« Deux chasseurs de Valladolid condamnés pour avoir tué leurs trois chiens » // CadenaSer // 10.06.17

// Les chasseurs, condamnés respectivement à des peines de quatre et huit mois de prison, ont pendu deux galgos et un terrier allemand et ont ensuite abandonné leurs cadavres dans une zone abandonnée et inhabitée au nord de la province il y a deux ans.

a

La Justice a confirmé les condamnations à quatre et huit mois de prison infligées à deux chasseurs de Valladolid qui ont tué leurs chiens qui ne pouvaient plus leur servir pour la chasse, pour ensuite les abandonner dans un lieu désertique au nord de la province. Le jugement de la Cour Provinciale est ferme et leur interdit également de travailler avec des animaux au cours des trois prochaines années.

Les deux chasseurs sont condamnés pour des faits pratiquement similaires : ils ont frappé et pendu leurs chiens de chasse pour ensuite abandonner leurs cadavres dans un lieu dépeuplé de Villacreces, zone abandonnée de la localité de Santervas de Campos, un lieu où, comme l’a déclaré l’un deux, « on enterre les animaux morts ».

L’un deux a commis ce crime au début de 2014 : on avait diagnostiqué une maladie potentiellement mortelle chez son lévrier et il avait décidé de l’étrangler avec une corde. Le second a fait de même un an plus tard avec deux de ses chiens : il a d’abord pendu son lévrier et a ensuite frappé son terrier avec un tesson et l’a asphyxié, ces deux chiens étant aussi des chiens de chasse. Les corps ont été retrouvés par les agents de la Seprona de la Guarda Civil quelques jours plus tard.

z.jpg

Trois meurtres exécutés avec «une cruauté particulière » et avec « des méthodes particulièrement cruelles et inhumaines » que les juges traduisent en une peine d’emprisonnement de 8 mois pour celui qui a tué deux chiens et quatre mois pour l’autre, tous les deux pour délit de maltraitance.

La Cour Provinciale confirme de cette façon la peine prononcée par le tribunal pénal numéro 2 de Valladolid. Elle rejette le fait que, selon l’un des 2 accusés, l’une des chiennes assassinées est morte de la maladie qui avait été diagnostiquée et non par pendaison : le vétérinaire qui a examiné le cadavre dans le Centre de Récupération des animaux de Valladolid a été « clair et convaincant » en désignant la strangulation comme cause de la mort.

Les juges ont également souligné « un motif financier » dans les crimes, puisque la saison de chasse  était terminée.

La Guardia Civil a signalé la découverte d’une douzaine de chiens morts dans cette zone abandonnée de Valladolid au même moment mais sans que cela soit pris en compte dans le jugement : des sources de l’affaire affirment que ces faits ont été mis à leur charge sans qu’il existe la moindre preuve de liens avec les faits initialement reprochés.

Les galgos, des animaux de compagnie

Le jugement de la Cour Provinciale de Valladolid rejette également l’argument, utilisé par l’un des accusés, qui a fait valoir que les lévriers de chasse ne doivent pas être considérés comme des animaux de compagnie à des fins juridiques : « on parle d’un chien habitué à la coexistence et au contact avec l’homme, élevé dans la compagnie de son propriétaire, d’une race non potentiellement dangereuse, qui avait sa puce d’identification et a été inclus dans le système des animaux de compagnie de la Junta de Castilla y Leon » expliquent les magistrats pour cautionner sa protection.

Cette semaine, un tribunal pénal de Badajoz a condamné à un an et deux mois de prison et trois ans d’interdiction de travailler avec des animaux, un chasseur de Usagre (Badajoz) qui a battu à mort 5 galgos en 2014 : « à la fin de la saison de chasse, devenus inutiles pour la chasse », lui et un autre accusé ont assassiné ces 5 chiens : Cometa, Sultan, Mori, Paloma et Cachorra.

Le galgo, icône de la maltraitance animale

Silvia Barquero, présidente du parti animaliste PACMA, a déclaré à Cadena SER que les lévriers sont devenus « un symbole de la maltraitance des chasseurs envers les chiens qu’ils utilisent pour la chasse ». Elle réclame des moyens aux administrations publiques mais déclare aussi : « nous sommes très optimistes, la société a déjà fait un pas en avant » dans la défense des droits de cet animal.

  • Lien vers message audio de Sylvia Barquero sur l’article original.

Un message de protestation contre la chasse avec lévrier que revendique aussi Anna Clemens, directrice de l’organisation SOS Galgos. « Ils ne chassent pas avec un fusil de chasse, ils utilisent le galgo comme un outil, alors soit il sert soit il ne sert pas, ils n’ont aucun respect pour sa vie ».

  • Lien vers message audio de Anna Clemens sur l’article original.

Le mois de mars dernier, le PACMA a rentré au Ministère de l’Agriculture une pétition de 30000 signatures contre la chasse avec lévriers.  //

Publicités