« Lévriers libres: cela fait un an qu’une loi interdit en Argentine les courses de chiens » par Fernanda Jara // Infobae.com // 18.11.17

// Après un travail de longue haleine, 3 ans d’efforts incessants de la part des associations de protection des animaux, la demande d’interdiction de courses de chiens s’est transformée en loi. “C’est une réussite pour l’ensemble de la société argentine”.

1
#GalgosLibres. (Adoptar un galgo)

Le 17 novembre 2016 à 00H40 le projet proposant l’abolition des courses de chiens dans l’ensemble du territoire argentin se convertissait en loi à deux voix près. Lors de la dernière session débutée à midi le jour précédent, les opposants à cette loi ont essayé de proposer une réglementation des courses de chiens et certains ont même voulu diminuer la peine de prison de 4 ans prévue pour quiconque ”organise, promeut, soutien ou réalise des courses de chiens de n’importe quelle race”. Alors que dans l’hémicycle le projet de loi finissait par être adopté de justesse, dans la rue des centaines de personnes attendaient anxieuses le résultat du vote et la création de la loi n°27330.

Cette loi est une victoire de toute la société, sans l’appui de tous ces gens la loi ne serait jamais passée”, affirme à Infobae Inés Sanchez, responsable du P.G.A. (Projet Galgo Argentine),la première organisation à promouvoir ce projet et qui a été bientôt suivie par de nombreuses associations de protection animale du pays.

2.jpg

LEVRIERS LIBRES: UN AN DEJA

On considère dans les médias que le 16 novembre 2016 est la date à laquelle les lévriers ont retrouvé leur liberté, même si en fait la loi n’a été promulgué que le 17 novembre.

A la date anniversaire de ce qui restera un moment historique pour la cause animale en Argentine, Inés Sanchez nous dit : « Aujourd’hui est un jour de souvenirs emplis de joie qui se mêlent un an après à de la nostalgie parce que ce que nous avons vécu ce fameux jour sera difficile à reproduire. Une journée inoubliable, nous faisions les cents pas dans les couloirs du Congrès de la Nation en grignotant nerveusement des fruits secs (elle rit en se revoyant des amandes à la main..), c’est un souvenir que je partage avec tous ceux qui ont été impliqués pour faire aboutir ce projet et qui bien sûr restera gravé à tout jamais dans nos mémoires ».

Le long chemin, trois années durant, du projet de loi débute à la Chambre Haute avec la sénatrice Magdalena Odarda chargée de soutenir cette initiative qui a pris naissance et son envol grâce au hashtag #STOPGALGUEROS. «  Après à peine quelques semaines, ce projet de loi à été voté à l’unanimité par la chambre haute, en revanche le processus à la chambre des députés a été beaucoup plus long et beaucoup plus difficile, nous avons reçu même de nombreuses menaces de ceux qui étaient visés par cette loi », confie Odarda à Infobae.

Après le passage par la chambre haute le projet de loi a été examiné par deux commissions avant d’être finalement présenté à la chambre des députés le 16 novembre 2016. La députée Gabriela Burgos, avec l’aide d’autres législateurs parmi lesquels Daniel Lipovetzky, était en charge de défendre le texte. Après une heure de débats intenses, le projet était enfin voté à une très courte majorité et devenait la loi 27300 interdisant les courses de chiens en Argentine.

Cette nuit là pour la première fois dans l’histoire du Congrès de la Nation il fût question de chiens,et d’animaux en général,considérés en tant qu’êtres ayant des droits et une conscience. De plus, plusieurs députés ont souligné qu’il était temps de considérer l’ensemble des animaux sous un nouveau point de vue.

3.jpg

Le point de départ de cette loi, inimaginable à l’époque, fût une manifestation pour demander la fermeture du zoo de Colon, dans la province de Buenos Aires, à 287 km de CABA. Des voisins du quartier s’unirent à cette protestation et quelqu’un du groupe en profita pour demander aussi la fin des tortures que l’on faisait subir aux lévriers de course. A la suite de quoi les associations de protection animale s’intéressairent au sujet et au fur et à mesure de leur enquête, dans le plus pur style des séries TV américaines, elles mirent à jour des faits plus inconcevables les uns que les autres.

Lorsque ces actions d’une barbarie inouïe se retrouvèrent sur le web, Infobae fût le premier média de dimension nationale à les reléguer et à les diffuser sur le blog #CosasDeAnimales. C’est à ce moment là que commencèrent les menaces des « galgueros ».

Ce que l’on découvrît de ce « monde », à part des paris illégaux et du jeu clandestin, ce fût surtout l’horreur de la maltraitance des animaux: des chiens drogués, aux muscles surdéveloppés par des stéroïdes. Les chiens qui avaient eu le malheur de perdre une course se retrouvaient pendus à un arbre ou éliminés et abandonnés en tas comme des ordures en bord de route. Les femelles étaient de simples machines bonnes à produire des chiens de course. A la lecture des ces révélations, des atrocités subies par les lévriers, la société sous le choc prit conscience qu’il fallait faire quelque chose pour arrêter le massacre.

L’électrochoc fût tel que plusieurs personnalités du monde du spectacle et de la politique se mirent à adopter des lévriers et à divulguer leur histoire. Parmi ces personnalités on compte le président Mauricio Macri et le maire de Buenos Aires, Maria Eugenia Vidal, qui demandèrent que l’on légifère sue le sujet.De son côté, la partie adverse accentuait le degré de ses menaces.

4

LE BILAN DE LA LOI 27330 UN AN APRES

Sanchez fait un bilan un an après l’une des victoires majeures de la cause animale : « Le bilan est plus que positif puisqu’on enregistre une diminution de 80 à 90 % des courses de chiens sur notre territoire et ceci grâce à l’effet dissuasif des peines de prison encourues par les contrevenants. Bien sûr nous rêvons d’atteindre le taux de 100 % et nous continuons à travailler dans ce sens ».

La sénatrice Odarda souligne que « le plus important de la loi 27330 c’est qu’elle est le fruit d’une forte mobilisation des citoyens qui lui donne donc une très grande légitimité. Notre société ne tolère plus la cruauté envers les animaux. D’ailleurs nous constatons que depuis la mise en application de la loi les courses de chiens ont diminuées de 80 à 90 % et que la justice traîte en ce moment 20 dossiers qui concernent des organisateurs de courses de lévriers.

QUELLES SONT LES CONDITIONS DE VIE DES LEVRIERS AUJOURD’HUI ?

Malgré la loi, des courses clandestines sont encore organisées de temps en temps en Argentine. Et même si, à chaque fois que cette activité illicite est dénoncée la police intervient et que les chiens sont saisis, les personnes inculpées ne se découragent pas. La société dans son ensemble doit être encore plus vigilante. « Nous aimerions que les gens soient encore plus concernés par le problème. Si une personne apprend que dans son quartier on organise une course de chiens, qu’elle prenne son téléphone pour appeler la police, le 911 ou même nous directement qui nous chargerons de faire les démarches appropriées », demande Sanchez qui ajoute : « Nous appelons tous les week end

(et ce depuis trois ans sans interruption) les commissariats, les procureurs et les préfectures de police. Avant la loi nous dénoncions le jeu clandestin ce qui nous a permis de suspendre des centaines de courses en Argentine. C’est pour cela que nous incitons vivement nos citoyens à dénoncer ces activités ou du moins à nous contacter pour que l’on puisse faire tout ce qui est en notre pouvoir ».

Mais ce qui afflige le plus les associations de protection animale c’est ce qui se passe dans les pays voisins : « Ce qui nous préoccupe le plus c’est la situation dans les pays voisins, principalement au Chili, en Uruguay et dans une moindre mesure au Brésil. Les « galgueros » se sont organisés et toutes les fins de semaine ils sont nombreux à franchir nos frontières pour faire courir leurs chiens dans les pays voisins où il n’existe aucune loi interdisant les courses de chiens. Les « galgueros » continuent impunément à élever des lévriers pour les exploiter dans les pays voisins. C’est pour cela que nous luttons de toutes nos forces pour atteindre notre prochain objectif qui est d’interdire dans un futur proche chez nos voisins toute course de chiens », conclut Sanchez. //

Publicités