endroits calmes et peu passants, toujours près de la maison et aux mêmes horaires afin de les faire reconnaître leur entourage. Il se peut que l’on est à faire à des chiens paralysés par la peur incapables d’avancer plus de 10 mètres. N’obligez pas votre galgo à continuer, attendez qu’il se calme, donnez lui une croquette avant de repartir; vous verrez que peu à peu le chien sera capable d’arriver jusqu’au parc.

Ne l’obligez pas à se confronter à des situations désagréables, comme se promener prés de personnes ou d’autres chiens. C’est pour cela qu’il est recommandé d’avoir une laisse plutôt longue (2 mètres) afin de lui laisser la possibilité de choisir à quelle distance il veut être des autres, avec le temps il raccourcira de lui-même les distances. Ne l’obligez pas à sentir les autres chiens et si un congénère s’approche tenez le fortement sans tirer, laissez-le choisir de s’éloigner ou pas.

Promenez-vous avec lui sans peur ni tensions puisque le chien ressentira à travers la laisse votre inquiétude risquant de provoquer en lui encore plus d’anxiété.

Emportez toujours avec vous des friandises à lui donner en cas de panique mais ne lui donnez jamais lorsqu’il est dans cet état; arrêtez-vous, respirez, relaxez-vous, asseyez-vous à ses côtés en pleine rue si nécessaire afin de le tranquilliser. Quand il se sera calmé donnez lui la friandise et repartez. S’il a très peur marchez lentement pour lui donner le temps de sentir et d’observer.

La sécurité

Avec ce genre de galgo il ne faut pas improviser; n’importe quelle situation peut déclencher la peur panique. Savoir reconnaître les endroits et les choses pouvant provoquer plus de stress nous aidera à la réhabilitation du chien. Utilisez toujours un collier anti-fugue bien ajusté à la partie la plus étroite du cou. Faites attention aux colliers usés dont le tissu plus lâche pourrait faciliter la fuite de l’animal.

Si le galgo est excessivement peureux il serait judicieux d’employer un harnais de sécurité spécial galgo; les harnais conventionnels n’étant pas adaptés à sa morphologie. Il faut bannir aussi les colliers traditionnels ou ceux dénommés « Galgueros » à peine plus larges. A déconseiller aussi la combinaison des colliers traditionnels avec les harnais standard.

Introduisez la main dans la laisse et faites un tour de poignet: il est préférable de se retrouver avec une marque sur la main plutôt que de voir votre galgo s’enfuir. N’utilisez pas non plus la laisse-enrouleur, se cassant bien trop facilement, le chien risque de partir traînant l’enrouleur plastique derrière lui et dont le bruit provoquera en lui encore plus de peur.

S’il s’enfuit ne le poursuivez pas en criant au risque d’augmenter sa frayeur, essayez plutôt de ne pas le perdre de vue et contactez rapidement le voisinage. Il se peut que vous ne parveniez pas à le prendre le jour même mais sachez qu’un galgo localisé à de grandes chances d’être sauvé.

NE LE LACHEZ sous aucun prétexte si vous n’avez pas atteint le degré de confiance nécessaire et cela demande évidemment bien plus qu’un mois. Ne le lâchez même pas dans parc canin; quelqu’un pourrait avoir laissé la porte ouverte, un autre chien ou un éclat de voix pourrait lui faire peur.

Libérez le uniquement sur un terrain clôturé dont les dimensions en hauteur soient au minimum de 2,50 m.

NE LE LIBEREZ JAMAIS DANS UN ESPACE OUVERT VOUS POURRIEZ LE PERDRE EN QUELQUES SECONDES ET NE JAMAIS LE RETROUVER. Si avec le temps il répond correctement au rappel vous pouvez le libérer; l’idéal serait de le faire avec d’autres galgos puisque le sentiment d’appartenance à une meute aide grandement à la réhabilitation.

Fermez bien la porte d’entrée de votre maison à clé car le galgo est très intelligent et apprend facilement à ouvrir portes, tiroirs, etc.

NE JAMAIS OUBLIER QUE LES GALGOS SONT AUSSI SPECIAUX QU’ IMPREVISIBLES.  LES CONNAITRE C’ EST LES AIMER ET LES AIMER C’ EST VEILLER A LEUR BIEN ETRE. DE NOUS DEPEND LEUR SALUT. « 

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