De l’espoir pour le refuge de MANZANARES

1Saltarina

A travers mes annonces pour les Invisibles, je parle régulièrement d’un refuge contraint d’euthanasier des chiens dès lors que le nombre maximum de pensionnaires imposé par la Mairie, est dépassé.

Malgré cette politique révoltante – dont les bénévoles ne sont pas responsables -, il me tient beaucoup à cœur d’aider ce refuge. Les chiens qui y vivent s’y trouvent, pour la plupart, depuis de nombreuses années et, avec seulement 15 adoptions locales par an en moyenne, ont peu de chance d’en sortir. A cela s’ajoutent les risques de vol par les galgueros, la nuit, (c’est pourquoi je ne publierai pas dans cet article les noms et photos des Galgos de l’association), et les nombreuses attaques entre chiens.

Rencontre avec Carmen, bénévole à Carea, Manzanares, Espagne.

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Carmen, qui es-tu?

Je m’appelle Carmen et, si on peut se décrire en un seul mot, je suis bénévole à l’association Carea de Manzanares. Je suis engagée dans la protection animale sur une petite échelle: un animal à la fois, qui a chacun son nom et son histoire.

Comment as-tu commencé à agir pour les animaux?

Il y a 12 ans, ma soeur a commencé à s’investir pour Carea et elle m’a demandé de l’accompagner. A l’époque, la souffrance des animaux me touchait beaucoup et me rendait très malheureuse. J’étais déjà devenue végétarienne mais c’est vraiment de venir au refuge qui m’a fait comprendre que je pouvais changer cette situation: enfin je pouvais faire quelque chose pour eux, et transformer ma souffrance en action.

3Escayola

 

Peux-tu nous présenter le refuge de Carea?

Le refuge a été fondé en 1994 par un groupe d’amis qui aimaient les animaux et passaient de bons moments avec les chiens car il n’y en avait alors que 10 ou 15.

Ils ont demandé à la mairie de leur trouver un site et on leur a octroyé un endroit peu adapté, mais qui suffisait à leurs besoins du moment.

Puis les choses ont commencé à se compliquer: la mairie a exigé qu’ils accueillent tous les chiens errants de la ville, et les villages autour amenaient souvent des chiens et les laissaient attachés au portail du refuge.

Les bénévoles ont alors modifié le refuge pour atteindre une capacité de 80 chiens, mais ils ont parfois dû héberger plus de 120 chiens.

Avant que Carea ne commence à travailler avec des associations étrangères, lesboxs étaient remplis de galgos, de podencos, et de mastins. Le fait de les faire adopter à l’étranger a permis au refuge de survivre, car auparavant les chiens vieux ou malades devaient être euthanasiés pour permettre l’arrivée de nouveaux chiens.

Les choses ont un peu changé maintenant, mais la douleur est toujours présente en nous.

Aujourd’hui, les installations sont fournies par la mairie, mais tout le travail est fourni par les bénévoles de Carea. Nous sommes 8 bénévoles permanents, plus environ 7 personnes de plus qui aident quand elles peuvent. Nous assurons le nettoyage, les petits soins médicaux (s’occuper des blessures, par exemple), nous allons chercher les chiens abandonnés sur la voie publique, gérons les adoptions, faisons des stands sur les marchés et des campagnes de sensibilisation pour la stérilisation et contre les abandons.

Parfois nous devons rappeler aux gens que nous ne sommes que des bénévoles et que nous avons besoin de l’engagement d’autres citoyens. Si quelqu’un s’inquiète pour un chien, ça ne suffit pas de nous appeler et de nous laisser nous occuper de tout: nous avons déjà 80 chiens, il nous faut des familles d’accueil, et encore beaucoup d’autres choses pour faire tourner notre structure.

Le vrai problème est qu’après toutes ces années, les abandons ne diminuent presque pas. Nous essayons de sensibiliser le peuple espagnol à ce fléau.

4Le nouveau refuge

 

Vous avez récemment changé le site du refuge. Pourquoi? Est-ce une bonne chose?

Il y a quelques mois nous avons dû changer de site. Les anciennes installations se trouvaient dans un parc industriel et la mairie voulait vendre le terrain à une entreprise. Ils nous ont donc construit un nouveau refuge à 7km de la ville. Nous avons déménagé le 16 mai. Le transfert s’est bien passé, mais après quelques jours les chiens ont commencé à se battre pour réaffirmer la hiérarchie et ça a été terrible, car en deux semaines nous avons perdu 5 chiens des suites de leurs blessures.

Entre temps l’équipe municipale a changé et on ne nous a proposé aucunes solutions pour réaménager l’espace. Donc nous avons nous-mêmes posé de nouvelles clôtures et divisé les espaces de vie par deux. Maintenant les chiens ont peu de place mais sont en petits groupes donc les problèmes ont disparu.

Le nouveau site est plus petit qu’auparavant, avec une capacité de seulement 70 chiens. En revanche les espaces de détente où les chiens peuvent courir quand ils sortent de leur boxs sont plus grands – mais ils n’y vont qu’une fois par jour.

Nous avons trouvé notre équilibre, mais il faut absolument que les adoptions soient au rendez-vous pour que le refuge n’excède pas sa capacité d’accueil. C’est là tout notre défi!

5

 

Quels sont les principaux problèmes que vous rencontrez au refuge?

Tous les jours il y a un nouveau sauvetage, en plus du travail normal. Tous les volontaires, ou du moins la plupart, viennent un jour fixe par semaine pour effectuer tout l’entretien et les soins des chiens. Mais pour les sauvetages, c’est celui qui est disponible à ce moment-là qui s’en charge. Parfois c’est la nuit, ou à un  moment où chacun est au travail, et c’est difficile d’être disponible 24h/24.

Le problème majeur reste qu’il est difficile de faire adopter des chiens localement, du moins dans de bonnes conditions, parce que la plupart des gens sont toujours assez indifférents à la souffrance animale.

Tout cela provient de la reproduction incontrôlée. Les gens pensent encore qu’une femelle doit avoir une portée dans sa vie pour être en bonne santé, donc ils font reproduire leur chienne et tous ces chiots s’ajoutent à la population canine dans un pays qui compte déjà des centaines de refuges.

Bien sur, il y aussi le problème des galgos et podencos… Les galgueros continuent à élever ces deux races, mais au bout de trois ans ils se débarrassent des chiens, car ils ne “servent” plus à la chasse. Il y en a beaucoup ici, car ils sont utilisés pour la chasse en plaine, et que La Mancha est la plus grande région de plaines en Espagne.

6Chablis

 

Comment le public français, suisse et belge peut-il vous aider?

Tout d’abord, par l’adoption. Ici les galgos et les podencos (et, dans une moindre mesure, les mastins) ne sont pas adoptés. Depuis que je fais partie de l’association, seulement deux galgos ont été adoptés par des espagnols.

Bien sûr, tout aide est reçue avec une immense gratitude. Et c’est incroyable que toutes les donations (nourriture, paniers, médicaments, argent) viennent de France, d’Allemagne, ou de Belgique. En Espagne, les gens qui s’occupent de la misère animale sont plus ou moins traités de fous qui n’ont rien d’autre à faire de leur vie.

En ce qui concerne les dons d’argent, une chose que nous aimerons pouvoir faire serait de stériliser les femelles. Nous ne stérilisons que les mâles car c’est moins onéreux. Nous aimerionsfaire une campagne pour lever des fonds dans ce but, car toute femelle adoptée chez nous est une source potentielle de nouveaux abandons… (* les femelles adoptées via les associations étrangères sont stérilisées pour leur adoption)

7Santos

 

En parlant de podencos et de galgos, quelle est la situation dans votre

région?

Je vous conseille de regarder le documentaire “Février, le mois des galgos,” car il explique très bien la situation que nous vivons ici. Les galgos sont élevés pour la chasse, par des amateurs qui les vendent parfois pour des sommes considérables.

Au bout de trois ans les chiens ne sont plus assez rapides pour attraper les lièvres donc les galgueros les tuent. Les moins cruels d’entre eux les amènent au refuge. C’est la même chose pour les podencos.

Les galgueros s’occupent de leurs chiens tant qu’ils peuvent chasser, ensuite ils ne dépensent plus un euro pour eux. Même pour les tuer. C’est très dur d’en parler car parfois (même si c’est de moins en moins souvent) ils pendent le chien à une branche d’arbre. Rien que d’écrire cela est si difficile!

Les choses ont un peu changé aujourd’hui avec l’obligation d’identifier les chiens par puce électronique, mais on voit parfois arriver au refuge des galgos et des podencos dont la puce a été arrachée.

Quant aux mastins, ils sont utilisés pour la garde de propriétés à la campagne. Ils vivent dehors en permanence, et pas toujours dans de bonnes conditions.

Devendra, Lula et Chablis
Devendra, Lula et Chablis

 

Comment vois-tu l’avenir de votre refuge? Et des animaux espagnols en général? Es-tu optimiste?

Je suis optimiste mais c’est dans ma nature! Je crois que puisque nous faisons partie de l’Europe, les lois espagnoles au sujet des animaux doivent changer.

Honnêtement, je ne pense pas que les gens vont changer tous seuls, en Espagne: il va nous falloir des lois plus contraignantes pour éviter cette situation.

Il y a même un parti politique fondé sur le fait d’infliger de la souffrance aux animaux (Toros) donc vous imaginez à quel point les animaux comptent peu en Espagne. Cela dit, je crois que petit à petit, de plus en plus de gens se soucient du bien-être animal dans notre pays.

Nous avons d’ailleurs un parti politique (PACMA Parti Animaliste Contre la Maltraitance Animale) qui a obtenu 170 000 voix! Ca fait déjà beaucoup de gens qui se soucient politiquement d’améliorer le sort des animaux en Espagne.

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Je sais que tu as rencontré beaucoup de chiens dans votre refuge, et que tu les as tous aimés. Mais y en a t-il un ou une en particulier qui t’a touchée?

Comme tu dis, je les aime tous, chacun avec sa personnalité propre. Mais durant toutes ces années, deux m’ont particulièrement touchée. Ce sont tous les deux des chiens que j’ai sauvés de la rue, et amenés au refuge.

La première, Rubia, je l’ai trouvée sur une autoroute en rentrant du travail en 2005. Elle a passé sept ans au refuge et je l’ai adoptée en 2012. Elle est toujours auprès de moi.

Le deuxième, Mirindo, je suis allée le chercher près d’une maison à la campagne, parce que le propriétaire avait déclaré à la police que ce chien n’était pas à lui et que si on ne venait pas le chercher, il le tuerait. J’ai mis une semaine à l’attraper, car le terrain était clos mais très grand, et que le chien était terrorisé par cet homme qui essayait de le chasser. Mirindo a lui aussi passé cinq ans au refuge. Je cherchais une famille pour lui, mais c’est un grand chien, et personne n’en voulait.

Mais l’année dernière, quand un de mes chiens est mort, je l’ai adopté! Maintenant j’ai trois chiens: Rubia, Mirindo, et une vieille gala appelée Bonita. Ils sont tous vieux, et vraiment adorables. Ils m’aiment, et je le leur rends bien.

Chaque adoption à Carea est un triomphe pour nous. C’est pour cela que nous offrons un peu de notre temps, de notre force, de notre bonheur et souffrance aussi.

Je rêve d’un monde dans lequel les refuges n’existeraient plus, car chaque chien qui naîtrait serait choyé jusqu’à sa mort. Les chiens sont si proches des humains, ils ont tant fait pour nous, ce ne sont plus des animaux sauvages: maintenant nous sommes responsables d’eux. Les chiens recherchent la présence des humains, et sont dignes de tous nos soins!

Merci beaucoup Carmen.

Merci à toi, Perrine, merci beaucoup.

Paix et Amour!

10Ortie


 

// CAMPAGNE DE STERILISATIONS //

Parce que la stérilisation est un acte essentiel de protection animale, et afin de soutenir les bénévoles de ce refuge, ACTION INVISIBLE a décidé d’organiser une grande campagne de stérilisation. Comme le dit Carmen : toute femelle adoptée à Carea est une source potentielle de nouveaux abandons. Faisons en sorte que plus aucune femelle de Manzanares ne parte du refuge non stérilisée.

Les responsables de Carea ont renégocier le tarif d’une stérilisation auprès de leur vétérinaire: une opération coûte 121€ TTC.

La première chienne qui bénéficiera d’une stérilisation grâce à vos dons sera VALENTINA. Cette douce et gentille Pitbull a une opportunité de sortir du refuge pour aller en famille d’accueil à Madrid. Mais la loi espagnole pour les chiens dit dangereux oblige tout détenteur à souscrire à une assurance spéciale, ce qui engendre des frais supplémentaires, trop onéreux pour l’association en plus du prix de la stérilisation.

Mais nous sommes là pour les aider, non ?

Merci d’avance à tous ceux qui participeront et diffuseront cette opération spéciale.

Je publierai sur la page d’ACTION INVISIBLE les photos des femelles qui bénéficieront des stérilisations.

// Pour faire un don via Le Pot Commun : https://www.lepotcommun.fr/pot/qly2pqws

// Pour faire un don par chèque ou virement: perrinemallet46@gmail.com 

// Site internet du refuge: http://careaprotectora.blogspot.fr/

ValentinaValentina


 

//SOUTENIR CAREA POUR 1€ PAR MOIS //

Vous souhaitez soutenir Carea mais vous n’avez pas beaucoup de moyens ? C’est possible grâce au site de microdonation TEAMING!

Le principe est simple, il suffit de vous inscrire sur le site, de rejoindre le groupe Carea (ici :https://www.teaming.net/careaprotectora-grupo-DblQVF40xfet Teaming prélèvera chaque mois 1€ sur votre compte, qui sera reversé au refuge.

Nous sommes plus de 1000 personnes sur la page d’Action Invisible : l’union fait la force et à nous tous, nous pouvons aider CONCRETEMENT Carea, ses bénévoles et les chiens du refuge.

Grand merci à Suzanne pour la traduction.

Perrine // Action Invisible

Lien site du refuge // http://careaprotectora.blogspot.fr/

Vous trouverez sur le site les coordonnées bancaires de lu refuge pour faire un don.

Neron
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Roque
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Blacky

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Enma
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