« Les patients qui sauvent les Galgos de la potence » // par Pepe Barahona // El Espagnol.com // 3 mars 2016

  • Lien article original: http://www.elespanol.com/reportajes/20160304/106989506_0.html
Refuge de Galgos abandonnés / Fernando Ruso
Refuge de Galgos abandonnés / Fernando Ruso

La saison de chasse se termine et les abandons commencent. Certains ont de la chance et sont adoptés comme chiens de thérapie contre l’Alzeihmer. »

// Le galgo Villa déambule désorienté entre une multitude de lumières et de klaxons. C’est le mois de février, le jour se lève et les voitures vont et viennent à toute vitesse. Confus, il avance sans but. Il tremble et regarde nerveusement autour de lui, cherchant une issue. Il s’avance sur la route. Il est déjà trop tard. Il évite la première voiture qui freine brusquement. Ils klaxonnent. Ils re-klaxonnent. Il se retourne et regagne l’asphalte. Il fuit. Tout à coup, du sang et un fondu au noir.

Le bourdonnement strident des klaxons contraste avec le sifflement rythmé de la salle d’opération. Intubé, Villa se bat entre la vie te la mort. Ses pattes sont fracturées et le sang dégouline du brancard. Le bloc opératoire est envahit d’un mélange de fluides et de médicaments. La vétérinaire s’appelle Rocío et elle est optimiste: elle pense que ce lévrier recommencera à courir.

Comme Vila, des milliers de galgos sont abandonnés les mois suivants l’arrêt de la chasse au lièvre, qui se termine le 31 janvier. De nombreux galgueros appellent alors les associations pour se débarrasser d’eux. Ainsi ils arrivent par dizaines dans les refuges où parfois vivent jusqu’à 700 galgos. D’autres sont retrouvés pendus à un olivier ou à un chêne ou sont jetés vivants dans des puits en Andalousie ou en Extrémadure, mais ces pratiques sont de moins en moins courantes.

Tous les lévriers ne finissent pas mal. Beaucoup trouvent un foyer à des milliers de kilomètres de leurs premiers propriétaires dans des pays comme l’Italie, la Belgique, l’Allemagne, la France ou les USA, où ces animaux nobles et élégants sont appréciés comme animaux de compagnie.

Aucune autre race n’est citée dans la Bible, dans 11 ouvrages de Shakespeare ou dans la première phrase de Don Quichotte. Les prêtres de l’Egypte Antique les considéraient comme des divinités. Ainsi concourent, souffrent et revivent les lévriers espagnols.

(vidéo sur le lien original de l’article)

  • La Course

Il y a en Espagne 10.743 galgueros fédérés, répartis surtout en Andalousie, Castille-la-Manche, Castille et Leon, Extrémadure et Madrid. La Fédération Espagnole de Galgos s’est constituée en 1939, et parmi ses objectifs se trouve l’organisation des compétition de lévriers sous trois formes: la Coupe du Roi, le lièvre mécanique et les courses en canidromes.

Un concurrent pose avec son galgo quelques instants avant la phase préalable de la Copa del Rey. / Fernando Ruso
Un concurrent pose avec son galgo quelques instants avant la phase préalable de la Copa del Rey. / Fernando Ruso

En Espagne, il ne reste aucun des 28 canidromes qui existaient durant l’âge d’or des courses de lévriers. Mais la Coupe du Roi (Copa del Rey) jouit d’une excellente santé vu le nombre de ses amateurs. Cette année, on célèbrait la 78ème édition à Nava del Rey, dans la localité de Valladolid. Les finalistes furent deux femelles: Favorita de Maestro et Sana de Elviro. Au final, c’est la première qui a remporté le titre. La championne est la propriété du club tolédien, Traílla y Espuella.

Comme dans tous les sports, le succès d’un lévrier arrive après des mois d’entrainement et d’efforts. Le lévrier « doit être très complet, partir vite (après le lièvre), avoir une bonne résistance pendant les courses, vouloir courir et être « propre » (c’est à dire suivre la même trajectoire que le lièvre) », explique le galguero de Malaga Manuel Cebrián Cabello.

« L’animal est physiquement un athlète, que ce soit par rapport à sa nourriture ou à ses soins et blessures », explique-t-il alors qu’il est en train de s’occuper de sa chienne Castellana de Babita après une des deux manches préalables de la Copa del Rey célébrée en novembre à Viso del Alcor, village de la province de Séville.

Après l’épreuve, Cebrián verse du jus de sa propre bouche dans le museau de l’animal pour qu’il récupère de l’effort. Alors qu’elle halète intensément, son propriétaire soigne les coussinets de la chienne avec une solution à base d’iode et d’eau et la soigne avec application. Quelques minutes après, la chienne est prête pour une nouvelle poursuite.

Plus de deux cents chevaux forment la mano, une expression qui, en argot, définit un rang qui avance en battant le terrain afin de lever le lièvre. Au devant d’eux, va le traillero, appelé ainsi parce qu’il retient les lévriers avec la laisse, avec un mécanisme qui retient les deux chiens et qui lâche automatiquement les deux en même temps.

La foule se rassemble sur une colline toute proche. Beaucoup ont des jumelles pour ne perdre aucun détail. Quand saute le lièvre, les cris explosent. S’il est apte par sa taille, on lui accordera un avantage de quelques centaines de mètres avant de libérer les lévriers, qui entreprennent alors une course frénétique derrière leur proie. La poursuite est hypnotique: elle se déroule à une très grande vitesse et les galgos avalent les mètres qui les séparent de leur trophée, jusqu’à ce que le lièvre meure.

Grâce à Dieu, nous allons en national », célèbre en pleurs David Cordero Ganfornina, le gagnant d’une des courses de la phase préalable à la Copa del Rey. « C’est ce qu’il y a de plus grand pour un galguero, concourir avec les meilleurs chiens », souligne-t-il alors qu’il sèche ses larmes sur son visage avec son poing.

Pour obtenir que son galgo Torteo de Golfa atteigne la phase finale, Cordero a consacré cinq heures quotidiennes à son entrainement.

(vidéo sur l’article original: http://www.elespanol.com/reportajes/20160304/106989506_0.html)

La vitesse et la résistance ne sont pas les seules à primer. Selon le règlement, la course du galgo soit suivre la trajectoire du lièvre sans prendre la route la plus courte, ce qui l’avantagerait.

« Les galgos concourent jusqu’à trois ans et demi. A partir de cet âge, l’animal mûrit et réfléchit, le chien doit donc être sot pour qu’il ne coupe pas la route », explique Cebrian. « Quand il a quatre ans passés, normalement le galgo a déjà couru plusieurs lièvres et cherche à tuer, et donc coupe le chemin du lièvre ».

Cela veut dire que la vie utile de l’animal est brève: entre 16 mois et 3 ans. Quand il n’est plus valable, « le galgo est un problème », confirme Miguel Santiago, un galguero amateur de Barbate (Cadix).

Aficionados suivant la Copa del Rey. / Fernando Ruso
Aficionados suivant la Copa del Rey. / Fernando Ruso

« Pour en tirer un bon chien, mieux vaut en élever plusieurs. Ceux qui ne servent pas partent en Allemagne ou en Suisse, où il sont parait-il bien traités », dit Andrés Diego, un autre galgero de Barbate. « Ceux que j’élève meurent avec moi », réplique Miguel. « Au lieu d’en avoir dix, j’en ai trois. Je n’aurais peut-être pas de gagnants mais je pourrai dormir tranquille », explique-t-il. « Certains servent à la reproduction et d’autres non », précise-t-il. Selon les données de la fédération nationale, chaque galguero possède en moyenne six lévriers.

Peu de chiens de compétition meurent de vieillesse auprès de leurs galgueros. « Si c’est une femelle, je la garde pour faire de l’élevage pour qu’elle me donne d’autres lévriers pour concourir », explique Cebrian, qui possède 19 galgos. « Les autres je les donne à des galgueros pour chasser, explique-t-il. « Avant, ils les pendaient, mais ils étaient poursuivis et risquaient la prison », se défend un autre galguero de Barbate, Fernando Melero. « Ce n’est pas normal qu’à cause de quelques fous, on soit tous montrés du doigt ».

Cependant, les pendaisons sont toujours dans l’imaginaire collectif et demeurent toujours dans le langage des galgueros. Durant les trois mois nécessaires à l’élaboration de ce reportage, nous n’avons pas pu nous documenter sur la question. Nous n’avons pas reçu la collaboration de la Guardia Civil. Est-ce une pratique éteinte?

« Le galguero d’aujourd’hui n’est pas le même que celui d’avant », apostille Melero tandis qu’il montre son carnet de la Fédération Espagnole de Lévriers qui lutte contre les pendaisons, comme le montre sa page web.

Les animalistes réclament une loi de protection animale pour empêcher ces pratiques qui comportent des risques pour le lévrier. Cela éviterait ainsi que de nombreux chiens finissent « pendus, jetés dans des puits, brûlés ou attachés et abandonnés pour qu’ils meurent d’inanition », comme le détaille la présidente de Galgos Sin Fronteras, Cristina Garcia Moreno, lors d’une cérémonie organisée par l’Ecole Vétérinaire de Madrid.

Des années en arrière, l’imagine du lévrier pendu était habituelle dans les régions rurales espagnoles. Comme en témoigne le reportage du photographe sévillanais Quino Castro, réalisé entre 2003 et 2007 dans la Sierra Sud de Séville. « Le chapelet de galgos pendus s’étendait comme une procession macabre. C’était incroyable », se souvient-il à propos d’une découverte dans la foret. « A mesure que je photographiait les cadavres, je m’enfonçais dans le bois, et les chiens étaient à chaque pas de plus en plus anciens. Comme s’ils étaient pendus là depuis des mois, depuis des années ». (lien vers les photos de Quino: http://www.quinocastro.com/index.php/galgos-febrero-maldito.html , ndlt)

Le photographe est revenu les années suivantes. « Chaque année il y avait de nouveaux chiens. Leurs visages étaient purement dramatiques et montraient la douleur et l’angoisse d’une mort lente », se souvient-il.

La liturgie commence par une corde autour du cou de l’animal. Ensuite on la jette par dessus une branche et on la tend jusqu’à ce que l’animal s’élève mais garde les pattes arrière appuyées au sol. Cela se dit en argot « tocar el piano » à cause du mouvement désespéré des extrémités sur le sol alors qu’il tente d’éviter la mort.

Les animalistes assurent qu’il y a encore des lévriers pendus, mais ces dernières années une nouvelle pratique s’est développée: jeter les chiens dans des puits, encore vivants, après leur avoir arraché la puce d’identification.

La Fédération Espagnole de Galgos a en sa possession 12.500 preuves ADN des chiens. Cette analyse a été mise en place dès 2005 pour éviter les mauvais traitements, la fraude et surtout le vol de lévriers. Beaucoup de galgueros reconnaissent élever leurs animaux dans des bunkers pour éviter les larcins.

« Les vols nous préoccupent beaucoup », détaille Luis Ángel Vegas, président de la Fédération Espagnole de Galgos. « Annuellement 4.500 vols de lévriers sont dénoncés et nous demandons que le Code Pénal soit modifié pour que ce type de vols soit considéré comme un délit ». Vegas assure que si ces vols étaient évités, il y aurait moins d’abandons: « 93% des chiens que l’on voit sur les routes sont des animaux volés qui fuient leurs ravisseurs ».

Le galguero David Cordero après avoir reçu sa confirmation de passage en national / Fernando Ruso
Le galguero David Cordero après avoir reçu sa confirmation de passage en national / Fernando Ruso

Ces informations contrastent avec ce que dit la Guardia Civil. En 2008, il y a eu 735 vols. Depuis lors, le chiffre a baissé jusqu’à 183 en 2015.  Selon Vegas, cette baisse découle des analyses ADN obligatoires. « Un chien volé ne peut plus concourir », garantit le président de la Fédération. Le Tribunal Administratif du Sport (TAD) a été sur le point de suspendre la finale de la Copa del Rey des galgos pour avoir découvert parmi les finalistes des descendants du célèbre galgo volé: Chapapote.

Le vol de Chapapote a rendu mythique la semence de ce galgo. Plus d’une trentaine d’agents de la Guardia Civil se sont mobilisés en 2013 pour résoudre l’opération Duplicado, qui a entraîné l’implication de 29 personnes, certaines avec des antécédants pénaux pour des crimes de sang et trafic de drogue. « Ce sont des gens dangereux », rappelle le capitaine Vivas de la Unidad Central Operativa (UCOMA) de la Guardia Civil.

Le propriétaire de Chapapote recevait jusqu’à 600€ chaque fois qu’il saillait une femelle. « Beaucoup trop pour un galgo », précise le capitaine. Après quatre mois d’investigation à Badajoz, Séville et Cordoba, les agents ont infiltré Palmete, un quartier à la périphérie de Séville où existe un énorme engouement pour les galgos. C’est là qu’ils ont trouvé Chapapote. « Il avait la peau sur les os », dit Vivas, qui s’est occupé de lui avec l’aide d’un vétérinaire de l’Escadron de Cavallerie de Madrid. Le chien vivait dans un container à ordures auquel les ravisseurs avaient ajouté une petite porte et dans lequel il était facile de détenir l’animal sans éveiller les soupçons.

(Autre vidéo sur l’article original: http://www.elespanol.com/reportajes/20160304/106989506_0.html)

La machination prenait beaucoup de précautions. Chapapote montait les femelles seulement dans des lieux fermés et uniquement en présence des membres du complot. Selon la Guardia Civil, les personnes impliquées ont réussi à gagner des millions d’euros: »pour eux, le chien était un objet, ni plus ni moins. Il était dans un état lamentable. On ne sait pas comment il a survécu ».

Chapapote n’est pas un cas isolé. Les annonces de chiens volés sont récurrentes sur la page web de la Fédération Andalouse des Galgos. « Les vols sont devenus la plus grande peur des galgueros ces dernières années ». La fédération lance l’alerte sur une arnaque: une fois le lévrier volé, ils demandent une rançon de 50€ par virement bancaire pour que les propriétaires puissent récupérer leur chien. Après avoir envoyé l’argent, les voleurs ne se présentent pas eu lieu de rdv.

  • Une nouvelle vie

Abandonner un lévrier en Espagne est simple. N’importe qui peut aller dans un centre zoosanitaire et y laisser son animal. En Andalousie, le processus ne prévoit pas d’amende pour le propriétaire. Il suffit de donner un motif qui justifie la remise du chien et d’accréditer sa propriété.

Les maîtres disent que le fils est allergique, que le chien est devenu agressif, qu’ils ont emménagé en appartement ou que l’animal est devenu trop grand, selon Manuel Gutierrez, responsable du Zoosanatorio de Séville.

Le cadavre d'une galga enceinte, sans les restes de son chiot, est traîné par une corde, depuis une propriété d'un galguero, pour être déposé dans une décharge à la limite de la commune d'Alcala de Guadaíra (Séville) / Ferdinand Ruso
Le cadavre d’une galga enceinte, sans les restes de son chiot, est traîné par une corde, depuis une propriété d’un galguero, pour être déposé dans une décharge à la limite de la commune d’Alcala de Guadaíra (Séville) / Ferdinand Ruso

Le centre a recueilli 80 galgos en 2015 et tous ont été remis à la Fondation Benjamin Mehnert, le plus grand refuge de lévriers d’Europe. Durant le mois de février, plus de 700 chiens sont arrivés dans ces installations, situées à Alcala de Guadaira (Séville). Annuellement, cette fondation prend soin de 1.200 lévriers, dont la majorité ont été retirés des mains de leurs galgueros.

« Beaucoup de nos fédérés les amènent aux refuges quand ils ne sont plus aptes au sport », dit le président Vegas. Mais ce n’est pas toujours le cas. Plusieurs animaux sont sauvés après des accidents ou après dénonciations des citoyens. En début d’années, ils ont sauvé la vie de plusieurs lévriers attachés à la voie ferrée près de Palmete juste avant que le train ne passe.

Rocio Arrabal travaille comme vétérinaire depuis six ans auprès de la Fondation Benjamin Mehnert. Il nous parle tandis qu’il est en train de réparer Villa, une galga rescapée quelques heures plus tôt sur une route. Elle a été renversée et ne porte pas de puce d’identification. Elle souffre de diverses fractures  aux hanches et aux pattes et elle saigne beaucoup. Elle a la peau arrachée sur une grande partie du corps mais Arrabal est optimiste; « Dans deux semaines elle sera sur pieds ».

Rocio fait partie d’une équipe d’une vingtaine de professionnels et d’une cinquantaine de bénévoles. Ce refuge est installé sur un site qui était autrefois un élevage de poulets et qui aujourd’hui héberge des consultations vétérinaires, blocs opératoires, une résidence canine et deux pavillons où vivent 720 galgos.

L’odeur est intense aux premières heures du matin dans les pavillons. Quand un des ouvriers entre dans le hangar, le bruit des aboiements est assourdissant. Au point qu’on n’entend plus la musique classique en fond sonore. Pendant qu’on nettoie les cages, une tâche à répéter chaque jour, les chiens sortent courir dans les patios.

« Nous n’aurions jamais imaginé que cela deviendrait comme ça l’est maintenant », explique l’âme-soeur du projet, Gisela Mehnert, une allemande amoureuse de cette race qui vit à Madrid. « J’ai hérité de cet amour pour ces chiens de ma grand-mère ».

Gisele a connu en 2000 Isabel Paiva qui occupe aujourd’hui la fonction de directrice de la fondation et qui était à l’époque la promotrice de l’association Adopcion Animal Al Andalus, qui recueillait des galgos et gérait leur adoption dans différents pays européens.

« Les chiens qui arrivent ici n’acceptent pas le contact avec les humains, ils ont une phobie des hommes, à cause de leur association aux mauvais traitements », explique le dresseur Alberto Piña. « Dans de nombreux cas, ils ont des conduites autodestructrices et ont des blocages devant cette nouvelle réalité. Il y a des chiens qui ont peur de monter les escaliers, peur des hommes, des télévisions, de sortir dans la rue ».

La première chose que fait le dresseur est d’évaluer l’état psychologique du chien. Le processus peut prendre des semaines. Avant d’arriver dans la liste des adoptions, le galgo doit passer un test de personnalité dans lequel on mesure son attitude sociale envers les autres animaux: chats, chiens et les humains: enfants, femmes et hommes. A partir de là, la fondation lui cherche un foyer.

Vétérinaires opérant des galgos dans le blocopératoire de la Fondation Benjamin Mehnert / Fernando Ruso
Vétérinaires opérant des galgos dans le blocopératoire de la Fondation Benjamin Mehnert / Fernando Ruso
  • Un voyage initiatique

« En Europe on se demande pourquoi il n’y a pas plus de contrôle des galgos et comment les galgueros s’en sortent impunément. C’est quelque chose que personne ne comprend », dit Gisèle Menert, présidente de la fondation qui porte son nom.

La réponse apportée par les européens devant cette question sans réponse est l’adoption, une nouvelle vie pour ces lévriers. Chaque année 600 galgos trouvent un nouveau foyer dans des pays comme la France, l’Allemagne, la Hollande, la Belgique, l’Autriche, la Finlande, les Etats-Unis ou l’Italie.

Chaque semaine, deux bénévoles de la Fondation Benjamin Mehnert s’embraquent pour un voyage initiatique pour ces lévriers. La fourgonnette adaptée au transport d’animaux effectue chaque année plus de 120.000 kilomètres. Pour chaque voyage, une quarantaine de chiens partent rejoindre leur nouveau foyer.

Patricia Colomberotto, présidente de Galgo Rescue Belgium, est en voyage à Séville, ville qu’elle visite toutes les cinq semaines afin de choisir les chiens qui finiront dans les mains de familles belges. Depuis l’an 2010, elle a effectué plus de 400 adoptions dans son pays. « Nous venons en Espagne car il nous importe de connaître le caractère des chiens afin de les placer dans la famille adéquate », explique-t-elle.

C’est l’un des passages intermédiaire qui existe entre les familles et les galgos. En premier lieu, la fondation propose les nouveaux galgos rescapés à la disposition des adoptants sur une page web. A côté de la photographie de l’animal, le texte de son test de personnalité. Alors, les différents pays font une pré-sélection que se termine, généralement, par un voyage à Séville pour évoluer les animaux de compagnie et vérifier leurs aptitudes.

« Ca me parait être une bonne manière de travailler. Ainsi, on peut conseiller au mieux les adoptants. Nous veillons à ce qu’ils arrivent dans le meilleur état possible dans leur nouveau foyer pour éviter ensuite de nouveaux abandons », ajoute Colomberrotto pendant qu’elle nourrit Zara, une galga destinée à la Belgique. Beaucoup de famille belges veulent adopter des galgos mais ils ne se rendent pas compte des traumatismes que vivent ces chiens ».

C’est pour cela qu’il est essentiel de bien choisir les attributions. « Avant de valider l’adoption, nous réalisons un entretien avec les adoptants et les conditions requises de ceux-ci dépendent du chien », explique Alberto Piña. « Nous les questionnons sur leur rythme de vie, sur le nombre d’heures qu’ils peuvent accorder au chien, s’ils ont eu des chiens avant, s’ils ont eu des galgos, s’ils sont mariés, s’ils aiment le sport, s’ils ont d’autres animaux ou enfants… ».

Si les candidats passent cette première étape, ils peuvent accueillir un chien. S’ils habitent à Séville, les adoptants reçoivent la visite du dresseur pour s’assurer que l’adaptation se passe bien. L’adoption est ensuite signée deux semaines plus tard.

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Gisela Mehnert, presidente de la Fundación Benjamín Menhert. / Fernando Ruso
  • Un soulagement pour l’Alzeihmer

Une femme que j’appellerai Doña Carmen vit dans la résidence pour sénior Ballesol de la ville de Séville. Chaque jour elle rejoint en pleurant la salle de thérapie. Aujourd’hui elle se plaint de ne pas pouvoir bouger son bras. Son esprit lui apporte une trêve alors qu’elle entre en contact avec le galgo Bost, qui s’approche et pose son museau sur sa jambe.

(lien vidéo dans l’article original: http://www.elespanol.com/reportajes/20160304/106989506_0.html)

On pose une brosse près du chien et la relation se fait entre la dame et lui: elle le peigne, lui donne à manger. Pendant 50 minutes que dure la thérapie, elle ne se préoccupe que de pomponner le chien.

La résidence pour séniors Ballesol de Séville est pionnière dans ce programme avec des galgos. « Il est démontré que la relation avec les chiens améliore la qualité de vie de ces patients qui souffrent de troubles cognitifs », explique le docteur José Antonio Delgado. « Les personnes âgées réagissent avec joie et nous voyons plus détendus avec ces interactions avec les lévriers », explique la psychologue du centre, María Esther Romero.

Les chenils de la Fondation Benjamin Mehnert où sont pris en charge annuellement un millier de lévriers / Fernando Ruso
Les chenils de la Fondation Benjamin Mehnert où sont pris en charge annuellement un millier de lévriers / Fernando Ruso

Delgado et Romero préparent une étude avec plus de personnes âgées afin de démontrer ces bénéfices. Leurs conclusions préalables dévoilent que l’état physique est stimulé et les facultés motrices sont améliorées, l’équilibre est meilleur et la tension artérielle diminue, ainsi que la fréquence cardiaque et respiratoire, et les principaux facteurs d’accidents cardiovasculaires.

La thérapie avec les chiens améliore aussi la capacité d’attention des patients, leur estime de soi est augmentée et le niveau d’anxiété est réduit.

« Les galgos sont des chiens parfaits pour la thérapie », explique le dresseur Alberto Piña, qui collabore avec les professionnels de Ballesol pour cette activité. « Ils sont tranquilles, affectueux, subtiles, obéissants et fort psychologiquement ».

Une patiente lors d'une séance ludique avec un galgo / Fernando Ruso
Une patiente lors d’une séance ludique avec un galgo / Fernando Ruso

« Le galgo stimule la mémoire et réussit à faire remontrer des souvenirs », dit la psychologue. « Le fait que ces lévriers deviennent chiens de thérapie après avoir subi des mauvais traitements et avoir connu une série de carences émotionnelles les rend encore meilleur pour se connecter avec les personnes âgées », explique le dresseur. « Les chiens ont besoin de donner de l’affection et les séniors leur en sont reconnaissants, les galgos sont pour eux un lien avec le passé ». //

Thérapie ludique avec les galgos / Fernando Ruso
Thérapie ludique avec les galgos / Fernando Ruso
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Une réflexion sur “« Les patients qui sauvent les Galgos de la potence » // par Pepe Barahona // El Espagnol.com // 3 mars 2016

  1. Brigitte CHARRAT

    Merci pour EUX ! ils le méritent tant ! Depuis 3 ans, j’ai adopté une galga, Comotu, qui a vécu l’enfer dans le sud de l’espagne et a été secourue et remontée en France par une belle association . Elle va avoir 10 ans, c’est un Amour, elle vit en osmose avec 4 Bernoises, mais … c’est Elle la Reine ! LOL ! N’hésitez pas à franchir le pas ! Un Galgo ou une Galga, c’est le Bonheur assuré ! et encore Bravo à vous tous !

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