« Une procédure permettra aux vétérinaires de signaler les cas de maltraitance animale » // La Verdad // Murcia // 28.06.17

// Le Collège a renvoyé le document au bureau du Procureur pour qu’il apporte ses remarques et que l’on puisse ensuite lancer cette mesure pionnière en Espagne.

aaaaa.jpg

Le Collège des Vétérinaires de la Région de Murcie deviendra le premier en Espagne à mettre en œuvre un protocole pour détecter et diagnostiquer les cas de maltraitance animale. Avec ce protocole, chaque fois qu’ils identifient un animal de compagnie dans une situation anormale, les vétérinaires pourront le signaler directement à l’Administration et aux Forces et aux Corps de Sécurité. Le doyen, Fulgencio Fernandez, a annoncé hier que cette mesure serait présentée lors de la Conférence Internationale sur la ‘Problématique de la Maltraitance Animale : présent et futur’ qui se déroulera vendredi à l’Edificio Moneo de Murcia.

« La mesure sera mise en œuvre dans deux à trois mois », précise le doyen. Le document est actuellement entre les mains du Procureur qui l’analyse et apportera ses remarques. Le Collège indique que la région compte 1.000 vétérinaires , dont 70% travaillent en indépendant et 30% avec les administrations, et qu’avec ce protocole, ces professionnels deviendront un acteur de plus dans la lutte contre la maltraitance grâce aux visites qu’ils effectuent dans les exploitations agricoles et les élevages et avec les contrôles qu’ils effectuent quotidiennement sur tous les types d’animaux dans les cliniques vétérinaires, refuges et pour les municipalités et la Communauté Autonome.

« La participation du vétérinaire, comme seul spécialiste capable d’identifier correctement les différentes formes sous lesquelles se présente la maltraitance animale, constitue une action prioritaire dans ce domaine. Il s’agit ici d’identifier et de diagnostiquer les vrais cas de maltraitance ». Pour cela, le Collège des Vétérinaires a mis au point un formulaire de notification de risque et de maltraitance animale qu’il distribuera aux professionnels pour qu’ils fournissent des informations sur chaque cas.

Le formulaire reprend les données de base de l’animal (race, sexe, âge, localisation … ) ainsi que des observations sur l’environnement dans lequel il vit et sur son propriétaire. Le modèle standard auquel a eu accès ‘La Verdad’ (le journal) comprend également trois types de maltraitance (physique, psychologique, abus sexuel), une évaluation de celle-ci (légère, modérée, grave) et une section pour marquer les indicateurs identifiés par le professionnel : troubles de l’alimentation, déshydratation, problèmes respiratoires, surpeuplement, blessures, négligence sévère, lésions viscérales, abandon, troubles du comportement, altération de l’hygiène …

Si le cas n’est pas clair, le vétérinaire remplira la section sur les indices de maltraitance pour que les Forces de Sécurité enquêtent si elles le jugent nécessaire. Le vétérinaire précisera le niveau de ces indices (faible, moyen et élevé), si l’intervention doit se faire en urgence et si les soupçons se concentrent sur le responsable de l’animal ou sur son entourage.

Le professionnel décidera si la feuille de notification est remise au Procureur ou aux Forces de Sécurité. « Si l’administration de la Justice considère qu’il y a maltraitance, nos experts vétérinaires entreront dans le processus », explique le doyen. Le Collège s’est engagé à former 40 experts en maltraitance. En 2016, la Seprona a réalisé 12.400 procédures, qui ont donné lieu à des enquêtes sur 490 personnes dans tout le pays pour des actes de violence contre des animaux, la majorité étant des chiens, des chevaux, des coqs, des reptiles, des vaches et des moutons. La Guardia Civil a observé une forte augmentation des cas de 24% en Espagne, bien que Fulgencio Fernandez déclare que cette tendance n’est pas applicable à la région : « Il y a chaque fois moins de cas car il y a une plus grande prise de conscience ».

Pendant la Conférence Internationale sur la ‘Problématique de la Maltraitance animale : présent et futur’, des questions telles que le cadre législatif actuel seront abordées par le spécialiste de l’Environnement Miguel Eduardo de Mata ainsi que le concept de bien-être des animaux et la position des vétérinaires européens.

La présentation de l’évènement coïncide avec le début imminent de la période de vacances et le doyen rappelle qu’en 2016, 135.000 animaux de compagnie ont été abandonnés en Espagne, la plupart étaient des chiens de chasse, et 10% de ces abandons ont eu lieu en Murcie. « Cet été, nous pouvons partir en vacances et laisser notre animal dans des pensions pour une somme modique, mais si nous ne souhaitons pas le garder, le mieux est de l’emmener dans un refuge pour qu’il puisse être adopté ». Il rappelle aussi que le mieux pour éviter les abandons est d’anticiper : « Avant de choisir un animal de compagnie, il faut toujours tenir compte de la taille de notre maison et du temps que nous pouvons lui consacrer. » //

Publicités