Clés pour comprendre l’enfer de la perrera d’Alcorcon // Vice.es

1Par Paula Gonzales // 16 oct 2015 // Vice.es

Dans n’importe quel travail, si vous commettez une infraction et si elle est grave, le minimum qu’il puisse vous arriver est d’être suspendu de votre emploi et de votre salaire. Si ce que vous avez fait est très grave, alors il est logique que vous soyez flanqué à la porte. Les entreprises le savent et le feront pour protéger leur réputation. Elles batailleront auprès du département légal pour n’importe quelle action en justice. Tout cela arrivera pour n’importe quel poste de travail sauf si vous êtes, naturellement, fonctionnaire espagnol. Si vous êtes fonctionnaire espagnol, déjà vous pouvez vous lancer dans le style « tragédie de El Tarajal », qui ici n’a pas démissionné (référence à une affaire espagnole). Si cela n’a pas eu les conséquences immédiates qu’elles devraient avoir, on imagine ce qu’il se passe quand un fonctionnaire de perrera (fourrière) et un vétérinaire euthanasient des animaux sans anesthésie dans un « centre Intégral de Protection Animale » (CIPA).

C’est ce qui se passait à Alcorcón (Communauté de Madrid), jusqu’en 2010 d’après ce que nous savons, dont l’ouvrier et le vétérinaire principal du centre attendent la résolution du jugement pour mauvais traitements sur animaux. Dans une vidéo diffusée par le Parti Animaliste (PACMA), on peut voir les faits pour lesquels les deux individus sont inculpés.

Denuncia al CIPA (perrera) de Alcorcón por sacrificios crueles from PACMA TV on Vimeo.

« Je vais t’en mettre une » dit l’ouvrier à un chat effrayé dans une des cages en jouant le rôle principal d’une scène digne du cinéma gore. « Tu prends un sac et qu’il aille se faire f….e, répond-il quand on lui demande ce qu’il va faire avec un petit chat qui, selon lui, n’en a plus pour longtemps.  Des gouttes de sang caillé, des cafards dans les mangeoires, des coups, des injections létales et des menaces.

Ils leur injectent le T61, l’Embrutamide, une drogue opiacée avec des propriétés calmantes qui provoquent une dépression respiratoire et une arythmie ventriculaire. A cause des risques, il n’est pas utilisé pour les humains mais seulement sur les animaux pour terminer leur vie. La recommandation du médicament est de l’utiliser toujours sur des animaux inconscients et, comme on le voit sur la vidéo, tous les animaux étaient pleinement conscients quand le médicament est injecté pour leur ôter la vie. « Et voici comment fini notre petit chat », dit l’ouvrier d’une voix qui donne des frissons du premier au dernier mot. Hannibal Lecter traitait ses victimes avec plus de respect.

Le rapport du ministère public de l’Environnement, repris dans la note de presse du PACMA, reconnaît qu’il euthanasiait les animaux sans l’anesthésie préalable nécessaire, « provoquant des convulsions, une souffrance et des douleurs superflues aux animaux ».

Le maire d’Alcaron, David Pérez, assure sur son compte Twitter que grâce à lui les euthanasies sont terminées dans le CIPA. « Des pratiques terribles dans une vidéo datant de l’époque du parti socialiste espagnol. J’ai imposé le « Sacrifice Zéro ». Ainsi répond Pérez à la question du PACMA sur le renvoi des ouvriers ou leur déplacement immédiat à un poste de travail où ils ne seront pas en contact avec des animaux: il nous rappelle juste que la vidéo date de l’époque du Parti socialiste. Depuis, VICE a discuté avec Gabriel Muñoz, chef de presse du conseil municipal, qui nous a dit que jusqu’à ce que le jugement ne soit résolu, ils ont les mains liées: « le maire d’Alcorcon ne peut pas agir ». Et que, s’ils les déclaraient inaptes, ils commettraient un délit de prévarication dans le cas où la résolution de cette affaire serait favorable aux deux hommes. La peur peut d’avantage faire commettre un acte de corruption envers les deux travailleurs, qui apparaissent sur la vidéo ci-dessus étranglant des chats avec une corde, que le désir de protection des animaux de celui qui se vante sur le web.

Depuis, PACMA assure avoir parlé avec la conseillère municipale à l’Environnement d’Alcorcon, Susana Mozo, qui a repoussé toutes les mesures contre les travailleurs, dans la lignée de ce que l’on nous a expliqué depuis le consistoire. Silvia Barquero, présidente du parti, dit: « la conseillère en personne, Susana Mozo, nous a indiqué qu’un dossier de renseignement avait été ouvert à l’égard des deux hommes. Je vois, de par ce dossier, qu’on a une base suffisante pour les écarter de leur poste temporairement ». Des travailleurs du centre se sont joints à la plainte en tant qu’accusation populaire. Deux protectoras, PROUE et la SPAP d’Alcala essaient également de se joindre à la dénonciation.

De plus, six bénévoles expulsés du centre pour avoir dénoncé la même chose que PACMA devant le Defensor del Pueblo. L’une de ces bénévoles assure qu’ils ne pas vaccinent pas contre la rage et qu’ils continuent de commettre les irrégularités suivantes: « animaux souffrant de traumatismes crâniens, ingestions de  javel et de soude caustique, animaux avec des pattes pourries et dettes envers diverses cliniques vétérinaires ».

A propos des dettes, Carlos Rodrigues, vétérinaire et collaborateur de Onda Cero dans le programme « Comme le chien et le chat », a déclaré la semaine dernière à la radio avoir des factures externes d’une valeur de 6 000€ et avoir soigné différents animaux parce que le vétérinaire de la municipalité ne s’occupait pas de ces cas. Il se demande comment on peut faire cela dans un centre qui se définit comme un « modèle » en termes de protection animale.

Devant les faits et le manque de clarté de la part du gouvernement populaire, le Parti Animaliste a organisé un rassemblement devant la porte de la municipalité d’Alcorcon le jeudi 29 octobre à 12h.

Ce n’est pas un problème de compétences publiques

Comment est-il possible qu’un ouvrier et un vétérinaire gardent leur emploi dans un tel cas? Pourquoi ne prend-on pas des mesures de précaution en écartant temporairement ces personnes de leur travail avec des animaux jusqu’à ce que le jugement soit rendu? Laisserions-nous à un professeur de primaire continuer à travailler avec des enfants devant un soupçon d’abus sexuels? Et devant la référence à la gestion lamentable des ressources publiques: 6 000€ de dettes sans s’acquitter du contrat de travail, n’est-ce pas suffisant pour virer ces personnes de leur poste?

Nous avons parlé avec l’avocate du Collège Vétérinaire de Madrid (COVELMA), Ana Pinilla: déclarer inaptes ces deux individus est en dehors des compétences du Collège dès lors qu’un processus judiciaire est ouvert. Elle nous éclairci que: « on peut ouvrir une enquête sur un vétérinaire inscrit à l’ordre professionnel et le rendre inapte de ses fonctions dans le cas où il ne s’acquitte pas du code de déontologie ou si une sentence judiciaire le rend coupable ». En tenant compte que ces deux individus ont violé le code déontologique du COVELMA en de nombreux points et que la municipalité a dénoncé les faits, pourquoi est-ce si difficile de les mettre au nettoyage plutôt qu’en contact direct avec les animaux?

C’est ce qui arrive quand les centres de protection animale sont gérés par des gens sans un minimum d’empathie envers les animaux. Les compétences professionnelles importent peu si la personne en charge du soin et de l’attention sanitaire d’un animal se comporte comme un psychopathe. Pour cela, les animalistes luttent pour obtenir la gestion de ces perreras, pour que des gens préoccupés de l’intégrité de ces animaux soient ceux qui les aident à en sortir.

Très opportunes, les félicitations de David Pérez arrivaient hier à sa collègue de parti, Cristina Cifuentes, pour annoncer le brouillon approuvé de la Loi de Protection des Animaux de Compagnie. C’est que nous sommes en octobre et que déjà on pense aux élections: il faut faire la liste des bonnes intentions. Cifuentes prétend prendre des mesures en faveur des chiens et chats d’une main, et de l’autre protéger la gestion de l’Ecole de Tauromachie de Madrid.

Je me rappelle de la première fois où j’ai mis les pieds dans un de ces centres: le CICAM à Majadahonda. Je m’y rendais les vendredi en tant que bénévole mais je ne pouvais pas dire que je collaborais avec un service de protection des animaux et que, réellement j’y allais pour prévenir des irrégularités qui y étaient commises mais pour sortir les animaux que je pouvais avant qu’ils ne soient assassinés. Si tu protestes, ils te jettent, comme pour les six bénévoles du CIPA d’Alcorcon. Ainsi, tu continues d’y aller, pour les animaux. L’odeur, les regards de peur et la violence exercée par quelques ouvriers conforment cette empreinte de la maltraitance qu’on oublie jamais. La dernière fois où je suis entré dans ce centre,  c’était pour sauver une chienne: Isis. Sept ans plus tard, Isis vit toujours avec moi, c’est la joie de la maison. Pour elle, on était arrivé à temps, mais pour les autres d’Alcoron, les bénévoles arriveront-ils toujours à temps?

Source: http://www.vice.com/es/read/el-infierno-de-la-perrera-de-alcorcon-666

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