« La peur des Galgos, maltraitance animale et syndrome de privation » // Etolia // Rosanna Alvarez

  • Traduction de l’article: http://www.etologiaveterinaria.net/el-miedo-en-los-galgos-y-el-maltrato-animal/
Voici Bella, une Galga avec un syndrome de privation qui est traité et évolue bien. Cet article lui est dédié ainsi qu'à son humaine, pour son engagement et son surpassement.
Voici Bella, une Galga avec un syndrome de privation qui est traité et évolue bien. Cet article lui est dédié ainsi qu’à son humaine, pour son engagement et son surpassement.

 

Nous entendons pas peur la réponse normale d’autoprotection que montre un animal face à des situations qui sont perçues comme une menace pour lui. La peur est un mécanisme d’adaptation, utilisé pour échapper aux dangers et qui représente un avantage évolutif, pour l’homme et pour d’autres animaux.

// Avant de commencer, je vous recommande de lire cet article (http://www.etologiaveterinaria.net/etiolog%C3%ADa-del-miedo-la-importancia-de-los-periodos-vitales/) qui, bien qu’il soit un peu long, est la base pour comprendre ce que je dirai ici et pour que personne ne puisse mal interpréter mes mots.

Combien de fois ai-je entendu cette phrase: « quelle peur il a ce chien, c’est parce qu’il a été frappé »?

Et s’il est certain que oui, de nombreux chiens ont été battus et maltraités de multiples manières que je ne vais pas exposer ici parce que nous le voyons tous les jours sur les réseaux sociaux, je veux expliquer que ce n’est ni l’unique ni la plus grave cause de la peur. Et ces chiens que vous voyez avec autant de peur, probablement qu’ils ne sont pas comme cela parce qu’ils ont été maltraités physiquement, mais plutôt d’une autre forme que presque personne ne prend en considération, qui est le manque de stimulation, de contact, d’affection, l’enfermement, la malnutrition, le stress, la génétique… Tout cela est très grave, car le traitement est beaucoup plus difficile, dans certains cas invivable, puisque des structures manquent au niveau cérébral qui n’ont pas pu se former par manque de stimulation sensorielle.

Le Galgo espagnol est une race très maltraitée, mais pour tout ce que j’ai cité antérieurement, pas seulement parce qu’ils sont frappés ou traînés derrière une voiture, mais parce que, comme d’autres chiens de chasse, ils sont élevés et maintenus dans des cages, dans des trous, nourris avec du pain dur et sortis aux champs uniquement quand c’est leur tour.

Mais le Galgo n’a pas l’exclusivité de la maltraitance, ni de la peur, le Podenco non plus. La peur du Galgo ne se distingue pas de la peur des autres races ou des croisés.

J’ai vécu quatre ans à la campagne et toutes les nuits, j’entendais les chiens hurler, aboyer, enfermés dans des niches sur des parcelles où personne ne vit. J’ai vu des chiens attachés à des chaînes, entourés d’excréments. Même si malheureusement, cela se passe aussi dans les villes, dans des niches déguisées en jolis chalets où vit enfermé un Berger allemand, qui finit la queue mutilée à force de faire des tours sur lui même, ou qui attaquera son propriétaire, par peur ou à cause d’une éducation inconsistante basée sur la punition. De même que dans les appartements, où un Chihuahua, un Yorkshire ou un Bichon maltais a été acheté parce que ces chiens sont petits et n’ont pas besoin de sortir (qu’ils disent).

La peur des Galgos n’est pas pire que celle des chiens qui viennent d’Europe de l’Est, qui proviennent d’usines à chiots, enfermés dans des cages et séparés de leur mère. Et pas besoin de partir si loin puisqu’en Espagne nous avons aussi ces fermes, ici à Axarquía nous pourrions citer des noms. Elle n’est pas pire non plus que celle des chiens sevrés trop tôt et enfermés derrière les vitrines des animaleries, parfois pendant des mois.

Mais… je vais parler de la peur des Galgos, cette peur de tous les chiens qui ont passé les premières années de leur vie privés de stimulation sensorielle et environnementale, je vais parler du syndrome de privation et de l’inhibition de conduites normales.

Selon Pageat (2000), la caractéristique principale et commune aux animaux qui souffrent du syndrome de privation sensorielle est le déficit dans la gestion des informations sensorielles après le développement dans un milieu hypo-stimulant. Certains auteurs anglo-saxons l’appellent le syndrome du chenil (the kennel syndrom). Un défaut existe dans la connexion entre les neurones, entraînant l’incapacité de réaliser des stratégies d’adaptation à l’environnement.

On décrit 3 stades selon son niveau son niveau de gravité: Le stade 1 est le moins grave, on parle d’une phobie qui se manifeste par la peur des stimulations directes, comme la circulation, le bruit, les enfants, les personnes nombreuses. Dans le stade 2 apparaissent des symptômes plus graves comme l’inhibition dans les conduites normales, par exemple l’exploration, le jeu, l’alimentation (ce sont des chiens qui mangent mieux la nuit), des comportements anxieux (comme le léchage), l’impassibilité dans la routine (n’importe quel changement produit une réaction de panique). En dernier, dans le stade 3 nous rencontrons un comportement dépressif, facile à identifier puisque ce n’est pas le comportement que l’on attend d’un chien. Ils sont comme absents, étourdis, ne participent pas aux jeux, n’explorent pas leur environnement, ne dorment pas et ne se déplacent que la nuit. Ils présentent en plus un manque de contrôle dans les éliminations (miction et défécation).

Le passage d’un stade à l’autre est assez facile mais il faut aussi prendre en compte les autres pathologies qui peuvent découler du syndrome de privation: comme l’agressivité, l’anxiété de séparation, parfois accompagnées de troubles physiques divers.

Noche, Shar Pei avec un syndrome de privation, il avait commencé un traitement mais a été euthanasié par manque de temps pour le réaliser le traitement.
Noche, Shar Pei avec un syndrome de privation, il avait commencé un traitement mais a été euthanasié par manque de temps pour le réaliser le traitement.

 

Estrellita, croisée avec un syndrome de privation. Elle a commencé un traitement et a été adoptée hors d'Espagne.
Estrellita, croisée avec un syndrome de privation. Elle a commencé un traitement et a été adoptée hors d’Espagne.

C’est pourquoi le plus plus approprié est d’identifier précocement le cas et s’en remettre aux mains d’un vétérinaire spécialisé dans la médecine du comportement.

NON, je répète: NON, les méthodes ou mesures comme exposer ces chiens à une quantité maximum de stimulations (je l’emmène au parc à chiens, au port ou en centre-ville « pour qu’il s’habitue ») ne sont pas recommandées et même totalement contre-productives, de même qu’attendre que le problème se résolve tout seul (ça n’arrivera pas), essayer les astuces qu’on peut lire sur Internet ou ceux que votre voisin vous donne parce qu’il a suivi un cours et qu’il s »y connait bien », suivre les conseils d’une autre personne qui a aussi un chien peureux (tous ne rencontrent pas le même stade de gravité ou n’ont pas la même cause) ou encore permettre que l’on prenne votre chien dans autre une maison avec d’autres chiens « pour que ça passe, tu verras, cette fille en sait beaucoup et a aidé beaucoup d’autres chiens » (étudier une spécialité et suivre une formation, ça sert à quelque chose, c’est la vérité). Ceci est très sérieux, ce sont des pathologies, il ne s’agit pas de dresser un chien avec ce qu’on apprend à la télé.

En dernier lieu, je dirais que le traitement de cette maladie du comportement requiert l’utilisation de psychotropes, en plus bien sûr de la thérapie cognitive adéquate. Il n’est pas possible de « régler » le manque ou la déficience de ces structures neuronales, routes nerveuses et neurotransmetteurs sans utiliser une pharmacopée adaptée au stade et aux symptômes manifestés par le chien. C’est pourquoi certains chiens stagnent si l’on utilise seulement des thérapies comportementales, de ce fait, à certains stades, on ne peut utiliser ces moyens si on n’a pas utilisé précédemment les médicaments, dû au manque de réponse de l’animal à l’environnement.

J’espère qu’à partir de maintenant, quand vous verrez un Galgo, un Podenco ou n’importe quelle race, avec de la peur, vous pourrez penser d’une autre manière pour aider ces animaux. Et s’il vous plaît, mettons fin aux phrases toutes faites, aux croyances populaires et aux professionnels de pacotille, cela est très sérieux et requiert des années d’étude. Et il est triste de voir comment certains animaux ont peu voire aucune solution pour avoir attendu trop longtemps. //

Oliver (à gauche), Galgo avec syndrome de privation, qui est en train d'être traité et qui évolue positivement.
Oliver (à gauche), Galgo avec syndrome de privation, qui est en train d’être traité et qui évolue positivement.

Par Rosana Alvarez

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