« Raíz et Tierra, deux podencas abandonnées qui s’accrochent à la vie » // El Mundo // 13 juin 2016

Raíz et Tierra, les deux podencas qui se cramponnent à la vie
Raíz et Tierra, les deux podencas qui se cramponnent à la vie

// Leurs noms sonnent comme un présage : Raíz et Tierra (Racine et Terre en français). S’accrocher à la vie et enterrer le passé. Tel est l’objectif de La Bienvenida , la protectorat des animaux de Ciudad Real qui ces jours-ci lutte pour récupérer les deux podencas que quelqu’un de non identifié a abandonné samedi dernier.

Les images diffusées par l’association ébranlent. Les deux chiennes sont un amas d’os ponctués par des touffes de poils et des morceaux de peau rouge. On dirait qu’elles ont les chairs à vif…. Si elles avaient encore de la chair.

Les soigneurs pensent qu’elles ont passé des mois sans recevoir de nourriture et dans des conditions extrêmes pour survivre. « Elles ont été totalement abandonnées sans nourriture ni quoi que ce soit. Cet état n’arrive pas en une semaine ou un mois », explique au journal EL MUNDO  Carmen Diaz, bénévole et membre du conseil d’administration du refuge. « Je n’avais jamais vu arriver d’animaux dans de si mauvaises conditions », assure Carmen, se remémorant les 35 ans d’existence de l’association.

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Samedi dernier, une ou plusieurs personnes qui n’ont pas été identifiées, ont jeté depuis l’intérieur d’une camionnette les deux animaux dans la zone universitaire de Ciudad Real. Plusieurs voisins qui se trouvaient à côté les ont récupérées et leur ont fournies les premiers soins avant de les amener à La Bienvenida, sans pouvoir réussir, toutefois, à identifier les responsables qui avaient délibérément masqué l’immatriculation du véhicule.

Une fois au refuge, les bénévoles et les vétérinaires les ont prises en charge. Ils pensent qu’elles sont mère et fille, qu’elles n’avaient pas été alimentées depuis si longtemps qu’elles se nourrissaient probablement de leurs propres excréments, qu’elles vivaient dans l’obscurité sans aucune attention.

« Quand nous les regardons, nous nous sentons brisés, tristes, en colère… Nous ressentons de la rage, de l’impuissance et de la douleur », raconte Carmen. « Nous avons eu un sentiment contradictoire : d’une part, nous voulions les sauver, et de l’autre, nous pension que nous ne pouvions plus rien faire ».

Enfin, l’envie a pris le dessus et à cela se sont ajoutées les bonnes nouvelles du vétérinaire, qui a confirmé le mauvais état des chiennes, mais a assuré qu’elles pouvaient s’en sortir.

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Depuis lors, Raíz et Tierra reçoivent soins et câlins 24 heures par jour dans une résidence canine qui collabore avec le refuge. La priorité est maintenant leur régime alimentaire parce qu’elles ne peuvent pas manger aussi souvent ou autant qu’un chien normal. Leur organisme doit s’habituer à l’ingestion de nourriture et retrouver la force de se tenir debout. De plus, ils doivent veiller à ce qu’elles soient traitées pour des maladies telles que la gale afin de prévenir la contagion à d’autres animaux.

A La Bienvenida, on croit également que les deux chiennes ont été utilisées pour les chasses et les meutes, « parce que ces types de chiens sont souvent utilisés pour les rehalas » et on craint aussi que le ou les propriétaires qui les ont abandonnées aient en leur possession et dans les mêmes conditions d’autres animaux.

« Des témoins assurent avoir vu plus de chiens à l’arrière de la camionnette, mais nous ne savons pas ce qu’ils sont devenus. »

Par conséquent, tout autant le refuge que la Gardia Civil ont fait un appel à la population afin de tenter d’identifier les responsables de l’abandon. Sans trouver le suspect, il est impossible d’adopter des mesures punitives.  « La loi existe, même si elle est très laxiste, mais la clé est de trouver la personne responsable », commente Carmen. // Maria Hernandez.

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