Huit villages de l’Espagne profonde qui vivent encore en plein Moyen Âge // Publico.es

Alors que nous pleurons encore la mort de Rompesuelas, le taureau de Tordesillas mis à mort à coups de lance, nous pourrions penser que la saison estivale de la maltraitance animale dans notre pays est terminée. Néanmoins, ce qui ne se termine jamais ici c’est cette volonté de faire le sauvage : l’Espagne profonde ne se lasse pas de faire la fête tout en observant des traditions qui, en plein XXIème siècle, sont largement reconnues pour leur brutalité et semblent sortir droit du Moyen Âge (certaines d’entre elles, en fait, viennent de là précisément).

Ces traditions sont sauvages et cruelles avec les animaux à des niveaux inimaginables.  L’ ”homo ibericus” n’est pas macho s’il n’inflige pas de souffrance à un animal ou bien s’il ne l’abat pas en faisant tout un cirque lamentable entouré d’une horde de personnages anachroniques, qui jouissent de la douleur de l’animal. On peut vraiment s’arracher les cheveux avec ce voyage à travers l’Espagne qui vit encore ancrée en plein Moyen Âge.  

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Batalla de ratas muertas (Bataille de rats morts)

À El Puig, Valencia, la tradition de tuer des rats pour éviter la propagation de la peste est arrivée jusqu’à nos jours transformée en « tomatina aux rats » (NdT : « tomatina » fait référence à la fête de la tomatina qui se tient à Buñol, Valence, en août, qui consiste à faire une bataille de tomates). Le dernier dimanche de janvier, les jeunes du village participent à une bataille aux rats : après avoir tué à coups de bâton les rats, et les avoir surgelés, ils se les lancent à la tête les uns des autres. Cela pourrait être des livres, mais non, ce sont des rats morts.

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Toro de San Juan

Si courir après un taureau avec des lances pour le tuer semble un acte peu civilisé, la façon de tuer les taureaux à Coria (Cáceres) pendant les fêtes de San Juan n’est pas mieux. Il y a encore quelques années, on lâchait l’animal dans une enceinte pour en faire la cible préférée du village : on lui lançait des « soplillos » qui sont de grosses épingles que l’on pouvait compter par dizaines sur la peau du taureau. Après, on le tuait d’un coup de fusil. De nos jours, tout est beaucoup plus respectueux avec l’animal : on ne lui lance plus de « soplillos », on lui tire dessus directement.

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El apedreamiento de Judas (La lapidation de Judas)

Qui t’a tué? C’est lui! On le lapide!”. C’est ainsi que débute, chaque dimanche de Résurrection, une des fêtes les plus populaires de la localité madrilène de Robledo de Chavela: le Judas. Un pantin accroché à un poteau est lapidé par les habitants. Le problème c’est qu’à côté de cet épouvantail il y a plusieurs cruches avec des animaux vivants à l’intérieur. Lorsque les cruches sont lapidées, les récipients se cassent et l’animal tombe. Avant, c’étaient des écureuils et des chats, maintenant ce sont des confettis et des pigeons qui souffrent aussi l’impact.

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El Toro de la Vega

La polémique entoure le “Toro de la Vega” qui se tient toujours à Tordesillas, Valladolid, chaque mois de septembre. C’est un fait assez paradoxal que cette tradition ait été interdite au cours des dernières années du franquisme, et des décennies plus tard en pleine démocratie l’Espagne assiste à la mort de Rompesuelas. ¿S’agirait-il du dernier taureau assassiné à Tordesillas ?

Carrera de gansos (Courses aux oies)

Pour fêter Saint Jacques apôtre, les habitants d’El Carpio de Tajo (Toledo) accrochent une oie morte à une corde et différents cavaliers passent en dessous tout en essayant de lui arracher la tête. Cette tradition est née au XVIème siècle et ses origines semblent venir des Pays Bas. Avant, cela se faisait avec des oies vivantes. Même si aujourd’hui l’animal est décapité après sa mort, ce n’est vraiment pas une façon digne de traiter cette pauvre bête.

Disfrutá’ de marranos (Profiter des cochons)

Ici, la dignité des humains et des animaux se perd dans la gadoue. Une porcherie géante avec des cochons huilés et numérotés est littéralement prise d’assaut par des équipes formées par quatre habitants de Ceutí (Murcie). Il s’agit de trouver le cochon qui a le même numéro que l’équipe et se battre contre le poids, la force et l’huile qui est badigeonnée sur le cochon pour le sortir de là. Si tu y arrives, le cochon est à toi. Tout cela est très civilisé, bien entendu.

Empaitada d’ànecs’ (Chasse aux canards)

Il s’agit de la version catalane et maritime de la « disfrutá ». Elle se tient à Rosas, Gérone, tous les 15 août, et il s’agit de lancer cinquante canards à la mer pour que les baigneurs puissent les capturer. Absurde et vraiment inutile. Une fois attrapé, le canard peut servir pour taper sur les défenseurs des animaux qui se manifestent.

Article original: http://blogs.publico.es/strambotic/2015/09/fiesta-iberica/

Merci à Fabienne pour la traduction.

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Une réflexion sur “Huit villages de l’Espagne profonde qui vivent encore en plein Moyen Âge // Publico.es

  1. Vanessa Vukicevic

    Il y a aussi le lancer de chèvre du haut d’une église! C’est pas mal aussi …L’âne aussi , lapidé ou battu à mort …….. Et tant d’autres traditions de connards!!!!

    😦 Comment vas tu ? Ici , à BXL, tout est redevenu calme , comme avant ;-)Gros bisouXXX

     

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