« La honte pour les lévriers espagnols » // Publico.es // 02.06.2017

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// De nombreuses associations étrangères prennent en charge des milliers de galgos qui sont abandonnés et maltraités chaque année en Espagne. Une manifestation prévue à Francfort ce samedi demande la fin de la chasse avec les galgos dans notre pays.

Il y a d’abord eu les manifestations devant le Parlement Européen à Strasbourg. Après la manifestation à Berlin l’an dernier, l’on attend des centaines de personnes accompagnées de leurs chiens dans la ville allemande de Francfort. Ce sont des galgos et des podencos sauvés par des associations à la fin de la saison de chasse et transférés dans d’autres pays européens, parfois même aux Etats-Unis, à la recherche d’une vie meilleure. Ici, après des années de dur entrainement pour chasser le lièvre, beaucoup de ces chiens sont abandonnés à leur sort, dans le meilleur des cas. D’autres sont pendus, décapités, jetés dans des puits ou accidentés au bord des routes.

Le nombre de lévriers victimes de ces abus en Espagne est si grand que les associations de protection ont été contraintes de cherchers des familles adoptives dans d’autres pays, qui ont souvent même des organisations spécifiques pour l’adoption de cette race de chien originaire de notre pays. C’est le cas de l’association française ‘CREL’, la SPCA International-Global Animal Rescue américaine ou de l’association allemande Galgo-Voice qui organise la manifestation à la fin de la semaine à Francfort, mais il y en a beaucoup d’autres.

Leur existence est une preuve de plus de la réputation de l’Espagne comme pays européen au niveau de la maltraitance animale : notre pays est le seul Etat membre qui autorise encore la chasse avec galgos. D’autres pays où se pratiquait aussi cette chasse l’ont interdite depuis des décennies. En autres pays l’Allemagne qui l’a interdite depuis 1952, la Belgique depuis 1995 mais également l’Ecosse depuis 2002 et le Royaume-Uni depuis 2004.

« Il est impossible de placer tous les lévriers qui cherchent des adoptants uniquement en Espagne. Les associations sont complètement saturées avec les chiens. Dans notre cas, 90% de ceux qui arrivent chez nous sont transférés à des associations étrangères », explique dans une interview à ‘Public’ David Rubio, le porte-parole de la plateforme du NAC (No a la Caza) et bénévole à la fondation sévillane Benjamin Mehnert, une de celle qui recueille le plus de lévriers en Espagne. Il faut compter que la fondation confie environ 1.000 galgos par an à des adoptants étrangers et que 500 autres restent sur une liste d’attente.

Toutes les associations exigent non seulement l’abolition de la chasse avec galgos, mais aussi au minimum un contrôle sur la détention et l’élevage de ces animaux, ainsi qu’un recensement des galgos au début et à la fin de chaque saison de chasse. C’est l’un des problèmes les plus urgents, car il n’existe pas de chiffres officiels de ce qui se passe avec ces animaux, en dehors du recensement que font les associations individuellement, et des statistiques de la Sepron (le service de protection de la nature de la Guardia Civil) qui ne recense que les cas dans lesquels ils interviennent (62 galgos abandonnés en 2013, un galgo pendu et 7 décapités). Selon la fondation Affinity, qui est la seule à collecter les données des associations, 10% des 104.501 chiens abandonnés en Espagne en 2015 le sont à la fin de la saison de chasse, ce qui porterait le chiffre à environ 10.450 chiens de chasse par an. Mais David Rubio explique que beaucoup d’associations de protection, dont celle dans laquelle il travaille, ne sont pas incluses dans ce décompte. Les associations estiment que 50.000 lévriers sont abandonnés chaque année dans notre pays. //

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