« Le cas des galgos jetés dans un puits à Osuna n’est que la « partie émergée de l’iceberg », selon Procani » // ABC de Sevilla // 15.12.2016

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// Quand Nazaret Aguilar et Zarito Vega ouvrent la porte du refuge canin ‘Procani’ à Osuna (Province de Séville), une bonne partie des 35 chiens qui espèrent trouver un nouveau foyer commencent à aboyer et à se jeter sur elles pour jouer. Les autres ne le font pas car ils récupèrent de leurs blessures ou parce qu’ils ont subi des mauvais traitements. Aux côtés de Marie del Carmen Yerbes, ces bénévoles engagent une grande partie de leur temps libre dans le sauvetage de chiens abandonnés afin d’essayer de leur donner une seconde chance.

« Nous sommes complètement débordés » remarque Nazareth. « Le cas des trois lévriers jetés dans le puits est un cas spécial de cruauté parmi tous les chiens abandonnés, malades, accidentés ou maltraités que nous rencontrons presque quotidiennement », affirme-t-elle. Son amie Zarito ajoute avec résignation « tu peux t’attendre à tout », en référence aux différents cas qu’ils ont vécus, et qu’ils documentent avec des images très dures. Rien qu’en novembre, ils ont recueillis plus de vingt lévriers. « Lorsque commence la période de la chasse et jusqu’à ce qu’elle se finisse en février, c’est une moyenne basse. Et cela rien que pour cette race ».

Dans les autres refuges de la province, on trouve des situations et difficultés identiques, que l’on peut imputer à un certain laisser-aller de la part des mairies dans leur manière d’affronter le problème et dans leur manque de soutien, à un manque de sensibilisation des citoyen, et à une confusion entre la défense des pratiques sportives et traditionnelles avec la lutte contre les pratiques abusives et le mauvais traitement aux animaux.

A ce jour, il y a seulement deux lévriers à Procani Osuna, Cata et Bibi : « C’est une race pour laquelle on a une certaine facilité  à trouver des familles d’accueil », mais il y a aussi d’autres races tout aussi malchanceuses que les galgos et qui subissent les dérives du monde de la chasse: les épagneuls bretons, podencos et bodegueros. Ce nombre de galgos si réduit est du à une collaboration très étroite avec Galgos 112 et l’association Galgos del Sur. La délégation sévillane de Galgos 112 a actuellement 43 lévriers et 12 podencos. La situation déborde dans les refuges.

El Saucejo et La Puebla

Bien que le chiffre fluctue constamment avec les nouvelles entrées de chiens recueillis, d’autres refuges subissent la même situation. Au refuge El Sueño de Mufie à El Saucejo, il y a 58 chiens et 7 dans des familles d’accueil. Isabelle Vega explique que « 75 % des chiens proviennent de la chasse ». A côtés des galgos, des podencos des épagneuls bretons et des bodegueros. Elle attire sur la présence d’un setter irlandais et d’un chien de chasse à la plume, d’un drahthaar. « Des chiens arrivent de tous les villages environnant, de Los Corrales, de Martín de la Jara , et des chiens sont jetés par dessus des clôtures du refuge ».

Rocío Romero est une des bénévoles qui collaborent avec la femme chargée de la gestion du refuge municipal de la Puebla de Cazalla. C’est dans ce refuge – sous contrôle de la justice – que se trouvent précisément les trois galgos qui ont été jetés dans un puits entre les localités de Osuna et de El Rubio. « En ce moment, il y a 70 ou 80 chiens, c’est notre maximum de capacité ».

Elle explique que 30% sont des podencos. « A chaque mois correspond un type de chasse, et on remarque une augmentation de l’abandon de la race de chiens qui est utilisée pour ce type de chasse », signale-t-elle. Ainsi, de septembre à février ce sont les mois les plus durs pour les galgos; de mars à avril pour les podencos; et août est le mois noir pour les épagneuls bretons. Au refuge de Dos Hermanas, la moitié des 50 chiens qui s’y trouvent actuellement sont des chiens de chasse. L’une de ses bénévoles, Paqui Fernández, remarque que « la situation ne va pas mieux, et que le peu de lois qui existent ne valent rien ou ne sont pas appliquées comme devraient. Il suffit de visiter les refuges et de ne pas fermer les yeux ».

La localité de Herrera a signé récemment une convention de collaboration qui rompt avec le ton habituel dans les autres villes. La présidente de l’association de protection des animaux La Guardia a signé un accord avec le maire, Jorge Muriel, pour que la mairie apporte un soutien économique au refuge en échange du service de ramassage des chiens abandonnés.
 » C’est l’exception qui confirme la règle et nous espérons que cela s’étende à d’autres villes », explique Nuria Martín. C’est que, comme on nous en informe dans les refuges, « la majorité des villes préfèrent payer des perreras pour capturer et sacrifier les animaux afin d’occulter le problème, alors que les refuges s’occupent des chiens dans de bonnes conditions ». Bien que le refuge soit à Puente Genil, une grande partie des chiens qui sont recueillis viennent de la commune de Sierra Sur.
Ces chiffres rejoignent ceux des autres refuges et ils sont clairs : « Nous avons 215 chiens, 23 sont des galgos et presque 90 % sont des chiens de chasse. Parmi eux nous avons 80 podencos ». Les refuges interrogés pointent du doigt le manque de contrôle dans la reproduction, et parlent de la crainte de rendre des chiens identifiés par puce à leurs maîtres avec le risque qu’ils les tuent . « Ils disent que tous les galgueros ne sont pas mauvais, mais la réalité semble être tout autre », disent-ils à Procani Osuna.

Ils dénoncent des vols de galgos

Jacques Domínguez Pacheco est galguero comme son père, « et comme mon grand-père ». Il a actuellement 15 lévriers et remarque qu’ « il est impossible qu’un galguero fasse du mal à ses chiens. D’abord parce qu’ils les élèvent depuis qu’ils sont petits, et ensuite parce que cela demande fort investissement en terme d’argent ». Selon lui, le plus grand problème pour cette race provient du vol de lévriers dans toute Espagne.

Jacques Domínguez mène une active lutte par la recherche de ce type de vols, de fait a été l’une des personnes qui a signalé les coupables du vol d’un galgo de Los Palacios, qui a donné naissance au « cas Chapapote ».//

 

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