L’éthique animale au regard des religions monothéistes – Seconde partie: Le Christianisme

  • Par Frédérique Moutsi, Master en sciences des religions et de la laïcité // pour ACTION INVISIBLE
Adam and Eve in the Garden of Eden Lucas Cranach, 1530
Adam and Eve in the Garden of Eden
Lucas Cranach, 1530

Dans l’article précédent, nous avons mis en lumière l’existence de l’éthique animale dans la tradition judaïque. Cet article-ci est consacré au rapport que le christianisme entretient avec les animaux.

Rappelons que le christianisme est issu du judaïsme. En effet, Jésus était juif et son message était destiné à son peuple. D’ailleurs, le terme chrétien n’a jamais été utilisé par Jésus. Cette appellation est ultérieure à sa mort et servira à cimenter la rupture entre le judaïsme et le christianisme.

De plus, l’avènement de Jésus et l’interprétation qui a été faite de son message ne peuvent se comprendre sans prendre en considération le contexte impérialiste romain hellénisé de la Palestine à cette époque. C’est de cette façon que la philosophie grecque a pénétré les cercles d’intellectuels juifs et que le judaïsme s’est ramifié davantage.

Actuellement, le christianisme est la religion la plus pratiquée dans le monde. Il sera donc difficile de rendre état de toutes les conceptions différentes qui existent concernant le rapport entre l’homme et l’animal. De plus, outre les différentes doxaï dominantes, n’oublions pas qu’une religion se vit également en terme d’individualité et qu’au sein d’un même courant se trouve encore une multiplicité d’interprétations.

Face à cette diversité, nous aborderons la question de manière globale en se référant aux écrits majeurs de la tradition chrétienne et en nous excusant déjà d’exclure toute une série de singularité qu’une approche globale ne peut s’autoriser à prendre en compte.

Le christianisme est considéré comme la religion la plus anthropocentrique des trois religions monothéistes. De cette religion découlerait toute la démesure de l’homme à l’égard de la nature. Comment le christianisme qui puise son origine dans le judaïsme a-t-il pu tant s’éloigner en terme d’éthique animale de la religion mère ? Pour y répondre, nous avons ciblé différents points qui rendront compte de ce grand écart.

stained-glass30Nous commencerons par reprendre le passage de la Genèse 1, 26-31 afin d’introduire un changement majeur du rôle et de la place de l’homme dans le réel. Ce bouleversement est dû à la traduction de La Septante1 qui servira ensuite à la Vulgate et aux bibles que nous pouvons lire actuellement. Aussi, l’anthropocentrisme exacerbé du christianisme est la conséquence d’une traduction trop approximative des verbes hébreux râoâh et kâbash par “dominer” et “soumettre” ne permettant pas de saisir la subtilité et la profondeur que contiennent ces derniers.

Ensuite, nous sélectionnerons les passages clés des œuvres de deux illustres théologiens afin de comprendre au mieux leur conception : Saint Augustin, Père de l’Eglise et le docteur de l’Eglise, Thomas d’Aquin. L’impact que ces derniers ont eu sur le rapport entre l’homme et le vivant est déterminant pour saisir la manière dont l’Occident considère encore actuellement l’animal. Saint Augustin, antérieur à Thomas d’Aquin aura une influence sur ce dernier et en 1879, le pape Léon XIII, dans l’encyclique Aeterni Patris a déclaré que les écrits de Thomas d’Aquin exprimaient de manière adéquate la doctrine de l’Église.

Saint Augustin (354-430) est né à dans la province africaine au municipe de Thagaste. Il est l’un des quatre Pères de l’Eglise occidentale. Il sera très influencé par le néoplatonisme. La théorie de Plotin à propos de l’âme et du péché originel lié au libre arbitre influencera Saint Augustin sur sa manière de concevoir l’animal.

Thomas d’Aquin (1124-1274), quant à lui, est né en Italie du sud et fait partie de l’ordre dominicain. Sa pensée est fortement imprégnée d’aristotélisme. La conception de l’animal du système aristotélicien et sa vision tripartite de l’âme (âme végétative, âme sensitive, âme intellective propre à l’homme) influera la conception thomasienne de l’animal.

Par la suite, nous les confronterons à une série de théologiens chrétiens de différentes époques en marge de la pensée dominante et qui méritent toute notre attention afin de briser le mythe d’un christianisme froid à l’égard du monde qui l’entoure.

Nous terminerons cet article par une série de passages du Nouveau Testament (N.T.) confrontés à l’Ancien Testament ( A.T.) afin de mettre en évidence les corrélations qui existent entre les deux corpi. Dès lors, nous pourrons faire un lien entre les préceptes de l’A.T. et du N.T. afin de réintégrer l’éthique animale et le concept de tsâar baâlei ‘haïm au sein du christianisme. Pour ce faire, nous reprendrons les passages bibliques les plus cités pour justifier l’abolition des anciens préceptes de l’A.T. et nous nous autoriserons modestement à argumenter en faveur d’une herméneutique “subversive”. Nous montrerons également comment Paul en voulant fondre le christianisme dans les structures pagano-romaines, a rompu avec le judaïsme dont Jésus est issu.

Cet article se basera également sur trois auteurs contemporains particulièrement actifs dans la cause animale. Il s’agit d’Elisabeth de Fontenay, philosophe et essayiste française ; Théodore Monod, protestant, scientifique naturaliste français ; Eugen Drewermann, catholique, théologien et psychanalyste jungien allemand en rupture de ban avec l’Eglise catholique.

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Une des premières différences fondamentales entre le judaïsme et le christianisme est l’interprétation du passage de la Genèse 1, 26-31 que nous vous retranscrivons pour mémoire : « Dieu dit : “Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre. Dieu créa l’Homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et leur dit : “Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de mer, les oiseaux du ciel et toutes bêtes qui remuent sur la terre!” Dieu dit : “Voici, je vous donne toute herbe qui porte sa semence sur toute la surface de la terre et tout arbre dont le fruit porte sa semence ; ce sera votre nourriture. À toute bête de la terre, à tout oiseau du ciel, à tout ce qui remue sur la terre et qui a souffle de vie, je donne pour nourriture toute herbe mûrissante.” Il en fut ainsi. Dieu vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour. ».

Contrairement à la tradition judaïque, ce passage de la Genèse, traduit comme ci-dessus dans la plupart des bibles chrétiennes, nous offre une lecture manifestement anthropocentrique. Les verbes “dominer” et “soumettre” sont explicites et justifient les dérives de l’humanité à l’égard des animaux et de la nature dans sa globalité. Pourtant, cette interprétation est rétrospective. En effet, la maltraitance de masse liée aux expérimentations, aux élevages et à l’abattage industriels sont assez récents dans l’histoire de l’humanité. Dans l’Antiquité, Grecs, Romains, Hébreux tuaient les animaux sur un autel et cet acte de mise à mort était considéré comme un sacrifice. Il est difficile de concevoir que les traducteurs grecs d’abord et puis latins de ce passage aient pu imaginer un jour que soit infligé un tel traitement de barbarie. La désensibilisation à l’égard du vivant provient de la vision mécaniste du réel apparue vers le 17e siècle dont Descartes est le précurseur. Il créera le concept de l’animal-machine qui sera renforcé par Malbranche ensuite. Bien qu’on attribue la paternité de ce concept à Descartes, on peut déjà en retrouver l’ébauche chez Saint Augustin et Thomas d’Aquin.

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Ainsi, Saint Augustin dans Contre Julien2 tente de prouver que les animaux sont dépourvus de souffrance lors de l’enfantement. L’importance que le Père de l’Eglise accorde à ce point se justifie par le fait que les douleurs liées à l’enfantement sont une punition que Dieu donne suite au péché originel (Genèse 3, 16). De cette manière, il pense que les animaux sont exempts du péché originel car ces derniers sont dépourvus de libre arbitre. Voici les paroles du théologien : « (…) c’est pourquoi, à t’entendre, les souffrances occasionnées par la maternité sont si peu le châtiment du péché, que les animaux eux-mêmes éprouvent des angoisses et des douleurs pareilles au moment où ils mettent bas, quoiqu’ils soient innocents de toute faute. Pourtant, ces animaux ne t’ont pas dit si les cris qu’ils poussent alors sont des cris de joie ou des lamentations. Lorsque les poules vont faire leurs œufs, elles semblent animées plutôt par l’allégresse que par le chagrin ; et quand elles les ont faits, elles poussent des cris semblables à ceux qu’elles poussent lorsqu’elles sont épouvantées ; mais au moment où elles pondent, elles gardent le plus profond silence ; ainsi en est-il des colombes et de tous les autres oiseaux : c’est là un fait incontestable et qu’on voit se réaliser tous les jours. Hé quoi ! Les animaux ne sauraient nous dire ce qui se passe en eux, et un homme prétendrait le savoir pertinemment? Et il voudrait, malgré leur silence, interpréter leurs mouvements et leurs cris à l’heure de l’enfantement ? Qui sait si ces mouvements et ces cris, loin de trahir le sentiment de la douleur, ne sont pas, au contraire, l’expression d’un sentiment de plaisir ? Mais à quoi bon vouloir, en pareille matière, sonder les secrets de la nature, puisque notre cause n’en dépend pas ? Evidemment, si des animaux muets ne souffrent pas quand ils mettent bas; ton raisonnement est de nulle valeur ; s’ils souffrent, c’est le vrai châtiment de l’image de Dieu que de se voir ravalée jusqu’à partager la condition des bêtes ; or, ce châtiment infligé à l’image de Dieu serait souverainement injuste, s’il n’avait pour cause le péché. »3. De cette manière, soit les animaux ne souffrent pas et la souffrance de l’enfantement est bien une des conséquences du péché originel, soit les animaux souffrent aussi et c’est également une conséquence du péché originel vu que Dieu nous aurait alors réduit à l’état de bête. Comme dirait Elisabeth de Fontenay : « On a honte pour ce grand philosophe, de devoir s’arrêter sur l’inanité d’une telle argumentation »4. De plus, l’analyse de Saint Augustin s’oppose clairement à un passage de l’Epitre aux Romains 8, 22 : « (…) nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière gémit et souffre les douleurs de l’enfantement. »

En tant que Père de l’Eglise et fin connaisseur des textes bibliques, il est étonnant que le philosophe s’évertue à refuser la douleur de l’enfantement aux animaux. Il semblerait que depuis longtemps, les textes religieux soient utilisés de manière arbitraire selon les auteurs pour servir leur idéologie en occultant, délibérément ou non, d’autres parties du texte qui pourraient bien remettre en cause leur doctrine théologique. Toutefois, Saint Augustin concède aux animaux la présence d’une âme, mais cette dernière se réduit à un principe vital. Voici ce qu’il nous explique à propos d’un ver dans De la grandeur de l’âme, XXXI, 62-63 : « Ce ver est connu; jamais néanmoins je n’y avais observé ce que je vais dire. L’un de ces jeunes gens, retournant le stylet que par hasard il avait alors à la main, frappa l’animal au milieu du corps. Les deux parties rompues coururent dans des directions contraires; les pieds se mouvaient aussi vite et aussi fort que s’il y avait eu des animaux distincts. Tout étonnés de cette espèce de prodige, et désireux d’en savoir la cause, les jeunes gens nous apportèrent avec vivacité ces deux bouts vivants : Alype et moi nous étions assis à la même place. Assez étonnés à notre tour, nous regardions ces mêmes bouts courir en tout sens sur la table; l’un d’eux frappé encore d’un coup de stylet se tordait douloureusement à l’endroit de la blessure; mais l’autre ne sentait rien et poursuivait ailleurs sa course. Nous voulûmes savoir enfin quelle était la force de ce ver, et après en avoir de nouveau rompu les parties en un grand nombre de parties nouvelles, nous les vîmes toutes se mouvoir également; et si nous ne les avions rompues nous-mêmes, si nous n’avions vu encore les blessures toutes fraîches, nous aurions cru que c’étaient autant de vers nés chacun séparément et possédant chacun une vie propre. ». Saint Augustin, en somme, distingue l’anima propre au vivant (hommes, animaux et plantes) qui ne sert en quelque sorte que de moteur et l’animus propre à l’homme, l’esprit vivifiant, l’ “âme qui sait” « éclose d’un souffle créateur »5.

Ainsi, l’animal est inférieur à l’homme qui lui-même est inférieur à Dieu. Au sommet de la hiérarchie se trouve la perfection de Dieu et tout en bas, se trouve ce qu’il y a de moins parfait (animaux, plantes). L’homme peut espérer atteindre un haut degré de perfection, et donc communier avec Dieu pour quelques rares moments d’extase, et ce, en ayant une conduite morale pour purifier son âme de pécheur et par des moyens obliques notamment l’intelligence. Il ne peut cependant y parvenir sans avoir reçu la grâce divine. Par conséquent, l’animal, cet être d’imperfection au plus bas de l’échelle, sans intelligence, sans raison et sans libre arbitre ne peut être touché par la grâce ni accéder à Dieu. On comprendra aisément que dans ce système théologique, l’animal n’a pas de choix, ne peut pécher et n’a pas à être sauvé. D’ailleurs, lorsque Saint Augustin commente la question paulinienne « Dieu s’inquiète-t-il des bœufs ? »6, il dit : «  Le Christ lui-même montre que s’abstenir de tuer les animaux ou de détruire les plantes est le comble de la superstition, car, jugeant qu’il n’existe pas de droit commun entre nous et les bêtes ou les arbres, il envoie les démons dans un troupeau de pourceaux et en les maudissant et dessèche l’arbre sur lequel il n’a pas trouvé de fruit. »7. De cette façon, Saint Augustin crée un clivage irréductible entre l’homme et la création et ouvre la voie sur la vision anthropocentrique du réel pouvant cautionner l’hybris du 20e et du 21e siècle.

IStFrancoisdassisevers11811226iconebyzantine1Thomas d’Aquin, quant à lui, très proche dans son rapport aux animaux de Saint Augustin, fait de ceux-ci de simples représentants de l’espèce et non des individus. Selon lui, les animaux ne peuvent être sujet de droit car ce ne sont pas des êtres moraux capables d’intention, de raison, de délibération. Tout comme Saint Augustin, Thomas d’Aquin pense que l’âme est irrationnelle chez l’animal : « La notion d’“anima viva” qu’on trouve dans la Vulgate est tantôt “rationalis” chez l’homme et tantôt “irrationalis” chez l’animal. »8. Comme précédemment expliqué dans l’article sur le judaïsme, pour les juifs, les animaux ont une âme différente de celle des hommes mais sont estimables, sensibles et possèdent une intelligence. Ils ont une place au paradis (voir Esaïe, 11, 6-9). Par contre, Thomas d’Aquin, avec son principe d’âme rationnelle aspirant à l’éternité et d’âme irrationnelle sans désir d’éternité, ferme définitivement la porte du paradis aux animaux. En effet, il pense que l’âme des animaux ne subsiste pas après décomposition du corps : « En effet, dans les animaux ne se trouve aucun désir d’éternité mais ils sont éternels comme espèce, dans la mesure où se trouve en eux un désir de reproduction grâce à laquelle l’espèce continue d’exister. »9. L’animal est totalement déconsidéré. D’ailleurs, Thomas d’Aquin écrit en parlant de l’âme des animaux : « (…) et idem apparet in motibus horologiorum et omnium ingeniorum humanorum quae arte fiunt »10 : « la même chose apparaît dans les mouvements des horloges et tous les moteurs mis en place par l’art de l’homme ». L’animal est comparable à une horloge, à des artefacts humains, ce qui nous renvoie incontestablement à Descartes et son concept de l’animal-machine.

Saint Augustin et Thomas d’Aquin sont des figures majeures dans l’histoire du christianisme et leurs écrits ont une autorité incontestable parmi les croyants. Drewermann nous dit que toutes les pratiques de l’ère industrielle « sont rendues possibles par un principe tiré de la foi chrétienne : seul l’être humain possède une vie immortelle, et les animaux ne sont qu’un matériel utilisable au profit de l’homme comme seigneur de la création dans le temps et l’éternité »11.

Marcel Gauchet soutient également que le christianisme est la religion qui permet la sortie de la religion en tant que structurante de la société. Par un déplacement du religieux qui devient de plus en plus transcendant, le monde des hommes complètement séparé du royaume de Dieu devient perfectible, contrôlable et désacralisé : « … Avec le dépli complet de l’extériorité divine, s’accomplit jusqu’au bout la transformation du mode de pensée et du statut de l’intelligible entamée dès les primes apparitions de l’écart du fondement (…) [et] émerge sur fond d’inaccessible absolu divin l’opposition constituante de la réalité nue et du moi pur. D’un côté donc la plus haute affirmation concevable de la grandeur de Dieu et, de l’autre, l’autonomie de la raison »12.

Pourtant, cette conception du réel en général et de l’animal en particulier n’est pas intrinsèquement chrétienne, sinon nous ne pourrions trouver une pensée dissidente au sein même du christianisme. En effet, des théologiens chrétiens se sont prononcés en faveur de la cause animale. Dans les premiers siècles de l’Eglise, il y a une théologie de l’apocatastase du grec apokatastasis qui rend l’idée d’un rétablissement de toutes les créatures sans exception. Ceci vient notamment de Marc 8, 12 : «  Elie vient d’abord et rétablit tout (…) ». Irénée de Lyon, éminent théologien d’Asie mineure, Père de l’Eglise du IIe siècle P.C.N. nous dit qu’à la fin des temps, « se produirait le rétablissement de la création dans son état originel » et que « ce rétablissement concerne aussi les animaux destinés au même titre que les hommes et les anges à retrouver l’état édénique »13. Maxime le Confesseur, disciple de Denys Pseudo-l’Aréopagite donnera toute son ampleur à l’apocatastase au 7e siècle.

D’autres théologiens chrétiens nous sont cités par Théodore Monod : Le moine Nestorien Isaac de Ninive qui « Lorsqu’il pense à eux [les animaux], lorsqu’il les voit, ses yeux versent des larmes »14 ; Saint François d’Assise qui dans son sermon aux oiseaux de Bevagna s’exalte : « Oiseaux mes frères, vous devez beaucoup louer et aimer votre créateur. Il vous a donné des plumes pour vous vêtir, des ailes pour voler… Il a fait de vous ses plus nobles créatures. » ; Richard Ocerton qui envisageait même une vie après la mort pour les moustiques, les puces et les crapauds. »15. Sans oublier, pour ne citer qu’eux, nos contemporains Théodore Monod et Eugen Drewermann.

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Cette liste d’exemples n’est pas exhaustive mais elle témoigne de la diversité de la théologie chrétienne et l’on peut se questionner dès lors sur les causes qui justifient la mise en valeur des idées de l’un au détriment de l’autre. Ce qui nous semble évident du reste c’est que ces théologiens tout au long de l’histoire du christianisme se sont positionnés en faveur des animaux et il faudrait qu’ils puissent regagner leurs lettres de noblesse afin d’être lus de manière plus large par les différentes communautés chrétiennes.

L’éthique animale fort présente dans la pensée juive n’est pas une préoccupation majeure de la pensée chrétienne dominante, l’homme et son salut étant au cœur de cette dernière. L’influence de la philosophie grecque est conséquente dans la théologie chrétienne. D’ailleurs, l’intégration de Paul de Tarse dans cet article est déterminante pour rendre le tout intelligible.

300px-StJohnsAshfield_StainedGlass_GoodShepherd_PortraitPour cela, il faut remonter au début du christianisme, aux alentours de 50 P.C.N. lorsque Paul (ou de son nom juif Saül) de Tarse, juif pharisien très zélé, citoyen romain hellénisé, part de sa propre initiative traquer les disciples de Jésus. Arrivant à Damas, ce jeune pharisien16 fait une rencontre non moins surprenante que celle de Jésus ressuscité (Nous vous invitons à lire le récit de cette spectaculaire conversion Actes de Apôtres 9, 3-19). Paul passe alors d’une persécution violente à l’endroit des disciples de Jésus au plus vif prosélytisme de la parole de l’Evangile. En effet, il se présentera comme celui dont le rôle est d’étendre la Bonne Nouvelle aux païens, aux non juifs. Cette prétention à l’universalité du message christique provient sans doute des structures impérialistes et universelles de Rome. Ainsi, le christianisme acquiert avec Paul sa dimension universelle. Paul parviendra à une « synthèse entre l’hellénisme et le judaïsme, sur le mode d’un moyen platonisme judaïsant et selon une dimension messianique gnostique »17. Paul rencontra à ses débuts de grandes difficultés à s’imposer. En effet, il fit l’objet d’une vive opposition de la part des disciples de Jésus dont Pierre et Jacques tous deux attachés au judaïsme traditionnel et au Temple. D’abord, Paul présenta Jésus comme le fils de Dieu non plus comme titre royal propre à toute l’histoire du judaïsme mais bien comme une caractéristique intrinsèque de Jésus. Rejeté par ses coreligionnaires, il est celui qui rompt définitivement avec le judaïsme allant jusqu’à pousser les croyants « à la défection vis-à-vis de Moïse » et les enjoindre de « ne plus circoncire leurs enfants et de ne plus suivre les coutumes »18. Cette histoire de circoncision sera une brèche pour légitimer progressivement l’abandon de la Loi pour les chrétiens convertis. Paul renverse la lettre en Esprit, ce qui importe ce ne sont plus les Ecritures judaïques mais ce qu’il y a dans le cœur. C’est ainsi que Paul dans son épître aux Romains (2 : 25-29) nous dit de la circoncision : « Sans doute la circoncision est utile si tu pratiques la Loi, mais si tu transgresses la Loi, avec ta circoncision, tu n’es plus qu’un incirconcis. Et lui, qui physiquement incirconcis, accomplit la Loi, te jugera, toi qui avec la lettre de la Loi et la circoncision, transgresses la Loi. En effet, ce n’est pas ce qui se voit qui fait le Juif, ni la marque visible dans la chair qui fait la circoncision, mais ce qui est caché qui fait le Juif, et la circoncision est celle du cœur, celle de l’Esprit et non de la lettre. Voilà l’homme qui reçoit sa louange non des hommes mais de Dieu”. Ce passage, considéré comme révolutionnaire, l’est beaucoup moins qu’il n’y paraît. En effet, le thème de la circoncision du cœur n’est ni nouveau ni propre au N.T. On le trouve de manière récurrente dans l’A.T. (Jérémie 4 : 4 ; Deutéronome 10 : 16 ; 30 : 6…).

Enfin, précisons que les juifs convertis au judaïsme n’étaient pas concernés par ces réformes et qu’à l’heure actuelle, la circoncision est encore d’actualité chez les coptes d’Egypte et d’Ethiopie, les chrétiens du Liban et du Moyen-Orient ainsi que certains groupes fondamentalistes évangéliques américains qui invoquent clairement des raisons religieuses à cette pratique.

Le message de Paul pourtant considéré comme capital dans le christianisme va à l’encontre du message des autres Evangiles. En effet, dans Matthieu 5, 17-19, Jésus nous dit : « N’allez pas croire que je suis venu abroger la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abroger mais accomplir. Car, en vérité je vous le déclare, avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur le i ne passera de la Loi, que tout ne soit arrivé. Dès lors celui qui transgressera un seul de ses plus petits commandements et enseignera aux hommes à faire de même sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. ». Paul transforme la parole du Christ : « Il ne refuse pas seulement la primauté de la loi juive : il y voit un “ministère de la mort, gravé en lettres sur des pierres”, qui doit céder le pas à un “ministère de l’Esprit” enveloppé de gloire (2 Corinthiens, 3, 7-8) »19. Finalement, Paul tente d’assouplir la Loi juive trop contraignante (613 commandements) en bon prosélyte notamment en regard de la circoncision qui était hautement critiquée par les païens. Force est de constater que Paul a favorisé l’adhésion au christianisme par une déjudaïsation du message christique et un habile discours hellénique propice à s’intégrer dans les structures psychiques religieuses pagano-romaines hellénisées.

Même si ce qui vient d’être explicité n’est pas directement lié aux animaux, cela nous permet cependant de souligner deux ruptures fondamentales d’avec le judaïsme et de comprendre comment petit à petit, les chrétiens se sont éloignés des prescriptions et de l’éthique judaïques en toute bonne conscience.

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En ce qui concerne les interdits alimentaires très chers aux juifs, il semblerait que certains passages soient fréquemment repris par les chrétiens afin de justifier l’abolition de ces interdits. Le passage de Matthieu 15 : 10-15 concerne le pur et l’impur : « Puis, appelant la foule, il leur dit : “ Ecoutez et comprenez ! Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur”. Alors les disciples s’approchèrent et lui dirent : “Sais-tu qu’en entendant cette parole, les Pharisiens ont été scandalisés ?” Il répondit : “Tout plant que n’a pas planté mon Père céleste sera arraché. Laissez-les : ce sont des aveugles qui guident des aveugles. Or, si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou !” … Ne savez-vous pas que tout ce qui pénètre dans la bouche passe dans le ventre, puis est rejeté dans la fosse ? Mais ce qui sort de la bouche provient du cœur, et c’est cela qui rend l’homme impur. Du cœur, en effet proviennent intentions mauvaises, meurtres, adultères, inconduites, vols, faux témoignages, injures. C’est là ce qui rend l’homme impur ; mais manger sans s’être lavé les mains ne rend pas l’homme impur”».

Est-ce que dans ce passage Jésus abolit réellement les interdits alimentaires ou bien souhaite-t-il tout simplement souligner l’importance de l’adéquation qu’il doit y avoir entre les paroles, l’apparence et les actes. Si nous pouvons tenter une analogie, ce serait comme clamer haut et fort qu’on ne mange pas de viande alors qu’on bat son animal. La plupart des gens penseraient que cela ne vaut pas grand-chose mais est-ce que cela signifie pour autant qu’il faille manger de la viande ? Nous pensons que c’est l’hypocrisie que Jésus condamne et non la Loi. Le judaïsme est avant tout une religion de la praxis, faire le bien, agir conformément à Loi facilite l’intégration de l’agir moral, ainsi que la distinction du juste de l’injuste, du bien et du mal…

ADAM-AND-EVE-facebookPar ailleurs, le passage des Actes 10 : 9-33 est aussi employé pour justifier l’abandon des interdits alimentaires. Mais dans ce cas-ci, on frise la malhonnêteté intellectuelle. En effet, ce passage est souvent repris du verset 9-16 alors que le sens de ce chapitre ne se comprend qu’à la fin. : « … Pierre était monté sur la terrasse de la maison pour prier ; il était à peu près midi. Mais la faim le prit et il voulut manger. On lui préparait un repas quand une extase le surprit. Il contemple le ciel ouvert : Il en descendait un objet indéfinissable, une sorte de toile immense, qui, par quatre points, venait se poser sur la terre. Et, à l’intérieur, il y avait tous les animaux quadrupèdes, et ceux qui rampent sur la terre, et ceux qui volent dans le ciel. Une voix s’adressa à lui : “Allez, Pierre ! Tue et mange.” – “Jamais, Seigneur, répondit Pierre. Car de ma vie je n’ai rien mangé d’immonde ni d’impur.” Et de nouveau une voix s’adressa à lui, pour la seconde fois : “Ce que Dieu a rendu pur, tu ne vas pas, toi, le déclarer immonde !” Cela se produisit trois fois, et l’objet fut aussitôt enlevé dans le ciel. » Si l’on s’arrête à ces versets, on peut comprendre le sens abolitionniste. Mais continuons le chapitre : « (17- 33) Pierre essayait en vain de s’expliquer à lui-même ce que pouvait bien signifier la vision qu’il venait d’avoir, quand justement les envoyés de Corneille … se présentèrent au portail… Pierre était toujours préoccupé de sa vision, mais l’Esprit lui dit : “Voici deux hommes qui te cherchent. Descends donc tout de suite et prends la route avec eux sans te faire aucun scrupule : car c’est moi qui les envoie.”» (Pierre décide de partir avec eux pour rejoindre le centurion Corneille, homme juste et bon qui craint Dieu. Ils arrivèrent le surlendemain à Césarée chez Corneille). « … Au moment où Pierre arriva, Corneille vint à sa rencontre et tomba à ses pieds pour lui rendre hommage. “Lève-toi !” lui dit Pierre, et il l’aida à se relever. “Moi aussi, je ne suis qu’un homme.” Et, tout en conversant avec lui, il entra. Découvrant alors une nombreuse assistance, il déclara : “ Comme vous le savez, c’est un crime pour un Juif que d’avoir des relations suivies ou même quelque contact avec un étranger Mais, à moi, Dieu vient de me faire comprendre qu’il ne fallait pas déclarer immonde ou impur aucun homme. Voilà pourquoi c’est sans aucune réticence que je suis venu quand tu m’as fait demander…”». Une fois qu’on lit tout le chapitre, il est clair qu’il s’agit d’une vision symbolique que Pierre ne comprendra qu’une fois arrivé chez Corneille. Il le dit lui-même qu’il n’a pas encore compris ce message. Il ne le prend pas tel quel. L’interprétation du message divin de Pierre ne concerne nullement les animaux et les interdits alimentaires mais les hommes. Il s’agit tout simplement de remettre à jour un commandement divin majeur : « Aime ton prochain comme toi-même » présent déjà dans Lévitique 19 : 18 que Jésus ne fera que rappeler tout au long de son ministère (Romains 13 : 8 ; 13 : 10 ; Galates 5 : 14). Ou encore rappeler tous les commandements à l’égard des étrangers (Lévitique, Deutéronome, Exode). Jésus a voulu restaurer le message de respect à l’égard des non juifs que les juifs radicaux de l’époque méprisaient. Enfin, dans le N.T., comme le dit Elisabeth de Fontenay, les animaux sont en quelque sorte niés de leur existence concrète et ne représentent plus qu’une réalité symbolique20. Par conséquent, si, dans le N.T., les animaux ne sont que symboles, peut-on prétendre à juste titre qu’il s’agit bien d’animaux dans leur réalité matérielle uniquement pour ce passage-là ?

L’abolition de la circoncision, des interdits alimentaires ainsi que la réforme théologique de la divinisation du Christ rompent définitivement avec le judaïsme qui restera toujours attaché à sa tradition ancestrale. Pourtant, l’Eglise occidentale a maintenu l’interdit du Lévitique de manger de la viande non saignée jusqu’au 9e siècle et cet interdit demeure encore dans la plupart des Eglises d’Orient.

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Une première rupture avec le judaïsme s’est faite à partir d’un choix sémantique renversant le rapport de l’homme au réel, à savoir Genèse 1, 26-31. En effet, de protecteur et garant de la nature, l’homme passe au statut de maître dominateur de celle-ci.

Le contexte philosophique dans lequel le christianisme s’est vu mettre par écrit est sans doute signifiant pour comprendre ce changement : influence de Platon, Plotin, Aristote, empire romain… C’est pourquoi Saint Augustin intégrera la logique néoplatonicienne au christianisme creusant davantage le clivage entre le judaïsme et le christianisme tout en renforçant l’interprétation chrétienne de la Genèse 1, 26-31 issue de La Septante. Des siècles plus tard, Thomas d’Aquin marqué par Aristote scellera définitivement le sort des animaux en les cloisonnant dans une représentation dénuée de sensibilité, de raison et d’intelligence. Leur âme est mortelle et n’a pas de place au paradis.

Enfin, Paul citoyen romain hellénisé en voulant répandre la bonne nouvelle aux non juifs a métamorphosé la parole de Jésus qui s’adressait originellement aux juifs en vue d’accomplir la Loi et non de l’abolir. Il en résulte un Jésus divinisé (influence du moyen platonisme et du gnosticisme) et une volonté de remettre la Loi en question en faveur de l’Esprit. Bien sûr Paul est plus ambigu qu’il n’y paraît et présente dans ses écrits de nombreux paradoxes.

Le corpus de textes relatifs à Jésus est beaucoup plus conséquent que ce que nous connaissons du

N.T. En effet, il y a bien les textes canonisés mais il y a également toute une série de textes apocryphes qui ne sont pas reconnus officiellement par les autorités religieuses et peu connus du grand public. Pourtant, de nombreux textes bien antérieurs aux Evangiles existent alors que presque tous les récits évangéliques ont été composés après la révolte juive contre Rome en 66. Soit bien après la mort de Jésus. Il serait intéressant de confronter ces sources et de comprendre ce qui rend légitimes certains auteurs plutôt que d’autres.

L’Eglise occidentale a progressivement abandonné la plupart des prescriptions de l’A.T. alors que certaines communautés orientales ont conservé certains interdits et prescriptions alimentaires ainsi que la pratique de la circoncision. Plus on s’éloigne du lieu d’où est née la religion, plus des dispositions facilitant la pratique sont prises.

Comme nous avons essayé de le démontrer dans cet article, le christianisme est issu du judaïsme et Jésus dans Matthieu 5, 17-19 nous dit que la Loi est capitale. Même si la réforme théologique amorcée par Paul ne doit pas forcément être remise en question, l’A.T. ne devrait pas être considéré comme caduc. Le N.T. devrait s’inscrire dans la continuité de l’A.T. De cette façon, l’éthique animale judaïque pourrait faire de même et peut-être se voir appuyée par le message d’amour présent dans le N.T. en s’élargissant aux animaux et à la nature.

L’herméneutique d’une religion évolue forcément en fonction des changements que subit une société donnée. Face à l’avancée technologique, la consommation de masse et l’économie libérale totalement débridée, les textes doivent être réinterprétés. Deux choix s’ouvrent devant nous : la relecture doit-elle valoriser le système dans lequel nous sommes ou bien doit-elle dénoncer les dérives morales en gardant un message éthique fort assurant ainsi une ligne de conduite respectueuse de la nature. Aussi, pourquoi la mort de Jésus qui, symboliquement, est appelé l’agneau, ne pourrait-elle pas être perçue comme l’ultime mise à mort, l’ultime sacrifice et qu’en cela, nous comprenions que les animaux doivent être, eux aussi, épargnés du trépas. Le Christ ne serait-il pas venu pour passer un message inédit ? Quelle image aurions-nous d’un Christ égorgeant un agneau, une poule ou un bœuf dans son immense bonté ? Le Christ comme l’Ultime Sacrifié sauvant ainsi toutes les créatures vivantes.

Ne serait-ce pas la plus belle réinterprétation du message biblique ? Le plus haut niveau de conscience du lecteur biblique ? //

1 Première traduction grecque de l’A.T. par des savants hébreux. Pour plus de détails je vous renvoie à l’ouvrage collectif de Decharneux, Chopineau, Nobilio, Balzano et D’Helt, Bibles, une introduction critique, Bruxelles/Fernelmont, E.M.E, coll. Divin et Sacré, 2010.

2 Le pélagianisme est une doctrine chrétienne apparue au 4e siècle P.C.N. et développée par Pélage et Julien d’Eclane. Il insiste sur l’importance du libre arbitre et affirme que l’homme n’a pas à se racheter du péché originel. L’homme peut se préserver du péché par sa seule conduite.

3 Saint Augustin, Premières polémiques contre Julien, Paris, Desclée de Brower, coll. Bibliothèque Augustinienne, 1974, Livre VI, 105-106.

4 Elisabeth de Fontenay, op.cit., p.268.

5 Saint Augustin, Le Libre Arbitre, VIII, 18.

6 1 Corinthiens 9, 9-10

7 Saint Augustin, Les Mœurs de l’Eglise catholique et les mœurs des Manichéens, Paris, Desclée de Brower, 1949, II, XVII, 54 cité par Elisabeth de Fontenay in Le silence des bêtes, p.248.

8 Théodore Monod, Révérence à la vie, Paris, Grasset, 1999, p.94.

9 Eugen Drewermann, De l’immortalité des animaux, Paris, Editions du Cerf, 1992, p.30.

10 Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, Paris, Editions du Cerf, 1984-1986, question XIII, art.2

11 Eugen Drewermann, Ibidem, p. 24.

12 Marcel Gauchet, Le désenchantement du monde, Paris, Gallimard, 1985, p.103.

13 Elisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, Paris, Fayard, 1998, p.252.

14 Théodore Monod, op.cit, p.96.

15 Ibidem, p.97.

16 Un des partis juifs présents Judée durant la période du second temple entre le 1er siècle A.C.N et le 1er P.C.N.

17 Lambros Couloubaritsis, Histoire de la philosophie ancienne et médiévale, Paris, Grasset, coll. Le Collège de Philosophie, 1998, p.585.

18 Actes 21, 21.

19 Reza Aslan, Le Zélote, Paris, Les Arènes, 2014, p.252.

20 Elisabeth de Fontenay, op.cit., p.244.

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