HUELLAS, le refuge tourné vers l’avenir

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L’histoire de l’association « HUELLAS pour les animaux » commence en février 2011 lorsqu’une poignée d’idéalistes dépose un dossier à la Mairie pour reprendre la direction de la fourrière municipale. En effet, cette perrera avait été dirigée pendant près de vingt ans par une personne aux pratiques plus que douteuses et tout le monde avait entendu d’horribles histoires sur ce qu’il se passait derrière les murs de l’édifice : actes de maltraitance, tortures, chiens non nourris, euthanasiés avec des produits de nettoyage, etc.

Animés par un désir de changement, ces bénévoles se doutaient-ils dans quoi ils s’engageaient alors que la Mairie leur remettait (à leur grand étonnement!) les clés des installations qui sont devenues leur refuge ?

2Le Patio Central

 

  • Rôle et politique

Le refuge accueille uniquement des chiens, même si parfois il recueille également des chats qui sont placés en famille d’accueil, faute d’installations prévues pour eux. Par contrat avec la Mairie, l’association n’a le droit d’accueillir que des chiens trouvés errants sur le territoire de la commune. La politique est claire : aucune euthanasie, sauf en cas de nécessité médicale. Dans cette région rurale d’Espagne particulièrement dure envers les animaux (la Castille-La-Manche), le nombre de chiens errants est très élevé et les entrées sont quotidiennes, au contraire des adoptions. Ce sont donc en moyenne 300 chiens qui vivent dans ce refuge surpeuplé, parmi lesquels environ 25 Galgos, 40 Podencos et beaucoup de Mâtins espagnols.

3Karen dans le bureau. Derrière, ce tableau est la pierre angulaire de l’organisation du refuge

 

  • Installations et fonctionnement

Depuis la reprise du refuge, l’équipe bénévole de Huellas a drastiquement amélioré les installations : les pièces ont été carrelées, la superficie des parties cimentées avec les box (appelées « Patio Central » et « Patio Europa ») a été doublée, une grande zone a été clôturée à l’avant du refuge (appelée « Le Bronx »), l’eau et l’électricité ont été installées partout. De vieilles poubelles ont été récupérées pour les transformer en niches. Ces améliorations ont été possibles grâce au soutien international et aux collectes de fonds effectuées lors d’événements locaux.

En dehors de cela, le revenu de l’association provient d’une subvention de la Mairie, qui couvre à peine les frais de nourriture (et qui est payée des mois en retard) ainsi que l’adhésion des membres de l’association. Chaque chien bénéficiant d’un suivi vétérinaire si nécessaire, on peut imaginer l’énorme budget de fonctionnement.

A présent, le refuge a atteint sa capacité maximale de chiens : les box individuels abritent cinq petits chiens ou trois chiens de taille moyenne. Abriter davantage de chiens risquerait de fragiliser encore plus l’équilibre de la répartition des meutes dans le refuge, ce qui aboutirait à plus d’attaques entre congénères, et plus de chiens contraints de vivre à l’isolement.

4Le Bronx

 

  • Equipe bénévole

L’équipe de Huellas, entièrement bénévole est emmenée par Karen, la présidente fondatrice. Britannique originaire de l’île de Wight, Karen a également fondé sa propre école d’anglais et partage sa vie entre le refuge et son métier d’enseignante, comme beaucoup d’autres membres.

Le problème majeur de ce refuge est le manque cruel de bénévoles. L’association compte seulement une quinzaine de membres actifs pour gérer entièrement le refuge et accomplir toutes les tâches que nécessite la gestion de 300 chiens. Sachant qu’il faut au moins quatre personnes le matin et deux l’après-midi, il est évident que Huellas a un besoin urgent (et croissant) de bénévoles actifs. Malheureusement, l’association ne possède pas un budget suffisant pour embaucher un employé, ce qui aurait permis d’alléger la masse de travail de ces courageux bénévoles.

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  • Quotidien et actions du refuge

Une matinée typique commence à 8h par le nettoyage des patios et des box ; puis les box sont ouverts pour que les chiens qui peuvent être ensemble se défoulent et s’étirent les pattes ; les parties non cimentées sont nettoyées, les seaux et les gamelles d’eau changés. Les chiens malades reçoivent leur traitement et on vérifie aussi les oreilles, on met des gouttes dans les yeux et on retire les asticots des blessures.

Il faut surveiller si les chiennes entrent en chaleur ou si un chien est malmené par ses congénères. Parfois il y a des attaques. Dans ces cas-là, on doit changer le chien de zone et c’est là que la logistique se complique. Des chiens sont placés dans le bureau, dans les toilettes ou dans un couloir parce qu’il n’y a plus de place ailleurs pour eux.

A midi, les chiens reçoivent une collation avec du pain dur.

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Les après-midi sont occupés par le nourrissage des chiens ; il faut s’assurer que tous reçoivent assez à manger sans trop de bagarres ; puis il faut encore nettoyer et redistribuer les médicaments qui doivent être pris toutes les 12h. Les chiens qui peuvent être ensemble sans se battre ressortent pour une nouvelle récréation puis sont rentrés pour la nuit.

La journée se termine pour les bénévoles vers 20h l’hiver et à la tombée de la nuit l’été.

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Quand un nouveau chien arrive, on regarde s’il porte une puce électronique (ce qui n’est généralement pas le cas), il est vermifugé, débarrassé de ses puces et tiques, puis on vérifie s’il est en bonne santé avant de le placer en box individuel pour la quarantaine (10 à 14 jours). S’il paraît malade ou blessé, il est emmené directement chez le vétérinaire.

En plus de cela, il faut s’occuper des personnes à l’accueil qui apportent des chiens abandonnés, aller chercher en voiture les chiens et chats errants signalés par la police ou par les citoyens, conduire les chiens chez le vétérinaire, gérer les adoptions nationales et internationales ainsi que les familles d’accueil, prendre en photos les chiens et les chats pour mettre à jour leur profil, mettre à jour le site internet et pages facebook, répondre au téléphone qui n’arrête pas de sonner !

Voici une vidéo réalisée par l’équipe pour recruter des bénévoles et qui donne un bel aperçu de leur travail quotidien: https://www.youtube.com/watch?v=R7WFveNxtks

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L’association travaille dur pour recruter de nouveaux bénévoles, trouver de nouvelles familles d’accueil et récolter de l’argent afin d’améliorer les conditions de vie des chiens du refuge.

Simultanément, et c’est ce qui me touche le plus avec ce refuge, c’est que cette équipe bénévole met un point d’honneur à regarder vers le futur et n’oublie pas que c’est à travers l’éducation des enfants que nous pouvons provoquer un réel changement dans les attitudes et les comportements envers les animaux. C’est peut-être parce que plusieurs de ses membres sont enseignants que cette équipe donne beaucoup d’énergie à visiter les écoles primaires et secondaires, à accueillir au refuge des groupes comme les Scouts. Ils animent également une émission de radio appelée Animaladas, coordonnent des réunions d’information avec les forces de police locales, récoltent de l’argent à travers leur club d’artisanat, organisent des concerts tous les mois, ainsi que des forums de sensibilisation (stérilisation, abandon, maltraitance, etc).

L’association travaille en étroite collaboration avec la Police locale (qu’il faut former et sensibiliser) : elle rapporte, et parfois intervient, dans des cas de maltraitance, d’abandon, de défaut d’identification, etc. Et récemment, elle a présenté à la Mairie un projet pour contrôler les colonies de chats errants de la ville grâce à un programme de capture/stérilisation/relâche.

Pas mal pour une quinzaine de membres actifs (qui forcent l’admiration!)

9Miguel et Patricia, deux bénévoles très investis

 

    • Podencos, Galgos et Mâtins

Comme il a été dit plus haut, les adoptions locales sont loin d’être suffisantes pour désengorger le refuge et donner à chaque pensionnaire sa chance de vivre une parfaite vie de chien.

De plus, il y a des races qui sont particulièrement boudées par les adoptants espagnols, et pour cela, Huellas compte sur les associations étrangères pour faire adopter ceux dont personne (ou presque) ne veut en Espagne. Vous l’aurez compris, je veux parler des Galgos, Podencos et Mâtins espagnols.

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Depuis trois ans que je visite et collabore avec ce refuge, j’ai pu constater une certaine évolution positive pour les Galgos. Ces lévriers, désormais assez connus du public européen, se voient adoptés de plus en plus rapidement. Il est rare de revoir un Galgo d’une année sur l’autre, lors de mes visites annuelles en janvier et il faut saluer pour cela le travail exemplaire des associations italienne, hollandaise et française qui collaborent avec Huellas.

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Malheureusement, il n’en va pas de même pour les croisés Galgos… Je ne citerai que quelques exemples parmi tant d’autres : Gamita et Mora, deux croisées Galgos, qui voient les années défiler sans la moindre demande d’adoption.

Parce que les Galgos font souvent l’objet d’un trafic, et afin d’éviter les vols, ces Lévriers ne vivent pas au refuge et sont placés dans un endroit tenu secret, qui a été construit par une association hollandaise. Afin de respecter cette discrétion, je ne publierai pas de photos de Galgos dans cet article.

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Le cas des Podencos est plus problématique car ces lévriers primitifs sont présents en très grand nombre dans ce refuge et la plupart sont des Invisibles. Il est aussi difficile qu’incompréhensible de revoir chaque année les mêmes visages, et de savoir que les nouveaux arrivants, Podencos ou croisés Podencos, resteront en moyenne plusieurs années avant d’être adoptés (alors qu’un Galgo y séjournera moins d’un an).

Si de plus en plus d’espagnols sont sensibilisés à la cause des Galgos, les adoptions locales de Podencos demeurent rarissimes.

Il y a tellement d’individus Podencos attachants dans ce refuge qu’il est difficile de n’en mentionner qu’un ou deux. Mais j’aimerais attirer votre attention sur Quijotte et Majuelo, deux Invisibles qui étaient déjà là du temps de l’ancienne perrera.

13Majuelo et Quijotte

Et que dire des Mâtins espagnols ? Beaucoup de ces gentils géants ne sortiront jamais du refuge. En effet, ces chiens sont très maltraités en espagne et abandonnés en grand nombre, mais également totalement boudés par les adoptants locaux. Qui voudrait s’embêter avec des chiens aussi grands ?

Leur cause est également moins connue en Europe et rares sont les associations spécialisées dans leur défense, même si de plus en plus se lancent dans les adoptions de Mâtins. Dans leur pays, ils n’ont quasi aucune chance de trouver une famille et il est nécessaire de faire connaître leur calvaire.

Parmi eux, Matias et Cordel, deux compères arrivés ensemble au refuge il y a des années.

14Cordel15Matias

 

  • Comment les aider ?

Le problème numéro 1 de Huellas est l’absence cruelle de bras, de main d’œuvre, pour gérer le quotidien de l’association et de s’occuper des 300 pensionnaires du refuge. L’idéal pour sortir de cette situation serait de pouvoir employer une personne à plein temps qui réaliserait une bonne partie des tâches de nourrissage des chiens et de nettoyage des installations. Malheureusement, la Mairie, faute de budget, a récemment rejeté la demande d’aide à l’emploi que proposait l’équipe de Huellas.

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Une autre menace plane sur l’avenir du refuge, et elle est d’ordre financière. En effet, soucieuse d’offrir à chaque chien un suivi vétérinaire si besoin, l’association s’est lentement endettée auprès de leur clinique attitrée. L’argent reçu pour les adoptions, les collectes organisées lors d’événements locaux, les appels à dons, etc, ne permettent pas de subvenir aux nombreux problèmes de santé des 300 chiens.

Il y a 2 ans, cette dette avait atteint la somme astronomique de 16 000 € et l’association française Terre des Lévriers a mis en place une opération de parrainage, qui a permis de faire baisser cette dette à 7 500 €.

Voir cette dette s’effacer totalement serait une libération pour Huellas, car cela leur permettrait d’ouvrir leur propre mini-cabinet dans l’enceinte même du refuge, et de faire appel à un vétérinaire extérieur pour les actes médicaux les plus simples (consultations, vaccins, stérilisations, « petits bobos », etc). Le budget alloué à la santé des chiens se verrait alors allégé.

L’opération de parrainage de Terre des Lévriers est toujours en cours. Le principe est simple : chaque parrain ou marraine offre un don (régulier ou ponctuel) et l’argent collecté est reversé, chaque mois, directement sur le compte de la clinique vétérinaire. Pour participer : pomavea@gmail.com

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Vous pouvez également aider Huellas pour 1€ par mois ! L’association est inscrite sur le site Teaming, très facile d’utilisation : il suffit de créer un compte, de choisir de soutenir le refuge (sur cette page :https://www.teaming.net/huellaspuertollano) et chaque mois, 1€ sera prélevé de votre compte et reversé à l’association.

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Pour aider matériellement Huellas: si vous avez de la nourriture pour chiens, des médicaments, des anti-parasitaires, des paniers ou tout autre chose qui pourrait servir à améliorer le quotidien des chiens, contactez-moi :perrinemallet46@gmail.com

Le matériel récolté sera apporté au refuge lors de ma prochaine visite, en janvier.

Merci à tous!

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19 Miguel Canay est un des bénévoles incontournables de cette superbe association: toujours motivé pour s’occuper des chiens et entretenir le refuge, musicien lors des concerts de charité organisés chaque mois, intervenant dans les nombreuses conférences et… également écrivain!
Il y a quelques années, Miguel et sa femme découvrent dans un verger des chiens abandonnés et enchaînés, à moitié morts de faim. Ils s’impliqueront alors dans leur sauvetage et cette expérience changera leur vie pour toujours. Elle les mènera sur le chemin de la défense des animaux, de l’amour et de la compassion.
C’est cette histoire qui est retracée dans le superbe « LA HUERTA DE LA ALEGRIA ».
Malheureusement, l’ouvrage n’est (pour le moment) disponible qu’en espagnol, vous pouvez vous le procurer en format pdf ou en format papier directement chez l’éditeur:
http://www.bubok.es/lib…/228279/La-Huerta-de-la-Alegria-epub
http://www.bubok.es/libros/219772/La-huerta-de-la-alegria

L’intégralité des bénéfices est reversé à l’association

Perrine // ACTION INVISIBLE

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3 réflexions sur “HUELLAS, le refuge tourné vers l’avenir

  1. delphine DEMARIA

    bonjour;nous recherchons une chienne grande,croisée galga pas très jeune;j’ai vu que le refuge avait peu d’espoir de les faire adopter;pouvez-vous me donner des renseignements?
    Merci d’avance;
    D.DEMARIA

    J'aime

      1. delphine DEMARIA

        c’est fait;excellent contact avec Perrine qui nous a aidés et conseillés;après,le reste sera long car il nous faut passer par une association qui étudie notre candidature puis contacts téléphoniques puis revoir ensemble les chiens susceptibles de nous correspondre puis visite à domicile pour visiter les lieux où habitera le futur chien pour peut-être faire remonter d’Espagne ce pauvre chien qui doit attendre depuis quelques années…..

        J'aime

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